Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Otages du destin
Humphrey William
GALLIMARD
15,20 €
Épuisé
EAN :9782070706372
Les lecteurs du dernier ouvrage de William Humphrey publié en France, La course amoureuse, risqueraient de penser : "Encore une histoire de pêche" - s'ils ne comprenaient très vite que le climat, ici, est bien différent de celui des précédentes expériences de l'auteur. L'homme que nous voyons passer une longue journée au bord de la rivière (et voici, en un sens, le plus "classique" des romans de Humphrey : un seul lieu, un seul jour, une seule action qui se joue tout entière dans la tête de Ben Curtis), s'il essaye de retrouver les émotions passées, ne peut plus être tout entier dans la lutte subtile entre lui et sa prise. D'abord, il n'est plus vraiment celui pour qui les lieux, le club de pêche, la rivière, représentaient autrefois un des aspects du paradis : il a maigri, ses cheveux ont blanchi au point que ses anciens compagnons le reconnaissent avec peine, et surtout il est seul - sa femme l'a quitté, son ami le plus cher, le plus admiré, est mort, la fille de celui-ci s'est jetée d'un cinquantième étage, et son propre fils s'est pendu, à Princeton, alors qu'il venait d'aborder des études qui comblaient ses voeux. Ben Curtis lui-même, le pêcheur solitaire, a tenté de se suicider, incapable de supporter la hantise des souvenirs et de trouver une réponse à l'obsession interminable du "pourquoi ?". La quête torturante d'une réponse amène le malheureux père à repasser dans son esprit les années heureuses, les promesses que son enfant paraissait si soucieux de tenir - avant tout à se demander quelle est sa faute personnelle, à quel moment, par quelle négligence, quel égoïsme, il a manqué à ses obligations. En un temps où les suicides d'êtres jeunes se multiplient, et avec la clairvoyance d'un enquêteur lui-même désintéressé mais passionné, William Humphrey nous propose l'exploration la plus poussée d'un phénomène qui nous touche tous. Il le fait avec une honnêteté sans faiblesse, et aussi avec la sûreté de style et l'émotion contrôlée qui sont depuis longtemps familiers à ses lecteurs.
Résumé : Ces vingt nouvelles de William Humphrey forment un recueil d'une parfaite unité évoquant des thèmes qui tous tournent autour du crépuscule de la vie. La mort est là, à peine dissimulée, la maladie, le vieillissement et sa cohorte de petites misères, de frustrations et de ridicules. Mais ces thèmes sont traités avec un humour sombre, une salubre ironie qui se situent au plus loin d'un plat réalisme ou d'une sentimentalité facile. Dans "Portrait de l'artiste en vieil homme", un vieil écrivain s'invente une existence de pure fantaisie pour répondre aux questions de la jeune journaliste dont il a compris qu'elle vient préparer sa notice nécrologique. "Chanson d'automne", la nouvelle titre, raconte l'attente bouleversante d'un coup de téléphone : Virginia, qui s'est laissée mourir à petit feu aux côtés d'un homme qu'elle n'aime pas, espère un appel de son amant perdu de vue depuis vingt ans. Le téléphone sonne enfin, mais il est trop tard : peut-on quitter un homme bon et généreux, lorsqu'il est âgé, solitaire et dépendant ?...A l'écart des modes et des scandales, reclus lucide dans sa maison au bord des bois, William Humphrey - dont c'est le quatrième recueil de nouvelles paru en France - regarde le monde, c'est-à-dire son univers le plus proche, d'un oil à la fois critique, plein d'humour et de compassion.
Résumé : Dans une petite ville du Texas, vit THERON HUNICUTT, le héros passionné, intransigeant et fier de cette histoire. THERON est fasciné par la figure paternelle. Mais la mère, lorsque son fils lui échappe, révélera les faiblesses du héros trop admiré. Le ch?ur des chasseurs, réuni chaque samedi sur la place de la ville, commente cette tragédie. Autour, c'est la campagne, et, plus loin, la forêt mystérieuse, pleine de secrets. Ce très beau roman " baigne dans une tendresse lumineuse, souvent gaie, parfois drôle jusqu'à la farce... "
Résumé : La première oeuvre de William Humphrey publiée en France avait pour titre L'adieu du chasseur. Les six premiers essais rassemblés ici, dont chacun est consacré à une forme de pêche différente, pourraient avoir pour titre L'adieu du pêcheur, dans la mesure où il y est le plus souvent question d'un échec qui aurait pu décourager un pêcheur moins obstiné que le narrateur. Or, suivant l'exemple véritablement sportif de ces Anglais qui rejettent leurs prises dans la rivière, il ne pêche pas pour prendre du poisson, mais pour dire au prix de quels efforts il n'a rien pris. Certes, il s'acharne et se donne toutes les chances : le meilleur matériel, les leçons de spécialistes, les lieux les plus renommés et les plus prometteurs ; mais de tels avantages rendent ses échecs d'autant plus éclatants, on aurait envie de dire plus triomphants. En fait, ce qui lui importe, c'est de s'éprouver lui-même, puis de tirer une leçon - et un texte - de ses expériences, les plus négatives devenant l'occasion de récits savoureux et riches d'enseignements. Le sport et la littérature se combinent harmonieusement dans ces pages où la vigueur et la précision de la langue traduisent celles du poignet.
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
Résumé : "Il n'est peut-être pas le plus grand, mais l'un des plus grands. Il peut encore défendre son titre de champion du monde, et je ne vois personne, dans la génération actuelle, qui puisse le lui ravir. Il est notre Byron, le héros couvert de gloire, couvert de femmes, couvert d'argent... Nous ne sommes pas les derniers, en France, à l'avoir aimé. Nous avions des raisons pour cela. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, nous avions accueilli un jeune Américain pauvre et déjà père de famille, qui se promenait dans nos rues et le long de notre fleuve, s'arrêtait dans nos bistrots pour y boire notre vin et écrivait dans des cahiers d'écolier des histoires de soldats et de chasseurs. Il allait au Musée du Luxembourg pour apprendre de nos peintres, M. Cézanne et M. Degas, à dire "la chose vraie". A Paris, Hemingway a vécu, aimé, écrit. Il n'a pas oublié sa dette envers notre ville et il lui a élevé un temple dédié au souvenir et au bonheur enfui : Paris est une fête. On trouvera ce texte dans le premier volume des Ouvres complètes de Hemingway. On y trouvera aussi Le Soleil se lève aussi, d'un accent si neuf, si souvent imité depuis, et L'Adieu aux armes qui demeure, comme l'a dit Malraux, le plus beau roman d'amour de la littérature moderne. La qualité des traductions de ces textes, dues à M. E. Coindreau, n'est plus à louer. On trouvera enfin, avec les nouvelles charmantes du cycle de Nick Adams qui nous donnent un portrait de l'auteur à dix-huit ans, quand il chassait et pêchait dans les forêts du Michigan, paradis perdu de son enfance, un texte jusqu'alors inédit en français : Torrents de printemps, amusante satire de certains maîtres que l'écrivain avait admirés et qu'il pastichait : ainsi un jeune homme qui pressent son génie signifie à ceux à qui il doit le plus son désir d'émancipation : c'est Barrès devant Renan, Montherlant devant Barrès, Hemingway devant Sherwood Anderson... Hemingway est le premier écrivain étranger contemporain à figurer dans le Panthéon de la Pléiade. Un jour, il faudra qu'une plaque soit apposée au coin de l'une de ces petites rues de la Montagne Sainte-Geneviève qu'Ernest Hemingway, romancier américain, 1899-1961, a si souvent parcourues. En attendant cet hommage municipal, voici un petit monument fait de papier bible, d'encre, de cuir et de colle, auquel les meilleurs esprits et les meilleurs ouvriers ont collaboré - le plus beau monument qu'un écrivain puisse souhaiter." Michel Mohrt, 1966.