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Otrante N° 21, Printemps 2007 : Henry Rider Haggard. Archéologies du désir
Huftier Arnaud ; Picot Jean-Pierre
KIME
20,30 €
Épuisé
EAN :9782841744275
Ami intime de Kipling, loué par Stevenson, admiré par Henry Miller, cité constamment par Freud et C.G. Jung, ou considéré par Hubert Lampo comme auteur essentiel du réalisme magique, Henry Rider Haggard n'a pas bénéficié d'hommage à sa mesure pour le cent-cinquantenaire de sa naissance en 2006. Cette absence de considération provient essentiellement d'une image déformée de l'écrivain et de son ?uvre. A l'aune d'éditions jusqu'ici partiellement tronquées et d'une popularité provenant en grande partie des avatars cinématographiques des Mines du roi Salomon, et sous couvert d'une lecture réductrice de ses romans " africains " selon l'horizon " impérialiste ", la critique a en effet considérablement édulcoré l'aspect proprement visionnaire de son ?uvre, laissant de même dans l'ombre une cinquantaine de romans et nouvelles ! On ne pouvait voir de la sorte que Rider Haggard est par excellence un écrivain " hanté ", qui toute sa vie réécrit le même livre : au travers des empires lointains et disparus, Zoulouland, Ophir, Zimbabwé, Mayas, Aztèques, Vikings ou Islandais, il s'agit à chaque fois d'une quête amoureuse et aventureuse, qui met l'archéologie et le Mythe au service d'une forme de romanesque originale, voire dérangeante, rétive à toute classification et réduction. Il convenait par conséquent de rendre à cet auteur le tribut qui s'imposait, et Otrante entend ici traiter certains des aspects fondamentaux de l'homme et de l'?uvre : le biographique, le mythique et le fantastique, ainsi que les problèmes d'éditions et de réception, afin de saisir la pleine mesure de cette véritable épopée du désir, qui s'attache à écouter les pulsations du " c?ur du monde ".
Résumé : L'histoire du théâtre et les différentes élaborations théoriques d'une " théâtrologie " accordent peu de place au " fantastique ". Le discours sur le " genre " dit fantastique est rarement envisagé par les spécialistes de la scène, et l'approche du fantastique se réduit très souvent à une tentative de " naturalisation ", où d'autres étiquettes s'imposent, mais qui peinent tout autant à dessiner des frontières fermes et définitives. Parallèlement, les recherches consacrées au fantastique littéraire abordent le théâtre sous un angle uniquement textuel, oubliant que le théâtre trouve sa réalisation dans un espace scénique. On assiste dès lors à un phénomène de " dénaturation ", où les effets recherchés recouperaient ceux de textes dits canoniques. Loin de se contenter de cette bipolarisation où s'imposent la naturalisation et la dénaturation, Otrante a jugé nécessaire d'envisager une ligne de partage placée sous la liaison ambitieuse entre " théâtre " et " fantastique ". Partant du principe d'une impossibilité de conceptualisation théorique si la précellence est donnée à l'un ou l'autre " genre " (théâtre vs. fantastique), les études ici réunies entendent ainsi cartographier un territoire qui pour l'instant n'avait pas de nom ni véritablement de localisation.
Résumé : La production de Jean Ray / John Flanders se place sous le signe d'un dialogue permanent : entre le fantastique de l'indétermination et l'épouvante ; entre les langues française et néerlandaise ; entre une Belgique présente par des clichés et la ligne d'une identité nationale " en creux " ; entre les influences anglo-saxonnes et germaniques ; entre la construction d'une visée proprement cosmique et l'absence d'essence du sacré ; entre une tentative de toucher l'unique et le règne de la répétition ; entre une volonté de reconnaissance littéraire et une obligation de toucher un large lectorat. Ces différentes tensions expliquent la possibilité de lire Jean Ray / John Flanders des deux côtés : sur le plan de la littérature populaire au même titre que sur le plan d'une recherche de la " littérarité ". Ceci établit la singularité d'une production difficilement assimilable par les instances littéraires. En même temps, cela ouvre une voie nouvelle de la critique sur Jean Ray / John Flanders : il ne s'agit plus d'opposer les deux angles d'approches, mais bel et bien de les faire dialoguer. Seule une critique capable d'aller au-delà d'une production un peu trop rapidement statufiée permettra de mettre à nu la complexité et le jeu d'échos de la production de Jean Ray / John Flanders, d'en explorer les zones d'ombre et les opacités. Bref, d'opérer de bien étranges croisements d 'ombres...
Résumé : D'un côté, une critique qui s'en tient à " L'Assassin habite au 21 " et " Quai des orfèvres " de Clouzot. De l'autre, Cocteau qui voyait en Steeman le " Fregoli du roman policier "... Cet ouvrage entend trouver un juste milieu entre ces deux approches en prenant en compte l'état d'esprit particulier de l'auteur : son besoin de jouer avec les limites du roman policier classique, psychologique ou " noir ", voire les limites du langage et même de la création, avec une activité incessante de réécriture.
C'est parce qu'il a été un piètre joueur de golf ? "le plus détestable que le monde ait porté" ? que Jean Ray a écrit les Contes noirs du golf. Par vengeance. Il y reprend, bien sûr, tous les thèmes de sa mythologie personnelle : les univers intercalaires, la déchéance des dieux, l'envoûtement, la magie noire... C'est en décembre 1952 que Jean Ray, traversant de graves difficultés, commence sa collaboration avec la revue Golf. Comme souvent, il y est poussé pour des raisons prosaïquement alimentaires : malgré le succès de La cité de l'indicible peur et de Malpertuis, quelques années plus tôt, l'écrivain est toujours en mal d'argent. La fortune que connaît alors P. G. Wodehouse (l'auteur de Jeeves) dans les pays anglo-saxons lui a donné des idées, d'autant plus qu'il n'existe pas d'auteur "golfique" de cet acabit parti les écrivains de langue française...
Dans le sillage de Flaubert sont nées, dans tous les domaines artistiques, des adaptations et des créations multiples, reflétant la réception contrastée de son oeuvre de par le monde : le cinéma, le théâtre, la musique, l'opéra, la bande dessinée, nous offrent aujourd'hui une très large palette d'intertextes attestant la vitalité d'une oeuvre constamment lue, relue, réécrite, traduite, retraduite, bref, constamment (ré)interprétée, en vertu d'intentions parfois contrastées, méritant une étude attentive, en vertu peut-être aussi de l'inquiétude fondamentale qui traverse l'oeuvre de Flaubert et dont ces postérités sont, chacune à leur manière, les échos entêtants. L'étude de ces "dérivés" flaubertiens révèle aussi bien les procédés d'actualisation de la filiation ainsi revendiquée, que les singulières métamorphoses induites par les lectures de Flaubert en d'autres langues et au sein d'autres cultures. Ce volume rassemble les travaux de chercheurs internationaux, qui, à l'étranger et en France, nous offrent un vaste panorama de ces créations.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.
Faye Emmanuel ; Lassègue Jean ; Rastier François ;
Bien au-delà de la seule philosophie, le débat à Davos en 1929 entre Cassirer et Heidegger a marqué l'histoire des idées. Il a même donné naissance à des récits passablement légendaires qui négligeaient le contexte historique précis. Un nouveau regard s'impose, à la lumière des oeuvres publiées depuis lors. Les vingt-cinq tomes de l'édition allemande de référence de Cassirer ne sont disponibles que depuis 2007. S'y s'ajoutent les dix-sept tomes du Nachlass depuis 2017. Des 102 volumes de la Gesamtausgabe de Heidegger, édition de référence mais sans garantie scientifique, moins d'une dizaine reste programmée, mais d'ores et déjà la publication des cinq premiers volumes des Cahiers noirs a permis d'engager une relecture critique de l'ensemble. C'est donc à présent seulement que l'on peut véritablement évaluer les projets contrastés des deux auteurs. Leurs enjeux intéressent notamment le statut de la rationalité et des sciences, en particulier celles de la culture, aussi bien que le statut de la technique parmi les formes symboliques. Et tout autant, l'opposition entre la démocratie et la théologie politique ; entre la légitimité du cosmopolitisme et l'ontologie identitaire ; enfin, entre la possibilité même d'une éthique ou son rejet de principe. Tous ces thèmes contradictoires exigent aujourd'hui une révision critique, non seulement rétrospective, mais aussi ancrée dans le présent. Car au-delà même de la philosophie, des courants de pensée et des forces politiques en Europe et dans le monde poursuivent ces deux voies qui s'opposent aujourd'hui.
Le libéralisme n'est pas seulement une orientation de la pensée économique qui domine actuellement le paysage politique et intellectuel des pays anglo-saxons et d'Europe occidentale. C'est aussi, à l'origine, une revendication de liberté pour la personne, d'émancipation par rapport à un cadre moral hérité de temps anciens. Ces deux dimensions se croisent notamment dans l'oeuvre de John Stuart Mill dont LI Hongtu, professeur d'histoire à l'université Fudan (Shanghai) étudie l'oeuvre majeure, le traité De la liberté (1859). Correspondant d'Auguste Comte et disciple de Jeremy Bentham, John Stuart Mill est entré en dialogue avec les grands courants philosophiques de son temps, de l'utilitarisme au positivisme. Fervent défenseur de la liberté de l'individu confronté à la multiplicité des contraintes sociales, il a défié les préjugés de son temps en partageant la vie d'Harriet Taylor, militante du droit des femmes. La même logique l'a poussé à s'engager pour la liberté des lois du marché. Mais il était aussi employé de la Compagnie des Indes orientales, et même si on ne relève pas chez lui de traces de racisme, il s'accommodait très bien du colonialisme et du fait que des continents entiers, de l'Inde à la Chine, soient exclus des bienfaits du libéralisme dont il se faisait l'apôtre. Il était urgent que l'émergence du libéralisme soit aussi abordée dans la perspective d'une historiographie extra-européenne.