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Le meilleur coiffeur de Harare
Huchu Tendai ; Ferrard Odile
ZOE
20,00 €
Épuisé
EAN :9782881829093
Extrait J'avais vu dès le premier regard qu'il y avait chez Dumi quelque chose d'un peu trouble. Mais sans savoir quoi au juste. Dieu soit loué. Il fut un temps où j'étais considérée comme la meilleure coiffeuse de Harare, donc de tout le pays. Amai Ndoro était pour n'importe quel salon de coiffure la cliente la plus difficile à satisfaire et aucun kiya-kiya ordinaire n'était autorisé à toucher ses cheveux. Après avoir testé - et rayé de sa liste - tous les salons de la ville, elle s'était décidée pour le nôtre. Sachant qu'elle était non seulement la cliente la plus tatillonne mais aussi la plus bavarde et la plus commère de toutes, nous n'aurions plus besoin de faire de publicité tant qu'elle se ferait coiffer chez nous et que nous lui donnerions satisfaction. Ça, c'était mon boulot. Ce pour quoi Mme Khu-malo me versait le plus gros salaire. Le salon «Khumalo Coiffure et Soins de Beauté» était situé dans le quartier des Avenues, à deux pas du centre-ville. A vrai dire, nous coiffions, mais nous ne faisions jamais de soins de beauté. D'ailleurs, je crois bien qu'aucune d'entre nous n'aurait su comment s'y prendre. Sur la grille d'entrée, un panneau de métal rouillé indiquait en ----- lettres noires sur fond blanc l'emplacement de notre établissement. La rouille qui s'était accumulée après plusieurs saisons de pluie avait tellement rongé l'écriteau qu'on ne distinguait plus qu'une flèche, les lettres Khu-1- et le dessin d'une femme coiffée d'un gigantesque afro. Nos clientes n'avaient pas besoin de panneau de toute façon, le salon était facile à trouver. «Vous longez Harare Gardens, vous prenez la troisième rue à gauche, vous continuez tout droit au prochain croisement, puis vous cherchez la façade bleue - pas la verte - sur la droite de la route. Vous y êtes.» Il fallait vraiment le faire pour le louper. La partie avant de la maison, qui avait autrefois servi de lounge, avait été transformée en café internet et comptait une dizaine d'ordinateurs. On entendait le bourdonnement des ventilateurs et les sonorités stridentes des connexions depuis le trottoir d'en face. Les tarifs étaient assez avantageux par rapport aux prix pratiqués dans des centres commerciaux comme Eastgate ou Ximex. Le reste de la maison principale était occupé par les membres de la famille Khumalo, treize en tout. Notre salon était installé à l'arrière, dans ce qui avait autrefois abrité les quartiers des boys. Les effluves parfumés des défrisants, teintures, shampoings et autres produits chimiques traversaient la cour. Les odeurs se mélangeaient à la poussière de l'allée et vous laissaient dans les narines une sensation qui ne vous lâchait plus jusqu'à votre prochain rhume. La maison principale avait été agrandie de façon assez grossière. Un mur avait été abattu sur la gauche et des blocs de béton avaient été empilés à la va-vite pour ajouter sept mètres de longueur. De ce génie architectural était né un bâtiment hybride, assez unique en son genre. La partie droite avait été construite dans les règles de l'art, avec des briques cuites. On distinguait clairement la séparation avec la partie en vulgaire béton. Considérations esthétiques mises à part, nous étions tous contents de pouvoir profiter de ces locaux, même si la structure tremblait lors de violents orages.
Vimbai règne sur le salon de coiffure de Mme Khumala, jusqu'au jour où débarque le génial Dumi. Jalousie, colère, et bientôt attirance se succèdent dans cette comédie de classe extraordinairement vivante. Tendai Huchu réussit un portrait magistral et énergique d'un Zimbabwe rongé par la corruption et l'inflation.
Tout commence lorsque David Chariandy est victime, dans un restaurant éthique de Vancouver, d'un acte de racisme ordinaire en présence de sa fille de trois ans. Dix ans plus tard, l'élection de Donald Trump lui donne l'occasion d'adresser à sa fille désormais adolescente une lettre pour évoquer les questions universelles de l'identité et de la race. Chariandy puise dans son propre passé, dans celui de ses ancêtres afro-asiatiques et dans des épisodes concrets vécus en famille une réflexion sur l'héritage de l'esclavage, le statut de " minorité visible " et d'immigré de deuxième génération : que ressent-on lorsqu'on est considéré comme un étranger alors que l'on est né au Canada ? Lorsqu'on nous demande, inlassablement, " non, mais d'où viens-tu vraiment ? "
Quand Franklin Starlight ne s'occupe pas de sa ferme, il part photographier la vie sauvage au c?ur de l'Ouest canadien. Mais cette existence rude et solitaire change lorsqu'il recueille sous son toit Emmy et sa fillette Winnie, prêtes à tout pour rompre avec une existence sinistrée.Starlight emmène bientôt les deux fugitives dans la nature, leur apprend à la parcourir, à la ressentir, à y vivre. Au fil de cette initiation, les plaies vont se refermer, la douleur va laisser place à l'apaisement et à la confiance. Mais c'est compter sans Cadotte, l'ex-compagnon alcoolique d'Emmy, résolu à la traquer jusqu'aux confins de la Colombie-Britannique.Dans ce roman solaire et inspiré, on retrouve Frank, le héros désormais adulte des Étoiles s'éteignent à l'aube.Appartenant à la nation des Ojibwés, Richard Wagamese est l'un des principaux écrivains canadiens, récompensé à de nombreuses reprises pour son travail littéraire et journalistique. Découvert en français avec Les Étoiles s'éteignent à l'aube et Jeu blanc, Wagamese est décédé en 2017, laissant en testament littéraire Starlight, son ultime roman.4e de couverture : Quand Franklin Starlight ne s'occupe pas de sa ferme, il part photographier la vie sauvage au c?ur de l'Ouest canadien. Mais cette existence rude et solitaire change lorsqu'il recueille sous son toit Emmy et sa fillette Winnie, prêtes à tout pour rompre avec une existence sinistrée.Starlight emmène bientôt les deux fugitives dans la nature, leur apprend à la parcourir, à la ressentir, à y vivre. Au fil de cette initiation, les plaies vont se refermer, la douleur va laisser place à l'apaisement et à la confiance. Mais c'est compter sans Cadotte, l'ex-compagnon alcoolique d'Emmy, résolu à la traquer jusqu'aux confins de la Colombie-Britannique.Dans ce roman solaire et inspiré, on retrouve Frank, le héros désormais adulte des Étoiles s'éteignent à l'aube.Appartenant à la nation des Ojibwés, Richard Wagamese est l'un des principaux écrivains canadiens, récompensé à de nombreuses reprises pour son travail littéraire et journalistique. Découvert en français avec Les Étoiles s'éteignent à l'aube et Jeu blanc, Wagamese est décédé en 2017, laissant en testament littéraire Starlight, son ultime roman.
Voici trois textes réunis autour d'un sujet rarement traité par Bouvier : son enfance. Dans le récit central éponyme, l'écrivain raconte les étés passés dans la propriété des grands-parents maternels et comment, petit garçon de huit ans, il triompha de l'"une des figures les plus détestées de [s]on enfance" : Bertha, la gouvernante prussienne tyrannique.
C'était au mois de juin de l'année 1976. C'était le début des grandes vacances de mes treize ans. C'était l'année de la sécheresse.Des wagons-citernes acheminaient de l'eau puisée au fond des lacs vers les villages; sous un ciel aussi jaune que du papier maïs, les militaires avec leurs camions et leurs motopompes s'occupaient des arrosages de secours pour sauver les plantations qui pouvaient encore l'être. Les autorités avaient activé le plan ORCA.Il ne pleuvait plus depuis des semaines; comme il n'avait pas neigé sur les montagnes durant l'hiver, les nappes phréatiques ne s'étaient pas remplies au printemps. Tout était sec en dessous, tout était sec en surface et notre campagne ressemblait à un vieux biscuit dur. Certains disaient que le soleil s'était soudain rapproché de la Terre; d'autres disaient que la Terre avait changé d'axe et que c'était elle qui, au contraire, était attirée par le soleil. Je pensais que cette chaleur particulière était causée par un astéroïde tombé non loin de chez nous, par un gros corps céleste constitué d'un métal inconnu dégageant des vapeurs toxiques invisibles. Comment expliquer autrement que par des gaz lentement diffusés vers les maisons du village nous empoisonnant à notre insu la modification insidieuse du caractère de maman, sa transformation en une autre personne, la perte de la maîtrise de nos vies au cours de cet été, la fin du monde de mon enfance?Depuis quelques jours, Rudy me disait que l'herbe sentait mauvais. Quand je lui avais demandé pourquoi, il m'avait répondu triste et sérieux que c'était parce qu'elle souffrait. Rudy était exactement le genre d'individu capable d'imaginer une végétation qui manifesterait son inconfort par une transpiration malodorante. Dans l'air de notre arrière-cour parsemée de brins d'herbe malingres piétines par le bétail, il planait une odeur de céleri et de soufre. Le vert terne du lierre agrippé au muret du jardin potager était devenu presque noir. Le soleil chauffait la pierre, froissait ses feuilles, en tordait les tiges ratatinées qui faisaient un dernier effort pour ne pas se détacher de leur branche et basculer dans le sol sablonneux. En m'approchant pour observer les crampons de la plante, pareils à de minuscules poings serrés par le désespoir, je devais bien admettre qu'elle puait.
Figure de la diffusion culturelle au Mali, Aly Diallo est aussi un romancier habile dans le traitement du quotidien des Africains. Un émule de Marcel Aymé ?Aly Diallo n'est pas seulement le Directeur national des Arts et de la Culture du Mali, ni le bon connaisseur de la musique du vingtième siècle qui coordonne la participation du Mali au Festival de jazz de la Nouvelle-Orléans, c'est aussi un habile romancier, qui sait traiter du quotidien des pays d'Afrique aujourd'hui avec l'humour léger et la vraisemblance décalée d'un Marcel Aymé africain, dont le pessimisme serait allégé par une confiance réaffirmée en l'homme.La Révolte du Komo, premier roman en français publié dans la nouvelle collection Continents noirs, aux éditions Gallimard, est un chef d'?uvre de raillerie délicate contre les m?urs politiques d'une jeune république africaine, de pure fiction, dont les habitants sont partagés entre les changements économiques, sociaux et culturels que leur impose l'adaptation au monde moderne et la révérence qu'ils gardent à leurs traditions ancestrales.La statue du Komo, volée à un village au temps de la colonisation, pourra-t-elle rester au Musée national, ou doit-elle être restituée à ceux qui y reconnaissent une part de leur identité ? L'affaire semble mince, mais s'enfle rapidement, jusqu'à provoquer une mobilisation spectaculaire de tous les fils du pays de Tèrè? "Tant que le Pouvoir les affrontait individuellement, leur imposant des lois importées, qui ne correspondaient en rien à leurs préoccupations, la réaction des gens du village était tout aussi individuelle. Mais à présent qu'il s'immisçait dans la gestion de leur conscience collective, le réflexe collectif de défendre leur patrimoine ressurgissait et réunissait toute la collectivité".Livre d'espoir et d'énergie en un temps de mondialisation où ne doivent pas être négligés les liens, invisibles, aux héritages spirituels, intellectuels, culturels : survient un moment où les identités blessées se réveillent, protestant d'avoir été oubliées ou niées, provoquant des événements aussi inattendus et irrépressibles que les colères de la nature : "L'explication de cet insensé collectif ne se trouve nulle part ailleurs que dans le Peuple, qui n'est en fait rien d'autre que cela : une mer immense, un lac Debo tranquille et silencieux qui sait se réveiller brusquement pour dire et affirmer son existence?"Autant dire que si, pour le style et l'humour, Marcel Aymé a trouvé son émule malien, Aly Diallo est quand même plus optimiste et croit à la capacité des Etats africains à concilier leurs traditions et leur développement démocratique. --Khaled Elraz --
Lauréate de la loterie des visas, Akunna quitte le Nigeria pour les États-Unis ; elle y découvre un pays qui a bien peu à voir avec celui de ses attentes. À Kano, dans le nord du Nigeria, une violente émeute intercommunautaire réunit deux femmes que tout sépare : une marchande d?oignons musulmane et une étudiante issue de la bourgeoisie chrétienne de Lagos. Dans Nsukka blanchie par l'harmattan, James Nwoye, ancien universitaire au soir de sa vie, repense au rêve biafrais et attend, la nuit, les visites de sa femme défunte, qui vient caresser ses jambes fatiguées? Voici quelques-uns des personnages des nouvelles d?Adichie ; ils composent une image complexe et riche de la réalité nigériane d?aujourd?hui, qui prend ses racines dans le passé et se prolonge dans l'expérience de l?émigration, une plongée émouvante, souvent poignante, tour à tour terrible et drôle, toujours vibrante d?humanité.
Mbëkë mi", c'est "le coup de tête" sur lequel on part, défiant tous les périls; et c'est devenu, tant elle est folle à accomplir, "la traversée" des milliers de jeunes Africains, le dos à la misère et à la désespérance, fuyant ainsi leur pays en pirogue... Dix jours de navigation et d'errance dans un tronc d'arbre évidé et chargé d'au moins quarante personnes pour un Éden européen rêvé, passant d'abord d'un Purgatoire villageois à l'Enfer océanien... Avec les personnages de cette histoire, le lecteur est emporté par l'espoir, l'immense beauté et cruauté de l'océan, la mort, le viol, la faim, la soif, les hallucinations, il est, lui aussi, le coeur au ventre, suspendu sur les abysses entre deux continents, empirogué jusqu'à l'autre rive... Biographie de l'auteur Abasse Ndione vit et écrit dans un village de pêcheurs à quelques kilomètres de Dakar. Il a publié aux Éditions Gallimard Ramata (2000) et La vie en spirale (2004) avec le succès que l'on sait.
Résumé : Lidia do Carmo Ferreira, poétesse et historienne angolaise, ultime rejetonne d'une suite incroyable d'incestes, disparaît mystérieusement en 1992 à Luanda, capitale de l'Angola, dix-sept ans après l'indépendance de cette ancienne colonie portugaise d'Afrique. Un journaliste, le narrateur, s'interroge sur la vie de Lidia et, reconstruisant son passé, nous entraîne, à travers l'histoire d'une femme, dans les histoires multiples et cruelles du mouvement nationaliste qui conduit l'Angola à une indépendance suivie, jusqu'à nos jours, des terribles épreuves d'une guerre civile. Les utopies sont mises à la rude épreuve du réel. Le regard de Lidia, nous le suivons dans l'enquête menée par le journaliste. Ni l'un ni l'autre ne ferment les yeux sur les compromissions des civils et des militaires, les impostures des églises, les engrossements sous le maître des corps de femmes vouées à la misère, à la folie ; ni l'un ni l'autre ne cachent les désillusions mortelles. Aux contraintes de la colonisation succèdent les mainmises démultipliées de l'étranger : le poing de fer sous couvert de socialisme, trafics, de corps, de drogue, d'alcool. Un délire infernal au quotidien de centaines de personnages. Quand l'Histoire se fait et se défait sur la peau des hommes. La saison des fous est un moment historique qui appartient exemplairement à l'histoire de l'humanité, au même titre que La Storia d'Elsa Morante. Ce roman, où ne manquent ni l'humour, ni le sarcasme, ni l'ironie qui sillonnent les grandes tragédies, nous en apprend davantage que mille reportages sur le vif et nous fait pénétrer jusqu'au vertige des grandes émotions dans la fragilité des rêves humains.