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Ferdinand contre Marcel. L’obsession proustienne de L.-F. Céline
Huchet Jean-Charles
L'HARMATTAN
31,01 €
Épuisé
EAN :9782336489612
Céline fut "contre" Proust comme celui-ci fut "contre Sainte-Beuve", pour le meilleur et pour le pire. Pour le pire, lorsque la haine contre cet aîné, en tout différent, le conduit à recycler les stéréotypes antisémites et homophobes de son époque. Pour le meilleur, quand l'obsession proustienne dynamise la réflexion de Céline sur la littérature et lui permet de mettre au point un projet littéraire nouveau. Montrer en quoi la haine de Proust fut nécessaire à Céline conduit à retourner à ce qu'il dit de Proust, à contextualiser ses propos, à en déplier les enjeux, pour constater la partialité globale de sa lecture et ses aperçus critiques parfois lumineux. Des allusions, directes ou indirectes, des détails en forme de clin d'oeil au sein des textes nourrissent ce "dialogue haineux". Il réside surtout dans la reprise, systématiquement contradictoire, de motifs ou de thèmes proustiens afin d'en manifester, par la dérision, l'inanité ou l'obsolescence. Pour Céline, il s'agit d'en finir avec Proust, sans y parvenir, pour continuer à essayer d'en finir donc d'écrire.
Louis-Ferdinand Céline aimait la danse et les danseuses. Elles furent l'affaire de sa vie et de son oeuvre, la seule cause pour laquelle il milita durablement, puisque s'y nouaient le plus intime d'une fascination personnelle vécue dans le compagnonnage de danseuses et la quête d'une écriture. Que signifie pour Céline aimer la danse et les danseuses ? Le goût pour l'une se confond-il avec la dilection pour les autres ? Ne remplissent-elles pas des fonctions différentes dans le grand écart esthétique et idéologique de l'oeuvre ? Si Céline a peu pensé la danse, elle lui a servi à penser à autre chose : au corps, fétichisé pour le regard ou mis en transe par la pulsion et destiné à réparer les boiteries de l'existence, à la politique, à la littérature surtout, qui trouve, grâce aux ballets, des miroirs où réfléchir ce qui la meut. La danse et les danseuses confèrent à l'oeuvre de Céline une cohérence singulière et une clé de son interprétation.
En terre d'oc, le roman fut, au Moyen Age, un genre minoritaire. La poésie des troubadours y était prépondérante. Deux formes de roman voient pourtant progressivement le jour : la première prend sa source dans la tradition extérieure : le roman arthurien ou le roman d'aventure, et se nourrit d'imitations et de traductions ; la seconde, plus originale, s'inspire de la lyrique des troubadours et constitue le "romanesque poétique". Les novas de ce volume, que l'on situe approximativement autour de 1200, appartiennent au dernier courant. Elles permettent de parcourir le chemin qui va du poème au roman. Elles illustrent aussi un nouvel art d'aimer. A l'orée du XIIème siècle, les troubadours inventaient en effet l'amour, la poésie et définissaient progressivement un art de vivre ; la fin'amor proposait un culte du désir et de sa sublimation. Avec l'apparition des novas, la Dame devient une femme. La belle inflexible des troubadours découvre l'amour et le désir. La fin'amor s'humanise alors et la narration s'enrichit d'un thème nouveau : la jalousie. Face à une érotique de la continence illustrée par la poésie, les novas militent désormais en faveur d'un hédonisme courtois.
Tout le monde se réclame de l'Ecole de la République. Les acteurs politiques la mobilisent en permanence dans leurs stratégies de conquête ou de conservation du pouvoir. Néanmoins, elle a échoué à réaliser la promesse républicaine de liberté, d'égalité et de fraternité et n'est pas parvenue à assumer la fonction politique qui lui est assignée en France. Prendre acte de cette faillite consiste à découpler l'Ecole de la République pour la rendre à elle-même, la sortir de la "théologie des savoirs" invalidée par la révolution numérique et l'adapter aux besoins des enfants et des jeunes des sociétés hypermodernes. En finir avec l'Ecole de la République plaide pour une "démocratie apprenante", concrétisée par un véritable service public d'éducation répondant aux besoins de ses usagers, et propose de sortir de la déploration permanente de "la crise de l'éducation" pour mieux contribuer à une mutation de l'Ecole, qui se doit d'être plus réaliste et ouverte au monde social.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.