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Transmettre les passés. Nazisme, Vichy et conflits coloniaux : les responsabilités de l'Université
Liauzu Claude ; Hoock-Demarle Marie-Claire
SYLLEPSE
21,00 €
Épuisé
EAN :9782913165533
L'Université est trop souvent bousculée par les assauts d'idéologies se réclamant de la race, de la purification ethnique et de conceptions inégalitaires des sociétés. Le milieu scientifique est aussi agité périodiquement par des scandales, des polémiques, des affaires qu'on ne saurait résumer aux élucubrations d'individus ou de minorités. Exorciser les faits en les rejetant dans un passé désormais révolu ou prononcer des condamnations éthiques ne permet pas de répondre à ces dangers. Une des responsabilités scientifiques et civiques de l'Université et du système éducatif tout entier est d'assumer l'héritage contrasté de notre modernité par la recherche de la vérité, l'analyse critique des rapports entre savoirs et dominations, la diffusion de la connaissance. À l'occasion de son trentième anniversaire, l'université Paris 7-Denis Diderot a tenté de répondre à ces défis en affirmant certains de ses traits originaux: une interdisciplinarité associant en particulier sciences humaines et sciences biologiques, une attention égale à l'histoire des sociétés occidentales et à celle des autres sociétés, une réflexion sur les contenus des savoirs et sur leurs fonctions sociales. Issu de ces exigences, c'est à un questionnement vigilant que cet ouvrage se livre, autour de quatre grands axes: les " sciences de gouvernement ", l'eugénisme et le " darwinisme social ", la mémoire de certains passés (négationnisme, Vichy, histoire du colonialisme) et la transmission des savoirs.
Après avoir relaté son parcours dans un précédent livre, Fatima Besnaci-Lancou donne aujourd'hui la parole aux "mères", ces femmes de harkis débarquant en terre inconnue après avoir fui une guerre qui leur était souvent étrangère, pour se retrouver confinées des années durant dans des camps de regroupement. Il a fallu vaincre les réticences, les pudeurs, les peurs, pour qu'elles acceptent de se livrer, creusant au plus profond d'elles-mêmes. Leurs récits portent tous une profonde blessure. Comment en serait-il autrement, alors qu'elles laissèrent derrière elles parents, frères ou soeurs ? Et que bien souvent, leurs maris brisés ou disparus trop tôt, elles durent élever seules leurs enfants. Aujourd'hui, leur condition s'est améliorée. Si certaines en veulent toujours aux Etats algérien et français de les avoir livrées à une vie de souffrances et de misère, d'autres estiment que la France leur a malgré tout permis de vivre en paix et d'élever leurs enfants, dont la réussite fait souvent leur fierté. Enfin, ces récits apportent une contribution majeure à l'histoire des harkis. Ou plutôt "aux histoires", invitant à se défier des manichéismes simplificateurs.
Entre l'exaltation du rôle positif de la colonisation et le procès de la République colonialiste, la France semble aujourd'hui découvrir son passé colonial. Colonialisme, anticolonialisme : ces mots, inventés à la fin du XIXe siècle, renvoient à une réalité longue de cinq siècles, de la conquête de l'Amérique à l'écroulement des grands Empires dans les années 1960. Pendant cette période, l'adhésion à l'expansion de l'Europe a été le sentiment dominant avec le fardeau de l'homme blanc et les missions historiques attribuées par la religion ou la civilisation à certains continents. Cependant, ce sentiment n'est pas inné ; c'est une création culturelle de l'Occident, qui n'allait triompher que tardivement, dans les années 1930, après une lente expansion. A l'opposé, l'anticolonialisme est également présent dès l'origine, se manifestant au cours des siècles par la critique du sort des Indiens (Las Casas), l'éloge du bon sauvage (Montaigne, Rousseau...) et la dénonciation de l'esclavage par les philosophes du XVIIIe siècle pour qui les colonies sont inutiles, ruineuses et amenées à rompre avec la métropole. Bien que minoritaire, l'anticolonialisme est présent partout dans la société : chez des intellectuels, dans les milieux d'affaires, ou encore dans la paysannerie. Il trouve des références dans le marxisme, dans le christianisme, voire dans les valeurs universalistes liées aux droits de l'homme. Il suscite des protestations contre les guerres d'Indochine et d'Algérie par lesquelles s'achève l'âge colonial. Retraçant l'histoire de l'anticolonialisme, l'ouvrage éclaire donc un pan marginalisé dans l'étude de la période coloniale. Les deux questions des anticolonialistes sont toujours d'actualité : comment aller vers des solidarités entre l'Occident et le tiers-monde ? Comment éviter la guerre des cultures par la reconnaissance de la pluralité et de la diversité dans toutes les sociétés ? Redécouvrir aujourd'hui les anticolonialistes contribue à mieux comprendre le présent. . . CLAUDE LIAUZU, professeur émérite à l'université Paris 7-Denis Diderot, a publié chez Armand Colin, Empire du mal contre grand Satan, 2005, et a dirigé l'ouvrage Colonisation : droit d'inventaire, 2004.
L'année 2015 marquera l'histoire de la Grèce, de l'Europe et de la gauche. Ce livre constitue un guide pour les lecteurs et les lectrices qui ne se contentent pas de la narration dominante présentée par les grands médias et les créanciers, qui ne se satisfont pas non plus de la version donnée par Yanis Varoufakis, l'ex-ministre des finances du premier gouvernement Syriza, dans son livre Conversations entre adultes et adapté au cinéma par Costa-Gavras. Il est essentiel de prendre le temps d'analyser la politique mise en oeuvre par Yanis Varoufakis et le gouvernement d'Alexis Tsipras car, pour la première fois au 21e siècle, un parti de gauche radicale a été élu en Europe pour former un gouvernement. Comprendre les échecs et tirer les leçons de la manière dont ce gouvernement a affronté les problèmes qu'il a rencontrés sont de la plus haute importance si on veut éviter un nouveau fiasco. Eric Toussaint, qui a coordonné les travaux de la Commission d'audit de la dette mise en place par la présidente du Parlement grec en 2015, a vécu de près les évènements qui ont secoué l'Europe cette année-là, il en maîtrise les tenants et les aboutissants. Comme l'écrit l'historien britannique Adam Tooze, auteur de Crashed : " Que l'on sympathise ou non avec l'orientation qui y est défendue, le livre de Toussaint permet à tout un chacun d'approfondir la compréhension de la scène politique grecque dans laquelle Varoufakis et Tsipras ont opéré. " Un objectif majeur du livre est de montrer qu'à chaque étape cruciale du chemin de croix qui va de février à juillet 2015, il y avait la possibilité d'opter pour une alternative. Les mesures qu'il aurait fallu mettre en pratique et les initiatives qu'il était possible de prendre sont bien identifiées et clairement argumentées. Elles dépassent le cadre national et alimentent la réflexion stratégique sur les batailles politiques pour l'émancipation sociale. L'auteur démontre de manière convaincante qu'une victoire était possible et que ce qui s'est passé n'était pas inéluctable.
En 2010, Lula quittait la présidence du Brésil avec 80% d'approbation et des indicateurs économiques au beau fixe. Moins d'une décennie plus tard, Dilma Rousseff qui lui a succédé est destituée par un coup d'Etat parlementaire et Lula est emprisonné à la suite d'un procès politique. Pire, l'élection présidentielle de 2018 a livré le pays à un militaire d'extrême droite. Que s'est-il donc passé? ? fabio luis barbosa dos santos tente d'y répondre en brossant le portrait des mandats du Parti des travailleurs à la tête du pays. Il montre la dérive d'un parti qui fut le centre de gravité des luttes sociales au début des années 1980 pour finir par devenir le "bras gauche" de l'ordre en vigueur au cours des années 2000. Essai sur l'histoire récente du Brésil, ce livre revient aussi sur l'arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro et scrute le chapitre brésilien du glissement mondial vers un néolibéralisme toujours plus violent, autoritaire et inégalitaire.
Résumé : Pourquoi et comment un médiocre parlementaire d'extrême droite, nostalgique de la dictature militaire, ouvertement raciste, misogyne et homophobe a-t-il pu se hisser à la tête du plus grand pays d'Amérique latine ? L'arrivée de Bolsonaro à la présidence du Brésil n'est ni un événement fortuit, ni une parenthèse sans lendemain. Portée par une lame de fond, elle est à la fois le produit des circonstances et la conséquence d'un travail de conquête et de formatage de l'opinion par de nouvelles droites radicales et militantes. Dans un contexte marqué par une profonde crise économique, morale et institutionnelle, ces courants ont exploité les frustrations et les ressentiments de la société brésilienne, pour s'imposer aux affaires. Avec l'appui des vieilles oligarchies et des secteurs les plus conservateurs, ils entendent aujourd'hui solder l'héritage du "lulisme" et dicter leur agenda ultralibéral, rétrograde et autoritaire. Révision des droits sociaux, démantèlement des protections environnementales, privatisation des entreprises publiques, réalignement de la politique étrangère sur les Etats-Unis, croisade morale et sécuritaire..., le tournant engagé risque de réduire à néant les progrès démocratiques engrangés au terme de plusieurs décennies de luttes. Sonnée et divisée, la gauche s'est jusqu'à présent montrée impuissante à contrer la vague réactionnaire. Elle devra, coûte que coûte, retrouver son unité et proposer un nouveau projet mobilisateur pour éviter que le pays, champion toutes catégories des inégalités, ne s'enfonce dans l'abîme.
Le Mexique de l'épopée révolutionnaire des compagnons d'Emiliano Zapata et de Pancho Villa, le Mexique des paysans en armes en quête de justice, de terre et de liberté, le Mexique mythique sont conviés dans ce formidable livre d'histoire qui donne âme, chair et sang à ceux qui ont donné sa turbulence, sa dynamique, ses rêves et sa substance à cette révolution, cette guerre paysanne pour la terre et le pouvoir. Pendant dix ans (1910-1920), les révolutionnaires Emiliano Zapata, Pancho Villa et des milliers de chefs régionaux se battent tout à la fois contre un régime militaire corrompu et une bourgeoisie libérale qui tente de prendre le pouvoir. Zapata et Villa sont restés dans la mémoire des humbles du Mexique comme des figures que l'on invoque à chaque fois que l'on proteste contre les possédants et contre les gouvernants. C'est ainsi que les Indiens du Chiapas, éternels oubliés d'une "modernité" barbare qui ravage périodiquement le pays, ont brandi à leur tour la bannière du zapatisme. Adolfo Gilly nous invite à comprendre le Mexique d'aujourd'hui et les aspirations de son peuple à travers l'épopée et la réalité d'une révolution dont le souvenir et les idéaux hantent et enchantent encore ce pays. Voici la seconde édition en français de ce livre qui n'a cessé, depuis sa parution au Mexique en 1971, d'être réédité aussi bien en espagnol qu'en anglais.