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Aux armes, historiens. Deux siècles d'histoire de la Révolution française
Hobsbawm Eric
LA DECOUVERTE
14,80 €
Épuisé
EAN :9782707149824
Dès les premières années du XIXe siècle, la Révolution française a suscité des débats passionnés parmi les historiens et les intellectuels, français comme étrangers : quel sens historique fallait-il donner à cet événement politique extraordinaire ? Dans quelle mesure a-t-il transformé le visage de l'Europe ? Quelles en furent les origines intellectuelles, économiques, sociales ? La Révolution avait-elle ouvert un horizon d'émancipation pour la France et les peuples du monde ou, au contraire, annonçait-elle les catastrophes politiques du Xe siècle ? A l'occasion du bicentenaire en 1989, alors que les controverses sur l'héritage de la Révolution faisaient rage, notamment autour des travaux d'inspiration marxiste d'Albert Soboul puis de Michel Vovelle et de ceux, d'inspiration libérale, de François Furet, Eric J. Hobsbawm est revenu sur toutes les lectures et interprétations qui s'étaient succédé depuis deux siècles. Il montre ici que les historiens écrivent l'histoire à l'aune de leur expérience du présent. Formulant une critique roborative de ceux qui veulent rompre avec l'héritage révolutionnaire, Hobsbawm réaffirme que la Révolution a transformé le monde de façon définitive et qu'elle continuera de le faire évoluer. Aux armes, historiens, mélange stimulant d'historiographie et d'analyse politique rédigé par l'un des plus éminents historiens du XXe siècle, constitue un outil indispensable à qui souhaite comprendre les enjeux d'une Révolution dont l'écho nous parvient encore. . . L'historien britannique Eric J. Hobsbawm, professeur émérite de l'université de Londres, est l'auteur d'une oeuvre de renommée mondiale. Il a notamment écrit la trilogie, publiée chez Fayard L'Ere des révolutions 1789-1848 (1970), L'Ère des empires : 1875-1914 (1989) et L'Ere du capital : 1848-1875 (1994). Ainsi que L'Age des extrêmes. Histoire du court XXe siècle 1914-1991 (Complexe, Bruxelles, 1999, 2003).
Résumé : Dès les premières années du XIXe siècle, la Révolution française a suscité des débats passionnés : quel sens historique fallait-il donner à cet événement politique extraordinaire ? Dans quelle mesure a-t-il transformé le visage de l'Europe ? Quelles en furent les origines intellectuelles, économiques, sociales ? La Révolution avait-elle ouvert un horizon d'émancipation pour la France et les peuples du monde ou, au contraire, annonçait-elle les catastrophes politiques du xxe siècle ? Eric J. Hobsbawm est revenu sur toutes les lectures et interprétations qui se sont succédé depuis plus de deux siècles. Il montre que les historiens écrivent l'histoire à l'aune de leur expérience du présent et réaffirme que la Révolution a transformé le monde de façon définitive et qu'elle continuera de le faire évoluer.
A l'heure de la remontée brutale de toutes les formes de "nationalités", où les nouveaux Etats partent à la recherche de leur "sentiment national" et où les vieux Etats nations connaissent des flambées de nationalisme, on ne peut être que reconnaissant à Eric Hobsbawm de nous faire comprendre cette fin de siècle à la lumière de celle du siècle dernier. L'historien s'attache avant tout à cerner d'un regard neuf les tribulations du concept, étant entendu qu'elles ne relèvent pas du ciel des idées mais s'enracinent dans une multitude de "nationalismes" historiques, sociaux, locaux, où la part du mythe se noue inextricablement à celle des réalités, dans une histoire pleine de bruit, de fureur et de sang, mais dont l'apogée - c'est une des originalités du livre que de le soutenir - est peut-être déjà dépassé.
Extrait de la préface:Quand on veut écrire une autobiographie, il faut aimer lire des autobiographies. Pendant que j'écrivais ce livre, je fus surpris du nombre d'hommes et de femmes que j'ai connus qui ont couché leur vie sur le papier, sans parler des plus éminents ou des plus scandaleux (en général) qui ont fait rédiger leurs autobiographies par d'autres. Et je ne compte même pas la quantité considérable de faits autobiographiques que mes contemporains ont dissimulés dans des ouvrages de fiction. Cette surprise n'est sans doute pas justifiée. Ceux qui par profession écrivent et communiquent ont tendance à évoluer parmi des gens qui font de même. Ainsi s'accumulent articles, interviews, photos, bandes magnétiques (ou vidéos) et volumes tel que celui-ci, dont un nombre incroyable dû à des universitaires. Je ne suis pas le seul.La question se pose néanmoins de savoir pourquoi quelqu'un comme moi devrait écrire son autobiographie et, plus précisément, pourquoi d'autres, qui n'ont aucun lien particulier avec moi, ou qui ne connaissaient même pas mon existence avant de voir la couverture de ce livre dans leur librairie, pourraient trouver qu'il mérite d'être lu. Je ne suis pas de cette sous-espèce spéciale qu'on classe - dans une chaîne de librairies londoniennes du moins - dans la section des biographies de «personnalités», de «people» comme on dit dans le jargon d'aujourd'hui, c'est-à-dire des individus suffisamment connus, quelle qu'en soit la raison, pour que leur simple nom éveille la curiosité. Je n'appartiens pas à la classe de ceux dont la vie publique les autorise à intituler leur autobiographie «Mémoires», ces hommes et ces femmes dont les actions sur la scène publique doivent être connues ou défendues, ou qui ont vécu, voire influencé, de grands événements. Je ne suis pas l'un d'entre eux. Il est probable que mon nom figurera dans quelques ouvrages d'un ou deux champs de connaissances spécialisés, comme le marxisme et l'historiographie du XXe siècle, et peut-être surgira-t-il dans quelques livres sur la culture intellectuelle britannique au XXe siècle. À part cela, si mon nom devait disparaître complètement, comme la pierre tombale de mes parents que j'ai vainement cherchée il y a cinq ans dans le cimetière central de Vienne, il n'y aurait pas de manque visible dans la narration de ce qui s'est produit au cours de l'histoire du XXe siècle, en Grande-Bretagne ou ailleurs.
Depuis sa parution en anglais, L'Invention de la tradition n'a pas cessé d'être cité et commenté, en Grande-Bretagne comme ailleurs. Le concept de "tradition inventée" fait aujourd'hui partie du patrimoine des sciences sociales et de l'histoire. Les différentes études réunies dans ce recueil décrivent comment les Etats-nations modernes en gestation, mais aussi les mouvements anti-systémiques qui se développèrent en leur sein et les sociétés dites "traditionnelles", ont délibérément cherché, souvent avec succès, à réinterpréter radicalement ou à inventer, parfois de toutes pièces, des traditions et des "contre-traditions" pour se légitimer, s'inscrire dans la longue durée, assurer la cohésion de la communauté ou encore garantir le contrôle des métropoles impériales sur les sujets coloniaux.
Becker Howard S. ; Merllié-Young Christine ; Merll
Après de nombreuses années de pratique du métier, Howard S. Becker livre, avec le style qui a fait son succès, les leçons tirées de son expérience de sociologue. Empiriques au même titre que les sciences de la nature, les sciences sociales ne progressent que par la qualité de l'articulation entre des " idées " (ou théories) et des " données ", toujours produites par des procédés de fabrication à analyser. La distinction, qui structure la profession, entre recherches " qualitatives " et " quantitatives " ne change rien à l'exigence de fournir des " preuves " solides, capables de résister au doute pour convaincre collègues et adversaires. La nécessité d'une analyse critique des données est ici démontrée à la lumière d'une gamme étendue de recherches, des plus collectives et objectivantes, comme les recensements de la population, aux plus personnelles, comme les observations ethnologiques, en passant par toutes les formes intermédiaires de la division du travail entre concepteurs des recherches et personnes chargées de la collecte des données. Cette ré? exion sur les conditions pratiques de l'observation s'adresse aussi bien aux professionnels des enquêtes, aux chercheurs en sciences sociales qu'à l'étudiant devant réaliser son premier mémoire de recherche.
Depuis une dizaine d'années, les caméras de vidéosurveillance ont envahi notre paysage urbain. Une frénésie sécuritaire qui fait déjà l'objet d'abondantes critiques mais qui dissimule encore ses véritables failles, systémiques, techniques, juridiques, tout en banalisant chaque jour un peu plus une idéologie d'autosurveillance généralisée. Depuis les années 2000, les caméras de vidéosurveillance et de vidéoprotection ont envahi notre paysage urbain. Cette nouvelle manière de protéger la population fait couler beaucoup d'encre. Or les prismes dominants (sécurité versus liberté) et les images mobilisées (du Panoptique à Big Brother, en passant par Minority Report), en disent plus sur les fantasmes collectifs que sur les réalités concrètes de ce dispositif. Dans ce récit d'enquête, au plus près des expériences et des représentations des acteurs publics et privés qui utilisent la vidéosurveillance au quotidien, Elodie Lemaire passe au crible les idées reçues sur cet oeil sécuritaire, pour mieux en identifier les vrais dangers. En nous faisant pénétrer dans les salles de contrôle et les coulisses des tribunaux, l'auteure montre que les usages de la vidéosurveillance sont loin d'être conformes à sa réputation de " couteau suisse de la sécurité " ou de " reine des preuves ". Mais ces limites cachent d'autres dérives bien réelles, comme la banalisation d'une idéologie qui construit progressivement notre vision sécuritaire du monde social.
Harper Kyle ; Pignarre Philippe ; Rossignol Benoît
Comment Rome est-elle passée d'un million d'habitants à 20 000 (à peine de quoi remplir un angle du Colisée) ? Que s'est-il passé quand 350 000 habitants sur 500 000 sont morts de la peste bubonique à Constantinople ? On ne peut plus désormais raconter l'histoire de la chute de Rome en faisant comme si l'environnement (climat, bacilles mortels) était resté stable. L'Empire tardif a été le moment d'un changement décisif : la fin de l'Optimum climatique romain qui, plus humide, avait été une bénédiction pour toute la région méditerranéenne. Les changements climatiques ont favorisé l'évolution des germes, comme Yersinia pestis, le bacille de la peste bubonique. Mais "les Romains ont été aussi les complices de la mise en place d'une écologie des maladies qui ont assuré leur perte". Les bains publics étaient des bouillons de culture ; les égouts stagnaient sous les villes ; les greniers à blé étaient une bénédiction pour les rats ; les routes commerciales qui reliaient tout l'Empire ont permis la propagation des épidémies de la mer Caspienne au mur d'Hadrien avec une efficacité jusque-là inconnue. Le temps des pandémies était arrivé. Face à ces catastrophes, les habitants de l'Empire ont cru la fin du monde arrivée. Les religions eschatologiques, le christianisme, puis l'islam, ont alors triomphé des religions païennes.
La drogue est la continuation de la politique par d'autres moyens : telle est sans doute l'une des leçons les plus méconnues du IIIe Reich... Découverte au milieu des années 1930 et commercialisée sous le nom de pervitine, la méthamphétamine s'est bientôt imposée à toute la société allemande. Des étudiants aux ouvriers, des intellectuels aux dirigeants politiques et aux femmes au foyer, les petites pilules ont rapidement fait partie du quotidien, pour le plus grand bénéfice du régime : tout allait plus vite, on travaillait mieux, l'enthousiasme était de retour, un nouvel élan s'emparait de l'Allemagne. Quand la guerre a éclaté, trente-cinq millions de doses de pervitine ont été commandées pour la Wehrmacht : le Blitzkrieg fut littéralement une guerre du "speed". Mais si la drogue peut expliquer les premières victoires allemandes, elle a aussi accompagné les désastres militaires. La témérité de Rommel, l'aveuglement d'un Göring morphinomane et surtout l'entêtement de l'état-major sur le front de l'Est ont des causes moins idéologiques que chimiques. Se fondant sur des documents inédits, Norman Ohler explore cette intoxication aux conséquences mondiales. Il met notamment en lumière la relation de dépendance réciproque qui a lié le Dr Morell à son fameux "Patient A", Adolf Hitler, qu'il a artificiellement maintenu dans ses rêves de grandeur par des injections quotidiennes de stéroïdes, d'opiacés et de cocaïne. Au-delà de cette histoire, c'est toute celle du IIIe Reich que Ohler invite à relire à la lumière de ses découvertes.