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L'étoilement de l'existence
Hirt André
KIME
14,20 €
Épuisé
EAN :9782841743735
Les ?uvres d'art (peinture, musique, théâtre, littérature...) ne sont pas seulement l'objet réel de la contemplation esthétique. Sans doute touchent-elles bien davantage à leur nécessité pour nous lorsqu'elles s'ignorent comme telles et configurent plus ou moins secrètement l'existence de tout un chacun. Car les ?uvres ne nourrissent pas seulement d'autres ?uvres et les livres d'autres livres. C'est ainsi que chaque existence a lieu dans une constellation ou un étoilement, de même que chaque subjectivité est une toile tissée par les ?uvres. Il fallait en somme explorer cet étoilement de l'existence en en montrant la composition singulière, comme si l'existence, en chacun, n'était jamais que la création, souvent étrange, d'une ?uvre sans ?uvre. Dans ce livre, à la forme très libre et originale, où le récit se mêle parfois à la théorisation, il faut imaginer une existence en étoile,dont les branches ou les rayons se nomment, entre autres, Baudelaire, Kafka, Bruckner, Tchekhov, Paul Auster, mais aussi Kant et Spinoza...
Faut-il en toute chose aller aux extrêmes ? Et faut-il avoir atteint une sorte de climax pour être à la hauteur de ce qu'exigent la création artistique, la politique et la pensée ? Les expériences si dangereuses de ce genre, telles qu'elles furent pratiquées au XX° siècle, ne résultent-elles pas d'un Pacte frauduleux contracté avec le diable, et l'une d'elle n'a-t-elle pas fait le malheur d'Adrian Leverkühn, le compositeur pas si imaginaire que cela du Docteur Faustus de Thomas Mann ? C'est à partir de ce roman et du destin de son personnage principal, que l'on se propose, dans la continuité de ce qui s'est ouvert précédemment sous le nom le Chantier Faustus, d'évaluer le degré de crise de la culture et de la civilisation, d'examiner dans ce contexte les conditions de la création artistique et de redéfinir la nature de la pensée en prenant à contrepied le Pacte et ses forçages par le rappel des contraintes de sa finitude. La figure imposante de Beethoven sert ici de guide, depuis la IX° Symphonie qui s'achève, on ne le sait pas assez, sur l'ambiguïté d'un cri déchirant de joie mais aussi d'ivresse et d'inarticulation, en réalité de défaite historique, jusqu'à la dernière Sonate pour piano, opus 111, qui embrasse cette fois-ci, avec sobriété et amour, l'humanité de l'homme. C'est alors, pour les temps à venir, "l'humain" qu'elle cherche à tutoyer, à nous faire comprendre et entendre.
Résumé : André Hirt, Professeur agrégé de Philosophie en Classes Préparatoires, (Doctorat sur Beaudelaire), est Co-traducteur de W. Benjamin (Origine du drame baroque allemand, Flammarion 1985). Il a publié de nombreux articles et prépare un ouvrage sur la poésie. Dans la philosophie.
L'extase est-elle: une forme de vie possible? Peut-on vivre clans l'extase? En même temps, n'est-il pas catastrophique de renoncer à la raison? Ainsi peut se formuler le problème que Robert Musil agite clans son couvre, à laquelle cet essai propose une introduction originale. Car, que l'existence doive être à la fois rationnelle et poétique, que la raison s'exige comme poème et le poème comme raison, cette conviction est devenue pour nous, modernes tardifs, la grâce de la pensée, celle d'une extase sans illusion et sans religion, celle d'une vie exacte.
Résumé : " Il faut être absolument lyrique ". La formule est en effet de Baudelaire. En nouant la poésie à l'existence, elle annonce celle de Rimbaud : " Il faut être absolument moderne ". La poésie, en devenant une exigence d'existence absolue, promeut un lyrisme nouveau qui ne se réduit pas à un épanchement de la subjectivité. Parce qu'il inaugure la " modernité ", Baudelaire est une Idée qui, telle un astre, régit toute une constellation philosophique. Le poète est un soleil. C'est pourquoi, on a tenté ici de suivre les réfractions et les vibrations de ses rayons sur des pensées situées aussi bien en amont (Pascal, Hegel, Kierkegaard) qu'en aval (Benjamin, Adorno, Foucault) de son foyer. Comme si l'exigence lyrique de Baudelaire nous fixait un impératif immédiat de pensée et d'existence dont le contenu reste à dévoiler dans ses reflets passés et futurs.
Qui était vraiment Gustave Flaubert ? On le savait en proie à de grandes contradictions, mais qui aurait pu dire que cette critique permanente de la Bêtise, cette souffrance de l'écrivain à la tâche, cette obsession du style étaient le résultat de névroses, d'un rapport des forces psychiques entre revendications pulsionnelles et inhibitions ? Et si la "grande synthèse" poétique à laquelle il aspirait tant n'était que le regret ou le constat de l'absence d'un Moi unifié ? Patrick Mathieu, en étudiant la Correspondance et les oeuvres de Flaubert, nous fait découvrir un auteur en constant décalage avec lui-même, jouant double-jeu dans le théâtre de la vie, et dont la souffrance affichée, revendiquée, n'est pas qu'artistique : elle puise ses origines au fond de son être, dès son plus jeune âge, dans un dégoût permanent de la vie qu'il tentera difficilement de masquer avec sa "marotte" , la littérature. C'est que Flaubert porte en lui le faix de secrets, selon lui "indisables" , de nature sexuelle, et il a choisi de les révéler de façon cryptée par le biais de la médiation littéraire : pour ce faire, il portera publiquement une autre croix, celle de la Littérature, maîtresse exigeante, fondant ainsi malgré lui le nouveau mythe de l'écrivain dévoué au labeur du style et vivant en martyr la Passion de l'Art.
Le libéralisme n'est pas seulement une orientation de la pensée économique qui domine actuellement le paysage politique et intellectuel des pays anglo-saxons et d'Europe occidentale. C'est aussi, à l'origine, une revendication de liberté pour la personne, d'émancipation par rapport à un cadre moral hérité de temps anciens. Ces deux dimensions se croisent notamment dans l'oeuvre de John Stuart Mill dont LI Hongtu, professeur d'histoire à l'université Fudan (Shanghai) étudie l'oeuvre majeure, le traité De la liberté (1859). Correspondant d'Auguste Comte et disciple de Jeremy Bentham, John Stuart Mill est entré en dialogue avec les grands courants philosophiques de son temps, de l'utilitarisme au positivisme. Fervent défenseur de la liberté de l'individu confronté à la multiplicité des contraintes sociales, il a défié les préjugés de son temps en partageant la vie d'Harriet Taylor, militante du droit des femmes. La même logique l'a poussé à s'engager pour la liberté des lois du marché. Mais il était aussi employé de la Compagnie des Indes orientales, et même si on ne relève pas chez lui de traces de racisme, il s'accommodait très bien du colonialisme et du fait que des continents entiers, de l'Inde à la Chine, soient exclus des bienfaits du libéralisme dont il se faisait l'apôtre. Il était urgent que l'émergence du libéralisme soit aussi abordée dans la perspective d'une historiographie extra-européenne.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.
Dans le sillage de Flaubert sont nées, dans tous les domaines artistiques, des adaptations et des créations multiples, reflétant la réception contrastée de son oeuvre de par le monde : le cinéma, le théâtre, la musique, l'opéra, la bande dessinée, nous offrent aujourd'hui une très large palette d'intertextes attestant la vitalité d'une oeuvre constamment lue, relue, réécrite, traduite, retraduite, bref, constamment (ré)interprétée, en vertu d'intentions parfois contrastées, méritant une étude attentive, en vertu peut-être aussi de l'inquiétude fondamentale qui traverse l'oeuvre de Flaubert et dont ces postérités sont, chacune à leur manière, les échos entêtants. L'étude de ces "dérivés" flaubertiens révèle aussi bien les procédés d'actualisation de la filiation ainsi revendiquée, que les singulières métamorphoses induites par les lectures de Flaubert en d'autres langues et au sein d'autres cultures. Ce volume rassemble les travaux de chercheurs internationaux, qui, à l'étranger et en France, nous offrent un vaste panorama de ces créations.