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Philosophie N° 134, juin 2017
Helmholtz Hermann von ; Beauron Eric ; Blanc-Brude
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Épuisé
EAN :9782707343666
Ce numéro s'ouvre sur la traduction et la présentation, par Jean-Baptiste Fournier, d'une célèbre conférence de 1870 De l'origine et de la signification des axiomes géométriques", où Hermann von Helmholtz s'adresse à un public de non mathématiciens. Partant de la thèse kantienne selon laquelle les axiomes de la géométrie sont fondés sur la forme a priori de la sensibilité qu'est l'espace, il prend acte de la découverte des géométries non euclidiennes et de la thématisation par Riemann des multiplicités n-dimensionnelles pour examiner si cette double généralisation met en question la thèse kantienne. Il expose ainsi les principes des géométries sphérique et pseudo-sphérique, puis de la détermination riemannienne des multiplicités à n dimensions et sa détermination calculatoire de la courbure d'un espace. La géométrie euclidienne devient ainsi un cas particulier parmi plusieurs systèmes possibles excluant l'axiome des parallèles, et l'espace euclidien, un cas particulier parmi les espaces de courbure constante (positive ou négative) ou variable – celui de courbure nulle. Il y élabore la célèbre fiction dite "des animaux plats", afin de montrer comment la donnée de l'espace perceptif conditionne le type de système et d'espace géométriques que nous pensons ; il fonde ainsi la géométrie sur l'expérience et s'oriente vers la thèse de l'inséparabilité des propriétés géométriques et des propriétés physiques des corps. A partir de l'idée que le schématisme transcendantal des catégories demeure insuffisant dans la Critique de la raison pure, Eric Beauron montre, dans " Le schématisme de la substance dans les Premiers principes métaphysiques de la science de la nature de Kant ", que la substance ne peut obtenir de réalité objective que grâce à la prise en compte de l'espace et du mouvement, à travers la double détermination de sa grandeur intensive (dans la Dynamique), puis de sa grandeur extensive (dans la Mécanique). C'est ainsi que Kant se réapproprie le concept newtonien de masse, en le dédoublant en force répulsive et force motrice ; le schème de l'équilibre est alors ce qui permet de rendre compte du mode temporel de la permanence initialement associé à la substance dans la première Analogie de l'expérience. En conclusion, le véritable schème de la substance n'est pas la conservation de la quantité de matière, mais celle de la force motrice, qui produit l'affinité entre substance et causalité. Le dernier article, de Gilles Blanc-Brude, est intitulé " Pour le monde. Remarques sur la notion d'usage dans l'Anthropologie du point de vue pragmatique ". Apprendre à faire usage de son esprit pour le monde, telle est la visée des leçons de Kant sur l'anthropologie. Cet " usage " est-il cependant d'ordre technique ? juridique ? Si l'exercice des facultés est un savoir-faire, il n'est pas ordonné à une finalité, et si la maîtrise de l'esprit est analogue à la propriété que l'on a d'un fonds, sa vérité n'est pas dans la disposition arbitraire, mais dans l'appropriation continue. Quant au "monde" pour lequel tout homme s'instruit et qu'il faut connaître pour être homme, ce n'est pas une société mondaine ou savante, mais un espace commun où chacun tente indéfiniment de juger des usages et d'unifier les fins de l'existence. D. P .
La dernière partie de l'oeuvre d'Hermann (von) Helmholtz (1821-1894) sur l'Optique physiologique s'intéresse aux perceptions visuelles et plus particulièrement à celles relatives aux formes et dimensions dans l'espace ; c'est dans ce cadre que l'auteur évalue les prédictions de l'approche nativiste et empiriste dans le domaine de la vision. Helmholtz a soutenu énergiquement une théorie empiriste des perceptions, résultats de l'expérience acquise. Ainsi, la perception du monde extérieur est le résultat d'expériences et de raisonnements inconscients et de conclusions logiques que nous déduisons des matériaux qui nous sont fournis par les sensations visuelles. Les prétendues illusions des sens ne sont que des raisonnements faux ou incomplets. Nous avons reproduit ici la troisième partie sur les perceptions de son Optique physiologique (1866), traduite et adaptée en français par Émile Javal en 1867. dont Helmholtz a contrôlé lui-même la traduction. Nous avons fait précéder ce texte d'un article d'Helmholtz (1869) qui résume cette partie de son livre.
Hermann (von) Helmholtz (1821-1894) fut une des figures les plus marquantes de la science allemande du XIXe siècle. Savant aux connaissances vastes et aux conceptions géniales, il s'est fait une réputation universelle par ses admirables travaux de physiologie, de psychologie et de physique. C'est en 1865 que paraît le premier volume (qui en comprendra trois) de ses Populäre wissenschaftliche Vorträge qui rassemble quatre écrits d'une réelle importance historique. La première conférence, donnée à Heidelberg en 1862, est un texte majeur de Helmholtz où l'on peut voir l'intérêt de l'auteur pour les questions scientifiques et psychologiques. Le lien entre les sciences naturelles et mentales sera illustré dans les deux conférences suivantes sur la physiologie des sens. La seconde conférence porte ainsi sur la théorie des couleurs de Goethe (sensations lumineuses). La troisième conférence traite ensuite de l'harmonie musicale (sensations sonores). L'ouvrage se termine sur une étude pionnière portant sur la glace et les glaciers, un thème de recherche et d'intérêt majeurs à notre époque. Nous donnons ici pour la première fois en traduction française l'ouvrage de Helmholtz dont le contenu intéressera les scientifiques, psychologues et étudiants désireux de découvrir l'œuvre de Helmholtz.
C'est en 1871 que paraît le second volume des Populäre wissenschaftliche Vortä du fameux savant allemand Hermann (von) Helmholtz (1821-1894). Ce livre rassemble, comme le précédent, quatre écrits d'importance qui ont pour toile de fond d'illustrer le lien entre la physiologie et la psychologie. Dans la première série de conférences traitant des progrès récents dans la théorie de la vision Helmholtz montre le lien étroit qui unit les sciences naturelles et les sciences mentales. Il y expose en particulier une théorie définitive des couleurs connue aujourd'hui sous le nom de théorie trichromatique Young-Helmholtz qui a le plus contribué à sa gloire en physiologie et en psychologie. Dans la seconde et troisième série de conférences Helmholtz s'intéresse à un principe fondamental de la physique : la conservation de la force. Il en donne deux exposés distincts mais complémentaires, le premier de nature théorique et le second de nature appliquée. C'est sa théorisation sur le sujet qui a le plus contribué à sa gloire dans les sciences. Le livre se termine sur une dernière conférence où il souligne que la branche de la médecine pour laquelle l'influence de la méthode scientifique a été peut-être la plus brillamment affichée au cours du XIXe siècle, fut celle de la médecine ophtalmologique. Nous donnons ici pour la première fois en traduction française l'ouvrage de Helmholtz dont le contenu intéressera les scientifiques, psychologues et étudiants désireux de découvrir l'oeuvre de Helmholtz.
Hermann (von) Helmholtz (1821-1894), qui fut un des plus grands savants du XIXe siècle, se fit surtout connaître en France par ses travaux en physiologie et en psychologie. Il fut en particulier l'auteur d'une Optique physiologique (1856-1867), une des plus importantes oeuvres de physiologie qui ait paru à cette époque. Publiée par fascicules entre 1856 et 1867, dans l'Encyclopédie physique de Karsten, elle se divise en trois parties bien distinctes : la dioptrique de l'exil, les sensations visuelles, les perceptions correspondantes. La première partie donne la description des moyens par lesquels le mouvement vibratoire extérieur est conduit et transmis jusqu'à la surface nerveuse pour y produire une impression. La seconde partie s'occupe de la transformation de cette impression, toute physique, en sensation lumineuse. La troisième partie, enfin, la plus intéressante peut-être au point de vue psychologique, traite des lois psychiques au moyen desquelles ces sensations lumineuses nous donnent la perception des objets extérieurs. Nous avons reproduit dans ce premier volume la première partie de son Optique physiologique (1856), traduite et adaptée en français par Emile Javal (1839-1907) en 1867, dont Helmholtz a contrôlé lui-même la traduction. On y trouve en particulier sa théorie de l'accommodation et une description de l'ophtalmoscope. Le texte est précédé d'un article d'Helmholtz (1869) qui résume cette partie de son livre et d'un article biographique de Emil du Bois-Reymond (1818-1896) publié après la mort de l'auteur.
Qu'est-ce que ça veut dire, moderato cantabile ? - Je ne sais pas. " Une leçon de piano, un enfant obstiné, une mère aimante, pas de plus simple expression de la vie tranquille d'une ville de province. Mais un cri soudain vient déchirer la trame, révélant sous la retenue de ce récit d'apparence classique une tension qui va croissant dans le silence jusqu'au paroxysme final. " Quand même, dit Anne Desbarèdes, tu pourrais t'en souvenir une fois pour toutes. Moderato, ça veut dire modéré, et cantabile, ça veut dire chantant, c'est facile. "
Dès la première phrase, vous entrez dans le livre, ce livre que vous écrivez en le lisant et que vous finirez par ramasser sur la banquette du train qui vous a conduit de Paris à Rome, non sans de multiples arrêts et détours. Le troisième roman de Michel Butor, paru en 1957, la même année que La jalousie d'Alain Robbe-Grillet, Le vent de Claude Simon et Tropismes de Nathalie Sarraute, reçut d'emblée un excellent accueil de la critique. Couronné par le prix Renaudot, traduit dans vingt langues, c'est encore aujourd'hui le plus lu des ouvrages du Nouveau Roman.
Dans Fin de partie il y a déjà cette notion d'immobilité, cette notion d'enfouissement. Le personnage principal est dans un fauteuil, il est infirme et aveugle, et tous les mouvements qu'il peut faire c'est sur son fauteuil roulant, poussé par un domestique, peut-être un fils adoptif, qui est lui-même assez malade, mal en point, qui marche difficilement. Et ce vieillard a ses parents encore, qui sont dans des poubelles, son père et sa mère qu'on voit de temps en temps apparaître et qui ont un très charmant dialogue d'amour. Nous voyons deux êtres qui se déchirent, qui jouent une partie comme une partie d'échecs et ils marquent des points, l'un après l'autre, mais celui qui peut bouger a peut-être une plus grande chance de s'en tirer, seulement ils sont liés, organiquement, par une espèce de tendresse qui s'exprime avec beaucoup de haine, de sarcasme, et par tout un jeu. Par conséquent, il y a dans cette pièce - qui est à un niveau théâtral absolument direct, où il n'y a pas d'immense symbole à cher-cher, où le style est d'une absolue simplicité -, il y a cette espèce de jeu qu'ils se font l'un à l'autre, et qui se termine aussi d'une façon ambiguë parce que le suspense dérisoire de la pièce, s'il y a suspense, c'est ce fils Clov, partira-t-il ou non? Et on ne le sait pas jusqu'à la fin. Je dois dire aussi que c'est une pièce comique. Les exégètes de Beckett parlent d'un "message", d'une espèce de chose comme ça. Ils oublient de dire le principal, c'est que c'est une chose qui est une découverte du langage, de faire exploser un langage très quotidien. Il n'y a pas de littérature plaquée, absolument pas. Faire exploser un langage quotidien où chaque chose est à la fois comique et tragique.
L'espace lisse, ou Nomos : sa différence avec l'espace strié. - Ce qui remplit l'espace lisse : le corps, sa différence avec l'organisme. - Ce qui se distribue dans cet espace : rhizome, meutes et multiplicités, - Ce qui se passe : les devenirs et les intensités. - Les coordonnées tracées : territoires, terre et déterritorialisations, Cosmos. - Les signes correspondants, le langage et la musique (les ritournelles). - Agencement des espaces-temps : machine de guerre et appareil d'Etat. Chaque thème est censé constituer un "plateau", c'est-à-dire une région continue d'intensités. Le raccordement des régions se fait à la fois de proche en proche et à distance, suivant des lignes de rhizome, qui concernent les éléments de l'art, de la science et de la politique.
Résumé : Les Lumières sont souvent invoquées dans l'espace public comme un combat contre l'obscurantisme, combat qu'il s'agirait seulement de réactualiser. Des lectures, totalisantes et souvent caricaturales, les associent au culte du Progrès, au libéralisme politique et à un universalisme désincarné. Or, comme le montre ici Antoine Lilti, les Lumières n'ont pas proposé une doctrine philosophique cohérente ou un projet politique commun. En confrontant des auteurs emblématiques et d'autres moins connus, il propose de rendre aux Lumières leur complexité historique et de repenser ce que nous leur devons : un ensemble de questions et de problèmes, bien plus qu'un prêt-à-penser rassurant. ?Les Lumières apparaissent dès lors comme une réponse collective au surgissement de la modernité, dont les ambivalences forment aujourd'hui encore notre horizon. Partant des interrogations de Voltaire sur le commerce colonial et l'esclavage pour arriver aux dernières réflexions de Michel Foucault, en passant par la critique post-coloniale et les dilemmes du philosophe face au public, L'Héritage des Lumières propose ainsi le tableau profondément renouvelé d'un mouvement qu'il nous faut redécouvrir car il ne cesse de nous parler.
Résumé : L'esthétique est une fois encore à l'ordre du jour philosophique. Notre époque, pressée d'en découdre avec la fin proclamée de l'Art, tient pour évident l'objet de cette discipline. Or l'esthétique est relativement récente : la réflexion sur l'art est une histoire parallèle à celle de la rationalité. Marc Jimenez en retrace ici le développement. C'est au siècle des Lumières que l'esthétique s'autonomise, qu'elle conquiert ses lettres de noblesse, quand devient primordiale la question du Beau comme accès au sens, à la vérité. Alors s'ouvrent des voies diverses : la science du beau (Kunstwissenschaft) n'est pas la faculté de juger kantienne ni la philosophie de l'Art, entre tradition et modernité, imaginée par Hegel. D'où les grands changements de perspective opérés au XXe siècle : le tournant esthétique de la philosophie, inauguré par Nietzsche ; le tournant politique de l'esthétique (Lukàcs, Heidegger, Benjamin, Adorno notamment) ; le tournant culturel de l'esthétique (Goodman, Danto, etc.). Rarement un ouvrage aura dressé un panorama aussi exact qu'utile de l'esthétique d'hier à aujourd'hui, alors que l'art demeure, pour la philosophie, une question essentielle.
Résumé : Ce n'est qu'une fois rassemblés dans leur intégralité que les neuf livres constituant le projet Homo Sacer prennent leur véritable signification. Le jeu des renvois internes, la reprise et le développement des thèmes abordés composent une vaste architecture, articulée en quatre sections. La première dresse le programme d'une mise en question de toute la tradition politique occidentale à la lumière du concept de vie nue ou de vie sacrée : Le Pouvoir souverain et la vie nue (1997) ; la seconde développe ce programme à travers une série d'enquêtes généalogiques : Etat d'exception (2003), La Guerre civile. Pour une théorie politique de la Stasis (2015), Le Sacrement du langage (2009), Le Règne et la Gloire (2008), Opus Dei (2012) ; la troisième soumet l'éthique à l'épreuve d'Auschwitz : Ce qui reste d'Auschwitz. L'archive et le témoin (1999) ; la quatrième élabore les concepts essentiels pour repenser depuis le début l'histoire de la philosophie occidentale : forme de vie, désoeuvrement, pouvoir destituant (De la très haute pauvreté, 2011, L'Usage des corps, 2015).
Imaginez un monde dans lequel vous pourriez être jugé "immoral" pour vos actions non seulement à l'égard des autres, mais aussi de vous-même. Qui aimerait vivre dans un tel monde, où rien de ce qu'on est, pense ou ressent, où aucune de nos activités, fût-elle la plus solitaire, n'échapperait au jugement moral ? C'est pourtant ce que propose aujourd'hui l'éthique, largement ralliée aux thèses maximalistes d'un Aristote, qui nous recommande tout un art de vivre et pas seulement un code de bonne conduite en société, et de Kant, pour qui nous avons des devoirs moraux à l'égard d'autrui comme de nous-même. C'est oublier les éthiques alternatives, minimalistes, pour lesquelles le monde moral, moins envahissant, se limite au souci d'éviter de nuire délibérément à autrui. Toute l'histoire de l'éthique aujourd'hui est l'histoire de l'opposition entre maximalistes et minimalistes.