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Le Photographe et ses modèles
Hawkes John
SEUIL
15,90 €
Épuisé
EAN :9782020106771
Le Photographe et ses modèles. Deux conceptions de l'art d'observer se répondent dans ce livre : celle de George Stubbs, célèbre peintre de chevaux de l'Angleterre du XVIIIe siècle dont le chef-d'oeuvre est le tableau représentant Whistiejacket, fameux pur-sang, et qui trône dans le salon de la famille Van Fleet ; et celle d'un photographe d'aujourd'hui, le narrateur du présent livre, Michaël, photographe de mode obsédé par les bouches et les fesses de ses modèles. Deux conceptions qui, partant de points de vue opposés, se rejoignent sur une position aussi trouble que cruelle. Pour Stubbs - dont le récit de la vie et des occupations sanglantes occupe la partie centrale du roman - la dissection était primordiale ; il fallait remonter de l'anatomie la plus effroyable pour parachever l'ordre pur de l'extérieur ; il fallait déchirer les chairs pour accomplir le plus beau des portraits. Pour Michaël, au contraire, la photographie est une investigation subtile qui part de l'apparence pour atteindre aux dérèglements intérieurs de chacun. Comme dans La Patte du scarabée, une mort accidentelle sert d'entrée en matière : celle de Harold Van Fleet, tué par une ruade de son cheval préféré, Marcabru. Michaël, aux prises avec Alex, la veuve de Harold, avec Virgie, sa fille, et Buse, la maîtresse imposée aux Van Fleet, cherche des indices par le truchement des "images" ; des photos de famille jusqu'aux photos pornographiques, des portraits aux fantasmes sexuels, du réalisme à l'imaginaire. La vie serait-elle une orange qu'on pèle ? Des riches couleurs extérieures aux sombres structures intérieures ? La photo permet-elle une dissection, une approche intériorisée, selon un cheminement - c'est le schéma même du roman - qui, partant de la photo de mode (le plus superficiel), nous emporterait aux limites de la mort (au plus intime des "modèles" de notre photographe) ? Sans doute. Et avec la pornographie comme avant-dernier indice.
Le Gluau ou le grand art littéraire d'engluer, de prendre. Ici le piège auquel sera pris le lecteur est celui d'une réalité dense au point de paralyser les hommes. Une trame policière feint de guider le roman : un cheval est dérobé, qu'une bande de malfrats engagent sous un faux nom dans une célèbre course. Un quidam est choisi pour assumer le rôle du faux-nouveau propriétaire. Il errera dans un lent cauchemar d'une poignée de jours jusqu'au drame ultime. Un peu à la façon de Malcom Lowry dans Au-dessous du volcan, John Hawkes, autre géant des Lettres américaines, plonge ses héros dans une confusion telle qu'elle devient le symbole du réel. Une écriture exigeante et poétique pour un livre flou, qui ne quitte pas facilement la mémoire.
Innocence in extremis est le récit de certains émois prépubertaires vécus par le héros d'Aventures dans le commerce des peaux en Alaska, Oncle Jake, alors que celui-ci n'avait que douze ans. En 1892, en effet, son père prit la décision d'emmener sa famille - ses fils, sa femme, dite l'Iriandaise, sa secrétaire rousse et lascive, et une nombreuse domesticité - visiter le patriarche des Deauville, surnommé "le Vieux Gentieman", qui régnait sur son château, ses terres, ses chevaux et ses femmes, dans une belle campagne près de Chantilly. Ce court récit, de fait suspendu dans le temps et l'espace, qui mêle soudain deux ensembles bruissants d'une même famille, est comme un chant narratif gracieux et tendre, un coup de brise dans la prose que John Hawkes, par le truchement d'un adolescent attentif et pudique, adresse à toutes les femmes dont il va nous montrer l'entremêlement : les femmes-mères, les femmes-plaisirs et les filles-fleurs, dont l'admirable jeune amazone, clou d'un spectacle équestre que le Vieux Gentieman va offrir à tous ses gens. Aux intrigues sentimentales, au chassé-croisé du désir et des rires, répondent les saisons, le rythme terrestre qui culminera dans la fête des vendanges, véritable bacchanale trépidante vouée à la célébration des jeunes vierges de la tribu, orchestrée par le vieil homme en l'honneur d'Oncle Jake, futur trappeur, futur aventurier du Grand Nord, qui ne connaît pas encore le poids de ses rêves à venir.
Jacqueline Burne Deauville, dite Sunny, l'"ensoleillée", la quarantaine parfaite, est prostituée. Elle tient un bordel, fait d'un groupe de caravanes au bord d'un lac, dans les forêts de l'Alaska. Elle rêve de partir s'établir en France, berceau de sa famille. En fait, ses réminiscences la portent à évoquer d'abord le départ de sa famille pour l'Alaska, quittant le Connecticut au moment du Krach de 1929. Dès le début de l'immense flash-back qu'est ce livre, le ton est donné : avant tout le lyrisme, à en perdre quelquefois le souffle, ainsi quand Sunny rêve qu'elle poursuit le fantôme de son père mort, dressé et hurlant après ses chiens dans le fond des crevasses bleutées du Grand Nord ; ensuite l'ambiguïté, sous la forme des passions sexuelles, de l'étrangeté pour une petite fille d'être élevée dans un monde d'hommes rudes et braillards, tous voués aux triomphes de la perdition ; enfin la folie de la description, débordante de paysages, d'aventures rocambolesques racontées comme des films, de rideaux d'arbres semés d'aurores boréales. Et puis il y a, splendides comme les visions de Poe dans Arthur Gordon Pym, les contreparties de l'absolu : la virginité, le blanc, le silence. Sillonnant l'Alaska, où l'auteur a passé son enfance, Oncle Jake, le père de Sunny, sorte de capitaine Achab déguisé en John Wayne des glaces, ne cesse d'organiser des expéditions de secours, louant des hydravions, poussant ses traîneaux, chassant les ours, avec son compère inimitable, Frank Morley. Et si Melville est bien là, Conrad n'est jamais bien loin, l'auteur des Oranges de sang (Prix du meilleur livre étranger 1974) développant jusqu'au vertige la complexité épique et onirique de l'âme humaine. Tous les grands mythes américains sont ici conviés à une outrageante fête du romanesque. C'est surtout Oncle Jake qui fait lever les amarres de l'imaginaire - lui le père grandiose de Sunny, la future reine des prostituées -, obsédé par les causes perdues et qui finira par réaliser son rêve : partir, en compagnie de l'Indien Sitka Charley, à la recherche d'un totem, représentant Abraham Lincoln, abandonné sur une île sacrée, gisant vermoulu au milieu des lemmings affolés et des herbes brûlées. Evidemment, ce livre est un chef-d'oeuvre. Mais c'est aussi un hymne : à l'espace et à la littérature, et aux humains qui s'agitent si lumineusement entre les deux. Traduit de l'américain par Michel Doury
Résumé : Il y a quelque malignité, quand on est un père affectueux, par ailleurs régisseur d'un grand domaine dans la douce campagne française, à appeler son fils " mon petit Têtard " sous prétexte qu'il a une grosse tête sur un corps mal foutu. De même, il y a quelque danger, pour ce gamin rêveur, à trop s'éprendre d'une grenouille mâle qu'il a surnommée Armand et qu'il passe de long après-midi à observer dans une jolie mare des environs. Mais que dire alors quand le verdâtre Armand, ayant sauté dans la bouche ouverte dudit gamin, élit définitivement domicile dans son estomac ? On se doute que pareille cohabitation ne se fera pas sans problème, notamment du côté de la sexualité naissante du cher Têtard. D'autant qu'Armand la grenouille peut se montrer très agressif...
La Guerre et la Paix est une oeuvre mythique de la littérature russe et universelle, une vaste fresque historique et familiale, modèle de ce que seront les grandes sagas du XXe siècle. Sur le fond des grands événements du début du XIXe ? la campagne de 1805-1806 avec Austerlitz et celle de 1812-1813 avec Borodino et l'incendie de Moscou ? s'inscrivent les chroniques de deux familles appartenant à la noblesse russe, les Bolkonski et les Rostov. Des chroniques faites d'amour et de haine, d'interrogations sur la vie et la politique, traversées par les passions et les doutes.Traduite pour la première fois en français, cette version originelle de La Guerre et la Paix ? il y eut plusieurs éditions souvent différentes du vivant de l'auteur ? se fonde sur l'édition publiée dans « L'héritage littéraire » par l'Académie des Sciences de l'URSS. Elle permet aux initiés de mieux connaître les systèmes de pensée et de création artistique de Tolstoï. Par ailleurs, les réflexions philosophiques allégées, le rythme rapide, l'action resserrée, propres à tenir le lecteur en haleine, sans rien ôter à la richesse littéraire, devraient renouveler l'intérêt pour ce chef-d'oeuvre.
Le livre du Bonheur rassemble en fait deux écrits de Marcelle Auclair, publiés en 1938 et et en 1951: Le Bonheur est en vous et La pratique du Bonheur. Le second est, à la demande des lecteurs et surtout des lectrices du premier, une suite du précédent. M. Auclair les réunit en 1959. Il s?agit, sous la forme de chapitres extrêmement brefs (une page, une page et demie, deux pages?), de conseils très pratiques, avec de nombreux exemples à l?appui, pour accéder au bonheur. Car M. Auclair prétend que le bonheur relève d?une « science », et que faute de cette science, beaucoup de gens sont inutilement malheureux. En fait, en lisant, on s?en rend compte rapidement: le livre est un des premiers ? et des meilleurs ? exemples de « pensée positive ». L?idée de base est que la pensée crée, la parole crée. Elles « forment des vibrations toutes puissantes ». Penser joie, amour, paix?, cela donne la joie, l?amour, la paix. Penser que personne ne vous aime est la meilleure façon d?arriver à ce sort malheureux. Si on voulait être méchant, on dirait que Marcelle Auclair, c?est du Dr Coué. C?est en partie vrai. Mais sa culture, sa vivacité, son intelligence vont bien plus profond que les aphorismes superficiels et grossiers de Coué. Ou encore, son côté Coué est transcendé par sa finesse, et ses exemples pris dans la vie courante. Au total, on aime ou on n?aime pas, mais le livre a gardé une incroyable jeunesse: il aurait pu avoir été écrit dans les années 90. Un livre sur le bonheur basé sur la pensée positive, avec des conseils pratiques et de nombreux exemples pour y parvenir, étoffé de nombreuses illustrations. L?ouvrage se voit aujourd?hui étoffé d?illustrations en couleurs