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Tentation. Assainissement
Havel Vaclav
GALLIMARD
18,60 €
Épuisé
EAN :9782070724093
En mars 1986, encore simple dissident et dramaturge interdit, Václav Havel se confiait : "Si je m'obstine toujours à écrire des pièces de théâtre, c'est sans doute parce que, en dépit de tout, j'y trouve toujours du plaisir. Quant à la question de savoir comment j'y arrive, c'est difficile à expliquer. Disons, parce que subconsciemment je fais toujours semblant, en écrivant, d'être dans une situation différente de celle où je me trouve, ou plutôt que je fais simplement mon possible pour ne pas admettre ma situation factuelle. C'est-à-dire que je m'inspire de l'expérience de moi-même et du monde environnant que je fais "ici et maintenant", de la même expérience dont je m'inspirerais si mes pièces pouvaient normalement entrer ou rentrer dans cet "ici et maintenant". Bref, j'écris pour les gens qui "ici et maintenant" iraient voir mes pièces si celles-ci étaient "ici et maintenant" jouées". Enfin jouées à Prague depuis la "Révolution de velours" de novembre 1989, Tentation (1985) et Assainissement (1987) sont les dernières pièces écrites par Havel avant que les destinées politiques de son pays ne l'entraînent derechef loin du théâtre. Réinterprétation de la légende de Faust ou parodie de la perestroïka et de ses états d'âme, ces deux pièces sont enracinées dans un "ici et maintenant" qui dépasse la biographie de l'auteur et la situation spécifique du communisme finissant en Tchécoslovaquie pour s'adresser au destin de l'Europe en général. Paradoxale ou paroxystique, ponctuée de coups de théâtre, l'expérience qui s'y joue est celle de nous tous.
Résumé : Léopold Kopriva, philosophe et universitaire, vit cloîtré chez lui, à guetter le moment où " ils " viendront pour l'emmener " là-bas ". Il boit, se bourre de médicaments, se sent malade, n'arrive pas à écrire. Sa compagne Zuzana le rabroue, son ami Olbram lui reproche d'avoir changé, deux ouvriers viennent le voir pour l'exhorter à " agir ", Lucy se jette à sa tête en lui promettant de le sauver par l'amour. C'est alors qu'" ils " arrivent, chargés d'une proposition : le livre de Léopold qui n'a pas plus aux autorités, il lui suffira de déclarer qu'il a été écrit pas un autre pour bénéficier d'un non-lieu. Léopold demande à réfléchir : peut-il, pour sauver sa peau, prétendre qu'il n'est pas lui ? Mais n'est-il pas déjà devenu un autre, puisqu'il reprend à son compte les reproches qu'on lui fait ? Et c'est au moment où il décide de sortir de son angoisse en jouant les héros pour retrouver enfin une identité que le piège diabolique se referme : pour cette fois, les autorités ont décidé de le laisser libre, tout en laissant suspendue au-dessus de sa tête l'épée de Damoclès. C'est avec un sens affiné des ressorts dramatiques que Vaclav Havel a construit sa machine infernale, où la satire vise non seulement le système, mais le fondement même de la communication entre les êtres.
Václav Havel fait son apparition sur la scène de la vie publique tchèque au cours des années soixante. Il travaille dans un petit théâtre pragois, Na Zábradlí, qui est devenu l'un des symboles de l'atmosphère fiévreuse de ces années, l'un des centres de l'avant-garde de l'époque. Là il écrit deux pièces sans lesquelles on ne pourrait se représenter les années soixante en Bohême : La fête en plein air et La notification. Ces pièces sont un développement très original et irremplaçable de ce qu'on appelle le "théâtre de l'absurde" : si le théâtre de Ionesco est une critique de la langue, le régime totalitaire a créé une telle parodie du langage que lorsque Havel pratiqua cette critique générale de la langue, cela devint d'emblée une démystification des relations sociales concrètes. Les trois pièces en un acte publiées dans ce recueil sont écrites dix ans plus tard, à l'époque où Havel, après l'invasion russe, a été chassé du théâtre. (Signataire de la Charte 77, il a vécu sous une pression policière presque ininterrompue.) Elles sont plus réalistes que son oeuvre précédente. Images de la société de "normalisation", elles sont ancrées dans la biographie de l'auteur : les sondages lucides et ironiques de l'indifférence, du conformisme et de la résistance dans des conditions difficilement imaginables en Occident.
La première pièce de Václav Havel, La fête en plein air a été représentée pour la première fois à Prague en 1963 au "Théâtre sur la balustrade". Le public découvre alors, en même temps qu'Ubu roi ou En attendant Godot, de jeunes auteurs jusque-là plus ou moins clandestins. "Cri d'authenticité libérée et volonté d'analyse", a dit Václav Havel à propos de cette période du théâtre tchèque. La fête en plein air est le premier jalon d'une démarche qui a beaucoup contribué - en passant par la Charte 77 et l'épreuve de la prison - aux bouleversement d'aujourd'hui. Le théâtre de l'absurde, tel que le pratique Václav Havel, et sa critique sociale, concrétisée par ses essais ou son action, expriment la même quête de l'identité humaine broyée par les mécanismes de la phrase, du pouvoir et des machines. Ainsi de cette oeuvre de jeunesse. Parti pour voir le monde, le protagoniste ne rencontre que "des phrases, des slogans, auxquels il s'identifie au point de cesser d'être lui-même". Si la cible c'est la langue de bois et la société "socialiste" des années soixante, toutes les formes de l'absurde sont aussi visées, comme chez Beckett et Ionesco. La carrière d'Hugo Pludek et la bouffonnerie de marionnettes des personnes - jusqu'à la perte totale du sens - font de cet insolent début une des oeuvres les plus stimulantes du théâtre contemporain.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.