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Le Joint français, printemps 1972. Les échos d'une grève en Bretagne
Harismendy Patrick ; Richard Gilles ; Guihard Herv
PU RENNES
26,00 €
Épuisé
EAN :9782753597105
De la mi-mars au début mai 1972, les ouvrières et ouvriers du Joint français à Saint-Brieuc menèrent une grève très dure. L'usine avait été créée en 1962 dans des conditions très favorables au bénéfice de la Compagnie générale d'Electricité. Le site employait 1 000 salariés à la transformation du caoutchouc et tranchait avec les autres industries mécaniques, métallurgiques, textiles ou brossières de la ville. Le conflit éclata pour exiger le réalignement sur les grilles parisiennes, soit 70 centimes de l'heure. L'occupation immédiate du site par les forces de l'ordre, rendant impossible un piquet de grève classique, déplaça celui-ci en ville qui devint actrice de solidarités protéiformes. Singulier par sa localisation, relayé par des dons alimentaires locaux, d'importantes collectes financières régionales, puis un soutien culturel avec concerts parisiens et défilés sous bannière du gwenn a du, le mouvement affronta l'intransigeantisme de la direction d'entreprise grâce à la collaboration, pour ne pas dire l'unité, syndicale et politique à gauche qui se fit sans forte prééminence, laissant aux salariés une bonne part d'autonomie. L'intervention tardive du pouvoir pompidolien, malgré l'importance de ses relais locaux dont René Pleven (président du Conseil général et ministre), illustra les fragilités du projet chabaniste comme l'impunité des holdings, de constitution nouvelle. En privilégiant des analyses de l'intérieur de l'entreprise, de la ville, des ateliers, des diverses organisations syndicales, politiques et catholiques, l'ouvrage apporte un éclairage très neuf sur un dossier que l'on pensait connu. Des documents et témoignages inédits donnent chair à cette lutte, sortant ainsi de l'abstraction ou d'une excessive symbolique. Se dessinent aussi avec force la séparation entre action syndicale et engagement politique dans ce monde ouvrier, avant tout d'OS, les illusions de l'extrême gauche d'alors pour recruter des adhérents, la relativité d'un "moment breton" . L'exceptionnalité de cette grève ressort par comparaison avec d'autres prenant la défense d'un représentant syndical (Saviem à Caen), affirmant l'identité basque (Michelin à Vitoria) ou écossaise (Upperclyde shipbuilders), mais ne parvenant pas à mobiliser un seul des ressorts briochins. Mais, à cette date, Saint-Brieuc avait changé et la crise était bien là.
Dans le court XXe siècle de l?âge des extrêmes, la part de l?acteur en tant que sujet constitue d?évidence une thématique privilégiée et des plus nécessaires en Histoire. Les formes justement extrêmes de l?aliénation, de l?acceptation ou de l?enfouissement comme les répliques inverses d?affranchissement, de libération ou d?extériorisation interrogent sur les besoins conjoncturels de faire groupe, ou sous-groupe, de se donner ou de se désinhiber. En mettant la focale sur les figures de l'engagement, à travers des portraits d'acteurs et des tableaux de groupes, c'est à une traversée du XXe siècle fait d'individus intervenant sur leur quotidien et celui de la collectivité, que ce volume convie. Mais, bien que le jalon des guerres soit présent ? de la Première guerre mondiale à la guerre d?Algérie en passant par la guerre froide ?, une lecture seconde apparaît, celle frappée au sceau de l?émancipation. Dans un siècle dernier marqué par les victimes et placé sous l'emprise du traumatisme, le passé des femmes et des hommes figurant dans ce tableau distille un air épris de liberté, d'action et d'autonomie. Ces destins se disent et se lisent à la mesure des possibles induits par des contextes empreints de fortes contraintes politiques, sociales et culturelles, mais aussi de résolutions à mener librement une existence, à conquérir et pouvoir affirmer une identité, voire à changer la vie. Les débats historiographiques transverses à ces deux thématiques et à ces portraits, précisent ou reprennent des discussions qui ont nourri l'histoire contemporaine sociale et politique ces vingt dernières années. En particulier, l'articulation entre histoire culturelle et histoire politique, études de genre et des féminismes, emboîtements d'échelles, histoire orale, mais aussi écriture de l'histoire avec témoins, mémoire de la résistance et de l'occupation trouvent ici place. Ce volume offert à Jacqueline Sainclivier forme ainsi une variation contemporaine en quatre mouvements autour d?une certaine conception de l?histoire.
Hôtel. Le mot et le lieu paraissent si familiers dans nos vies, nos paysages et nos usages mentaux que nul ne s'en préoccupe vraiment. Les auteurs américains ont pourtant écrit qu'il résumerait à lui seul l'histoire des Etats-Unis. Pourquoi en irait-il autrement en Europe ? L'Etat s'y intéresse de loin en France, se contentant de vérifier un niveau de qualité certifié par des étoiles, mais intervenant peu pour soutenir l'hôtellerie, alors que celle-ci est un secteur clé de l'industrie du tourisme. Le problème commence dès qu'on veut qualifier l'hôtel. Sans remonter aux auberges du Lion d'or ou du Cheval blanc des temps modernes, ni au Terminus ou hôtel de la Gare des débuts du chemin de fer, qu'y a-t-il de commun entre le gîte rural, la chambre d'hôte, le couvent-hôtel des congrégations religieuses, la pension de famille équipée de deux ou trois chambres, le motel routier, le castel first class de Deauville ou le palace du Léman, propriété de grands groupes, dont les centaines de chambres font face à la mer ou au lac, et que les visiteurs traitent volontiers d'enseignes a mythiques e ? Au moment même où internet remet en cause un modèle que nous pensions immuable, sans même pouvoir le définir, ce livre fait le point sur trois siècles d'évolution entre le tenancier, le logeur, le cabaretier, l'aubergiste et l'hôtelier - petit entrepreneur ou capitaine d'industrie. Il décrit les lieux de leur activité, hybrides, polymorphes, plurifonctionnels, singuliers ou, au contraire, dupliqués à l'envi par les chaînes. Il observe leur aptitude à modeler la ville, leur influence sur les mobilités et plus largement leur contribution à une histoire de l'hospitalité dans les sociétés contemporaines.
Biographie de l'auteur Patrick Harismendy, agrégé d'histoire, est Professeur d'Histoire contemporaine à l'université Rennes 2. Il a publié, entre autres, Sadi Carnot - L'ingénieur de la République (Perrin, 1995).
Harismendy Patrick ; Robert Vincent ; Caron Jean-C
Résumé : Serait-on passé à côté d'autres " années trente " ? La liste est longue des indices, longtemps négligés, d'une ambiance de quête, d'urgence et d'invention que distillent les jeunes années de la monarchie de juillet. Entre l'immobilisme prudhommesque et la répétition lancinante de journées révolutionnaires s'opèrent bien des changements : humanisation des peines judiciaires, création de grandes institutions culturelles, jeux complexes avec le passé récent, mise en place de nouveaux instruments de surveillance ou d'appréciation des opinions, émergences de mesures prophylactiques, intrusion de l'expertise en diverses matières, besoins d'intégration nationale, interrogations sur le peuple et son travail... De fait et malgré les tramages hérités du Consulat et de l'Empire, une nouvelle France, ou peut-être une nouvelle vision de celle-ci, semble se dessiner qui commande des réformes et des ajustements. Une relecture de ces années s'imposait donc pour essayer de mieux comprendre cette convergence de phénomènes, éclos dans l'aval révolutionnaire, et trop vite imputés au changement de régime. La réalité, dont rendent compte les réflexions rassemblées ici, est ambivalente et dépasse la tension accoutumée entre Résistance et Mouvement. Se mêlent, en effet, les fruits mûris du réformisme de la Restauration finissante, l'imitation de ce qui s'expérimente ailleurs, le besoin irrépressible de ruptures, la crainte inverse de l'entraînement, mais aussi l'interrogation sur l'" esprit du temps ". Et les idées sont là qui se précisent : on parle de " système ", de culte national, on rêve catégories et nomenclatures, en même temps que le futur s'ensemence des travaux d'une génération appelée à durer. Bref, Etat et sociétés trouvent moyens et acteurs pour s'ordonner. Trait majeur, l'espace public devient médiatique et engendre l'opinion, ce qui explique, peut-être et paradoxalement, la glaciation des années 1840.
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.