Le goof au cinéma, c'est le reflet d'un caméraman, une arme qui passe d'une main à l'autre, une cigarette qui change soudain de taille ou un gobelet de café contemporain sur une table médiévale. C'est une anomalie négligeable, mais formidablement révélatrice de nos attentes techniques et esthétiques sur la fiction. Si les chasseurs de goofs existent dès la naissance du cinématographe, le triple avènement de la culture geek, d'internet et de la vidéo domestique a donné à cette forme de cinéphilie une dimension planétaire. Que dévoile cet engouement pour le détail, a priori insignifiant, tant du point de vue des spectateurs que des professionnels du film ? Qu'attend-on d'une fiction où tout est faux, et où pourtant le moindre anachronisme déchaîne les passions des amateurs et des spécialistes ? En quoi le goof et les tensions qu'il cristallise, mettent en relief les enjeux du pacte fictionnel et de ses mutations, à l'ère du numérique ?
Hamus-Vallée Réjane ; Malthête Jacques ; Salmon St
Segundo de Chomón (1871-1929) est l'un des maîtres incontestés des premiers trucages cinématographiques et des débuts de la mise en couleurs des images animées. Néanmoins, ce pionnier espagnol est bien plus que cela et l'importance de son oeuvre aurait sans doute été mieux étudiée sans l'ombre portée de Georges Méliès. Si Chomón a pu s'inspirer du célèbre prestidigitateur français dans certains de ses films à trucs, il s'en distingue toutefois clairement par son exploitation magistrale du tour de manivelle, des ombres chinoises et du mouvement inversé. Par ailleurs, il reste l'un des rares à avoir réussi le passage entre le cinéma monstratif des films à trucs des années 1900 et le cinéma institutionnalisé des années 1910. Les trucages de ses premières scènes à trucs chez Pathé frères deviendront effets spéciaux dans les films narratifs dont il assurera l'exécution, tel Maciste alpino de Giovanni Pastrone en 1916. Cet ouvrage propose de revisiter son oeuvre et de comprendre les mille et un visages de ce formidable pionnier du cinématographe, truqueur, coloriste et cinématographiste. Cet ouvrage est issu d'un colloque organisé en novembre 2017 par la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé et "Les Arts trompeurs. Machines. Magie. Médias".
Qui a inventé le cinéma ? Comment fait-on un film ? Et un film d'animation ? Comment le cinéma arrive-il à nous faire rire, pleurer ou trembler ? Comment c ? a marche les effets spéciaux ? C'est quoi le cinéma de demain ? Passe de l'autre côté de l'écran et découvre la magie du cinéma. Tu apprendras comment le cinéma était, à l'origine, une attraction de foire ; pourquoi et comment les images s'enchaînent à une vitesse bien précise pour recréer l'illusion du mouvement ; que l'inventeur des effets spéciaux était... un franc ? ais ; comment les bruiteurs utilisent toutes sortes d'objets insolites ; ou encore comment les projections en relief pourraient faire disparaître les écrans ! Dans la partie activités, retrousse tes manches et dis "action" : réalise un film en stop motion ; fabrique un phénakistiscope ; apprends à créer facilement des scènes fantastiques (disparitions, apparitions et transformations) ; fabrique un projecteur d'hologramme miniature.
Le trucage est omniprésent dans les productions télévisuelles, la moindre publicité comporte un nombre conséquent de retouches. Ce vingt-cinquième numéro de la revue CIRCAV se propose d'établir un état des lieux des liens entre trucage et télévision, en particulier à la télévision française, via des approches historique, juridique, théorique, technique, esthétique et des études de cas pratiques.
Hamus-Vallée Réjane ; Pisano Giusy ; Renouard Caro
Depuis son invention, le cinéma français ne cesse de truquer, créer, innover et repousse toutes les frontières économiques, esthétiques, logistiques, narratives à force d'effets spéciaux. En prolongeant les trucs de la photographie, de la féerie théâtrale et de la prestidigitation, les pionniers comme Georges Méliès ont attiré la lumière sur eux. Des milliers d'artistes et techniciens ont ensuite oeuvré dans l'ombre, nourrissant, par leurs trouvailles, les images cinématographiques françaises, tout au long de son histoire. Au gré des inventions, des modes, des contextes socio-économiques, les truqueurs ont accompagné le cinéma et l'audiovisuel français d'un siècle à un autre, entre artisanat, bricolage et industrie. En croisant les regards (historiens, juristes, artistes, spécialistes en esthétique...), cet ouvrage lève le voile sur l'art trompeur singulier que constituent les effets spéciaux français, d'hier à aujourd'hui.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Mukendji Mbandakulu Martin Fortuné ; Lianza Zalonk
L'ouvrage s'attèle à montrer le rapport dialectique entre la guerre et la paix. La guerre semble être le lot des hommes. Les causes, les sources de la guerre sont relevées ici. Les théories sur les guerres traditionnelles et modernes y sont développées. Il n'y a pas de paix sans guerre. Bien que celle-ci ait des germes de destruction de celle-là, elle en est aussi génératrice. Les relations entre les états sont sujettes à cette ambivalence. On fait la guerre pour avoir la paix. La guerre ne peut cesser que si les causes des conflits entre les nations, entre les hommes peuvent être extirpées. La paix est préférable mais elle reste à conquérir. Cette étude corrige l'opinion selon laquelle les relations internationales et la philosophie ne peuvent faire bon ménage. La polémologie et l'irénologie sont donc inséparablement liées aux réflexions philosophiques.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.