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L'Homme dépossédé. Une tradition critique, de Marx à Honneth
Haber Stéphane
CNRS EDITIONS
24,99 €
Épuisé
EAN :9782271069009
Le marxisme traditionnel a désormais montre ses limites. Il peinait à expliquer, à partir de l'organisation économique des sociétés modernes, la domination masculine ou les sujétions ethniques et culturelles. Mais comment, dès lors, se réapproprier les thèmes et les concepts jadis élaborés dans le cadre de la " critique du capitalisme " encore indispensables à la compréhension de notre monde ? Sur quelle base la longue culture anticapitaliste pourrait-elle être actualisée ? Stéphane Haber, revisitant certains textes fondamentaux de la philosophie sociale, de Hegel à Habermas et Honneth, montre quel rôle essentiel la catégorie d'aliénation, promue par Marx en 1844, peut encore jouer. Approfondi, enrichi, contourné, parfois même rejeté au cours de son histoire, le lien entre analyse de l'aliénation et critique du capitalisme, dont différents avatars font ici l'objet d'une recherche précise, reste aujourd'hui une puissante source d'inspiration intellectuelle et pratique. A l'heure de la mondialisation néolibérale et de ses crises, ce peut être l'une des tâches inattendues de l'histoire de la philosophie que d'éclairer l'arrière-plan de cette vitalité persistante.
Depuis les années 1980, un nouveau type d'organisation économique s'est imposé à nos sociétés, porté par les idéologies et les politiques néolibérales, soutenu par la mondialisation : le néocapitalisme. Si de nombreux travaux ont examiné les causes et les effets d'une telle mutation, Stéphane Haber propose une enquête critique plus générale sur les concepts et les hypothèses guidant l'analyse des formes et des forces à l'oeuvre dans la phase actuelle du capitalisme : quels sont les traits spécifiques du néocapitalisme ? Quelle ontologie sociale se trouve impliquée dans la mise en évidence de ses tendances propres ? Sur quelles bases peut s'appuyer la critique de ce néocapitalisme? En fin de compte, l'ambition de dépasser le capitalisme reste-t-elle légitime ? Toutes ces questions travaillent profondément la théorie sociale contemporaine. Il s'agit ici de prouver, pour renouveler la philosophie politique, que la stratégie théorique la plus féconde consiste à comprendre le capitalisme et le néocapitalisme en fonction du modèle des puissances aliénées, détachées de la vie et poursuivant aveuglément leur propre expansion. Mais, bien que ces puissances réclament et obtiennent de nombreuses complicités du côté de la vie, elles ne forment pas encore un système absolu qui ne laisserait plus aucune place à l'action et à la liberté.
Résumé : Si Victor Hugo est connu pour ses engagements politiques, on réduit trop souvent ces derniers à des réactions indignées concernant des causes consensuelles (la défense de la liberté, le refus de l'injustice). A rebours de cette lecture traditionnelle, canonisée par l'institution scolaire, le pari de cet ouvrage est le suivant : il existe bien une pensée de Victor Hugo, qui est présente de manière diffuse dans son oeuvre littéraire (romans, poésie et théâtre) et dont le coeur est constitué par l'intuition d'une "Histoire" essentiellement tragique, mais qui, çà et là, offre tout de même aux êtres humains des opportunités d'actions transformatrices ("le progrès") et quelques motifs d'espérer.
Les sciences sociales s'éloignent aujourd'hui de l'idée selonlaquelle leur contribution principale au savoir consisterait àapprofondir sans cesse la découverte de l'homme moyen et del'individu assujetti aux grandes forces collectives, découvertepar laquelle elles se justifièrent à l'origine. Désormais, lasingularité biographique et caractérologique compte. Elleforme même une dimension décisive du social. Dans cesconditions, les processus par lesquels le donné social se trouveincorporé au psychisme individuel, mais aussi l'inévitabletension persistante de l'objectif et du subjectif, autrefoisthèmes latéraux de la pensée sociologique, tendent à se voirreconnaître une importance centrale. S'appuyant sur l'histoirede la psychanalyse, Stéphane Haber, professeur de philosophieà l'université Paris-Ouest-Nanterre, montre qu'une telleconjoncture invite à relire Freud de manière différente etréévalue ses apports en tant que penseur des interactions entrepsychisme et société. Les enjeux de cette relecture ne sont paspurement théoriques. Ainsi. comme projet social et politiqueenglobant. le néolibéralisme a provoqué l'émergence denouvelles incitations à l'auto-contrainte ( devenir plusperformant, plus efficace, plus flexible, plus rationnel...) quirappellent la violence retournée contre soi que Freud décrivaitau moyen du concept de "surmoi" composante essentielle.selon lui, du psychisme individuel. On voit à quel point lacritique de l'époque présente peut gagner à s'engager sur lavoie d'une réappropriation judicieuse des hypothèses et desconcepts freudiens.
Résumé : La Théorie critique, autrement appelée " Ecole de Francfort ", fait retour, avec la troisième génération représentée par Axel Honneth, à la " philosophie sociale ". C'est-à-dire à l'analyse des processus de développement qui sont vécus comme manqués ou perturbateurs. Dans sa quête d'une critique des " pathologies du social ", la Théorie peut-elle également faire retour à des concepts marxistes ? Soit le concept, fixé par Georg Lukacs, de " réification " - colonisation du monde vécu par la généralisation unidimensionnelle de l'échange marchand à toute interaction sociale, en sorte que les sujets perçoivent partenaires et biens comme des objets. La Théorie critique, pour sa part, distingue trois formes de réification - intersubjective (le rapport aux autres), objective (le rapport au monde) et subjective (le rapport à soi) - également fondées sur l'oubli préalable de la reconnaissance de l'autre. La réification intersubjective résulte aujourd'hui de pratiques nouvelles qui considèrent les hommes indépendamment du monde vécu auquel ils appartiennent - depuis l'abolition de la substance juridique du contrat de travail jusqu'à la réduction des dons de l'enfant à un objet de mesure génétique et de manipulation. L'autoréification - saisir ce qu'on éprouve psychiquement comme objets à observer ou à produire de manière normée - est le fruit des pratiques institutionnalisées de présentation de soi : des entretiens d'embauche ou du coaching à la recherche d'un partenaire amoureux sur Internet. Demeure, pour Axel Honneth, " une certaine inquiétude : celle de voir nos sociétés prendre le chemin que Lukacs, en utilisant des moyens insuffisants et en généralisant à l'excès, a entrevu il y a quatre-vingts ans ".
Résumé : Que lisait-on dans la France des années noires ? Comment expliquer la "faim de lecture" propre à la période de l'Occupation ? Quelle fut la part prise par le régime de Vichy dans la circulation, la diffusion, l'orientation des livres publiés ? Et celle de la Résistance dans la propagation des écrits clandestins ? Comment accéder à l'intimité des millions de lecteurs qui, cherchant à s'évader hors d'un quotidien éprouvant, trouvèrent alors refuge dans un ailleurs fait de phrases imprimées ? Stratégies et pratiques des éditeurs, querelles autour du patrimoine littéraire, réorganisation corporative de la chaîne du livre, listes d'interdictions et spoliations de l'occupant, écrivains partagés entre collaboration, accommodement, évitement, insoumission : Jacques Cantier signe la première histoire totale du livre et de la lecture entre 1939 et 1945, des politiques de censure mises en oeuvre par Vichy à l'ébullition culturelle de la Libération. Archives publiques, critiques littéraires, notes de lecture mais aussi écrits du for privé permettent de retrouver les traces intimes des actes de lecture : écoliers de la France rurale cherchant à élargir leur horizon, adolescents parisiens en quête d'initiation, prisonniers de guerre tentant de maintenir une vie de l'esprit, victimes de la persécution antisémite en quête de réarmement moral... Jacques Cantier montre qu'en dépit de la défaite, de la peur et des privations, la France continue à lire et à être le théâtre d'une foisonnante vie littéraire et intellectuelle.
Pour nos contemporains les pirates et les corsaires se résument aux aventures flamboyantes de marins dans la mer des Caraïbes ou aux attaques de farouches brigands au large de la Somalie. Moins réductrice, la réalité est à la fois multiple, passionnante et souvent plus riche que la fiction. L'Histoire des corsaires et des pirates propose un tableau de ces phénomènes maritimes sur la longue durée, jalonnée de figures mythiques comme Drake, Surcouf, Duguay-Trouin, Dragut, Barberousse, Koxinga. Elle est un voyage dans le temps, des raids maritimes vikings au Moyen Age à la piraterie pratiquée en Asie de Sud-Est de nos jours. Elle est aussi un voyage dans l'espace à travers les mers et les océans, de la Méditerranée aux Antilles, en passant par la mer de Chine et les rives de l'océan Indien, sans omettre le continent américain. Un intérêt est également accordé à l'ancrage de la piraterie dans nos mémoires, à l'élaboration de mythes et à leurs prolongements dans les mondes virtuels du cinéma, de la BD et des jeux électroniques.
Vauchez André ; Armogathe Jean-Robert ; Richard Vi
Résumé : Le sort tragique des martyrs chrétiens a entraîné une vénération de leurs dépouilles, qui s'est étendue aux saints moines et moniales et aux fondateurs d'ordres religieux. Peu à peu, une galerie de " grands témoins " s'est constituée, rassemblant des milliers de saints : martyrs et confesseurs, moines et docteurs, pieux laïcs et saintes femmes. Par le témoignage de leur vie, leur prédication ou leurs actes de charité, les saints ont rempli le paysage cultuel du christianisme : lieux-dits, prénoms, patronymes... jusqu'aux gares et aux stations de métro, les noms des saints sont devenus familiers. Entre légende et histoire, ce grand dictionnaire entreprend de les faire mieux connaître avec plus de 300 entrées, d'Aaron à Zénon de Vérone : saints et bienheureux catholiques et orthodoxes, d'Orient et d'Occident, mais aussi grands témoins anglicans et protestants. Un dictionnaire monumental et unique afin de mieux comprendre, au plus près de la vérité historique, la personnalité, les écrits et la postérité de ces hommes et de ces femmes dont la vie a été retenue comme exemplaire par leurs contemporains et dont la mémoire est parvenue jusqu'à nous.
Résumé : Début 2016, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, Mein Kampf ressort en Allemagne dans une édition scientifique. Dans le même temps, l'éditeur historique de la traduction française annonce son intention de republier l'ouvrage dûment accompagné d'un appareil critique. Comment expliquer la postérité de ce pensum dont les divagations racistes et complotistes apparaissaient déjà comme telles à l'époque ? La réponse à la question ne serait-elle pas à chercher dans la forme plutôt que dans le fond de cet ouvrage ? En plus d'être le manifeste du national-socialisme, Mein Kampf ne serait-il pas en effet l'archétype d'un genre littéraire bien particulier, celui adopté par des leaders amenés à devenir autocrates, et mêlant propagande, manipulation et autobiographie ? En s'immergeant dans le livre, Albrecht Koschorke fait ressortir les procédés visant à rendre irréfutables les propos avancés, attire l'attention sur la construction de l'ouvrage, les transitions des expériences personnelles aux stigmatisations globalisantes, les changements de registres d'écriture, désintrique les niveaux de lecture et éclaire les divers publics visés. Une approche originale qui, dans la perspective de la prise du pouvoir, s'intéresse moins à la "doctrine" postulée de Mein Kampf qu'à sa "poétique" conjuguant autoritarisme et inconsistance intellectuelle.