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Penser le néocapitalisme : vie, capital et aliénation
Haber Stéphane
AMSTERDAM
22,00 €
Épuisé
EAN :9782350960753
Depuis les années 1980, un nouveau type d'organisation économique s'est imposé à nos sociétés, porté par les idéologies et les politiques néolibérales, soutenu par la mondialisation : le néocapitalisme. Si de nombreux travaux ont examiné les causes et les effets d'une telle mutation, Stéphane Haber propose une enquête critique plus générale sur les concepts et les hypothèses guidant l'analyse des formes et des forces à l'oeuvre dans la phase actuelle du capitalisme : quels sont les traits spécifiques du néocapitalisme ? Quelle ontologie sociale se trouve impliquée dans la mise en évidence de ses tendances propres ? Sur quelles bases peut s'appuyer la critique de ce néocapitalisme? En fin de compte, l'ambition de dépasser le capitalisme reste-t-elle légitime ? Toutes ces questions travaillent profondément la théorie sociale contemporaine. Il s'agit ici de prouver, pour renouveler la philosophie politique, que la stratégie théorique la plus féconde consiste à comprendre le capitalisme et le néocapitalisme en fonction du modèle des puissances aliénées, détachées de la vie et poursuivant aveuglément leur propre expansion. Mais, bien que ces puissances réclament et obtiennent de nombreuses complicités du côté de la vie, elles ne forment pas encore un système absolu qui ne laisserait plus aucune place à l'action et à la liberté.
Renault Emmanuel ; Haber Stéphane ; Andrieu Bernar
De différentes manières, les corps sont au c?ur de l'économie et de l'idéologie contemporaines. Le corps est un marché en plein développement. Sa forme et sa santé, son apparence et sa puissance performante, son épanouissement individuel constituent en outre des instruments de légitimation puissants. Dans le même temps, des transformations institutionnelles et culturelles induisent de nouvelles constructions sociales des corps qui rendent difficilement lisibles les dominations de classe et de genre qui ne cessent de peser sur eux. Comment déchiffrer les formes actuelles de ces dominations? Quelles alternatives opposer aux idéologies du corps? Quelles résistances du et par le corps? Autant de questions abordées ici du point de vue de la philosophie, de la sociologie, de la psychologie du travail et de l'esthétique.
Résumé : La Théorie critique, autrement appelée " Ecole de Francfort ", fait retour, avec la troisième génération représentée par Axel Honneth, à la " philosophie sociale ". C'est-à-dire à l'analyse des processus de développement qui sont vécus comme manqués ou perturbateurs. Dans sa quête d'une critique des " pathologies du social ", la Théorie peut-elle également faire retour à des concepts marxistes ? Soit le concept, fixé par Georg Lukacs, de " réification " - colonisation du monde vécu par la généralisation unidimensionnelle de l'échange marchand à toute interaction sociale, en sorte que les sujets perçoivent partenaires et biens comme des objets. La Théorie critique, pour sa part, distingue trois formes de réification - intersubjective (le rapport aux autres), objective (le rapport au monde) et subjective (le rapport à soi) - également fondées sur l'oubli préalable de la reconnaissance de l'autre. La réification intersubjective résulte aujourd'hui de pratiques nouvelles qui considèrent les hommes indépendamment du monde vécu auquel ils appartiennent - depuis l'abolition de la substance juridique du contrat de travail jusqu'à la réduction des dons de l'enfant à un objet de mesure génétique et de manipulation. L'autoréification - saisir ce qu'on éprouve psychiquement comme objets à observer ou à produire de manière normée - est le fruit des pratiques institutionnalisées de présentation de soi : des entretiens d'embauche ou du coaching à la recherche d'un partenaire amoureux sur Internet. Demeure, pour Axel Honneth, " une certaine inquiétude : celle de voir nos sociétés prendre le chemin que Lukacs, en utilisant des moyens insuffisants et en généralisant à l'excès, a entrevu il y a quatre-vingts ans ".
Résumé : Elaboré par Marx pour sa première analyse du capitalisme, longtemps situé au centre des philosophies et des sociologies critiques inspirées par le marxisme, le thème de l'aliénation tomba brutalement en disgrâce il y a quelques décennies. On le soupçonnait alors de faire corps avec toute une série d'images et d'idées périmées : une nature humaine corrompue qu'il faudrait rétablir par-delà les errements de l'histoire, une subjectivité qui, normalement maîtresse de ses objets, en viendrait parfois à se perdre dans ses propres produits, ou encore une société moderne devenue totalement " étrangère " à des individus livrés sans restrictions aux mécanismes de l'assujettissement. Cet ouvrage propose d'abord un bilan critique de l'histoire contrastée de la problématique de l'aliénation depuis Marx. Mais il vise surtout à réhabiliter et à reconstruire cette problématique de manière non essentialiste, selon une inspiration psychosociologique et existentielle. Car à côté de catégories critiques similaires capables de commander des paradigmes dans la théorie sociale (" exploitation ", " domination ", " oppression ", " exclusion "...), celle d'" aliénation " mérite de retrouver une place de choix dans le champ de la réflexion philosophique et sociologique. Bien comprise, elle seule permet de concevoir directement le propre d'une vie qui passe à côté de soi-même et éprouve cette perte dans la souffrance et la limitation de soi. De ce point de vue, l'aliénation apparaît comme l'expérience concrète d'une dépossession de notre puissance d'agir individuelle qui reflète et exprime à sa manière, et sous des modes variables, quelques unes des différentes pathologies affectant la société. Tant que celles-ci proliféreront, il y aura quelque chose à penser sous le nom ancien d'" aliénation ".
Résumé : Les écrits de Habermas se signalent par l'importance quantitative et les fonctions essentielles qu'y occupe la discussion des sociologues, qu'il s'agisse de reprises interprétatives de " classiques " de la discipline ou de confrontations avec des auteurs contemporains. C'est que, si la philosophie a vocation à penser son époque, elle ne peut le faire, selon lui, qu'en prenant en compte, jusque dans la multiplicité foisonnante de leurs orientations, les savoirs empiriques qui se consacrent déjà à son exploration, et particulièrement dans le cadre de la sociologie. A partir de cette conviction se sont développées diverses stratégies d'appropriation du discours des sciences sociales dont l'examen permet de saisir à la fois la cohérence et les évolutions de l'?uvre de Habermas.
La quatrième vague du féminisme a commencé : venue d'Amérique latine, portée par les combats contre les féminicides et pour la liberté des femmes à disposer de leur corps, amplifiée par le moment Metoo, elle constitue aussi-surtout-un mouvement qui s'attaque à l'inégalité des rapports de production et de reproduction sous le capitalisme. Qui dépasse, sans les exclure, les revendications juridiques ou paritaires et repense l'ensemble de l'organisation sociale à partir des oppressions subies par les femmes et les minorités de genre. Le féminisme est révolutionnaire ou il n'est pas : voilà la thèse soutenue par Aurore Koechlin, qui se propose d'abord de guider ses lectrices et lecteurs à travers l'histoire trop méconnue des différentes vagues féministes. Du MLF à l'inter-sectionnalité, de l'émergence d'un "féminisme d'Etat" au féminisme de la reproduction sociale, ce petit livre tire le bilan politique et intellectuel d'une quarantaine d'années de combats, repère leurs impasses, souligne leurs forces, pour contribuer aux luttes actuelles et à venir.
Dans Le Pouvoir des mots, Judith Butler analyse les récents débats, souvent passionnés, sur la pornographie, la violence verbale dirigée contre les minorités et l'interdiction faite aux homosexuels membres de l'armée américaine de se déclarer tels. Il s'agit pour elle de montrer le danger qu'il y a à confier à l'État le soin de définir le champ du dicible et de l'indicible. Dans un dialogue critique avec J. L. Austin, le fondateur de la théorie du discours performatif, mais aussi avec Sigmund Freud, Michel Foucault, Pierre Bourdieu, Jacques Derrida ou encore Catharine MacKinnon, elle s'efforce d'établir l'ambivalence du hate speech, de la violence verbale et des discours de haine homophobes, sexistes ou racistes: s'ils peuvent briser les personnes auxquelles ils sont adressés, ils peuvent aussi être retournés et ouvrir l'espace nécessaire d'une lutte politique et d'une subversion des identités. Elle esquisse ainsi une défense pragmatique du principe de la liberté d'expression, qui ne s'en tient pas aux arguments employés classiquement par les doctrines libérales, mais est surtout préoccupée par le souci de maximiser la puissance d'agir des dominés et des subalternes. Les lecteurs français trouveront dans ce livre des instruments inédits pour repenser à nouveaux frais les questions soulevées par les débats sur la pénalisation des discours de haine.
La réédition de L'état, Le Pouvoir, Le Socialisme, "classique" de la théorie politique dont la première édition remonte à 1978, s'inscrit dans les débats concernant les crises simultanées de l'Union européenne, du néolibéralisme et du capitalisme en général. Lire cet ouvrage aujourd'hui permet de comprendre que ces crises plongent leurs racines dans la structure des sociétés occidentales de l'après-guerre. Plus la crise économique s'approfondit, et plus le système devient autoritaire au plan politique. C'est ce que Poulantzas appelle l'"étatisme autoritaire", que l'on constate à présent au niveau européen, où des décisions affectant des millions de personnes sont prises hors de tout contrôle populaire. La seule alternative possible à ce système est le "socialisme démocratique", à savoir un socialisme qui dépasse le capitalisme sans pour autant sacrifier les libertés publiques. Avec Michel Foucault, Gilles Deleuze, et Louis Althusser, auteurs dont il discute les thèses dans cet ouvrage, Nicos Poulantzas compte parmi les penseurs des années 1960-1970 dont le rayonnement international est aujourd'hui le plus important. Alors que l'édition de théories critiques françaises et étrangères a connu une grande vitalité depuis les années 2000, il était plus que temps de faire redécouvrir cet auteur majeur.
A partir des années 1980, l'idée s'est peu à peu imposée : le clivage politique fondamental ne serait pas de nature idéologique - opposant le capitalisme au socialisme - mais civilisationnel. Cette conception, formulée notamment par Samuel Huntington, divise le champ politique entre d'un côté les tenants d'une vision sécularisée des rapports entre les hommes et les sociétés - "l'Occident" -, et de l'autre les défenseurs d'une conception religieuse ou "indigène" . Or de manière paradoxale, elle semble également s'être imposée au sein de courants intellectuels et politiques qui, considérant que l'accroissement de la domination de l'homme sur la nature est indissociable de celle de l'homme sur l'homme, érigent la pratique indigène en figure principale de l'opposition à la logique du capitalisme. Mais la perpétuation de la guerre et de la servitude dans l'histoire de l'humanité procède-t-elle vraiment de la diffusion des appareils conceptuels produits par l'Occident ? Etudiant les déterminants des trois mouvements historiques que sont le développement du capitalisme, la colonisation des Amériques et la traite atlantique, Ivan Segré montre qu'il n'en est rien, et que seul le recours à des facteurs d'un autre ordre - les comportements économiques prédateurs et la xénophobie - rend intelligible le cours de l'histoire.