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Freud sociologue
Haber Stéphane
BORD DE L EAU
16,00 €
Épuisé
EAN :9782356871633
Freud a largement ignoré la grande problématique sociologique qui se mettait en place à son époque, principalement grâce aux efforts conjoints de Durkheim et de Weber. Cependant, en matière de connaissance des réalités collectives, n'a-t-il été que cet amateur mal éclairé ou ce partisan d'une réduction aveugle du social au psychique que la plupart des commentateurs du siècle passé ont réprouvé? Non. Sous bien des aspects, Freud fut bel et bien un sociologue. Mais un sociologue paradoxal et singulier, attentif tant à l'hétéronomie du monde social qu'à son entrelacement complexe avec le monde du psychisme individuel. Et si cette drôle de sociologie n'a donné lieu à aucune systématisation finale, elle s'est déployée finalement de manière assez cohérente et différenciée au fil d'une oeuvre dont elle n'occupait pas le centre, mais que cette marginalité, paradoxalement, émancipait. La fécondité d'un tel engagement théorique se mesure à l'intérêt qu'elle nourrit pour les formes émergeantes, indécises ou instables du social. Bref, pour un social qui ne s'est pas encore solidifié - en prunier lieu, sous la forme de cette objectivité sociale centrale propre aux grandes institutions structurantes dont la sociologie classique avait fait le plus grand cas -, qui ne peut pas le faire, ne peut plus le faire ou le fait aux détriment des personnes. D'où l'importance chez Freud de thèmes comme ceux de l'individuation, de la contrainte, de la souffrance et de la violence. A l'heure où les sciences sociales tentent de franchir les frontières que les sociologues classiques avaient tracées autoritairement pour mieux isoler leur objet par rapport à certaines altérités essentielles (la société et la nature, la société et l'individu, la société et la violence destructrice etc), les incursions sociologiques du fondateur de la psychanalyse méritent de nouveau d'attirer l'attention.
Résumé : Les écrits de Habermas se signalent par l'importance quantitative et les fonctions essentielles qu'y occupe la discussion des sociologues, qu'il s'agisse de reprises interprétatives de " classiques " de la discipline ou de confrontations avec des auteurs contemporains. C'est que, si la philosophie a vocation à penser son époque, elle ne peut le faire, selon lui, qu'en prenant en compte, jusque dans la multiplicité foisonnante de leurs orientations, les savoirs empiriques qui se consacrent déjà à son exploration, et particulièrement dans le cadre de la sociologie. A partir de cette conviction se sont développées diverses stratégies d'appropriation du discours des sciences sociales dont l'examen permet de saisir à la fois la cohérence et les évolutions de l'?uvre de Habermas.
Le capitalisme, horizon indépassable de notre temps ? Pas forcément. En tout cas, de jeunes philosophes élaborent déjà de nouveaux outils théoriques pour comprendre ce qu'est le capitalisme, non seulement comme forme économique, mais aussi comme forme sociale et comme forme de vie. Avec un tel travail, des avenirs alternatifs redeviennent peut-être pensables.
Résumé : Le marxisme traditionnel a désormais montre ses limites. Il peinait à expliquer, à partir de l'organisation économique des sociétés modernes, la domination masculine ou les sujétions ethniques et culturelles. Mais comment, dès lors, se réapproprier les thèmes et les concepts jadis élaborés dans le cadre de la " critique du capitalisme " encore indispensables à la compréhension de notre monde ? Sur quelle base la longue culture anticapitaliste pourrait-elle être actualisée ? Stéphane Haber, revisitant certains textes fondamentaux de la philosophie sociale, de Hegel à Habermas et Honneth, montre quel rôle essentiel la catégorie d'aliénation, promue par Marx en 1844, peut encore jouer. Approfondi, enrichi, contourné, parfois même rejeté au cours de son histoire, le lien entre analyse de l'aliénation et critique du capitalisme, dont différents avatars font ici l'objet d'une recherche précise, reste aujourd'hui une puissante source d'inspiration intellectuelle et pratique. A l'heure de la mondialisation néolibérale et de ses crises, ce peut être l'une des tâches inattendues de l'histoire de la philosophie que d'éclairer l'arrière-plan de cette vitalité persistante.
Depuis les années 1980, un nouveau type d'organisation économique s'est imposé à nos sociétés, porté par les idéologies et les politiques néolibérales, soutenu par la mondialisation : le néocapitalisme. Si de nombreux travaux ont examiné les causes et les effets d'une telle mutation, Stéphane Haber propose une enquête critique plus générale sur les concepts et les hypothèses guidant l'analyse des formes et des forces à l'oeuvre dans la phase actuelle du capitalisme : quels sont les traits spécifiques du néocapitalisme ? Quelle ontologie sociale se trouve impliquée dans la mise en évidence de ses tendances propres ? Sur quelles bases peut s'appuyer la critique de ce néocapitalisme? En fin de compte, l'ambition de dépasser le capitalisme reste-t-elle légitime ? Toutes ces questions travaillent profondément la théorie sociale contemporaine. Il s'agit ici de prouver, pour renouveler la philosophie politique, que la stratégie théorique la plus féconde consiste à comprendre le capitalisme et le néocapitalisme en fonction du modèle des puissances aliénées, détachées de la vie et poursuivant aveuglément leur propre expansion. Mais, bien que ces puissances réclament et obtiennent de nombreuses complicités du côté de la vie, elles ne forment pas encore un système absolu qui ne laisserait plus aucune place à l'action et à la liberté.
Les big data sont devenus un impératif pour mener une campagne électorale. La campagne pour l'élection présidentielle française de 2017 a été marquée par le rôle majeur joué par des plateformes de gestion et d'analyses des données massives, telles que NationBuilder ou 50+1. Qu'est-ce que change le recours au big data électoral dans les manières de faire campagne ? Introduit-t-il des pratiques " innovantes " pour mobiliser les électeurs ? Voit-on apparaître de " nouvelles " formes de militantisme ? Comment sont construits les algorithmes prédictifs ? Sommes-nous réellement fichés sur Internet ? Comment protéger ses données personnelles ? L'auteure interroge l'efficacité de ces techniques, en mettant au jour les enjeux économiques, la construction de croyances autour des big data et les jeux d'influence internationaux. L'intérêt porté à la récolte des données n'est pas neuf. Il s'agit de retracer l'intégration de certaines évolutions techniques que ce soit chez nos voisins américains ou dans les campagnes françaises de 2002 à 2017, en déconstruisant les fantasmes entourant l'usage des bases de données en politique. Mais il s'agit surtout d'armer le citoyen face à la montée en puissance d'une nouvelle ère de la donnée.
Résumé : Pour le bien des animaux, celui de la planète et pour préserver notre santé, il faudrait de toute urgence renoncer à l'alimentation carnée voire à tous les produits animaux et, en clôturant dix mille ans de vie commune avec les vaches et les brebis, librement consentir à une agriculture sans élevage. Après des décennies de silence médiatique et politique sur la violence industrielle contre les animaux, pourquoi cette soudaine prise de conscience ? C'est en reprenant le fil de l'industrialisation de l'élevage depuis le XIXe siècle et ses liens historiques avec la "cause animale" que l'on peut comprendre la situation actuelle et le développement des start-up de la "viande propre", amie des animaux et des milliardaires. La science et l'industrie, aujourd'hui comme hier, concoctent pour nous "un monde meilleur". Sommes-nous bien sûrs qu'il correspond à nos désirs ?
Pourquoi et comment les jeunes reviennent-ils vivre au domicile de leurs parents ? En quoi ce retour est-il ou non la marque d'un échec sur la voie de l'indépendance ? Auparavant, lorsque les jeunes quittaient le domicile parental pour voler de leurs propres ailes, il s'agissait d'un départ définitif qui marquait l'entrée dans l'âge adulte. Tel était du moins le modèle français. En quoi le retour est-il significatif d'un changement dans ce modèle ? Comment décrire, comprendre et analyser ce changement dans le parcours des jeunes ? En quoi le retour remet-il en question la capacité d'autonomie des individus concernés ? L'auteure apporte un éclairage nouveau sur ce phénomène pour trois raisons essentielles : Premièrement, elle situe le phénomène français dans le contexte international. Deuxièmement, elle met en lumière des parcours sous-tendus par des logiques, non seulement économiques, mais aussi affectives, en décrivant les processus vécus au moment des retours du point de vue des jeunes et de leurs parents. Ressentent-ils les uns et les autres un sentiment d'échec ? Comment les jeunes s'autonomisent-ils ? Comment se passe la cohabitation intergénérationnelle ? Enfin, le livre s'interroge sur la considération que les politiques publiques devraient accorder à ce phénomène qui met en lumière les inégalités sociales au sein de la jeunesse.
Passer de l'immobilité à la plus rapide possible des mobilités : cette obsession humaine est immémoriale. De tous temps les humains ont cherché à se mouvoir le plus vite possible, à quitter le statut d'êtres immobiles, posés là quelque part à la surface du monde, pour conquérir celui d'êtres mouvants, en déplacement — un déplacement autant que faire se peut exceptionnel par sa vitesse. par la distance parcourue en un éclair, par la capacité à faire valoir l'espace contre le temps et le temps contre l'espace. Le dragster, dans cette entreprise anthropologique, est le vecteur par excellence approprié. Qu'il compte deux, trois ou quatre roues, cet engin mécanique né avec le XXe siècle est conçu pour l'accélération et pour elle seule. Le dragster, ce sont des prises de vitesse insensées, un parcours sur piste, en ligne droite, réduit au minimum (quelques centaines de mètres tout au plus) et, pour son pilote, des sensations à la fois brutales et complexes. Brutales, car le corps du dragstériste, lors du "run", peut encaisser en quelques secondes 7 G — sept fois la charge de son propre poids — ou plus encore. Complexes, car la compétition dragstérienne vise cet objectif aussi héroïque qu'absurde, annuler le temps écoulé en ne gardant que l'espace conquis.