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Mitterrand, un homme de paroles
Guigo Pierre-Emmanuel
PU VINCENNES
10,00 €
Épuisé
EAN :9782842927271
Depuis une trentaine d'années, la communication politique s'est imposée comme un des éléments importants de la vie politique française. François Mitterrand reste encore aujourd'hui l'un des principaux modèles de communication tant pour les candidats à l'élection présidentielle que pour les présidents en exercice. Pourtant, à ses débuts, rien ne semblait acquis, le principal opposant au Général de Gaulle, bien qu'orateur de talent, avait du mal à briller à la télévision. Cet ouvrage, en s'appuyant sur des sources inédites (Archives de François Mitterrand, entretiens avec ses proches et avec des journalistes, Archives de l'Institut National de l'Audiovisuel) étudie l'adaptation de l'ancien Premier secrétaire du PS aux médias et l'utilisation qu'il en fit pour forger son image de gouvernant.
Le Premier ministre est un collaborateur. Le patron, c'est moi" , affirmait Nicolas Sarkozy au sujet de François Fillon en 2007 : c'est peu dire que les rapports entre le président et son numéro deux sont marqués, non seulement par la coopération, mais par la compétition. Jusqu'à récemment, c'est surtout le numéro un, président ou monarque, que l'histoire a retenu. Ici, c'est sur le numéro deux du passé - tantôt caricaturé comme ambitieux intrigant, tantôt rabaissé comme de servile exécutant - et sur sa relation au numéro un que le projecteur est braqué : de la figure des philoi hellénistiques, des préfets du prétoire romains, des maires du palais francs, des favoris et cardinaux-ministres modernes, jusqu'aux premiers ministres contemporains. Sous cette lumière apparaissent également toutes les rivalités à une échelle plus locale, à la tête d'une chancellerie médiévale, d'une ville d'Ancien régime ou d'un parti politique. Un entretien conclusif avec l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin montre combien la vie politique contemporaine continue de s'inscrire dans cette histoire au long cours.
Une biographie succincte et scientifiquement actualisée de François Mitterrand Seul Président à avoir occupé l'Elysée durant deux septennats au terme de cinquante ans de vie politique, François Mitterrand marque singulièrement l'histoire et la mémoire politiques françaises. Son parcours, jalonné de défaites, de victoires et de polémiques, incarne de manière paroxystique l'idée de sinuosité politique. Personnage multiple et controversé, il est tout à la fois le "Mitrand" rejeté par ses détracteurs, le "Tonton" de ses électeurs nostalgiques, celui dont les "affaires" publiques et privées ne cessent de faire couler de l'encre. Cet ouvrage de Judith Bonnin et Pierre-Emmanuel Guigo propose un résumé factuel et un état des lieux des interprétations contemporaines et historiennes. S'appuyant sur l'ouverture de nouveaux fonds d'archives et des recherches récentes, ils décodent la volonté de Mitterrand de contrôler son propre récit, contextualisent son action et les réactions contemporaines pour aller au-delà de la narration officielle comme des biais mémoriels. Ce livre propose des clés de lecture à la fois aux étudiants qui n'ont rien vécu de l'ère Mitterrand et à ceux qui ont été ses contemporains
Militant de la première heure, Pierre Mauroy est sans doute celui qui incarne le mieux la tradition socialiste telle qu'elle existe depuis la fondation de la SFIO : à la fois ouvrière et enseignante, laïque et enracinée dans les territoires. A tout juste 22 ans, il devient secrétaire national des Jeunesses socialistes ; un an plus tard, il fonde la Fédération nationale Léo-Lagrange, qui oeuvre pour une éducation populaire ; à 38 ans, désormais conseiller municipal, il est nommé secrétaire général adjoint de la SFIO ; à 43 ans, le n° 2 du nouveau parti socialiste se voit confier les clefs de la mairie de Lille, qu'il gardera jusqu'en 2001. Sa fidélité au parti et son sens du service public lui ouvrent les portes de Matignon en 1981 : aux côtés de François Mitterrand, il se veut le porte-parole de la majorité populaire, l'artisan des réformes sociales ; il sera aussi celui de la rigueur. Mais l'austérité économique n'avait de sens que liée à une véritable transformation sociale, pour cet éternel n°2 qui continue d'incarner le train de réformes inédit de 1981 : la cinquième semaine de congés payés, la retraite à 60 ans, la semaine de 39 heures, l'augmentation du SMIC et des allocations. Cette gauche de l'imagination sociale reste une source d'inspiration à l'heure où les acquis sociaux sont en voie de déconstruction.
La communication est devenue un élément indispensable de la vie politique. En s'intéressant à la personnalité de Michel Rocard, Pierre-Emmanuel Guigo démontre qu'il fut certainement l'un des premiers hommes politiques, tout particulièrement à gauche, à comprendre l'importance des médias et des sondages et à soigner sa communication dès ses débuts. Souvent, de par ses idées et son parcours, à la marge du Parti socialiste, il trouva dans la communication politique un moyen essentiel de dialogue avec une opinion publique dont le rôle devenait alors croissant. Sa communication des plus originales, s'appuyant sur tout un panel de techniques alors en gestation comme les sondages, les études marketing, le videotraining, ainsi que sur un style tranchant avec les discours de ses contemporains, fit de lui un acteur central du jeu politique des années 1970 et 1980. De simple militant, il devint l'un des candidats les plus sérieux pour l'élection présidentielle de 1981, devançant même François Mitterrand dans les sondages. Mais cette histoire est aussi celle d'un échec... La vie politique était alors bien différente, les idéologies, les partis, jouaient alors un rôle essentiel dans le choix du candidat et firent barrage à l'ascension fulgurante du tenant de la "deuxième gauche". Un échec qui nous rappelle ainsi que la communication ne fait pas tout. S'appuyant sur de nombreuses archives, sur un large panel d'interventions de Michel Rocard dans les médias, l'historien veut ici restituer une époque qui apparaît lointaine par les balbutiements et certaines erreurs - le célèbre Appel de Conflans-Sainte-Honorine est encore aujourd'hui étudié comme l'exemple à ne pas suivre dans les écoles de communication -, mais surtout si proche de nous par la modernité des techniques mises en oeuvre et par les évolutions sociales et politiques qu'elles mettent en valeur. Cet ouvrage a reçu le Prix de la Fondation Jean Jaurès, le Prix d'encouragement de l'Inathèque et le 5e Prix d'encouragement de l'Institut François Mitterrand.