Le Premier ministre est un collaborateur. Le patron, c'est moi" , affirmait Nicolas Sarkozy au sujet de François Fillon en 2007 : c'est peu dire que les rapports entre le président et son numéro deux sont marqués, non seulement par la coopération, mais par la compétition. Jusqu'à récemment, c'est surtout le numéro un, président ou monarque, que l'histoire a retenu. Ici, c'est sur le numéro deux du passé - tantôt caricaturé comme ambitieux intrigant, tantôt rabaissé comme de servile exécutant - et sur sa relation au numéro un que le projecteur est braqué : de la figure des philoi hellénistiques, des préfets du prétoire romains, des maires du palais francs, des favoris et cardinaux-ministres modernes, jusqu'aux premiers ministres contemporains. Sous cette lumière apparaissent également toutes les rivalités à une échelle plus locale, à la tête d'une chancellerie médiévale, d'une ville d'Ancien régime ou d'un parti politique. Un entretien conclusif avec l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin montre combien la vie politique contemporaine continue de s'inscrire dans cette histoire au long cours.
Militant de la première heure, Pierre Mauroy est sans doute celui qui incarne le mieux la tradition socialiste telle qu'elle existe depuis la fondation de la SFIO : à la fois ouvrière et enseignante, laïque et enracinée dans les territoires. A tout juste 22 ans, il devient secrétaire national des Jeunesses socialistes ; un an plus tard, il fonde la Fédération nationale Léo-Lagrange, qui oeuvre pour une éducation populaire ; à 38 ans, désormais conseiller municipal, il est nommé secrétaire général adjoint de la SFIO ; à 43 ans, le n° 2 du nouveau parti socialiste se voit confier les clefs de la mairie de Lille, qu'il gardera jusqu'en 2001. Sa fidélité au parti et son sens du service public lui ouvrent les portes de Matignon en 1981 : aux côtés de François Mitterrand, il se veut le porte-parole de la majorité populaire, l'artisan des réformes sociales ; il sera aussi celui de la rigueur. Mais l'austérité économique n'avait de sens que liée à une véritable transformation sociale, pour cet éternel n°2 qui continue d'incarner le train de réformes inédit de 1981 : la cinquième semaine de congés payés, la retraite à 60 ans, la semaine de 39 heures, l'augmentation du SMIC et des allocations. Cette gauche de l'imagination sociale reste une source d'inspiration à l'heure où les acquis sociaux sont en voie de déconstruction.
Guigo Pierre-Emmanuel ; Charbonneaux Juliette ; De
Cet ouvrage offre les clés pour comprendre les principales méthodes et tendances de la communication politique. Avec la médiatisation croissante de la politique et l'importance accrue du numérique, les partis, les élus et le gouvernement doivent adapter leur communication en permanence. En s'appuyant notamment sur des perspectives historiques et sémiotiques, Communication politique présente les différentes théories et analyse les stratégies de la communication politique, les campagnes électorales, le rôle des sondages et des médias ainsi que les réactions de l'opinion. Il s'agit tout autant d'analyser les formes de la communication que d'en saisir les enjeux politiques et symboliques. La communication digitale, en pleine explosion, fait l'objet d'une réflexion spécifique à travers la mise en perspective de ses enjeux et de ses caractéristiques sur le long terme. Les pratiques professionnelles sont mises en valeur ainsi que l'ouverture à l'international. Chaque chapitre est le fruit d'une réflexion pédagogique et comporte : les objectifs du chapitre ; un cours ponctué d'exemples variés : historiques, actuels, français et internationaux ; un résumé du chapitre ; une bibliographie ; une étude de cas ; des questions pour réviser le chapitre.
La biographie tout en nuances d'un politique " apolitique ". Premier ministre, plusieurs fois ministre, député, sénateur, emblématique maire de Conflans-Sainte-Honorine, Michel Rocard (1930-2016) compte parmi les personnalités les plus populaires et les plus notables de la Ve République. Marqué par sa formation à l'ENA, le protestantisme et le syndicalisme, il a toujours privilégié les dossiers, les réformes ambitieuses et les réalisations concrètes. Secrétaire national du Parti socialiste unifié de 1967 à 1973, avant de rejoindre le parti socialiste, il se passionne pour les débats d'idées et l'innovation sociale au contact d'une myriade d'intellectuels français et internationaux. La lutte interne qu'il amorce au sein du PS à partir des années 1970 contre son premier secrétaire, François Mitterrand, tourne progressivement en sa défaveur, contrariant le destin national auquel il semblait promis. Ainsi, il ne parviendra jamais à se faire élire président de la République. Dans le sillage de Pierre Mendès France, Rocard, en définitive, incarne le visage idéal de l'homme politique, mais pas sa réalité. Cette biographie, écrite à partir de sources inédites ? en particulier ses carnets personnels ? , et dans laquelle le plaisir de lecture le dispute à la rigueur de l'historien, retrace le parcours d'un homme qui, toute sa vie, délaissa les manoeuvres tactiques et d'appareil au profit d'une approche à la fois trop technique et cérébrale du politique.
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L'histoire des poches de l'Atlantique reste largement méconnue, fragmentée en de multiples récits locaux décrivant largement les combats et les combattants ou les souffrances des civils, sans analyser les enjeux politiques et militaires, sans présenter l'avant et l'après. Cet ouvrage ne prétend pas à l'exhaustivité, mais revient sur des thématiques méconnues ou des réalités souvent complexes. L'ouvrage s'organise en cinq parties : une première revient sur la constitution et l'histoire de ces fronts en distinguant deux réalités très différentes, les poches bretonnes et celles du sud-ouest.Une seconde partie s'intéresse aux enjeux de ces ports forteresses pour les belligérants, les Allemands et les Français. Les assiégés et les assiégeants sont au coeur de la troisième partie, en posant le regard sur les exemples concrets de Lorient et de Saint-Nazaire, mais également sur les combattants, les FFI, les forces françaises et les troupes de l'Est. La quatrième et la cinquième partie renouvellent l'histoire des poches en abordant des sujets originaux, la Libération et sa planification, l'épuration, la restauration de l'Etat, la reconstruction, en particulier par l'exemple de Saint-Nazaire, puis la mémoire et les commémorations.Cet ouvrage apporte une vision différente et originale de l'histoire singulière de ces poches de l'Atlantique.
Une histoire du peuple de Bretagne, de la Préhistoire à nos jours. Les histoires de Bretagne ne manquent pas... Mais celle-ci adopte un point de vue inédit : celui des paysans, des ouvriers, des marins, celui des hommes et des femmes sans histoire, sans papiers. Elle porte attention aux plus humbles, pas seulement aux puissants ; s'intéresse à la vie concrète et aux rêves qui s'y enracinent, pas seulement aux couronnements et aux batailles ; risque d'autres chronologies ; ruine quelques évidences... La crise économique de l'âge du fer, l'arrivée des Bretons en Armorique, la condition paysanne pendant la féodalité, la révolte des Bonnets rouges, la traite négrière, la Révolution et la Chouannerie, le développement du chemin de fer, l'émigration bretonne, la Grande Guerre, la Résistance, la crise du modèle agricole breton, Notre-Dame-des-Landes... Autant de moments de notre histoire examinés d'un oeil neuf. Emergent ainsi de nouvelles figures, émouvantes ou pittoresques, jusque-là noyées dans l'anonymat des siècles. Et de nouveaux sujets : manger à sa faim, lutter pour sa dignité, découvrir de nouveaux horizons, accéder au savoir, devenir citoyen... Pas de jargon, un rythme de lecture facile : cette histoire a été rédigée avec le souci de s'adresser au plus grand nombre tout en obéissant à la rigueur du métier d'historien. Ce livre a été rédigé par trois historiens et un journaliste : Alain Croix, Thierry Guidet, Gwenaël Guillaume et Didier Guyvarc'h. Ils sont les auteurs de nombreux autres ouvrages dont, chez le même éditeur, l'Histoire populaire de Nantes.
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.