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L'artiste et le philosophe
Grosos Philippe
CERF
19,00 €
Épuisé
EAN :9782204108881
Qu'ont de commun Pascal et la peinture de La Tour ? La théologie de Thomas d'Aquin et les fresques de Fra Angelico ? La philosophie de Schelling et la musique de Liszt ? La pensée de Diderot et les toiles de Fragonard, ou encore la phénoménologie de Maldiney et les sculptures de Giacometti ? Et si ?uvres d'art et ?uvres philosophiques, dans leurs façons d'être au monde, tissaient de profondes correspondances, souvent même à l'insu de leur créateur ? C'est la thèse de Philippe Grosos qui revisite ici les grandes ?uvres de la pensée humaine et les plus belles productions de l'art pour en dévoiler les liens les plus intimes et les intuitions communes. De telles correspondances, qui entendent mettre en évidence des gestes communs à l'élaboration de leurs ?uvres, supposent alors que ce que nous nommons esthétique a bien davantage à voir avec l'existence qu'avec la seule ?uvre d'art ou le jugement de goût.
A l'image de la philosophie allemande du XIXe siècle, la philosophie européenne est à cette période traversée par la question de l'identité nationale et politique à bâtir. Or c'est à cette même époque que naissent les " musiques nationales ". Qu'elles soient le fait de musiciens allemands, français, italiens, austro-hongrois, russes, polonais ou d'autres nationalités encore, c'est là l'émergence d'une puissante inspiration chez les compositeurs de ce temps : faire entendre la voix de leur peuple, les traditions de leur terre, le chant de la nation, en un mot leur musique nationale. Jusqu'où les philosophes ont-ils, à cette époque, accompagné la théorisation, par les artistes eux-mêmes, de leurs oeuvres ? Comment ce discours réflexif et ce geste créatif se sont-ils l'un l'autre croisés ? De quelle façon théorie musicale et revendications nationales et politiques ont-elles pu se rejoindre ? C'est à s'efforcer de répondre à ces questions que cet ouvrage, faisant se rencontrer historiens, musicologues et philosophes, est consacré.
Résumé : Que disent de nous les premiers essais artistiques de nos plus lointains ancêtres ? Comment l'homme a-t-il commencé de façonner l'espace et le temps avec l'art pariétal ? Serait-ce la beauté qui a engendré le monde ? Une plongée inégalée dans nos origines. Animaux et environnement dans l'art depuis le paléolithique supérieur L'expression artistique figurative est, chez l'homo sapiens que nous sommes, aussi ancienne que notre arrivée en Europe ou en Asie (40 000 ans). Or, durant presque 30 000 ans notre ancêtre a essentiellement figuré des animaux sans jamais représenter aucun élément d'environnement naturel. La prise en compte de ces deux considérations nous oblige à repenser entièrement l'évolution autant que les enjeux de ce double rapport problématique que nous entretenons à la totalité du vivant, animaux et environnement compris. Et de cela précisément, l'art, depuis 40 000 ans, est le témoin lucide.
A quelles conditions, sans subordonner l'un à l'autre, est-il possible de mettre en rapport l'art d'un cinéaste et la pensée d'un philosophe ? Est-il envisageable que leurs oeuvres respectives puissent entrer en correspondance au point de dévoiler une origine intuitivement commune ? Et si tel devait être le cas, quelle serait l'incidence d'un tel propos sur ce qu'habituellement nous nommons esthétique ? C'est à de telles interrogations que les trois études ici proposées s'efforcent de répondre, en mettant à chaque fois en évidence la question directrice qui permet de rapporter l'une à l'autre la totalité de l'oeuvre d'un cinéaste et celle d'un philosophe. Voici donc trois questions et six auteurs : Que signifie "être requis" ? (Levinas, Eastwood) ; Qu'est-ce qu'une question sociale ? (Marx, Chaplin) ; Quel est le poids de l'irréversible ? (Jankélévitch, Carné).
De Kant au dernier Schelling, la spéculation philosophique fut essentiellement liée à l'inquiétude de la question théologique. Biblique et le plus souvent chrétienne, elle obligea Fichte, Hegel, comme tous les autres penseurs, célèbres ou plus obscurs, à se poser la double question du statut et de l'enjeu de la Révélation au sein de la discursivité conceptuelle. Cette étude s'efforce de comprendre comment chacun d'eux a prétendu résoudre ce problème de l'articulation de la foi biblique au logos philosophique.
Lorsque ces Réflexions sur la peine capitale sont parues, en 1957, la guillotine fonctionnait encore en France, pour les crimes de droit commun, et plus souvent encore pour ceux liés à la guerre d'Algérie. Quand ce livre a été mis à jour pour la dernière fois, en 1979, presque vingt ans après la mort d'Albert Camus, la peine de mort était encore en vigueur en France. Moins de deux ans plus tard, Robert Badinter, nommé garde des Sceaux, fit voter l'abolition par le Parlement le 9 octobre 1981. Pour autant, le débat ne s'est pas interrompu. Il s'est déplacé et il s'est élargi, en devenant international. Si l'abolition a prévalu en Europe et gagné du terrain partout dans le monde, la peine de mort est encore appliquée dans de nombreux pays, parfois à grande échelle. Il nous a paru intéressant d'apporter au débat ces Réflexions d'Arthur Koestler et d'Albert Camus qui n'étaient plus disponibles.
Comte-Sponville André ; Delumeau Jean ; Farge Arle
La vie ne vaudrait d'être vécue, dit-on, que si elle apporte le bonheur. Mais que signifie être heureux ? Y a-t-il des recettes au bien-être ? Où se niche le bonheur ? Dans l'argent ? La réussite personnelle ? La santé ? Les plaisirs ? L'espérance d'un jour meilleur ? Est-il dans ce que nous avons ou dans ce que nous sommes ? De la pensée antique à nos frustrations modernes, en passant par l'invention du paradis, on verra avec les regards croisés du philosophe, du croyant et de l'historien, comment l'idée du bonheur a évolué au fil du temps, et combien son histoire mouvementée peut nous aider à mieux vivre aujourd'hui.André Comte-Sponville : philosophe, a publié de nombreux ouvrages sur l'éthique et la question du bonheur. Jean Delumeau : professeur honoraire au Collège de France, est spécialiste de l'histoire des mentalités religieuses. Arlette Farge : historienne et spécialiste du XVIIIe siècle.
La science manipule les choses et renonce à les habiter. Elle s'en donne des modèles internes et, opérant sur ces indices ou variables les transformations permises par leur définition, ne se confronte que de loin en loin avec le monde actuel. Elle est, elle a toujours été, cette pensée admirablement active, ingénieuse, désinvolte, ce parti pris de traiter tout être comme «objet en général», c'est-à-dire à la fois comme s'il ne nous était rien et se trouvait cependant prédestiné à nos artifices.Mais la science classique gardait le sentiment de l'opacité du monde, c'est lui qu'elle entendait rejoindre par ses constructions, voilà pourquoi elle se croyait obligée de chercher pour ses opérations un fondement transcendant ou transcendantal. Il y a aujourd'hui - non dans la science, mais dans une philosophie des sciences assez répandue - ceci de tout nouveau que la pratique constructive se prend et se donne pour autonome, et que la pensée se réduit délibérément à l'ensemble des techniques de prise ou de captation qu'elle invente. Penser, c'est essayer, opérer, transformer, sous la seule réserve d'un contrôle expérimental où n'interviennent que des phénomènes hautement «travaillés», et que nos appareils produisent plutôt qu'ils ne les enregistrent. De là toutes sortes de tentatives vagabondes. Jamais comme aujourd'hui la science n'a été sensible aux modes intellectuelles. Quand un modèle a réussi dans un ordre de problèmes, elle l'essaie partout. Notre embryologie, notre biologie sont à présent toutes pleines de gradients dont on ne voit pas au juste comment ils se distinguent de ce que les classiques appelaient ordre ou totalité, mais la question n'est pas posée, ne doit pas l'être. Le gradient est un filet qu'on jette à la mer sans savoir ce qu'il ramènera. Ou encore, c'est le maigre rameau sur lequel se feront des cristallisations imprévisibles. Cette liberté d'opération est certainement en passe de surmonter beaucoup de dilemmes vains, pourvu que de temps à autre on fasse le point, qu'on se demande pourquoi l'outil fonctionne ici, échoue ailleurs, bref que cette science fluente se comprenne elle-même, qu'elle se voie comme construction sur la base d'un monde brut ou existant et ne revendique pas pour des opérations aveugles la valeur constituante que les «concepts de la nature» pouvaient avoir dans une philosophie idéaliste.
Résumé : "Réactionnaire, disent-ils. Le moment m'a donc semblé venu de faire le point et de retracer mon parcours sans faux-fuyants ni complaisance. Il ne s'agit en aucune façon pour moi de rabattre la connaissance sur la confession et de défendre une vérité purement subjective. Je ne choisis pas, à l'heure des comptes, de me retrancher dans la forteresse imprenable de l'autobiographie. Je joue cartes sur table, je dis d'où je parle, mais je ne dis pas pour autant : "A chacun sa vision des choses". Le vrai que je cherche, encore et toujours, est le vrai du réel : son élucidation reste à mes yeux prioritaire. Cependant, comme l'a écrit Kierkegaard : "Penser est une chose, exister dans ce qu'on pense est autre chose". C'est cet "autre chose" que j'ai voulu mettre au clair en écrivant, une fois n'est pas coutume, à la première personne". Alain Finkielkraut.