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Mécanismes mentaux, mécanismes sociaux. De la psychose à la panique
Grivois Henri ; Dupuy Jean-Pierre
LA DECOUVERTE
17,53 €
Épuisé
EAN :9782707124142
Que se passe-t-il au moment où un individu se détache du groupe social pour basculer dans la folie ? Que se passe-t-il au moment ou un groupe social se désagrège et cède à la panique ? Pour tenter de répondre à ces questions, cet ouvrage collectif prend pour point de départ les recherches pionnières du docteur Grivois, chef de service de l'Hôtel-Dieu, qui essaie de saisir la psychose à sa naissance, avant la prolifération des interprétations délirantes. Le malade se pose au centre du monde, dans une singularité radicale face à la foule indifférenciée de ses semblables, et sent se déclencher en lui un tourbillon vertigineux d'automatismes mimétiques. Du fou à la foule, du mimétisme panique des phénomènes collectifs - émeutes, turbulences boursières, etc. -, il y a peut-être plus que de séduisantes analogies. C'est la pertinence de cette hypothèse que s'attachent à élucider les spécialistes réunis par Jean-Pierre Dupuy et le CREA (centre de recherche en épistémologie appliquée), puisant dans les ressources de la théorie cognitive, comme Joëlle Proust, ou dans l'anthropologie religieuse, comme Mark Anspach et René Girard. Les thèses désormais célèbres de ce dernier sur la mimésis et le mécanisme victimaire sont confrontées à la théorie de l'esprit développée par la philosophe américain Daniel Dennett ou testées à la lumière de la philosophie morale de Charles Larmore. En faisant dialoguer la philosophie et la psychiatrie, les sciences sociales et les sciences cognitives, cet ouvrage entend explorer les mécanismes sous-jacents d'une logique commune de l'esprit et du corps social. Se demander à quoi " tient " la folie ou la santé mentale, c'est aussi tenter de savoir comment le lien social fait " tenir " ensemble ce qui est censé lier.
Résumé : Depuis une dizaine d'années, la schizophrénie débutante constitue un chapitre crucial de la clinique psychiatrique. Lors d'un premier épisode psychotique, la connaissance des manifestations initiales et la mise en ?uvre précoce de soins sont susceptibles d'en transformer l'évolution. Après un bref rappel d'ordre nosographique, les auteurs abordent les aspects épidémiologiques et les principales hypothèses étiopathogéniques. Ils décrivent de façon détaillée l'entrée dans la psychose. Sans dissocier leur approche clinique de leur action thérapeutique, ils illustrent avec clarté les différentes phases de la maladie. Ils complètent leur exposé de nombreux tableaux récapitulatifs qui en facilitent la lecture. Cet ouvrage unique en son genre constitue une introduction aux multiples questions posées par la psychose naissante. Il définit la nécessité d'une stratégie thérapeutique volontariste auprès des patients et des familles. L'utilité de ce livre est immédiate. Il s'adresse avant tout aux médecins généralistes souvent consultés en première intention, mais aussi aux psychiatres et aux chercheurs. Tous ceux qui exercent une activité auprès des adolescents, et plus particulièrement les enseignants et les éducateurs, y trouveront des réponses à leurs nombreuses interrogations.
Résumé : Dans la psychose, les données cliniques montrent que dès l'apparition des premiers troubles aigus, une difficulté caractéristique se manifeste au niveau de l'attribution de la responsabilité causale des actions. Les patients se sentent poussés à agir par les autres tout en ayant aussi le sentiment de contrôler l'action d'autrui. Cette difficulté va souvent de pair chez les schizophrènes avec une modification du sentiment d'identité personnelle. Parmi les symptômes de l'autisme, on trouve des difficultés de contrôle de l'action, une réduction des centres d'intérêts, des stéréotypies comportementales et une difficulté à comprendre les événements d'ordre mental. Des résultats expérimentaux récents permettent d'orienter la réflexion théorique sur l'origine fonctionnelle commune de ces perturbations. Ils indiquent l'importance du suivi de l'action dans l'acquisition par l'enfant d'une " théorie de l'esprit ", c'est-à-dire des connaissances nécessaires à l'interprétation de ses propres états mentaux et de ceux d'autrui. Dans le cas de l'adulte, un mauvais suivi de l'action pourrait porter atteinte à la capacité de reconnaître ses propres intentions d'agir, et modifier ainsi le sens de sa propre identité. Subjectivité et conscience d'agir rassemble des travaux de clinique psychiatrique (Henri Grivois), de psychologie du développement (James Russell), de neuroscience cognitive (Marc Jeannerod, Pierre Fourneret) et de philosophie de l'esprit (John Campbell, Pascal Engel, Elisabeth Pacherie, Joëlle Proust). Le point commun est d'élucider le rôle qui revient aux fonctions exécutives dans la compréhension de soi-même et d'autrui. L'ouvrage s'adresse aux étudiants, aux enseignants et aux chercheurs en psychologie, en neuroscience et en philosophie, mais aussi aux psychiatres et aux cliniciens, ainsi qu'à tous ceux qui s'intéressent aux progrès de la psychopathologie cognitive.
Un texte haletant. Un cri d?amour et de révolte. « Tu sais, ici, en Grèce, sur le bord de la route qui court jusqu?à la mer, j?ai envie de tout te dire, et je crois bien que je vais le faire, comme une crasse, comme un crime ; alors voilà, je me lance, et peut-être qu?à force, à force de me lancer, un jour, tu m?entendras. » Avec ce long monologue adressé à un amour disparu à la suite de violences policières, Claire Griois signe un roman d?une rare intensité. Un texte à la langue ciselée et poétique, où la force du verbe et la musique des mots disent le bouleversement des sens, le désir, le manque.Notes Biographiques : Née en 1996, Claire Griois est scénariste et réalisatrice. Elle est aussi consultante, lectrice et intervenante en enseignement supérieur, dans des écoles, lycées et festivals de cinéma. Elle a notamment écrit et réalisé le court-métrage « Land », lauréat de l'Atelier Jeunes Auteurs du Festival Tous Courts d?Aix-en-Provence. « Le coeur quand il explose » est son premier roman.
Après deux siècles de psychiatrie, un siècle de psychanalyse et cinquante ans de neurobiologie, la folie - la psychose, en termes médicaux - reste un mystère planté au c?ur de l'être humain. Nous n'avons guère avancé depuis les Grecs. La psychose est universelle. Quels que soient la société, la culture ou le sexe, le premier épisode psychotique se déclare entre 15 ans et 25 ans et touche autour de 1% de la population aux quatre coins de la planète. C'est là un point fondamental. L'île, le pays lointain, le régime politique ou alimentaire qui ne connaît pas de psychotique n'a pas été découvert à ce jour et ne le sera jamais. "Je suis tout le monde, je suis vous, je suis Dieu", dit le psychotique. À ces mots, la médecine a répondu par la saignée au XIXe siècle, et par les médicaments au XXe. Chaque fois, le psychotique a été laissé à son délire, dans une profonde solitude. On ne parle pas aux fous. L'intuition géniale du docteur Grivois a été de faire parler les patients aux toutes premières heures de la psychose pour les faire accoucher du savoir qu'ils ont de leur folie. En créant les premières urgences psychiatriques à l'Hôtel-Dieu à Paris, il a pu parler aux psychotiques avant que leur délire interprétatif, commence, avant qu'ils n'essaient de trouver une explication forcément délirante à ce qui leur arrive. Par la parole, il est parvenu à enrayer la machine, à faire reculer le délire, à garder le fou dans notre monde. Le patient va pouvoir - non pas guérir, car la psychose n'est pas une maladie mais un accident anthropologique - vivre avec sa psychose, ne pas devenir un schizophrène dangereux pour lui-même et la société.
Pourquoi la question migratoire est-elle aujourd'hui réduite, en Europe, à cette notion de crise ? Dans un contexte de tensions politiques, de débats médiatiques véhiculant souvent des catégories d'analyse impropres ou erronées, l'ouvrage se propose de faire le point sur les enseignements que ladite crise a révélé en termes de nouvelles pratiques, et de logiques latentes. Les événements survenus en Méditerranée au cours de l'année 2015, communément qualifiés de " crise des migrants ", ont bien constitué le révélateur d'une crise profonde en Europe. Mais de quelle " crise " parlons-nous ? Pourquoi le fait migratoire est-il aujourd'hui le plus souvent réduit, en Europe, à cette notion ? Pour les auteur. e. s de cet ouvrage, l'utilisation de ce terme reflète avant tout le refus des Etats européens d'intégrer les dimensions contemporaine et internationale d'un phénomène qu'il est illusoire de prétendre enrayer et qui ne peut au demeurant être qualifié ni de nouveau ni d'imprévisible. Cette attitude de déni se traduit par une gestion meurtrière des frontières et le renoncement au principe de solidarité entre Etats membres qui est supposé fonder l'Union européenne. Elle met en évidence la véritable crise, celle de l'accueil. Grâce à un éclairage pluridisciplinaire, cet ouvrage se propose de faire le point sur ce que la " crise " nous apprend, en termes de nouvelles pratiques et de logiques latentes.
Becker Howard S. ; Merllié-Young Christine ; Merll
Après de nombreuses années de pratique du métier, Howard S. Becker livre, avec le style qui a fait son succès, les leçons tirées de son expérience de sociologue. Empiriques au même titre que les sciences de la nature, les sciences sociales ne progressent que par la qualité de l'articulation entre des " idées " (ou théories) et des " données ", toujours produites par des procédés de fabrication à analyser. La distinction, qui structure la profession, entre recherches " qualitatives " et " quantitatives " ne change rien à l'exigence de fournir des " preuves " solides, capables de résister au doute pour convaincre collègues et adversaires. La nécessité d'une analyse critique des données est ici démontrée à la lumière d'une gamme étendue de recherches, des plus collectives et objectivantes, comme les recensements de la population, aux plus personnelles, comme les observations ethnologiques, en passant par toutes les formes intermédiaires de la division du travail entre concepteurs des recherches et personnes chargées de la collecte des données. Cette ré? exion sur les conditions pratiques de l'observation s'adresse aussi bien aux professionnels des enquêtes, aux chercheurs en sciences sociales qu'à l'étudiant devant réaliser son premier mémoire de recherche.
La drogue est la continuation de la politique par d'autres moyens : telle est sans doute l'une des leçons les plus méconnues du IIIe Reich... Découverte au milieu des années 1930 et commercialisée sous le nom de pervitine, la méthamphétamine s'est bientôt imposée à toute la société allemande. Des étudiants aux ouvriers, des intellectuels aux dirigeants politiques et aux femmes au foyer, les petites pilules ont rapidement fait partie du quotidien, pour le plus grand bénéfice du régime : tout allait plus vite, on travaillait mieux, l'enthousiasme était de retour, un nouvel élan s'emparait de l'Allemagne. Quand la guerre a éclaté, trente-cinq millions de doses de pervitine ont été commandées pour la Wehrmacht : le Blitzkrieg fut littéralement une guerre du "speed". Mais si la drogue peut expliquer les premières victoires allemandes, elle a aussi accompagné les désastres militaires. La témérité de Rommel, l'aveuglement d'un Göring morphinomane et surtout l'entêtement de l'état-major sur le front de l'Est ont des causes moins idéologiques que chimiques. Se fondant sur des documents inédits, Norman Ohler explore cette intoxication aux conséquences mondiales. Il met notamment en lumière la relation de dépendance réciproque qui a lié le Dr Morell à son fameux "Patient A", Adolf Hitler, qu'il a artificiellement maintenu dans ses rêves de grandeur par des injections quotidiennes de stéroïdes, d'opiacés et de cocaïne. Au-delà de cette histoire, c'est toute celle du IIIe Reich que Ohler invite à relire à la lumière de ses découvertes.
Composée de plus de 1,3 milliard d'habitants, la société chinoise fascine ou effraie. Depuis 1949, elle a connu l'arrivée des communistes au pouvoir, le maoïsme, les réformes à partir de Deng Xiaoping et la reprise en main du pays dès 2013 par Xi Jinping. De manière inédite dans l'histoire du capitalisme, elle concilie un libéralisme économique d'Etat et un régime officiellement de " dictature démocratique du peuple ". Concrètement, comment la Chine en est-elle arrivée à cette modernité contrastée et quels sont les effets d'un régime autoritaire sur les différentes strates de la société chinoise ? La trame chronologique suivie dans ce livre permet d'analyser la société chinoise sous de multiples angles : éducation, travail, santé, appartenance ethnique, migrations, rapports hommes-femmes, jeunesse, religion, inégalités sociales, mouvements de contestation, questions sociales et environnementales. Les nombreux encadrés apportent des éclairages précis et des données récentes sur des aspects souvent méconnus de la société et de ses acteurs, au-delà des clichés sur la modernisation chinoise en ce début de XXIe siècle.