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LE TROUBLE DE LA REALITE. De l'ersatz à la construction
Gribinski Michel
GALLIMARD
19,35 €
Épuisé
EAN :9782070744527
L'ersatz et la construction sont des mots et des expériences ordinaires. L'ersatz a eu son heure de gloire sinistre pendant la dernière guerre, et depuis, il a repris sa place au c?ur de l'événement habituel de la vie. Est-ce vraiment cela ? Est-ce bien elle ? Y suis-je enfin ?, sont des expressions d'une quête de la réalité, que soulignent les adverbes. Elles disent que la vie et la pensée de tous les jours connaissent des leurres, qu'on invente l'être cher, que nous pouvons nous contenter d'une illusion et que même la joie de l'illusion, ou les armes, l'émotion vive, les "affects " sont trompeurs. Et le fait même de penser est, dit Freud, un ersatz. Que remplace "le penser " ? Va-t-on entrevoir l'Objet même ? Hélas, le porteur de lumière est absent. En prenant sa place sur un théâtre d'ombres, l'appareil à penser fabrique l'objet véritable. Mais penser remplace une hallucination, une activité hallucinatoire des rêves et de l'infans. Or, là-dessus aussi, l'infans se tait, tandis que son complice le rêve soliloque, un peu trop prolixe en indiscutables secrets : on ne saura pas par eux si on a gagné ou perdu au change. A moins qu'une construction... La construction aussi est une expérience de chacun. Les récits de nous-mêmes, notre histoire et son passé, l'usage que nous faisons du monde et l'image que nous voulons donner, ce que nous racontons et ce que nous croyons en silence sont des constructions. La simple écoute de qui nous parle construit ce que nous pensons entendre. La construction établit des connexions entre nos objets de substitutions, elle bâtit leur histoire avec nos dissonances. Elle accueille le grand trouble indicible de la vie, le trouble de la réalité.
Résumé : Que les femmes tendent à occuper les hautes fonctions du pouvoir, ce n'est pas nouveau. La nouveauté, c'est qu'on attend aujourd'hui quelque chose d'elles parce que ce sont des femmes. Elles porteraient, sinon le sauveur, du moins l'idée de sauveur : de là viendrait, quand il existe, le sentiment d'évidence que seule une femme pourrait, éventuellement, ce qu'elle veut. Mais une femme veut-elle quelque chose de spécifique ? Son mode de penser et les actions qui en découlent, est-ce une " chambre à soi ", ou une pure invention des discours qu'hommes et femmes tiennent sur elle ?
Résumé : La personne aimée qui s'en va ou que l'on quitte, un ami qui s'éloigne, le roman que l'on termine à regret : en écho aux séparations ordinaires de la vie, on envisage ici les séparations intérieures que la cure analytique exige du patient et du psychanalyste. Us doivent se séparer de ce à quoi ils tiennent et qui les tient : le patient - qui est plus attaché à ses liens qu'à lui-même - pour ne pas couler, comme le capitaine Achab, avec ce qui le détruit ; le psychanalyste, qui dépend de ses systèmes familiers de pensée et doit rompre avec eux pour inventer du nouveau, des mots vivants, de la vie. C'est ainsi, en se séparant d'eux-mêmes, que tous deux se rencontreront et que plus tard ils pourront se séparer l'un de l'autre, cette fois. Dans ces pages, l'auteur, psychanalyste, essaie de voir ce qui se passe en lui dans le temps des séances, et par là même d'en rendre sensible l'étrangeté jamais apprivoisée. Les situations cliniques sont toujours présentes, et elles mettent en évidence une clinique de l'analyste que l'on n'a guère l'habitude d'évoquer et qui est infiniment plus complexe et riche que le classique " contre-transfert ", si souvent réducteur. Pas plus que celles du monde extérieur, les séparations intérieures ne sont parfaites. Heureusement, pense l'auteur qui les déteste.
Portraits d?un psychanalyste ordinaire. De même qu?il n'existe un modèle unique de l?analyse, on ne peut trouver de portrait au singulier de l'analyste ordinaire. L'analyste « extraordinaire » est, quant à lui, toujours unique dans le tableau qu?en font ses adorateurs. Mais est-il encore analyste? Anna Freud rapporte une conversation avec son père sur ce sujet, dans une lettre à une amie en août 1926: « Récemment, papa et moi sommes tombés d?accord, dans une conversation, pour estimer que l?analyse n?est pas une affaire d?êtres humains, mais qu?on devrait être quelque chose de bien mieux ? je ne sais toutefois pas quoi ». Les collaborateurs du numéro 22 de la revue penser/rêver se proposent ainsi de répondre aux problématiques suivantes: Un psy ordinaire est-il un psy « sans qualités »? De quels lieux peut-on percevoir l'ordinaire? L?ordinaire psychanalytique est-il comparable à d'autres? Et la démarchefreudienne est-elle compatible avec autre chose ? une politique, une éthique, un savoir, une croyance,etc.? ? qui serait à la fois sa limite et un champ nouveau, à annexer? Comment expliciter les recommencements nécessaires, quels noms leur donner? Peut-on reconstruire une généalogie de ladémarche freudienne? Et si le « sans fin » de l?étude de Freud avait été pris pour un « sans limites »?
Résumé : Il n'est question que de ça aujourd'hui : maltraitance des enfants, mauvais traitements infligés aux femmes, femmes sous-payées, exposées aux provocations, soumises à l'intolérance ou à l'exclusion par des religions d'Etat ; privation de la liberté de circulation touchant des individus et des populations en détresse ; mais aussi mauvais coups portés à l'éducation nationale et aux idéaux républicains et peut-être à la République elle-même : de toute part, on contrevient aux articles 1, 2 et 5 de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, que condense l'article premier - sur la liberté et l'égalité en droit des hommes à leur naissance - de celle de 1789. Le racisme a droit de cité, quelle que soit l'éducation des milieux considérés, quelle que soit l'intervention en chacun d'un refoulement supposé civilisateur. Quel éclairage attendre de la psychanalyse ? La psychanalyse ne devrait-elle pas d'abord faire son propre ménage ? Qu'est-ce qu'un mauvais traitement en psychanalyse - quand on sait qu'on peut attendre un effet thérapeutique d'une interprétation inexacte (Edward Glover) ou d'une défaillance de l'analyste (Winnicott) ? Ou quand on sait que la psychanalyse rend malade (Pontalis), et qu'une certaine dose de maltraitance organise de toute façon la technique analytique, en ne répondant pas à l'amour par de l'amour, en étant apparemment indifférent à la haine ? Le psychanalyste ne se fait-il pas la part trop belle en considérant tout uniment le oui et le non de son patient, son accord et son désaccord ?
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.