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ROUE DE LA FORTUNE - LE DESTIN D'UNE FAMILLE D'USURIERS LOMB
GREILSAMMER MYRIAM
EHESS
30,50 €
Épuisé
EAN :9782713221705
Qui est Lowys Porquin et pourquoi a-t-il décidé de léguer à ses enfants son Livre de mémoires et son Testament spirituel ? Ce noble et riche prêteur lombard, émigré aux Pays-Bas, est-il au siècle l'un des précurseurs de l'écriture privée dans cette région, selon le modèle des Ricordanze de sa terre natale? Par une minutieuse déconstruction des informations livrées par ce document, Myriam Greilsammer fait tomber une à une les certitudes concernant son auteur. Elle s'interroge en particulier sur les buts de cette singulière autobiographie qui par ses dits et ses non-dits s'inscrit dans les stratégies d'intégration sociale et religieuse des marchands enrichis. Elle explique aussi pourquoi le Testament spirituel, devenu un manuel scolaire à succès, fut utilisé jusqu'au XVIe siècle à la fois par les catholiques et les réformés. La fiction et la réalité, Dieu et l'argent sont au coeur des grandes questions posées par cet essai de micro-histoire.
Résumé : Le temps est venu d'écrire la nouvelle histoire d'Israël. Une histoire nouvelle, car, depuis que les archives couvrant les années de fondation de l'Etat ont été ouvertes, le débat historiographique fait rage, avec une violence inégalée en tout autre pays. Des cénacles universitaires aux grands quotidiens, historiens et témoins disputent de questions essentielles pour l'identité nationale et l'avenir du pays : dans quelles conditions le foyer national juif - le Yichouv - s'établit-il en Palestine au XIXe siècle et au XXe siècle dans une terre déjà habitée ? Quelle fut l'attitude des dirigeants du Yichouv face au génocide des Juifs d'Europe, puis à l'égard des survivants ? Quelle fut la nature exacte de la proclamation de l'Indépendance le 15 mai 1948 : visait-elle la création d'un Etat spécifiquement juif, ou les Arabes de Palestine y avaient-ils une place ? Israël pouvait-il être juif et démocratique, laïque et moderne tout en refusant la séparation de la religion et de l'Etat ? Ce débat historiographique marque le délitement du récit national sioniste qui tenait lieu jusqu'à hier d'identité consensuelle. Han Greilsammer en restitue l'ampleur, les origines comme la portée (Première partie : Nouvelle histoire : la rupture). Mais la querelle des historiens ne s'explique pas seulement par l'ouverture des archives : celle-ci n'a fait qu'activer celle-là. Bien que les archives pour les périodes suivantes demeurent inaccessibles, les chercheurs remettent également en cause le récit des événements, de 1948 à l'assassinat de Rabin. Car ils ont tous, comme citoyens, participé à des conflits - glorieux et unanimistes comme la guerre des Six-jours, contestés et traumatisants telles la guerre au Liban ou la répression de l'Intifada. Témoins, ils posent, à partir des événements dont ils sont les contemporains et les acteurs, des questions qui reflètent les affrontements à propos de la reconnaissance de l'Autre palestinien et de l'avenir du pays. Des questions et des débats qu'Ilan Greilsammer noue dans une histoire nouvelle (Seconde Partie : les temps forts de l'Etat d'Israël : 1948-1996). En sorte que le lecteur découvre le fil qui court entre colloques d'historiens et réactions du grand public : Israël, au regard de son histoire, doit-il, peut-il être un Etat sans identité juive, un Etat comme les autres ? On l'aura compris : cet ouvrage pionnier, sans équivalent dans aucune autre langue, reconduit la crise d'identité nationale à la spécificité d'Israël : comment écrire l'histoire d'un Etat où histoire et mémoire collective se confondent, où les témoins se font historiens, où les historiens sont à la fois des chercheurs soucieux de rigueur scientifique et des citoyens en quête de la paix ?
Résumé : Un jour de 1936, l'homme au pardessus gris et aux guêtres blanches ouvre une enveloppe qu'on vient de lui remettre. Elle contient un fragment du passé. Léon Blum a-t-il été jeune ? Le corps déchiqueté de Maria, l'amour de ses vingt ans, a été trouvé dans les ruines de Madrid bombardé : une victime de la guerre civile parmi d'autres. Maria Elvira Santa Cruz de Lourdés, une jeune Espagnole aux yeux gris, ardente, incapable de concessions... C'était avant le congrès de Tours, avant la Grande Guerre, avant l'assassinat de Jean Jaurès, avant que Léon Blum ne rejoigne son destin national. Alors se fait entendre la mélodie des souvenirs, la passion intellectuelle d'une jeunesse engagée : de La Revue blanche à la Rue d'Ulm, de la classe ouvrière en gloire à la montée des fascismes, de l'idéal à la désillusion, de la fraternité à la trahison. Dans ce roman humaniste, profond, émouvant, qui montre l'arrière-plan d'une époque où la politique était un engagement, Ilan Greilsammer ne rend pas seulement la vie à un Léon Blum contradictoire, le souffle à une Maria pasionaria. Il pose une question juste : peut-on être fidèle à soi-même autant qu'aux autres ?
Qu'est-ce que peindre ? Qu'est-ce que voir ? Qu'est-ce qui fait qu'un regard est unique ? Gérard Fromanger réfléchit à haute voix sur son art et parle de la naissance de ses tableaux. Vif et percutant, il raconte aussi la face cachée de la vie de peintre. Auteur d'une oeuvre parmi les plus sensibles aux mutations sociales et esthétiques de la deuxième moitié du XXe siècle, c'est tout un pan de l'histoire artistique qui est révélé avec humour et vivacité. Dans ce livre de conversations avec Laurent Greilsamer, entrepris après la rétrospective de 2016 au Centre Pompidou, on découvre sa jeunesse, ses années de formation à Montparnasse, son compagnonnage avec Jacques Prévert, César et Giacometti, ses ruptures avec le marché de l'art, ses amitiés avec les philosophes Michel Foucault, Gilles Deleuze, Félix Guattari et Michel Onfray qui ont commenté quelques-unes de ses plus fortes séries. Cofondateur de l'Atelier populaire des Beaux-Arts de Paris en Mai 68, il évoque aussi son besoin d'engagement, ses indignations, sa passion pour la foule, thème central dans sa peinture. Sans compter son besoin cyclique de se réfugier dans la solitude de la campagne siennoise où se trouve son atelier. Un témoignage capital sur la vie d'artiste aujourd'hui.
Résumé : Certains hommes politiques français continuent de se réclamer de lui : Léon Blum, l'apôtre du socialisme, le disciple de Jaurès, est pourtant venu tard à la politique. Il fut d'abord le critique littéraire le plus remarqué de son temps. Homme de plume avant d'être un homme de tribunes et d'action, il aimait Stendhal, le cardinal de Retz, Michelet, mais aussi Gide et Proust, et il admira beaucoup Shakespeare, Tolstoï, Goethe, dont on retrouve les ?uvres à son chevet jusqu'en 1950, à la veille de sa mort. Il se maria trois fois, toute sa vie eut besoin d'une présence féminine, et la personnalité de chacune de ces femmes annonce et épouse parfaitement les grands choix de son existence : Lise, qui accueille le Paris littéraire des années 1900, Thérèse, la militante socialiste, Jeanne enfin, la compagne des mauvais jours ... De longues années de travail, les plus hautes fonctions de l'Etat, les difficultés du Front populaire, l'antisémitisme toujours renaissant, la déportation et la mort parfois atroce de ceux qu'il aimait n'entamèrent pas un optimisme viscéral et une hauteur de vues vraiment exceptionnelle. Il écrivit de Buchenwald un testament spirituel inédit à ce jour : " Non seulement je n'ai pas été gagné par la contagion des idées de représailles, non seulement je ne renie rien de mes convictions passées, mais au contraire j'y persévère avec une certitude plus entière et une foi plus ardente que jamais. J'y persévère non pas quoique, mais parce que Français, socialiste et Juif. Les conditions de la paix véritable sont restées les mêmes, aussi bien que les conditions de la Justice sociale. Elles ne sont pas à la merci de nos misères nationales ou personnelles ". Ilan Greilsammer est le premier chercheur à avoir travaillé sur les papiers personnels de Blum, emportés par les Allemands en 1940 et retrouvés récemment à Moscou.
L'Homme poursuit l'enquête engagée dans le précédent numéro : quelle est donc cette curieuse chimère à deux têtes qui orne sa couverture depuis sa fondation ? Selon Claude Lévi-Strauss, qui l'a choisie, il s'agirait d'un "dieu Tortue" de la culture pré-colombienne Coclé, en Amérique centrale. Que sait-on de cette culture et de ses productions graphiques ? A quel genre de dieu, et à quel genre de tortue, correspond ce personnage ? Et que dire de la bicéphalité joyeuse et hypnotique qui le caractérise ? Richard G. Cooke et Carlo Severi apportent quelques éclaircissements sur ces questions. Trois "Etudes & Essais" forment le coeur de ce numéro, illustrant une nouvelle fois l'ouverture épistémologique de notre revue. Camille Chamois explore à quelles conditions ethnographiques, philosophiques et psychologiques une théorie perspectiviste peut envisager la multiplicité de points de vue d'êtres différents, humains ou non humains. Abigaël Pesses nous conduit ensuite chez les Karen de Thaïlande et nous présente un curieux motif dessiné sur l'envers d'un plateau de riz, dans lequel toute une cosmologie se voit sobrement condensée afin de guider les morts sur le chemin de l'au-delà. Sophie Blanchy et Haddad Salim Djabir, pour leur part, restituent les échanges cérémoniels qui rythment et organisent les relations entre groupes de descendance sur l'île de Mohéli dans l'archipel des Comores, de même que le processus historique de la préservation de ces usages sous l'influence de riches marchands étrangers. Laurent Berger, enfin, clôt ce numéro par un nouveau commentaire critique du livre de Charles Stépanoff, Voyager dans l'invisible. Techniques chamaniques de l'imagination (La Découverte, 2019), en réexaminant la corréla¬tion entre naissance de la hiérarchie et mode de médiation reli¬gieuse. Il est ainsi question de cosmologies, dans ce numéro, et de la matière cérémonielle et picturale par laquelle une population figure - et donc rend disponible - le monde relationnel qu'elle habite et qu'elle produit.
Depuis le début des années 1990, la plupart des hôpitaux européens ont révolutionné les pratiques entourant la mort du foetus ou du nourrisson. Escamoter l'enfant mort et inciter les parents à "passer à autre chose", tel était l'usage jusqu'alors. Apprendre à "faire son deuil", telle est la règle désormais. Le deuil devient volontariste, presque appliqué. Mais le plus surprenant est sans doute l'invite systématiquement faite aux parents de regarder leur enfant mort. Internationale, cette mutation fut aussi radicale: en dix ans, une page de l'histoire de la mort enfantine a été tournée. Elle cristallise une nouvelle manière de saluer les morts rendant essentielles la matérialité et l'incarnation du souvenir. Que s'est-il passé pour que la présentation ou la représentation du corps devienne, ou redevienne, incontournable pour penser la perte? Un simple retour au passé? Fétichisation du corps et psychologisation de son usage: le corps, la chair, le donné biologique sont appelés au secours des psychés. Mais le phénomène se limite-t-il bien au cas des bébés morts? Que nous suggère-t-il de la redéfinition contemporaine des identités?