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Blum
Greilsammer Ilan
FLAMMARION
24,80 €
Épuisé
EAN :9782080670267
Certains hommes politiques français continuent de se réclamer de lui : Léon Blum, l'apôtre du socialisme, le disciple de Jaurès, est pourtant venu tard à la politique. Il fut d'abord le critique littéraire le plus remarqué de son temps. Homme de plume avant d'être un homme de tribunes et d'action, il aimait Stendhal, le cardinal de Retz, Michelet, mais aussi Gide et Proust, et il admira beaucoup Shakespeare, Tolstoï, Goethe, dont on retrouve les ?uvres à son chevet jusqu'en 1950, à la veille de sa mort. Il se maria trois fois, toute sa vie eut besoin d'une présence féminine, et la personnalité de chacune de ces femmes annonce et épouse parfaitement les grands choix de son existence : Lise, qui accueille le Paris littéraire des années 1900, Thérèse, la militante socialiste, Jeanne enfin, la compagne des mauvais jours ... De longues années de travail, les plus hautes fonctions de l'Etat, les difficultés du Front populaire, l'antisémitisme toujours renaissant, la déportation et la mort parfois atroce de ceux qu'il aimait n'entamèrent pas un optimisme viscéral et une hauteur de vues vraiment exceptionnelle. Il écrivit de Buchenwald un testament spirituel inédit à ce jour : " Non seulement je n'ai pas été gagné par la contagion des idées de représailles, non seulement je ne renie rien de mes convictions passées, mais au contraire j'y persévère avec une certitude plus entière et une foi plus ardente que jamais. J'y persévère non pas quoique, mais parce que Français, socialiste et Juif. Les conditions de la paix véritable sont restées les mêmes, aussi bien que les conditions de la Justice sociale. Elles ne sont pas à la merci de nos misères nationales ou personnelles ". Ilan Greilsammer est le premier chercheur à avoir travaillé sur les papiers personnels de Blum, emportés par les Allemands en 1940 et retrouvés récemment à Moscou.
Le modèle français de la laïcité, impliquant une séparation entre Eglise et Etat, est-il exportable ? L'histoire des relations entre religion et pouvoir politique dans l'Etat moderne d'Israël est particulièrement remarquable, comme nous le fait découvrir ce livre. L'idée même d'un Etat juif naît, à la fin du XIXe siècle, dans un contexte européen où domine l'idée de nation et où, le " positivisme " aidant, on perçoit, dans certains milieux, une désaffection grandissante à l'égard du fait religieux. Les circonstances historiques contribuent à rendre séduisante l'idée d'un Etat juif. Mais pour la majorité des rabbins, elle paraît contraire à une conception théologique de l'histoire, qui voit dans la dispersion du peuple juif un châtiment qui ne pourra être racheté que par le pardon divin. Les événements du XXe siècle feront que cette idée d'une patrie juive sera acceptée par les courants religieux, au moins pour garantir la survie des juifs, au prix d'un compromis (le statu quo) entre les dirigeants de l'Etat et le judaïsme orthodoxe.
Résumé : Le temps est venu d'écrire la nouvelle histoire d'Israël. Une histoire nouvelle, car, depuis que les archives couvrant les années de fondation de l'Etat ont été ouvertes, le débat historiographique fait rage, avec une violence inégalée en tout autre pays. Des cénacles universitaires aux grands quotidiens, historiens et témoins disputent de questions essentielles pour l'identité nationale et l'avenir du pays : dans quelles conditions le foyer national juif - le Yichouv - s'établit-il en Palestine au XIXe siècle et au XXe siècle dans une terre déjà habitée ? Quelle fut l'attitude des dirigeants du Yichouv face au génocide des Juifs d'Europe, puis à l'égard des survivants ? Quelle fut la nature exacte de la proclamation de l'Indépendance le 15 mai 1948 : visait-elle la création d'un Etat spécifiquement juif, ou les Arabes de Palestine y avaient-ils une place ? Israël pouvait-il être juif et démocratique, laïque et moderne tout en refusant la séparation de la religion et de l'Etat ? Ce débat historiographique marque le délitement du récit national sioniste qui tenait lieu jusqu'à hier d'identité consensuelle. Han Greilsammer en restitue l'ampleur, les origines comme la portée (Première partie : Nouvelle histoire : la rupture). Mais la querelle des historiens ne s'explique pas seulement par l'ouverture des archives : celle-ci n'a fait qu'activer celle-là. Bien que les archives pour les périodes suivantes demeurent inaccessibles, les chercheurs remettent également en cause le récit des événements, de 1948 à l'assassinat de Rabin. Car ils ont tous, comme citoyens, participé à des conflits - glorieux et unanimistes comme la guerre des Six-jours, contestés et traumatisants telles la guerre au Liban ou la répression de l'Intifada. Témoins, ils posent, à partir des événements dont ils sont les contemporains et les acteurs, des questions qui reflètent les affrontements à propos de la reconnaissance de l'Autre palestinien et de l'avenir du pays. Des questions et des débats qu'Ilan Greilsammer noue dans une histoire nouvelle (Seconde Partie : les temps forts de l'Etat d'Israël : 1948-1996). En sorte que le lecteur découvre le fil qui court entre colloques d'historiens et réactions du grand public : Israël, au regard de son histoire, doit-il, peut-il être un Etat sans identité juive, un Etat comme les autres ? On l'aura compris : cet ouvrage pionnier, sans équivalent dans aucune autre langue, reconduit la crise d'identité nationale à la spécificité d'Israël : comment écrire l'histoire d'un Etat où histoire et mémoire collective se confondent, où les témoins se font historiens, où les historiens sont à la fois des chercheurs soucieux de rigueur scientifique et des citoyens en quête de la paix ?
Par son histoire, Interpol inquiète. Cette Internationale des polices a en effet connu de terribles défaillances. Installée en Autriche, à Vienne, son quartier général a été véritablement aspiré par les nazis à partir de 1938 et mis au service unique des théories policières du IIIe Reich.Comment une organisation internationale a-t-elle pu en arriver là? Par quelle aberration a-t-elle accepté de déménager à Berlin et de confier ses fichiers à la Gestapo? Quelles polices ont-elles finalement voté pour l'accession à la présidence de fidèles de Hitler comme Heydrich ou Kaltenbrunner?Par sa puissance, Interpol intrigue. Blanchie après-guerre par les Alliés, elle a amassé des archives considérables sur des chefs mafieux comme Tommaso Buscetta, des terroristes comme Carlos ", des escrocs comme" Sobhraj "ou des fauteurs de crimes contre l'humanité comme l'ancien président serbe de Bosnie, Radovan Karadzic. Des millions de dossiers sur des millions de malfaiteurs. Une véritable encyclopédie du crime.Mais comment expliquer l'inertie progressive d'Interpol? Pourquoi l'organisation a-t-elle si longtemps refusé de coopérer à l'arrestation du sinistre docteur Mengele ou encore de Klaus Barbie? Etait-elle aveugle lorsqu'elle bénéficiait de subventions de la CIA et sourde aux polémiques suscitées?Par sa récente révolution stratégique, Interpol impressionne. Elle s'est muée en une messagerie électronique mondiale. A partir de sa base lyonnaise, l'organisation offre les services d'une sorte de réseau Internet réservé aux 177 pays membres. Une mémoire active à toutes épreuves. Un oeil géant.Mais jusqu'où la coopération des polices" démocratiques "et" dictatoriales "peut-elle aller? Les policiers sans frontières sont-ils indépendants par rapport à la politique de leurs gouvernements? Fallait-il vraiment pour réussir, organiser un coup d'Etat d'inspiration anglo-saxonne?Journaliste au Monde, Laurent Greilsamer est l'auteur notamment d'une biographie de Hubert Beuve-Méry, Fayard, 1990, et a écrit en collaboration avec Daniel Schneidermann, Un certain Monsieur Paul: l'Affaire Touvier, Fayard, 1989, et Les Juges parlent, Fayard, 1992."
Résumé : Un jour de 1936, l'homme au pardessus gris et aux guêtres blanches ouvre une enveloppe qu'on vient de lui remettre. Elle contient un fragment du passé. Léon Blum a-t-il été jeune ? Le corps déchiqueté de Maria, l'amour de ses vingt ans, a été trouvé dans les ruines de Madrid bombardé : une victime de la guerre civile parmi d'autres. Maria Elvira Santa Cruz de Lourdés, une jeune Espagnole aux yeux gris, ardente, incapable de concessions... C'était avant le congrès de Tours, avant la Grande Guerre, avant l'assassinat de Jean Jaurès, avant que Léon Blum ne rejoigne son destin national. Alors se fait entendre la mélodie des souvenirs, la passion intellectuelle d'une jeunesse engagée : de La Revue blanche à la Rue d'Ulm, de la classe ouvrière en gloire à la montée des fascismes, de l'idéal à la désillusion, de la fraternité à la trahison. Dans ce roman humaniste, profond, émouvant, qui montre l'arrière-plan d'une époque où la politique était un engagement, Ilan Greilsammer ne rend pas seulement la vie à un Léon Blum contradictoire, le souffle à une Maria pasionaria. Il pose une question juste : peut-on être fidèle à soi-même autant qu'aux autres ?