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Jours le jour. Chronique
Grangaud Michelle
POL
17,00 €
Épuisé
EAN :9782867444241
Je voulais écrire en prose et je n'arrivais pas à trouver une définition claire et précise de la prose. Tout ce qui n'est point vers est prose est une vérité assez bonne pour la poésie mais trop floue pour la prose. La prose est une langue commune et la langue qu'on parle tous les jours, c'est entendu, mais quand on veut l'écrire, on la gauchit, nécessairement. Ne pas la gauchir est tout simplement impossible. Où faut-il placer le gauchissement juste, quand on veut écrire la langue parlée, c'est ce qui ne m'était pas évident. J'ai beaucoup tâtonné. A force d'essayer différentes solutions j'ai fini par mettre au propre (enfin, à peu près) ce qui peut correspondre à ma conception personnelle de la prose. C'est quelque chose de très composite, avec différents mouvements qui partent dans différentes directions".
Résumé : Dans les livres, comme dans la pensée, le temps cesse d'être cette flèche qui va finir par, inéluctablement, nous épingler, il prend une forme irrégulière faite de chevauchements, d'imbrications et d'écarts imprévus - ce n'est plus la pointe lacérante et stérilisante de l'éternel présent, mais toute l'étendue d'un passé qui ne connaît pas de limites, où le fatal enchaînement des causes et des effets peut, non pas toujours mais quelquefois se renverser ; où c'est parfois la princesse de Clèves qui décrit le personnage de Mme de La Fayette, ou encore Emma Bovary qui invente Gustave Flaubert. C'est aussi, d'une certaine manière, ce qui se passe dans ce livre, écrit non par la personne dont le nom s'expose sur la page-titre, mais bien par toutes les voix, diverses et nombreuses, qui forment cet ouvrage de pure compilation et donc, pour ce motif, entièrement vrai. C'est peut-être pourquoi cette année, avec ses 367 jours, est vraiment tout à fait folle.
Dans les pays musulmans, avant l'instauration de l'état civil, les gens déclinaient leur identité de manière différente selon l'interlocuteur et la situation. De ces variations complexes un seul aspect avait fait l'objet jusqu'ici d'études savantes, l'onomastique, plus particulièrement l'étude des nombreux éléments qui composent le " nom arabe ", référent culturel prestigieux dans l'ensemble du domaine arabo-musulman. mais non exclusif. Le présent volume propose d'étendre l'enquête au plus large éventail possible de situations dans lesquelles ont été posées les questions par lesquelles on définira concrètement l'identification: qui es-tu? (interaction directe entre les personnes. à visée de reconnaissance): qui est-il/elle? (question qui implique une norme) ; qui est qui? (avec un objectif de classement et de hiérarchie). Les études historiques réunies ici visent à éclairer les situations d'identification et les réponses qui y étaient apportées, en étudiant les intervenants, leur position respective et les enjeux souvent complexes qui se dissimulaient derrière ces questions apparemment simples. C'est à ce voyage conceptuel, plutôt qu'à une histoire linéaire, qu'invite ce volume. Avant même d'être individualisées, les personnes étaient caractérisées par des marqueurs identitaires, parfois accumulés de manière redondante dans les éléments du nom, le titre, l'habillement, la gestuelle, la langue et la manière de l'utiliser, etc. Ces signes, perçus comme immuables et essentiels dans un univers où l'habit faisait le moine, étaient en fait changeants comme les enjeux qui les justifiaient, et leur sens en était affecté. L'individuation, plus ou moins poussée, était requise dans certaines situations. notamment par le droit musulman attentif à qualifier et valider les actions et les personnes. Elle se heurtait à mille limites, y compris au coeur du droit; et l'incertitude sur l'identité réelle des personnes, hantise des juristes et des juges, pouvait selon les occasions et les intérêts être vécue sans grand embarras. Pouvoirs et dominants faisaient de la prescription des identités un instrument de leur domination, en particulier aux deux extrémités de l'échelle sociale, vis-à-vis des esclaves comme des privilégiés - c'étaient parfois les mêmes. Ces prescriptions, dont une grande partie de la société pouvait s'accommoder ou les ignorer, n'avaient de toute façon pas la visée simplificatrice et unificatrice que les Etats en voie de modernisation ont développée à partir du XIXe siècle, terme chronologique de ce dossier.
Après avoir fait trois recueils de poèmes anagrammatiques, j'ai voulu passer à la prose. Je n'avais aucune idée de ce qu'était la prose, j'avais envie seulement d'écrire sans avoir à compter les lettres sur mes doigts, des choses simples, du genre, l'été on peut traverser les rues même au feu vert. Pour tout programme, j'avais envie de remplir un agenda en fabriquant un texte pour chaque jour d'une année imaginaire. Dans la pratique, j'ai trouvé que c'était horriblement difficile. Sans le guide-ligne de l'anagramme, j'étais perdue, confrontée environ tous les trois mots à un problème qui me paraissait insoluble. J'avais perdu l'usage de la phrase. J'ai compris qu'il me fallait le réapprendre, et je me suis donné un exercice, comme de rééducation : faire des phrases descriptives de geste, à raison d'un geste par phrase et d'une phrase par geste, en poussant l'exercice le plus loin possible".
Stations est mon second livre. C'est une mise en anagramme (et poèmes anagrammatiques) de tous les noms de stations du métro parisien. Pour cette raison, je l'ai prénommé Stations. Il y a là beaucoup de noms propres et en principe le nom propre est très peu propre au poème anagrammatique, à cause de sa fâcheuse tendance au repliement sur soi-même avec un exclusivisme que, pour ma part, je trouve un peu exagéré. J'ai pu opérer sur ces noms propres-là, parce qu'ils ne désignaient plus telle ou telle personne mais un lieu traversé par des foules de gens et par l'histoire. C'est pourquoi on peut croiser des personnes célèbres, dans mes anagrammes de métro".
Résumé : "J'essaie peut-être de dire une chose impossible : être où je ne suis pas, parler avec les morts, aimer une inconnue. J'essaie, penché sur l'image, de fixer le point où la fiction prend corps. Des histoires liées à la photographie, au cinéma, à des images qui hantent la mémoire ; des récits en train de s'écrire, des enquêtes en train d'être menées, des scènes en train de se filmer ; des études de cas : Antonioni, Gus Van Sant, Chris Marker, Giacometti, Stendhal, Duras¿ Au fond de toute image, de tout récit, il s'agit avant tout de saisir l'absence, d'écrire la disparition". Bertrand Schefer.
Résumé : "Un crime a été commis et c'est passionnant, on voudrait savoir qui a fait ça, qui a pris sur soi pour faire ça parce que ce n'est pas un acte banal, même pour un assassin, de tuer quelqu'un. Et dans une scène pornographique aussi, on est avide de se tenir au courant, qui fait quoi et pour quel bénéfice. Et dans un conte de fées, qui des fées, des princesses ou des animaux tire le plus de plaisir et de souffrance ? Et ma place au milieu de ça, moi, qui que je sois ? "
Résumé : Augustin aime la propreté car il se rêve ordinaire et sain. Il collectionne les slips car il rêve de caresses. Mais ses élans d'affection sont généralement mal perçus et les femmes qu'il convoite peinent à consentir. Il lui faut donc forcer un peu le destin. La morale commune lui échappe et sa vie repose sur un malentendu : il ne veut pas faire de mal, juste se faire du bien.
4e de couverture : L'espérance de vie de l'amour, c'est huit ans. Pour la haine, comptez plutôt vingt. La seule chose qui dure toujours, c'est l'enfance, quand elle s'est mal passée.