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Calendrier des poètes. Année folle I
Grangaud Michelle
POL
17,00 €
Épuisé
EAN :9782867448348
Dans les livres, comme dans la pensée, le temps cesse d'être cette flèche qui va finir par, inéluctablement, nous épingler, il prend une forme irrégulière faite de chevauchements, d'imbrications et d'écarts imprévus - ce n'est plus la pointe lacérante et stérilisante de l'éternel présent, mais toute l'étendue d'un passé qui ne connaît pas de limites, où le fatal enchaînement des causes et des effets peut, non pas toujours mais quelquefois se renverser ; où c'est parfois la princesse de Clèves qui décrit le personnage de Mme de La Fayette, ou encore Emma Bovary qui invente Gustave Flaubert. C'est aussi, d'une certaine manière, ce qui se passe dans ce livre, écrit non par la personne dont le nom s'expose sur la page-titre, mais bien par toutes les voix, diverses et nombreuses, qui forment cet ouvrage de pure compilation et donc, pour ce motif, entièrement vrai. C'est peut-être pourquoi cette année, avec ses 367 jours, est vraiment tout à fait folle.
Le sens émerge du non-sens, il est produit par le non-sens, et c'est tout de même très curieux, quand on y songe. J'ai compris que sens sans non-sens n'est que ruine de l'âme. Je suppose que je ne me fatiguerai jamais de mélanger différents sens pour regarder les effets qu'ils produisent, sensés ou pas. Tous les matins, j'arrose mes plantes en pot. C'est une occupation tranquille et amusante. Elles font des plis. Elles m'ont donné les Poèmes fondus, traductions de français en français, avec neuf propositions en introduction.
Je voulais écrire en prose et je n'arrivais pas à trouver une définition claire et précise de la prose. Tout ce qui n'est point vers est prose est une vérité assez bonne pour la poésie mais trop floue pour la prose. La prose est une langue commune et la langue qu'on parle tous les jours, c'est entendu, mais quand on veut l'écrire, on la gauchit, nécessairement. Ne pas la gauchir est tout simplement impossible. Où faut-il placer le gauchissement juste, quand on veut écrire la langue parlée, c'est ce qui ne m'était pas évident. J'ai beaucoup tâtonné. A force d'essayer différentes solutions j'ai fini par mettre au propre (enfin, à peu près) ce qui peut correspondre à ma conception personnelle de la prose. C'est quelque chose de très composite, avec différents mouvements qui partent dans différentes directions".
Un bégaiement qui se marque clairement comme artificiel pour jouer avec et sur des mots qui font dériver le sens du récit vers quelque chose de totalement improbable, qui ne provient que de la langue, que de la proximité phonétique, donc d'un arbitraire total ou quasi. Michelle Grangaud, grâce à ce mécanisme de précision du marabout de ficelle amélioré, transforme une journée en une révélation linguistique hallucinatoire. (Eric Suchère, CCP n°4)
Stations est mon second livre. C'est une mise en anagramme (et poèmes anagrammatiques) de tous les noms de stations du métro parisien. Pour cette raison, je l'ai prénommé Stations. Il y a là beaucoup de noms propres et en principe le nom propre est très peu propre au poème anagrammatique, à cause de sa fâcheuse tendance au repliement sur soi-même avec un exclusivisme que, pour ma part, je trouve un peu exagéré. J'ai pu opérer sur ces noms propres-là, parce qu'ils ne désignaient plus telle ou telle personne mais un lieu traversé par des foules de gens et par l'histoire. C'est pourquoi on peut croiser des personnes célèbres, dans mes anagrammes de métro".
Résumé : Pour Dominique Fourcade, deuil répond à la nécessité de donner un écho, sinon le plus approprié, du moins le plus à sa portée, à la mort tragique de Paul Otchakovsky-Laurens. Passées les premières heures d'un deuil dévastant, il se demande comment faire face à cette mort, comment la comprendre, et aussi comment comprendre le nouvel homme qu'il est devenu d'un coup, frappé par la foudre. Comment absorber et comment répondre.
Résumé : "J'essaie peut-être de dire une chose impossible : être où je ne suis pas, parler avec les morts, aimer une inconnue. J'essaie, penché sur l'image, de fixer le point où la fiction prend corps. Des histoires liées à la photographie, au cinéma, à des images qui hantent la mémoire ; des récits en train de s'écrire, des enquêtes en train d'être menées, des scènes en train de se filmer ; des études de cas : Antonioni, Gus Van Sant, Chris Marker, Giacometti, Stendhal, Duras¿ Au fond de toute image, de tout récit, il s'agit avant tout de saisir l'absence, d'écrire la disparition". Bertrand Schefer.
On peut tout exposer : quelques bibelots du second Empire, un recueil de photographies, un boudoir d'outre-tombe, une héroïne célèbre pour sa beauté, sa fatuité et sa fin lamentable. On peut tout exposer : une femme à la place d'une autre, la peur de son propre corps, une manière d'entrer en scène, l'ivresse de la séduction, un abandon, des objets qui rassurent, une ruine.