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Geste. Narrations
Grangaud Michelle
POL
10,80 €
Épuisé
EAN :9782867442018
Après avoir fait trois recueils de poèmes anagrammatiques, j'ai voulu passer à la prose. Je n'avais aucune idée de ce qu'était la prose, j'avais envie seulement d'écrire sans avoir à compter les lettres sur mes doigts, des choses simples, du genre, l'été on peut traverser les rues même au feu vert. Pour tout programme, j'avais envie de remplir un agenda en fabriquant un texte pour chaque jour d'une année imaginaire. Dans la pratique, j'ai trouvé que c'était horriblement difficile. Sans le guide-ligne de l'anagramme, j'étais perdue, confrontée environ tous les trois mots à un problème qui me paraissait insoluble. J'avais perdu l'usage de la phrase. J'ai compris qu'il me fallait le réapprendre, et je me suis donné un exercice, comme de rééducation : faire des phrases descriptives de geste, à raison d'un geste par phrase et d'une phrase par geste, en poussant l'exercice le plus loin possible".
Memento-Fragments est le titre de mon premier livre, il fallait bien lui donner un nom, pour le distinguer de tous les livres déjà écrits, par d'autres, sans compter ceux que j'avais l'intention d'écrire. Ceci dit, je ne tenais pas autrement à lui donner un nom. Je ne suis pas fanatique des noms qu'on appelle propres. Je leur préfère, de beaucoup, les noms communs. Une des choses que j'apprécie, avec les noms communs, c'est qu'ils permettent de fabriquer des poèmes anagrammatiques, et c'est ce que j'avais fait avec Memento-Fragments, qui est un recueil de poèmes anagrammatiques composés pour la plupart à partir de titres de livres, de tableaux, d'oeuvres musicales, ou de citations d'écrivains, que j'avais aimés". "Le poème anagrammatique a été inventé dans le cours du XX siècle, c'est le genre littéraire le plus jeune de toute l'histoire littéraire. Il se fabrique à partir d'une ligne-source, dont on répète ensuite à chaque ligne exactement toutes les lettres, en genre et en nombre, sans qu'il en manque une seule, et sans qu'une seule se trouve en trop. C'est un mode de multiplication du langage par lui-même, puisqu'à partir du matériau d'une seule ligne, on peut en fabriquer 2, 3, ou 10, ou 50 et plus aussi bien".
Les registres de l'Etat civil sont de trois types. Le premier type est intitulé N, pour Naissances, le second M, pour Mariages et le troisième D, pour Décès.Ne sont inscrits dans ces registres que les événements généraux et particuliers.Sont exclus les événements qui sont uniquement généraux et les événements qui sont uniquement particuliers, ainsi que les événements qui sont uniquement particuliers, ainsi que les événements qui ne sont ni généraux ni particuliers.
Je voulais écrire en prose et je n'arrivais pas à trouver une définition claire et précise de la prose. Tout ce qui n'est point vers est prose est une vérité assez bonne pour la poésie mais trop floue pour la prose. La prose est une langue commune et la langue qu'on parle tous les jours, c'est entendu, mais quand on veut l'écrire, on la gauchit, nécessairement. Ne pas la gauchir est tout simplement impossible. Où faut-il placer le gauchissement juste, quand on veut écrire la langue parlée, c'est ce qui ne m'était pas évident. J'ai beaucoup tâtonné. A force d'essayer différentes solutions j'ai fini par mettre au propre (enfin, à peu près) ce qui peut correspondre à ma conception personnelle de la prose. C'est quelque chose de très composite, avec différents mouvements qui partent dans différentes directions".
4e de couverture : "- Les enfants ? Quels enfants... ? C'est pas nos enfants, Bobby. C'est pas les nôtres... J'ai des enfants. Je n'en ai plus. Je veux des enfants. Je n'en veux pas. La vie de famille c'est un truc de dingue, je te jure."
On peut tout exposer : quelques bibelots du second Empire, un recueil de photographies, un boudoir d'outre-tombe, une héroïne célèbre pour sa beauté, sa fatuité et sa fin lamentable. On peut tout exposer : une femme à la place d'une autre, la peur de son propre corps, une manière d'entrer en scène, l'ivresse de la séduction, un abandon, des objets qui rassurent, une ruine.
Résumé : Bertrand Schefer, qui est aussi cinéaste, a longtemps travaillé sur le scénario d'un film dans lequel il voulait raconter l'histoire d'un cher ami d'enfance qui s'était peu à peu coupé du monde et vivait en marge de la société, errant sans domicile fixe et sans travail. Son destin hantait Bertrand Schefer et sa figure grandissait en lui avec les années, absorbant ses forces. Il vivait avec ce qui était devenu comme un double obscur, une part d'ombre qui le dévorait de remord et de culpabilité. Grâce au cinéma il espérait en finir avec ce fantôme et se libérer du passé. Le film n'a pas pu se faire, mais de cet échec est sorti un texte, ce récit d'un homme hanté par un double dont la figure et les choix de vie radicaux ont fixé à jamais l'époque de la jeunesse. Entre le temps de l'éloignement et celui du retour, le narrateur retrace sous la forme d'un rapport factuel, comme pour donner de la réalité à sa mémoire trouée, l'histoire réelle et fantasmée d'une amitié fondatrice.