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La ville imprenable. Une histoire sociale de Constantine au 18ème siècle
Grangaud Isabelle
EHESS
35,00 €
Épuisé
EAN :9782713214134
Cet ouvrage sur la ville de Constantine au XVIIIe siècle propose l'une des rares études d'histoire sociale de l'Algérie ottomane. L'enquête prend son point de départ dans l'aventure politique surprenante et énigmatique du gouverneur de cette ville, Sâlah Bey (1771-1792). Personnage mythique aujourd'hui encore, auréolé des fastes de l'époque ottomane, il devait connaître, dans des conditions confuses, une fin brutale dont les conséquences sur le destin de la cité restaient à évaluer. Pour éclairer cet événement singulier, l'auteur s'est attaché à saisir les multiples expériences et pratiques observables dans la cité de Sâlah Bey : réseaux de sociabilité, règlements des litiges - notamment par la médiation des femmes - et implications sociales de la justice, modes d'affirmation d'un pouvoir urbain " autochtone ". L'image dynamique et complexe d'une ville se dessine, dans les interactions entre individus, groupes et institutions qui en tissent la trame. Le livre d'Isabelle Grangaud met en œuvre une histoire sociale dont les sources traduisent autant de points de vue sur une réalité en mouvement. La redécouverte d'un passé partiellement occulté par l'histoire de l'Algérie contemporaine se trouve ainsi engagée.
Les registres de l'Etat civil sont de trois types. Le premier type est intitulé N, pour Naissances, le second M, pour Mariages et le troisième D, pour Décès.Ne sont inscrits dans ces registres que les événements généraux et particuliers.Sont exclus les événements qui sont uniquement généraux et les événements qui sont uniquement particuliers, ainsi que les événements qui sont uniquement particuliers, ainsi que les événements qui ne sont ni généraux ni particuliers.
Dans les pays musulmans, avant l'instauration de l'état civil, les gens déclinaient leur identité de manière différente selon l'interlocuteur et la situation. De ces variations complexes un seul aspect avait fait l'objet jusqu'ici d'études savantes, l'onomastique, plus particulièrement l'étude des nombreux éléments qui composent le " nom arabe ", référent culturel prestigieux dans l'ensemble du domaine arabo-musulman. mais non exclusif. Le présent volume propose d'étendre l'enquête au plus large éventail possible de situations dans lesquelles ont été posées les questions par lesquelles on définira concrètement l'identification: qui es-tu? (interaction directe entre les personnes. à visée de reconnaissance): qui est-il/elle? (question qui implique une norme) ; qui est qui? (avec un objectif de classement et de hiérarchie). Les études historiques réunies ici visent à éclairer les situations d'identification et les réponses qui y étaient apportées, en étudiant les intervenants, leur position respective et les enjeux souvent complexes qui se dissimulaient derrière ces questions apparemment simples. C'est à ce voyage conceptuel, plutôt qu'à une histoire linéaire, qu'invite ce volume. Avant même d'être individualisées, les personnes étaient caractérisées par des marqueurs identitaires, parfois accumulés de manière redondante dans les éléments du nom, le titre, l'habillement, la gestuelle, la langue et la manière de l'utiliser, etc. Ces signes, perçus comme immuables et essentiels dans un univers où l'habit faisait le moine, étaient en fait changeants comme les enjeux qui les justifiaient, et leur sens en était affecté. L'individuation, plus ou moins poussée, était requise dans certaines situations. notamment par le droit musulman attentif à qualifier et valider les actions et les personnes. Elle se heurtait à mille limites, y compris au coeur du droit; et l'incertitude sur l'identité réelle des personnes, hantise des juristes et des juges, pouvait selon les occasions et les intérêts être vécue sans grand embarras. Pouvoirs et dominants faisaient de la prescription des identités un instrument de leur domination, en particulier aux deux extrémités de l'échelle sociale, vis-à-vis des esclaves comme des privilégiés - c'étaient parfois les mêmes. Ces prescriptions, dont une grande partie de la société pouvait s'accommoder ou les ignorer, n'avaient de toute façon pas la visée simplificatrice et unificatrice que les Etats en voie de modernisation ont développée à partir du XIXe siècle, terme chronologique de ce dossier.
Le sens émerge du non-sens, il est produit par le non-sens, et c'est tout de même très curieux, quand on y songe. J'ai compris que sens sans non-sens n'est que ruine de l'âme. Je suppose que je ne me fatiguerai jamais de mélanger différents sens pour regarder les effets qu'ils produisent, sensés ou pas. Tous les matins, j'arrose mes plantes en pot. C'est une occupation tranquille et amusante. Elles font des plis. Elles m'ont donné les Poèmes fondus, traductions de français en français, avec neuf propositions en introduction.
Après avoir fait trois recueils de poèmes anagrammatiques, j'ai voulu passer à la prose. Je n'avais aucune idée de ce qu'était la prose, j'avais envie seulement d'écrire sans avoir à compter les lettres sur mes doigts, des choses simples, du genre, l'été on peut traverser les rues même au feu vert. Pour tout programme, j'avais envie de remplir un agenda en fabriquant un texte pour chaque jour d'une année imaginaire. Dans la pratique, j'ai trouvé que c'était horriblement difficile. Sans le guide-ligne de l'anagramme, j'étais perdue, confrontée environ tous les trois mots à un problème qui me paraissait insoluble. J'avais perdu l'usage de la phrase. J'ai compris qu'il me fallait le réapprendre, et je me suis donné un exercice, comme de rééducation : faire des phrases descriptives de geste, à raison d'un geste par phrase et d'une phrase par geste, en poussant l'exercice le plus loin possible".
Observer, participer, comprendre, décrire sont les étapes clés du travail de l'ethnographe. Elles ont donné lieu à de véritables controverses, d'autant plus intenses que s'est accru l'engagement du chercheur dans la cité. Présentant des textes récents, mais déjà classiques, L'engagement ethnographique se lit comme une anthologie de réflexions sur le travail de terrain. Enquêter, c'est s'engager dans des activités, s'impliquer dans des échanges, collecter des informations et, dans le même mouvement, transformer des savoirs et se transformer soi-même. L'expérience du terrain est ici irremplaçable: elle permet une pensée en prise sur le concret. Et contre tout dogmatisme, elle aide à trouver de nouvelles solutions à des problèmes éthiques et politiques. Du terrain aux comptes rendus de situations sociales, l'ethnographie est, plus qu'une méthode, un art de mener l'enquête. Ses pratiques ont connu de grandes transformations, à l'épreuve de la mondialisation. Elles s'enrichissent des apports de l'histoire et de l'analyse de réseaux. De territoire circonscrit, le terrain devient flux. La tâche de l'ethnographe est désormais de suivre de site en site des personnes, des capitaux, des marchandises, des techniques, des histoires, des conflits... Il se retrouve aux avant-postes de la réflexion sur la globalisation.