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L'évidence perdue. Atelier philosophique 1
Gramont Jérôme de
HERMANN
28,15 €
Épuisé
EAN :9791037022653
Un rêve de présence (du côté de l'être) et d'évidence (du côté de la pensée) traverse l'histoire de la philosophie, et pourtant il ne cesse d'être mis à mal. Plutôt que d'écrire à vive allure cette histoire d'un déclin, de la manifestation de l'être à la lumière des dieux (Prologue grec) jusqu'au constat d'une perte du monde-vrai (Epilogue nietzschéen), le présent recueil s'arrête sur quelques figures, livrant ainsi quelques exemples du travail de la pensée pour retenir ce qui commence de se perdre : Platon et la pensée du monde (la pensée comme combat pour être et monde), Kant et la pensée du sujet (d'un sujet placé dans une situation critique mais dont les tâches, théoriques et pratiques, demeurent), Kierkegaard et la pensée de Dieu (pour qu'une existence née au loin de Dieu puisse enfin se tenir devant lui). Ces études voudraient montrer que, même chassée de l'évidence de la présence, la philosophie trouve son élan moins dans la nostalgie que dans la promesse d'un recommencement.
Résumé : " Fonder " : ce verbe va comme un gant à Philippe Capelle-Dumont, le " penseur de l'esperluette " (J. Grondin), auquel ce volume, issu d'un Colloque dirigé par Jérôme de Gramont, rend hommage. Il ne s'agit pas seulement d'honorer les nombreuses initiatives intellectuelles, éditoriales et institutionnelles qui jalonnent son itinéraire, à commencer par la fondation de la collection Philosophie & Théologie qui, au fi l des ans, est devenu l'un des fleurons de la littérature universitaire francophone, interrogeant à nouveaux frais le double héritage formé par la tradition philosophique et les théologies issues de la foi en un Dieu révélé. Les contributions de l'ouvrage n'éclairent pas seulement sous un jour nouveau les réflexions stimulantes de Philippe Capelle-Dumont sur le " génie intellectuel du christianisme ". Elles attirent également l'attention sur le tigre dans le moteur de cet infatigable travailleur intellectuel, à savoir ce qu'une trilogie, actuellement en cours de rédaction, désigne sous le beau vocable novateur de " Principe Alliance ". " Principe " et " Alliance " : paradoxe délibéré où s'entrelacent deux notions semblant appartenir à deux ordres de pensée différents, dans l'espoir d'y découvrir une nouvelle figure de la sagesse.
A cette tâche : narrer la vie, ou le pathos, le penseur n'est pas moins voué que le poète - tenu d'inventer un discours de la vie qui soit fidèle à sa perpétuelle invention, tenu de déplacer les frontières du possible et de l'impossible pour qu'un logos puisse désormais décrire cette expérience première, celle du monde de la vie. La phénoménologie peut bien sembler affaire " presque impossible " lorsqu'elle s'affronte à cet absolument premier, et qu'elle doit dire à force de mots ce qui par définition devance tous les mots : l'expérience première de la vie, le pathos avant le logos - la vocation du penseur n'en est pas moins de parler, ou d'écrire, au moment même où les ressources du langage lui font apparemment défaut. Qu'une phénoménologie de la vie puisse se constituer effectivement en récit, nous en donnons ici quelques exemples - trois exactement : le mythe (Platon), le discours édifiant (Kierkegaard) et la pensée poétique du Zarathoustra (Nietzsche). La pensée chaque fois y invente un discours qui déplace les possibilités et impossibilités du dire pour accéder à la vie.
Le commencement a déjà eu lieu, et pourtant il est encore à venir, signe que le commencement véritable, de qui dépend ensuite le cours entier de notre existence, et son sens, a été manqué. Ce que nous appelons sens tient dans cette direction qui tourne, ou retourne, l'existence vers ce commencement à venir, pour aller de l'impoétique vers le poétique, de la souffrance vers la joie, ou de la mort future vers la vie sans cesse recommencée. A la littérature de décrire alors le pluriel des possibles que nous pouvons éprouver, à la philosophie de montrer leur dissymétrie ou la promesse de leur dissymétrie, et à la théologie de justifier cette promesse et dire au nom de qui nous allons vers notre naissance. La philosophie qui est à faire, c'est celle de Lazare.
Mobiles, interactifs, capables de communiquer, les robots peuvent-ils pour autant "penser" ou prendre des décisions à la place des humains ? Faut-il les considérer comme des agents moraux ayant une "autonomie" ou leur donner un statut juridique particulier ? Qui est alors responsable de leurs actions - le concepteur informaticien, le fabricant industriel, l'usager consommateur ? Pour quelles finalités tous ces robots sont-ils conçus ? Depuis peu, le public a découvert comment des robots pouvaient remplacer l'être humain dans un nombre croissant d'activités économiques, sociales et politiques. Les robots-drones sont utilisés dans les conflits armés ou encore dans des contextes non armés pour la surveillance ou l'assassinat ciblé. Des robots aux formes androïdes ont fait leur apparition dans le domaine de la santé et du bien-être. Dans les hôpitaux, des robots opèrent sous la direction du chirurgien, d'autres robots aux formes animales deviennent des "compagnons" pour les personnes âgées. Dans des écoles, des robots sont utilisés par des enseignants pour l'apprentissage des langues ou des matières scientifiques. Dans des maisons, des robots de service aspirent la poussière des tapis tandis que des jouets-robots s'occupent des enfants. Dans le domaine de l'agriculture, des robots traient les vaches et nettoient l'étable. Dans les usines, les robots accélèrent la productivité et l'efficacité de la production industrielle. Tous ces robots qui remplacent les êtres humains dans des tâches devenues "robotisables" font-ils de notre société "une société robotisée" ? Tant par la réflexion théorique qu'à l'aide d'exemples précis, cet ouvrage multidisciplinaire examine comment les robots modifient la qualité de nos relations humaines, en quoi ils transforment certaines valeurs fondamentales comme la liberté et l'égalité, ou encore de quelle façon ils entraînent des changements sociaux et culturels, par exemple dans nos relations aux animaux ou à l'environnement.
Malgré des avancées politiques et juridiques en faveur de l'égalité, la progression et la rétention des femmes dans les secteurs traditionnellement masculins demeurent inégales. Comment expliquer les écarts de progression de carrière des femmes dans ces milieux ? Dans les trajectoires de carrière, quels sont les enjeux qui peuvent expliquer la progression ou non des femmes ? Quelles sont les pratiques organisationnelles porteuses de changement ? Ce livre présente les résultats d'une recherche multidisciplinaire réalisée sur le terrain auprès d'organisations de divers secteurs. Dépassant l'étude des trajectoires individuelles, cette recherche permet de découvrir les dimensions contextuelles et culturelles des organisations qui influencent les parcours de carrière des femmes et la rétention en emploi. Loin de présenter une recette miracle ou un modèle unique pour corriger les situations inégalitaires au travail, la démarche proposée repose sur un processus dynamique et transformatif visant à répertorier au sein des organisations et de leur écosystème les éléments favorables à une meilleure inclusion des femmes dans différentes professions.
En quelques décennies, le jeu vidéo est devenu l'une des pratiques culturelles les plus prisées des adolescents. Sources de problèmes et d'inquiétudes pour les uns, simple loisir pour les autres, les pratiques vidéoludiques sont souvent l'objet de critiques et la cible de nombreux stéréotypes, malgré leur grande popularité. A partir d'enquêtes de terrain, cet ouvrage propose de déconstruire les présupposés sur le jeu vidéo afin de mieux comprendre sa relation avec ces adeptes singuliers que sont les adolescents et, depuis plusieurs années déjà, les adolescentes. De leur rôle dans la construction identitaire de jeunes joueurs aux représentations de l'adolescence dans les scénarios qu'ils proposent, les jeux vidéo révèlent alors leur complexité à la lumière des regards sociologiques et anthropologiques.
Cénat Jude Mary ; Cyrulnik Boris ; Dérivois Daniel
Même si, avec plus de 200 000 morts et des dizaines de milliers de blessés, le séisme du 12 janvier 2010 a déjà suscité nombre de réflexions sur l'histoire et la population haïtiennes, on a rarement l'occasion de lire des témoignages aussi poignants ainsi qu'une fine analyse des traumatismes et de la résilience des survivants. Tout le monde s'en souvient : isolés, sans abri, sans nourriture, débordés par la dévastation et dans l'attente des secours, les insulaires ont vécu parmi les morts et avec les morts pendant de nombreuses semaines. Ces témoignages de survivants nous font précisément entrer dans cet enfer, dans le récit d'une souffrance insupportable, mais qui refuse toute attitude condescendante. Par-delà blessures et amputations, le dialogue avec l'auteur laisse lentement apparaître les voies salutaires de la résilience, une sortie proprement humaine vers la vie, comme une renaissance que donne en partage le peuple haïtien à l'humanité entière. Cela nous donne un ouvrage touchant, rigoureux et engagé. Un ouvrage édifiant.