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Chroniques sarrasines
Goytisolo Juan
FAYARD
15,25 €
Épuisé
EAN :9782213014081
Les mythes s'accumulent comme des couches géologiques au-dessus des éléments qui les engendrent, et la tâche de l'historien devient aussi aléatoire que celle de l'archéologue : mettre au jour les vestiges des faits, tenter de les assembler, retrouver leurs bases et leurs fondations, élaborer une théorie plausible qui détermine les différentes phases de leur transformation. Et même dans les cas heureux où les excavations livrent quelques vestiges, la preuve matérielle de leur genèse ne vient pas à bout du mythe. Celui-ci continue de vivre indépendamment de l'événement qui l'a motivé, mû par une dynamique propre. Comme ces statues de déesses païennes qui, converties postérieurement en madones, continuent à faire des miracles même après que leur origine païenne a été révélée, les fables historiques survivent aux preuves et aux raisonnements qui réfutent leurs prétentions et nient leur authenticité. Les mythes ancrés dans la conscience culturelle et sociale d'un pays ont la peau dure. " J. G. Né à Barcelone dans une famille qui sera profondément marquée par la guerre civile espagnole, Juan Goytisolo se consacre très jeune à la littérature. En 1957, il quitte l'Espagne pour s'établir à Paris et dès 1963 son oeuvre est interdite dans son pays par la censure franquiste jusqu'à la mort du dictateur. Il a enseigné pendant quelques années dans les universités de Californie, Boston et New York. Actuellement, il partage sa vie entre Paris et Marrakech. Parmi ses livres publiés en France figurent les romans Pièces d'Identité, Don Julian, Juan sans Terre, Makbara, Paysages après la bataille.
Après Chasse gardée, son premier texte autobiographique, Juan Goytisolo retrace dans Les Royaumes déchirés le chemin parcouru depuis la fin des années 50. Du militantisme antifranquiste aux côtés des communistes espagnols à la vie littéraire parisienne, de l'aventure de la révolution cubaine à la création d'une revue ouverte aux intellectuels de langue espagnole, les illusions s'effondrent et Goytisolo va de rupture en rupture ; il ne perd pas pour autant le sens de l'humour ni ne renonce à la quête d'une véritable authenticité morale. Ce parcours, de plus en plus solitaire, est jalonné de trois repères : la rencontre avec Genet, dont le portrait est l'un des temps forts du livre, la relation avec Monique Lange, parfois difficile mais toujours ouverte, inventive, généreuse, et la reconnaissance de l'homosexualité à l'occasion d'une rencontre fortuite dans le quartier de la Goutte d'Or. Désaffection, dessaisissement, détachement, dépouillement et, en corollaire, purification. Les Royaumes déchirés ne sont pas le récit d'une déroute mais celui d'une conquête. La douloureuse traversée des apparences débouche pour Juan Goytisolo sur la liberté qui lui permet de se retrouver à travers l'appropriation jubilante de son territoire de poète. Le dernier chapitre n'appartient déjà plus à l'autobiographie : c'est l'ouverture sur l'univers poétique qui n'a, depuis, cessé de se déployer dans Don Julian, Juan sans Terre, Makbara et Paysages après la bataille.
Résumé : Réunis dans un jardin d'un pays chaud, les membres d'un Cercle de lecteurs tentent de reconstituer l'histoire d'un poète espagnol, républicain et homosexuel, interné dans un asile psychiatrique à Melilla en juillet 1936. À la suite des bouleversements causés par le Soulèvement franquiste, le destin de ce poète s'est scindé de manière énigmatique : d'après certains, il se serait évadé avec l'aide d'un soldat marocain et aurait ensuite vécu caché dans une ville du Protectorat français - Casablanca, Tanger ou Marrakech. Selon une autre version, il serait resté en Espagne, dans un centre de rééducation fasciste, et serait devenu un poète à la solde de la Phalange. Pendant trois semaines, le Cercle de lecteurs va s'efforcer de reconstituer les péripéties de la vie d'Eusebio, ou Eugenio, ou Eugène. L'histoire de ce poète est relatée à partir d'une multiplicité de perspectives, celles de ces vingt-huit voix -journalistes, avocats, cinéphiles, sociologues, universitaires, arabisants - qui, avec leurs manies et leurs styles, finissent par élaborer un récit qui est plus qu'un simple portrait ou qu'une identification : la vitalité expressive du roman ne s'attache pas seulement à faire revivre un spectre, elle suscite l'apparition de ce que le cinéaste Luis Buñuel appela le " fantôme de la Liberté ".
Enfermé dans son refuge parisien du Sentier, un personnage solitaire, qui entretiendra tout au long du récit d'étranges relations affectives avec son invisible épouse, mêle ses inquiétudes politiques _ qui passent par des contacts avec de mystérieuses organisations terroristes étrangères _ et ses prévisions de catastrophes écologiques avec ses fantasmes sexuels proches du monde enfantin d'Alice au pays des merveilles. Son excentricité est peut-être une défense contre la normalisation de notre époque. Doublement exilé, de son pays et de son temps, il ne se reconnaît que dans la dispersion : ses idées, pulsions et sentiments l'entraînent sur des chemins divers, sans lien avec son passé aboli, incertain. Le jeu des rapports existant entre le copiste-héros et le narrateur, compliqué par l'intervention d'un homonyme collaborant à différents journaux, pose d'une manière originale le problème de la paternité du texte et de sa connivence avec le lecteur qui le recrée. Conçu comme un puzzle dont les morceaux se mettent en place à mesure que le roman se constitue, Paysages après la bataille nous incite aussi à une lecture arabe : de gauche à droite, d'une prétendue fin à un soi-disant début, en partant de la genèse de son écriture pour aboutir à la monstrueuse hécatombe imaginée par le narrateur-héros. Né à Barcelone dans une famille qui sera profondément marquée par la guerre civile espagnole, Juan Goytisolo se consacre très jeune à la littérature. En 1957, il quitte l'Espagne pour s'établir à Paris et dès 1963 son oeuvre est interdite dans son pays par la censure franquiste jusqu'à la mort du dictateur. Il a enseigné pendant quelques années dans les universités de Californie, Boston et New York. Actuellement, il partage sa vie entre Paris et Marrakech. Parmi ses livres publiés en France figurent les romans Pièces d'identité, Don Julian, Juan sans Terre, Makbara et le livre d'essais Chroniques sarrasines.
Résumé : Du haut du mirador de Tanger, un personnage sans identité parle, rêve, délire en regardant, par-delà le détroit, les côtes espagnoles. Pendant sa lente promenade à travers Tanger, il s'identifie au traître comte Julian, gouverneur de la place, qui perdit son pays et son roi en ouvrant les portes de la péninsule aux envahisseurs arabes. Ce récit est une longue et méthodique agression, imprécation onirique, voire schizophrénique lancée contre toutes les "valeurs" de la tradition espagnole. Il a été salué par la critique comme l'une des oeuvres les plus significatives et les plus denses du domaine espagnol contemporain.
Résumé : Il est grand temps de ne plus opposer les traitements conventionnels aux traitements à base de plantes, mais trouver la bonne harmonie entre les deux. Faire confiance au pouvoir thérapeutique de la nature vous permet de réduire l'option médicaments, dont les limites sont reconnues aujourd'hui. Si nos ancêtres, du paléo au XIXe siècle, choisissaient les plantes à partir d'un savoir empirique, les dernières analyses scientifiques ouvrent de nouvelles perspectives fascinantes pour soigner vos troubles ou vos maladies. Véritable guide pratique de la décroissance médicamenteuse, ce livre vous donne toutes les clés pour utiliser les plantes de manière rationnelle pour vous soigner et vous nourrir.
Le nouveau monde de l'oncle Henry La fin de la guerre froide semblait déboucher sur un monde simplifié: au centre, une Amérique victorieuse et sans rivale, seule superpuissance capable de dicter son ordre mondial et de diffuser partout son mode de vie et ses valeurs. La magistrale leçon d'histoire et de diplomatie d'Henry Kissinger détruit cette illusion: l'Amérique, prévient celui qui a inspiré pendant près de dix ans sa politique étrangère, va devoir réformer profondément sa vision du monde et ses méthodes d'action, sous peine de se réfugier à nouveau dans un isolationnisme aussi dangereux qu'illusoire. Il lui faudra évoluer dans un système complexe d'équilibre des forces, une notion avec laquelle elle est justement en "délicatesse". Cette révision déchirante concerne d'abord le rêve américain de sécurité collective: incarné pendant près d'un siècle par Woodrow Wilson, l'architecte de la paix de Versailles, il se nourrit de grands principes (l'autodétermination), de volonté de coopération, de partage des valeurs (américaines) et du respect du droit international. Cette doctrine prenait le contre-pied d'une conception européenne qui avait dominé les affaires internationales pendant près de trois siècles avant de s'effondrer. Richelieu, Metternich et Bismarck avaient inventé les concepts d'Etat-nation et de souveraineté, dans un équilibre où chacun, toujours prêt au conflit, se déterminait selon son intérêt national et sa marge de manoeuvre. Or la doctrine wilsonienne n'est plus pertinente, et le nouvel ordre "ressemblera davantage aux systèmes étatiques des xviiie et xixe siècles qu'aux schémas rigides de la guerre froide". Il comprendra cinq ou six grandes puissances - les États-Unis, la Chine, la Russie, le Japon, l'Europe (si elle est unie) et peut-être l'Inde -, entre lesquelles s'établira un jeu mouvant. Et l'ancien conseiller des princes conclut sa grande fresque en suggérant à Bill Clinton de s'intéresser "au style de Bismarck". Les solutions les plus inventives, affirme-t-il, consisteront à "construire des structures mixtes, en chevauchement", fondées sur des principes, des préoccupations de sécurité, ou des intérêts économiques communs. Mais le rodage de ce système, dit-il, "prendra sans doute plusieurs décennies"... --Vincent Giret--
Résumé : C'était une ville étrange qui, pareille à une créature préhistorique, paraissait avoir surgi brusquement dans la vallée par une nuit d'hiver pour escalader avec peine le flanc de la montagne. Tout, dans cette ville, était ancien et de pierre, depuis les rues et les fontaines jusqu'aux toits des grandes maisons séculaires, couverts de plaques de pierre grise semblables à de gigantesques écailles. On avait de la peine à croire que sous cette puissante carapace subsistait et se reproduisait la chair tendre de la vie. Oui, c'était une ville tout ce qu'il y avait d'étrange. Quand on marchait dans la rue, on pouvait par endroits, en étendant un peu le bras, accrocher son chapeau à la pointe d'un minaret. Bien des choses y étaient singulières et beaucoup semblaient appartenir au royaume des songes. Préservant à grand mal la vie humaine dans ses membres et sous sa carapace de pierre, elle ne lui en causait pas moins bien des peines, des écorchures et des plaies, mais quoi de plus naturel, puisque c'était une ville de pierre et que son contact était rugueux et glacial. Non, ce n'était pas facile d'être enfant dans cette ville-là.
La maladie a-t-elle un sens? Voilà une question qui nous concerne tous. Pourtant la médecine ne se la pose plus. Elle soigne en effet le corps sans se soucier de l'intégralité de la personne humaine. Et, privilégiant la compréhension des détails, elle oublie les liens qui unissent les patients au monde dans lequel ils vivent. Tombons-nous malades comme par fatalité, ou bien la maladie est-elle le moyen pour notre corps de trouver, face à des situations perturbantes, un nouvel équilibre? Nos pathologies naissent-elles de causes extérieures à nous ou, au contraire, sont-elles le symptôme d'un malaise plus profond? Thierry Janssen se confronte à ces questions avec une audace remarquable. S'appuyant sur les découvertes scientifiques les plus récentes, il retrace l'histoire de la médecine psychosomatique - véritable donneuse de sens dont il analyse les apports mais aussi les dérives. Et, comparant les théories modernes avec les croyances de peuples traditionnels comme les Aborigènes, les Douala ou les Navajo, il nous montre que, face à la souffrance, nous avons le choix d'explorer plusieurs sens. "Sens biologique" défini par la science, ou "sens symbolique" exprimé par les malades? À travers le témoignage de nombreux patients, nous découvrons, en plus, le "sens collectif" de nos maux. Celui-ci fait appel à notre responsabilité afin de prévenir les pathologies au lieu de les guérir. Ainsi, tout au long de ce livre, Thierry Janssen nous invite à renouer avec des principes de bonne santé qui sont de précieux outils au service de la vie. Et sa réflexion, aussi brillante que passionnante, annonce une autre manière de penser la médecine. Biographie de l'auteur Chirurgien devenu psychothérapeute, Thierry Janssen enseigne les principes d "une" médecine humaniste et responsable "aux professionnels de la santé, dans divers hôpitaux et facultés de médecine. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont La Solution intérieure: vers une nouvelle médecine du corps et de l'esprit, publié en 2006 chez Fayard et considéré comme une référence incontournable."