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Paysages après la bataille
Goytisolo Juan
FAYARD
23,45 €
Épuisé
EAN :9782213014050
Enfermé dans son refuge parisien du Sentier, un personnage solitaire, qui entretiendra tout au long du récit d'étranges relations affectives avec son invisible épouse, mêle ses inquiétudes politiques _ qui passent par des contacts avec de mystérieuses organisations terroristes étrangères _ et ses prévisions de catastrophes écologiques avec ses fantasmes sexuels proches du monde enfantin d'Alice au pays des merveilles. Son excentricité est peut-être une défense contre la normalisation de notre époque. Doublement exilé, de son pays et de son temps, il ne se reconnaît que dans la dispersion : ses idées, pulsions et sentiments l'entraînent sur des chemins divers, sans lien avec son passé aboli, incertain. Le jeu des rapports existant entre le copiste-héros et le narrateur, compliqué par l'intervention d'un homonyme collaborant à différents journaux, pose d'une manière originale le problème de la paternité du texte et de sa connivence avec le lecteur qui le recrée. Conçu comme un puzzle dont les morceaux se mettent en place à mesure que le roman se constitue, Paysages après la bataille nous incite aussi à une lecture arabe : de gauche à droite, d'une prétendue fin à un soi-disant début, en partant de la genèse de son écriture pour aboutir à la monstrueuse hécatombe imaginée par le narrateur-héros. Né à Barcelone dans une famille qui sera profondément marquée par la guerre civile espagnole, Juan Goytisolo se consacre très jeune à la littérature. En 1957, il quitte l'Espagne pour s'établir à Paris et dès 1963 son oeuvre est interdite dans son pays par la censure franquiste jusqu'à la mort du dictateur. Il a enseigné pendant quelques années dans les universités de Californie, Boston et New York. Actuellement, il partage sa vie entre Paris et Marrakech. Parmi ses livres publiés en France figurent les romans Pièces d'identité, Don Julian, Juan sans Terre, Makbara et le livre d'essais Chroniques sarrasines.
Les derniers jours de la guerre civile, en Catalogne, un combattant de l'armée républicaine, Martin Eloségui, a déserté. Caché dans une grotte, il attend l' arrivée des troupes de Franco. L'arrière-garde vient de faire sauter un pont, et le déserteur se trouve un moment dans le no man's land. Soudain, de sa cachette, il entend le bruit d'une dispute, des pas précipités qui fuient vers le bois. Sortant de la grotte, il trouve étendu le cadavre d'un enfant de douze ans, Abel Sorzano, dont les parents sont morts pendant la guerre et qui vivait réfugié chez une vieille tante, dans la maison nommée "Le Paradis". Martin Eloségui n'a pas besoin de longues recherches pour découvrir les auteurs du crime. Ce sont d'autres enfants, réfugiés dans une école voisine. Copiant d'une façon dramatique les adultes qu'ils ont eu le temps d'observer, et obéissant aux consignes de la radio, ils ont assassiné le petit Abel dont ils suspectaient la loyauté. Tel est l'argument de ce livre cruel et poétique à la fois, retable vivant où s'inscrit l'histoire de trois générations espagnoles : la génération de dona Estànislaa et des autres habitants du Paradis, évadée dans les rêveries d'une grandeur passée ; celle des combattants de la guerre civile, Eloségui et son amie Dora, brisée par la lutte fratricide ; celle d'Abel et des enfants de l'école, qui parodie tragiquement la génération de leurs parents, faisant éclater l'absurdité du conflit. Ecrit à vingt-trois ans par l'auteur de Jeux de mains, roman qui a obtenu le succès que l'on sait en Espagne, puis en France et en Amérique, faisant connaître l'existence de la jeune littérature espagnole, Deuil au Paradis a été salué par la critique comme le roman le plus significatif de l'Espagne déchirée de l'après-guerre.
Résumé : " Installé à Paris confortablement installé à Paris ayant vécu plus longtemps en France qu'en Espagne suivant davantage les coutumes françaises que les espagnoles y compris le concubinage classique avec la fille d'une personnalité de l'exil résident habituel de la Ville Lumière et visiteur intermittent de sa patrie afin de fournir un témoignage parisien de la vie espagnole susceptible d'épater le bourgeois [...]".
Chasse gardée, premier texte autobiographique de Juan Goytisolo, nous mène d'une enfance assombrie par la guerre civile jusqu'à la révolte de l'adolescent contre son milieu, la bourgeoisie de Barcelone, franquiste et sclérosée, dont l'auteur ne se libère que dans ses échappées vers le sud désertique et brûlé de l'Espagne, puis en s'exilant à Paris. Avec la même intransigeance vigilante, Goytisolo s'en prend à un pays, à une époque et à lui-même. Mais cette quête rétrospective d'une identité et d'une patrie, loin de se cantonner dans les règles du genre, se fait au hasard de fulgurations intenses, ruptures, hors-textes qui ponctuent l'itinéraire chronologique et fondent la véritable dimension temporelle et poétique du livre. Incursions lucides et déchirées dans les méandres de la mémoire, où se révèlent les exigences éthiques de la conscience, inséparables des tensions expressives du langage. Avec Chasse gardée, qui inaugure une géographie personnelle jamais explorée, Juan Goytisolo donne à la littérature espagnole, comme à la littérature européenne, une oeuvre majeure. Juan Goytisolo, dont l'oeuvre fut interdite dans son pays par la censure franquiste dès 1963 et jusqu'à la mort du dictateur, vit à Paris depuis 1957. Il a obtenu, en 1985, le prix Europalia pour l'ensemble de son oeuvre. Parmi ses livres publiés en France figurent les romans Pièces d'identité, Don Julian, Juan sans Terre, Makbara, Paysages après la bataille, et le recueil d'essais Chroniques sarrasines.
Après Chasse gardée, son premier texte autobiographique, Juan Goytisolo retrace dans Les Royaumes déchirés le chemin parcouru depuis la fin des années 50. Du militantisme antifranquiste aux côtés des communistes espagnols à la vie littéraire parisienne, de l'aventure de la révolution cubaine à la création d'une revue ouverte aux intellectuels de langue espagnole, les illusions s'effondrent et Goytisolo va de rupture en rupture ; il ne perd pas pour autant le sens de l'humour ni ne renonce à la quête d'une véritable authenticité morale. Ce parcours, de plus en plus solitaire, est jalonné de trois repères : la rencontre avec Genet, dont le portrait est l'un des temps forts du livre, la relation avec Monique Lange, parfois difficile mais toujours ouverte, inventive, généreuse, et la reconnaissance de l'homosexualité à l'occasion d'une rencontre fortuite dans le quartier de la Goutte d'Or. Désaffection, dessaisissement, détachement, dépouillement et, en corollaire, purification. Les Royaumes déchirés ne sont pas le récit d'une déroute mais celui d'une conquête. La douloureuse traversée des apparences débouche pour Juan Goytisolo sur la liberté qui lui permet de se retrouver à travers l'appropriation jubilante de son territoire de poète. Le dernier chapitre n'appartient déjà plus à l'autobiographie : c'est l'ouverture sur l'univers poétique qui n'a, depuis, cessé de se déployer dans Don Julian, Juan sans Terre, Makbara et Paysages après la bataille.
Josy Eisenberg est rabbin et anime "A bible ouverte" et "La source de vie" sur France 2. Il a notamment publié Le Judaïsme pour les nuls (First, 2009). Adin Steinsaltz, rabbin et mathématicien, a reçu le prix Israël pour son commentaire des deux Talmuds.
Abromont Claude ; Montalembert Eugène de ; Fourque
Extrêment complet et passionnant, un guide à conseiller à tous les musiciens, qu'il soit étudiant, professionnel ou simplement mélomane." --Piano, le Magazine
Carnages. Des millions de morts dont le décompte pourrait avoisiner celui des victimes de toutes les guerres depuis 1945. Qui en parle? Qui s?intéresse à ces « carnages incompréhensibles »? Rwanda, Kivu, Sud-Soudan, Somalie, Darfour? Invoquer la folie des hommes ne fournit aucune clé d?interprétation; et l?on ne peut pas se contenter de regarder l?Afrique sous le seul angle des Droits de l?homme ou de la Françafrique.Étonnamment, ces conflits majeurs n?ont jamais été appréhendés dans leur globalité. Qui ont été les soutiens, voire les promoteurs de toutes ces guerres? Quels intérêts ont-elles servis? À contre-courant de tout ce qui s?écrit sur l?Afrique, Pierre Péan expose les logiques stratégiques qui visent à remodeler l?Afrique, et dont les « dégâts collatéraux » ont été d?une ampleur inédite et tragique.Il nous révèle ainsi les dessous du Grand Jeu africain des puissances occidentales et les affrontements feutrés entre elles. Après la chute du mur de Berlin, les États-Unis, aidés notamment de la Grande-Bretagne et d?Israël, ont décidé d?étendre leurs aires d?influence sur le continent africain, en réduisant notamment le pré carré français. L?instauration du nouvel ordre mondial y a été d?autant plus profonde que l?Afrique est devenue un des principaux terrains du « choc des civilisations » qui a installé, avant le 11-Septembre, l?Est africain dans l?espace conflictuel du Proche-Orient. Les regards braqués sur le Grand Moyen-Orient n?ont pas vu que le Soudan était devenu pour Israël et pour les États-Unis un pays potentiellement aussi dangereux que l?Iran: il fallait donc « contenir » et diviser le plus grand pays d?Afrique.Les États-Unis, le Royaume-Uni, Israël, la France, le Canada, la Belgique et plus récemment la Chine ont été les belligérants fantômes de ce conflit. Il est temps que l?on tire au clair les responsabilités des uns et des autres. Pierre Péan est écrivain et enquêteur. On lui doit notamment Une jeunesse française: François Mitterrand (Fayard, 1994), La Face cachée du Monde (avec Philippe Cohen, Mille et une nuits, 2003); Noires fureurs, blancs menteurs (Mille et une nuits, 2005), Le Monde selon K (Fayard, 2009).
Le nouveau monde de l'oncle Henry La fin de la guerre froide semblait déboucher sur un monde simplifié: au centre, une Amérique victorieuse et sans rivale, seule superpuissance capable de dicter son ordre mondial et de diffuser partout son mode de vie et ses valeurs. La magistrale leçon d'histoire et de diplomatie d'Henry Kissinger détruit cette illusion: l'Amérique, prévient celui qui a inspiré pendant près de dix ans sa politique étrangère, va devoir réformer profondément sa vision du monde et ses méthodes d'action, sous peine de se réfugier à nouveau dans un isolationnisme aussi dangereux qu'illusoire. Il lui faudra évoluer dans un système complexe d'équilibre des forces, une notion avec laquelle elle est justement en "délicatesse". Cette révision déchirante concerne d'abord le rêve américain de sécurité collective: incarné pendant près d'un siècle par Woodrow Wilson, l'architecte de la paix de Versailles, il se nourrit de grands principes (l'autodétermination), de volonté de coopération, de partage des valeurs (américaines) et du respect du droit international. Cette doctrine prenait le contre-pied d'une conception européenne qui avait dominé les affaires internationales pendant près de trois siècles avant de s'effondrer. Richelieu, Metternich et Bismarck avaient inventé les concepts d'Etat-nation et de souveraineté, dans un équilibre où chacun, toujours prêt au conflit, se déterminait selon son intérêt national et sa marge de manoeuvre. Or la doctrine wilsonienne n'est plus pertinente, et le nouvel ordre "ressemblera davantage aux systèmes étatiques des xviiie et xixe siècles qu'aux schémas rigides de la guerre froide". Il comprendra cinq ou six grandes puissances - les États-Unis, la Chine, la Russie, le Japon, l'Europe (si elle est unie) et peut-être l'Inde -, entre lesquelles s'établira un jeu mouvant. Et l'ancien conseiller des princes conclut sa grande fresque en suggérant à Bill Clinton de s'intéresser "au style de Bismarck". Les solutions les plus inventives, affirme-t-il, consisteront à "construire des structures mixtes, en chevauchement", fondées sur des principes, des préoccupations de sécurité, ou des intérêts économiques communs. Mais le rodage de ce système, dit-il, "prendra sans doute plusieurs décennies"... --Vincent Giret--