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LA PHILOSOPHIE DE MOISE
GOULET
VRIN
49,00 €
Épuisé
EAN :9782711609406
La Philosophie de Moïse, certains Juifs alexandrins, au I er siècle avant Jésus-Christ, ont essayé de l'extraire du Pentateuque, en appliquant à la Torah la même méthode allégorique qui avait permis aux Grecs de faire d'Homère un philosophe. De verset en verset, ils dénonçaient l'absurdité ou l'inconvenance du sens littéral des récits bibliques ou des prescriptions légales afin de mieux dévoiler des doctrines morales cachées. De la création du monde à l'entrée d'Israël en terre promise, l'allégorie reconstituait une anthropologie et une éthique philosophiques où étaient évoqués les rapports de l'âme humaine avec le vice et la vertu. Ce document d'une audace incomparable a laissé de profonds vestiges dans les commentaires allégoriques de Philon d'Alexandrie. Cette étude qui porte sur un chapitre méconnu de la tradition allégorique grecque et judéo-chrétienne, intéressera donc non seulement les spécialistes de Philon d'Alexandrie, mais aussi les historiens de la philosophie hellénistique, les historiens du judaïsme, les exégètes de l'Ancien Testament et de la Septante et, de façon plus générale, les historiens des religions.
Et si Gide, dont on parle beaucoup, restait un auteur méconnu ? Est-on sûr de l'avoir vraiment lu ? Et surtout relu, comme il le souhaitait ? Incontestablement, ce maître du clair-obscur, animé d'un " insatiable besoin d'aimer et d'être aimé ", choisit toujours ses lecteurs et sait leur ménager ses surprises et ses plaisirs. Il voulait aussi que son " action sur le lecteur [l'aide] à y voir clair, à s'interroger lui-même et le forcer à penser, fût-ce contre [lui] ". C'est donc à la lecture et à la relecture de son ?uvre que se consacre cet ouvrage, qui s'attache plus particulièrement aux grands textes de fiction (de Paludes aux Faux-Monnayeurs) et au " testament " que voulaient être Les Nouvelles Nourritures. Mais il commence par poser quelques vastes questions. Par exemple pourquoi Gide écrit-il ? De quoi sa vocation est-elle faite ? Pourquoi s'est-il fait un devoir de devenir l'apôtre de l'homosexualité, au risque de sa réputation ? Comment a-t-il été amené à théoriser la notion de " mise en abyme ", et pourquoi est-elle consubstantielle à son ?uvre ? Comment celle-ci s'est-elle progressivement détachée du narcissisme initial ? Comment, liant consubstantiellement l'esthétique à l'éthique, s'est-elle voulue profondément pédagogique tout en restant ouverte et ambiguë ? C'est à ces questions et à bien d'autres que s'efforce de répondre cet ouvrage, mariant différentes méthodes critiques pour armer et éclairer une lecture attentive, comprendre et expliquer une écriture, ses projets, ses enjeux, et son efficacité.
Sylvie Germain est avant tout une prodigieuse conteuse dont l'écriture procède d'une nécessité vitale : aller " à la rencontre des autres qu'on porte en soi et qui y ont laissé des traces ", donner existence aux fantômes et aux images qui viennent la visiter, mettre en scène et en fable les visions qui la sollicitent, animer la vaste fosse commune de sa mémoire et de sa crypte où reposent et se mêlent tout ce qu'elle a appris et oublié, le passé d'avant sa naissance comme celui des expériences qu'elle a connues, et toutes les vies imaginaires qui la traversent. C'est ainsi qu'elle tresse ses histoires, donne sens à un monde en proie au mal et au malheur, dessine des perspectives et entrevoit une lumière dans les nuits de ses romans. Du Livre des Nuits à Magnus s'est ainsi édifié un univers de contes et de légendes qui est aussi un miroir tendu à la réalité de notre monde, tout en nous entraînant dans la magie de ses mots. " Tous les personnages sont des dormeurs clandestins nourris de nos rêves et de nos pensées, eux-mêmes pétris dans le limon des mythes et des fables, dans l'épaisse rumeur du temps qui brasse les clameurs de l'Histoire et une myriade de voix singulières, plus ou moins confuses. Des dormeurs embués de nuit, pénétrés de chants lointains et de murmures, et tressaillant d'un désir de jour, de chants audibles, de langage intelligible. " (Sylvie Germain, Les Personnages)
Les modèles de développement agricole, entendus ici aussi bien dans leurs dimensions techniques, économiques que sociales, sont plus que jamais pluriels. L'agroécologie apparaît, dans ce contexte, comme l'une des alternatives les plus en vue. Mais qu'entend-on exactement par cette notion ? Quels sont les acteurs qui la défendent, la conçoivent, la mettent en oeuvre ? Et surtout, si l'agroécologie est aujourd'hui évoquée sur tous les continents et dans les institutions internationales, l'est-elle finalement dans les mêmes termes, et soulève-t-elle les mêmes débats partout dans le monde ? L'ambition de cet ouvrage est de mettre en regard autour de ces questions les situations de deux grands pays agricoles, dans lesquels l'agroécologie a connu récemment d'importants développements : l'Argentine, qui doit sa croissance économique récente à l'essor d'une agriculture d'exportation spécialisée dans la production de soja, et la France, puissance agricole traditionnelle, qui a connu, au cours des deux dernières décennies, une transformation radicale des relations entre agriculture et société, au travers notamment des questions environnementales. Cet ouvrage, réalisé avec le soutien du CIRAD, de l'INRA, de l'IRD et du laboratoire international franco-argentin Agriterris, s'adresse à tous ceux producteurs, agents de développement, chercheurs, entreprises ou décideurs publiques, étudiants - qui s'interrogent sur l'agroécologie et sur les transformations contemporaines des systèmes agricoles. Au-delà des mondes agricoles, il intéressera tous ceux qui s'attachent à penser dans leur globalité les transformations des systèmes productifs, entre processus techniques et mouvements sociaux.
Nombreuse, infiniment ondoyante et diverse, cette pensée n'est qu'une charité toujours active dont le mouvement incessant tend vers des objets qui nous échappent ou vers les aspects inconnus de ceux que nous percevions déjà. Comment suivre une telle pensée sans être cette pensée même (...)? ". Le présent ouvrage tente une réponse en même temps qu'il pose la question. Considérant que les écrits de Bonaventure dessinent moins une progression linéaire qu'ils ne suivent un " ordre du coeur ", Etienne Gilson propose ici, après un chapitre introductif de nature biographique qui cherche l'homme derrière l'oeuvre, un parcours circulaire autour du centre de la synthèse bonaventurienne, le Verbe, incarné en la personne du Christ. C'est ainsi que se trouvent abordés les thèmes fondamentaux que sont la critique de la philosophie naturelle, l'évidence de l'existence de Dieu et le problème de la science et de la volonté divines, mais aussi la création, les corps inanimés, les animaux, l'âme humaine, les anges, ou encore l'illumination, la grâce et la béatitude. Ces études convergent et culminent tout à la fois dans un dernier chapitre qui s'attache à saisir l'esprit de ce penseur. A l'encontre de l'argument qui consiste à qualifier Bonaventure de mystique pour le reléguer hors de l'histoire de la philosophie, Etienne Gilson se propose de recourir précisément à cet argument pour l'y réintégrer : le sentiment mystique, pénétrant en effet toutes les couches de l'édifice, est ce qui lui confère sa systématicité, et une systématicité telle que cette mystique spéculative bonaventurienne partage seule avec la doctrine thomiste le titre de synthèse de la pensée scolastique tout entière. Tendant toujours vers une métaphysique de la mystique chrétienne comme vers son terme ultime, cette pensée témoigne simultanément de la nécessité de la science et de sa subordination aux " ravissements mystiques ", et se situe à la rencontre des influences de saint François, de saint Augustin et des exigences systématiques des Sommes de Thomas d'Aquin. L'oeuvre de Bonaventure marque ainsi un moment capital dans le long progrès par lequel la théologie scolastique parvint à l'unité d'un système.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.