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LES PREMIERES PENSEES DE DESCARTES CONTRIBUTION A L'HISTOIRE DE L'ANTI-RENAISSANCE
GOUHIER
VRIN
31,01 €
Épuisé
EAN :9782711603190
A l'origine et au centre de l'ouvrage se trouve une reconstitution du cahier perdu sur lequel le jeune Descartes écrivait ses pensées. Il s'agit donc d'une histoire des textes recueillis dans le tome X de l'édition Adam et Tannery sous le titre Cogitationes privatae et Olympica. Une telle histoire en implique une nouvelle lecture, chaque texte étant pris avec sa date approximative, sans céder à la tentation d'expliquer les pensées de la jeunesse par celles del'âge mur. Cette recherche devait tout naturellement conduire à reprendre la question des rapports de Descartes avec les Rose-Croix. Mais elle se trouve abordée ici à partir d'une critique des textes qui ont incité les historiens à la poser : quand et comment a-t-on commencé à parler de Descartes et des Rose-Croix ? L'étude des sources historiques ne laisse pas subsister, même à titre d'hypothèse, la pittoresque adhésion de Descartes à la confrérie secrète, dont l'existence, d'ailleurs, peut être mise en doute avec de bonnes raisons.
L'auteur n'étudie pas le cartésianisme, rationalisme suspect, aux yeux de certains catholiques, de mettre la foi en danger. Il prend le parti de revenir à Descartes lui-même, à la genèse de son oeuvre, liée aux événements d'une vie, elle-même liée à l'histoire de son siècle. Une première partie y distingue des périodes comprenant des rencontres décisives, des voyages, des publications (sources de polémiques), des projets. A partir de 1640 le cartésianisme est reconnu par les " mondains ", les savants, les religieux, et Descartes fait figure de chef d'école. Les résultats de cette minutieuse enquête, dans la deuxième partie de l'ouvrage, de discerner les intentions apologétiques de Descartes, sa vision des rapports de la raison avec la foi. " Certes, écrit Henri Gouhier, Descartes a voulu défendre la cause de Dieu, combattre les athées et les libertins... il accuse la scolastique d'avoir perverti la théologie comme la physique... ". Mais le Dieu du philosophe n'est pas celui de la Révélation ; si philosophie et théologie sont séparées (séparation qui protège l'ineffabilité de l'infini divin), il ne peut y avoir aucun conflit entre elles (car elles ont la même racine : une foi absolue en la Vérité). Descartes est resté sereinement attaché à la religion de son pays, mais sa philosophie n'est pas religieuse, comme le sera la philosophie chrétienne de Malebranche.
Il appartient à chaque philosophe de dire ce qu'il entend par philosophie : la définition même de la philosophie engage déjà une philosophie. L'histoire nous apprend donc quelles définitions les philosophes ont données de la philosophie : elle ne saurait en tirer la définition de la philosophie. La perspective change si nous considérons la philosophie non comme une essence à définir mais comme une existence à décrire : l'histoire devient alors un recueil d'expériences illustrant les conditions d'existence de la philosophie. Il n'est pas question de déguiser le philosophe en historien ni de transformer l'histoire de la philosophie en philosophie de l'histoire. On ne demandera pas à l'histoire de juger ce qui est vivant et ce qui est mort : sa vocation est de ressusciter tout ce qui fut vivant. On lui demandera ce qu'elle peut donner sans cesser d'être historique : des faits et des suggestions pour une phénoménologie de l'esprit philosophique. Tel est le sens de ces esquisses. Ecrites à des époques différentes, une même préoccupation les rapproche [... ]. Chacun de ces trois essais représente, à partir d'un problème particulier, une digression sur la philosophie et son histoire, ou plus précisément sur la philosophie dans son histoire.
Cet ouvrage reprend dans une rédaction nouvelle six articles antérieurs à 1962. On y trouve " six études relativement indépendantes les unes des autres, mais mises bout à bout elles esquissent une histoire lacunaire de l'esprit de Pascal, et plus particulièrement de son dessein apologétique ". S'appuyant sur une érudition rigoureuse, ces six " approches concrètes " rattachent les textes à leur support matériel et les situent dans leur contexte culturel, ce qui permet au lecteur de rencontrer un Pascal vivant au milieu des siens et de son époque.
Nature et histoire dans la pensée de J.-J. Rousseau - Ce que le Vicaire doit à Descartes - La métaphysique du promeneur solitaire Les tentations platoniciennes de J.-J. Rousseau - Une christologie rationnelle - " Confesseur de la foi protestante ". Les six chapitres de ce livre sont des études relativement indépendantes, ce qui en permet des lectures séparées. Toutefois, il y a une unité d'intention clairement marquée par le titre signifiant qu'il y a une métaphysique de Rousseau comme il y a une métaphysique de Descartes. En bref : La Profession de foi du Vicaire savoyard ne représente pas pour Rousseau ce que Maurice Barrès disait de l'intelligence : " une petite chose à la surface de nous-même ". La forme didactique et prédicante du morceau ne nous donne pas l'impression d'entendre Jean-Jacques " en direct " comme les Rêveries du promeneur solitaire - c'est pourtant la même voix qui parle ici et là. Et pour dire les mêmes vérités. Ajoutons : vérités que l'on retrouvera dans la vie comme dans les écrits de Rousseau.
Nombreuse, infiniment ondoyante et diverse, cette pensée n'est qu'une charité toujours active dont le mouvement incessant tend vers des objets qui nous échappent ou vers les aspects inconnus de ceux que nous percevions déjà. Comment suivre une telle pensée sans être cette pensée même (...)? ". Le présent ouvrage tente une réponse en même temps qu'il pose la question. Considérant que les écrits de Bonaventure dessinent moins une progression linéaire qu'ils ne suivent un " ordre du coeur ", Etienne Gilson propose ici, après un chapitre introductif de nature biographique qui cherche l'homme derrière l'oeuvre, un parcours circulaire autour du centre de la synthèse bonaventurienne, le Verbe, incarné en la personne du Christ. C'est ainsi que se trouvent abordés les thèmes fondamentaux que sont la critique de la philosophie naturelle, l'évidence de l'existence de Dieu et le problème de la science et de la volonté divines, mais aussi la création, les corps inanimés, les animaux, l'âme humaine, les anges, ou encore l'illumination, la grâce et la béatitude. Ces études convergent et culminent tout à la fois dans un dernier chapitre qui s'attache à saisir l'esprit de ce penseur. A l'encontre de l'argument qui consiste à qualifier Bonaventure de mystique pour le reléguer hors de l'histoire de la philosophie, Etienne Gilson se propose de recourir précisément à cet argument pour l'y réintégrer : le sentiment mystique, pénétrant en effet toutes les couches de l'édifice, est ce qui lui confère sa systématicité, et une systématicité telle que cette mystique spéculative bonaventurienne partage seule avec la doctrine thomiste le titre de synthèse de la pensée scolastique tout entière. Tendant toujours vers une métaphysique de la mystique chrétienne comme vers son terme ultime, cette pensée témoigne simultanément de la nécessité de la science et de sa subordination aux " ravissements mystiques ", et se situe à la rencontre des influences de saint François, de saint Augustin et des exigences systématiques des Sommes de Thomas d'Aquin. L'oeuvre de Bonaventure marque ainsi un moment capital dans le long progrès par lequel la théologie scolastique parvint à l'unité d'un système.