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Psaume. Roman-méditation sur les quatres fléaux du Seigneur
Gorenstein Friedrich ; Cahn Annie
GALLIMARD
23,20 €
Épuisé
EAN :9782070227280
Le très beau texte de Gorenstein nous fait pénétrer dans un monde original, riche en couleurs, allant de la campagne ukrainienne des années trente jusqu'aux cercles de l'intelligentsia moscovite des années soixante, passionnée par le christianisme des slavophiles... et par l'alchimie du Moyen Age ! A leur monde néanmoins bien réel, s'en superpose un autre, un monde fantastique où retentit la Parole divine et où revivent les prophètes de la Bible. Nous suivons dans ses pérégrinations terrestres un personnage mystérieux - l'Antéchrist - envoyé du Seigneur pour accomplir sa Malédiction, celle des quatre fléaux annoncés par le prophète Ezéchiel : le glaive, la famine, l'adultère et la peste... Personnage ambigu, mi-humain, mi-divin, il pose sur les épreuves du peuple russe au XX ? siècle (collectivisation, occupation allemande, persécutions staliniennes) un regard venu de très loin et de très haut : de la nuit des temps bibliques où Dieu communiquait avec les hommes. Cela confère à ce livre, dont le style d'une rare fécondité sert déjà fort bien l'animation romanesque, une dimension mythique et philosophique exceptionnelle.
Le roman de Friedrich Gorenstein s'ouvre et se referme sur une citation tirée des carnets de Scriabine : " La pierre à bâtir et le rêve sont faits de la même substance et tous deux pareillement réels " Entre les deux, l'auteur nous conte la vie du célèbre compositeur russe qui incarnait la volonté désespérée de transformer le monde par la puissance de l'art avant que la révolution bolchevique n'étouffe pour longtemps le désir du créateur de s'affirmer. Scriabine, petit Mozart russe, compose à dix ans un opéra, proclame son génie et annonce un nouvel évangile : l'art total, une synthèse de musique, de philosophie et de religion. Certains décrient l'arrogance et la dégénérescence du " petit moustachu au nez retroussé et au menton nettement séparé en deux " qui produit un peu partout en Europe et même en Amérique ses compositions " morbides et de perversion ", avide des applaudissements du monde. D'autres saluent la singularité de son art, éprouvent avec frissons " les baisers qu'il donne aux sons ", les vibrations inouïes qu'il fait éclore d'harmonies nouvelles. Friedrich Gorenstein, écrivain russe contemporain au souffle géant, puissant, robuste, immense comme ses livres, et Alexandre Scriabine, compositeur russe mort en 1915, de nature nerveuse, irritable, fragile, à l'oeuvre inachevée, témoignent, chacun à sa façon, du principe volontaire de toute véritable création et de l'impérissable substance des rêves. Friedrich Gorenstein est né en 1932 à Kiev, en Ukraine, il publie sa première nouvelle en 1964, La Maison à tourelles, qui sera alors sa seule publication en U. R. S. S. De 1966 à 1979, il écrit en particulier L'Hiver de 1953, Degrés, Le Rachat, La Place, Psaume En 1979, il se réfugie à Berlin, où il vit aujourd'hui. Traduit du russe par Anne Coldefy-Faucard
Groensteen Thierry ; Héran Emmanuelle ; Charron Al
Les thermes gallo-romains de Cluny et leur frigidarium offrent un cadre particulièrement approprié à l'évocation du célèbre héros gaulois créé par René Goscinny et Albert Uderzo. Planches originales, dessins, photographies, manuscrits et tapuscrits y sont aujourd'hui réunis pour célébrer le cinquantième anniversaire de la naissance d'Astérix. L'inventivité virtuose des deux créateurs apparaît à chaque étape de la réalisation, dans l'exceptionnel brio du dessin comme dans les traits d'esprit qui fusent au fil des pages. Et l'on découvre, en entrant dans les coulisses de l'univers d'Astérix, combien l'humour est une affaire sérieuse !
Il faut le dire d'entrée, le souffle prophétique de Gorenstein se lève de nouveau dans ces trois nouvelles dans toute la puissance de son verbe et de ses emportements. Vient ensuite la tendresse humaine. Trois personnages : deux vieillards et presque un enfant. Un vieux médecin au bord de la folie (Degrés), un vieux savant victime de la nuit (Le tas), un très jeune mineur de fond qui mourra de trop de pureté (Kim). Trois paysages : un interminable escalier, une route pleine de trous et d'obstacles, la mine. Trois situations critiques voisines de la mort, adoucies de visions "simples et tranquilles" : la nature, les petits animaux dont la vue suffit à tempérer les grandes rages gorensteiniennes, ses indignations ; les enfants et leur univers dont nous avons perdu le passeport ; l' humanité profonde capable de pardonner même une monstruosité et d'envier l'aveugle qui nous croit capables d'attraper les étoiles. Grands ou piètres, les personnages de Gorenstein s'affirment de toutes leurs forces, avec obstination. Un héroïsme, qui se joue sans bruit, servi par une vision qui laisse, en même temps que l'amertume, une étrange flamme au coeur". Lily Denis.
Entre esthétique et sémiotique, cet ouvrage aborde la question plus générale de la lecture de l'image, considérée successivement comme un énonçable, un descriptible, un interprétable. Il démontre que les images multiples, organisées en séquences, subissent des déterminations différentes des images uniques, qu'elles soient peintures ou illustrations. Leur solidarité est gouvernée par le découpage et par la mise en page, la conduite du récit et la gestion de l'espace ne cessant de s'informer mutuellement. Partant de la description minutieuse des différentes unités constructives, l'auteur explique les mécanismes producteurs de sens. Dix-huit planches empruntées à des auteurs dissemblables sont ainsi analysées. Sans éluder les fonctions du verbal, l'ouvrage établit la primauté du visuel dans le discours de la bande dessinée.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Le Traité du Narcisse - Le Voyage d'Urien - La Tentative amoureuse - Paludes - Les Nourritures terrestres - Les Nouvelles nourritures - Le Prométhée mal enchaîné - El Hadj ou Le Traité du faux prophète - L'Immoraliste - Le Retour de l'enfant prodigue - La Porte étroite - Isabelle - Les Caves du Vatican - La Symphonie pastorale - Les Faux-monnayeurs - L'École des femmes - Robert - Geneviève ou La confidence inachevée - Thésée. Introduction de Maurice Nadeau. Notices et bibliographie par Yvonne Davet et Jean-Jacques Thierry.
Résumé : "Il n'est peut-être pas le plus grand, mais l'un des plus grands. Il peut encore défendre son titre de champion du monde, et je ne vois personne, dans la génération actuelle, qui puisse le lui ravir. Il est notre Byron, le héros couvert de gloire, couvert de femmes, couvert d'argent... Nous ne sommes pas les derniers, en France, à l'avoir aimé. Nous avions des raisons pour cela. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, nous avions accueilli un jeune Américain pauvre et déjà père de famille, qui se promenait dans nos rues et le long de notre fleuve, s'arrêtait dans nos bistrots pour y boire notre vin et écrivait dans des cahiers d'écolier des histoires de soldats et de chasseurs. Il allait au Musée du Luxembourg pour apprendre de nos peintres, M. Cézanne et M. Degas, à dire "la chose vraie". A Paris, Hemingway a vécu, aimé, écrit. Il n'a pas oublié sa dette envers notre ville et il lui a élevé un temple dédié au souvenir et au bonheur enfui : Paris est une fête. On trouvera ce texte dans le premier volume des Ouvres complètes de Hemingway. On y trouvera aussi Le Soleil se lève aussi, d'un accent si neuf, si souvent imité depuis, et L'Adieu aux armes qui demeure, comme l'a dit Malraux, le plus beau roman d'amour de la littérature moderne. La qualité des traductions de ces textes, dues à M. E. Coindreau, n'est plus à louer. On trouvera enfin, avec les nouvelles charmantes du cycle de Nick Adams qui nous donnent un portrait de l'auteur à dix-huit ans, quand il chassait et pêchait dans les forêts du Michigan, paradis perdu de son enfance, un texte jusqu'alors inédit en français : Torrents de printemps, amusante satire de certains maîtres que l'écrivain avait admirés et qu'il pastichait : ainsi un jeune homme qui pressent son génie signifie à ceux à qui il doit le plus son désir d'émancipation : c'est Barrès devant Renan, Montherlant devant Barrès, Hemingway devant Sherwood Anderson... Hemingway est le premier écrivain étranger contemporain à figurer dans le Panthéon de la Pléiade. Un jour, il faudra qu'une plaque soit apposée au coin de l'une de ces petites rues de la Montagne Sainte-Geneviève qu'Ernest Hemingway, romancier américain, 1899-1961, a si souvent parcourues. En attendant cet hommage municipal, voici un petit monument fait de papier bible, d'encre, de cuir et de colle, auquel les meilleurs esprits et les meilleurs ouvriers ont collaboré - le plus beau monument qu'un écrivain puisse souhaiter." Michel Mohrt, 1966.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.