Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Moon walker
Gordien Marie-Christine ; Mabanckou Alain
RUMEUR LIBRE
15,00 €
Épuisé
EAN :9782355771750
(extrait de la préface d'Alain Mabanckou) Moon Walker est un véritable tournant dans le parcours de l'auteure et se présente à la fois comme une quête des origines et un inventaire des fêlures de notre présent. Née d'une mère française métropolitaine et d'un père Guadeloupéen. Marie-Christine Gordien revisite en petites touches l'Histoire, en particulier celle du continent noir, et la dédicace à son aïeul né au Bénin au XIXe siècle, déporté en Guadeloupe lors de la traite négrière est un des indices qui retient d'emblée l'attention. L'évocation du "Soldat inconnu" nous rappelle combien l'ingratitude a fini par ensevelir pour de bon toutes ces belles âmes regroupées sous un label banal et abstrait. "Rien qu'une statue / Pour des noms sans significations", dit la poétesse.
Dire "nous" après l'esclavage et la colonisation "La Guadeloupe est à nous, la Guadeloupe n'est pas à eux, nous ne les laisserons pas faire ce qu'ils veulent dans notre pays". Lors de la grève qui a paralysé la Guadeloupe début 2009, cet hymne faisait office de cri de ralliement pour le collectif contre la "profitation" (LKP). Mais que recouvre le "nous" dans ce slogan et au-delà ? Com-ment peut-on faire communauté, penser un avenir commun sur un territoire insulaire transformé par l'histoire de la colo-nisation, de l'esclavage, de l'installation massive de travailleurs engagés, notamment indiens, et encore fortement marqué par la domination économique de descendants de colons ? En enquêtant sur les manières dont se définissent les habitants de la Guadeloupe, Ary Gordien met en lumière des systèmes de représentation divers, souvent conflictuels, qui ont résulté de l'histoire de la colonisation et de l'exploitation mais aussi des luttes pour l'émancipation.
L'enfant silencieux chute Traverse les brassées d'oiseaux Collecte les plumes Mesure ses rêves : De grands arpents de terre Bosselés de montagnes. Au coin de la bouche Un sourire comme un peu de neige.
Philippe Gordien présente et analyse une trentaine d'uvres du compositeur français Emile Goué (1904-1946) : d'un grand intérêt musicologique, ces textes sont également le témoignage d'un musicien proche du compositeur au moment de l'acte créateur. Au fil des pages, les caractéristiques de cette musique originale se révèlent : tonalité élargie allant jusqu'à la polytonalité, variation décorative, monothématisme, simultanéité chromatique, superposition de rythmes binaire/ternaire… Basée sur une technique solide, lourde de sens musical et dramatique, la musique de Goué est avant tout l'expression d'une vie intérieure intense. Ces analyses sont complétées par plus de 300 notes de bas de page approfondissant les propositions de Gordien ou renvoyant aux écrits du compositeur, faisant de cet ouvrage une référence pour pénétrer et comprendre l'univers gouéen.
Certains sommets, plus que d'autres, ont fait et font encore rêver les alpinistes. Les Grandes Jorasses en font partie et semblaient incontournables pour initier cette nouvelle collection "Sommets" consacrée aux montagnes mythiques dans le monde. D'où qu'on les observe, les Grandes Jorasses évoquent une masse. Côté Val Ferret, elles s'élèvent d'un seul élan. Nul replat ne vient casser l'impression de pente. Côté Chamonix, elles vivent dans une solitude hautaine, retirées tout au fond du glacier de Leschaux, où elles semblent dire : "Halte là ! Ici on ne passe plus". Les Grandes Jorasses sont une barrière. Physique, car elles séparent implacablement deux vallées. Psychologique, car les alpinistes ont dû faire tomber des limites techniques et psychologiques pour venir à bout de leur face nord, qui semblait, pour l'éternité, devoir repousser toute velléité d'ascension. De la première ascension, en 1865, réussie avec désinvolture, juste pour observer un prochain objectif, par le jeune Edward Whymper, jusqu'aux toutes dernières ascensions étonnantes et passionnées, en passant par la saga de la face nord, "série" à suspense dont chaque année amène une nouvelle "saison", ce livre richement illustré tente de raconter l'histoire de cette montagne exceptionnelle, où l'on croise certaines des plus fortes figures de l'alpinisme, toutes fascinées, entre crainte et désir, par ces parois où elles savent qu'elles vivront, toujours, les plus belles journées de leur carrière.
En 1954, frappé du verdict sans appel d'inaptitude à la vie religieuse par la Société de Marie qui lui interdit de renouveler ses voeux, Marius Alliod perd sa raison d'être en ce monde. À l'âge de 24 ans, il se voit exilé dans une forteresse de silence, bien loin de l'espace enchanté où son coeur s'était enflammé. C'est près de cinquante ans plus tard qu'il entreprend cette correspondance fictive avec son directeur spirituel d'autrefois, ce "Père" auprès de qui il dépose sa plainte tragique et son indignation. Trente lettres demandant raison de cette exclusion sans parole, sans confrontation avec ses juges ; éprouvés posthumes devenus pures réminiscences d'un chagrin si puissant qu'il le laissa dans la stupeur du deuil de son désir et la honte angoissée d'avoir failli à son devoir d'amour. Chaque lettre verse le flot furieux de prières et de plaidoyers malheureux destinés à briser cette chape de silence et affronter une hiérarchie coupable d'avoir usurpé le pouvoir de valider l'appel de Dieu ! C'est une âme qui se sonde jusqu'à l'épuisement de toute raison, qui entend la détresse d'une enfance captive de la souffrance d'une mère abîmée en un puits sans fond de mélancolie. Au lendemain de son renvoi, elle lui adressera les dernières lignes écrites de sa main : lamentation sans espoir devant la perte de sa vocation, mais aussi cri ultime d'amour auquel répondent peut-être toutes ces lettres, insistantes et belles dans la pureté d'une langue tendue jusqu'à se rompre, modulant tour à tour au sein de l'ample bercement de la rhétorique ce tremblement intérieur d'une poésie du coeur et la violence éruptive d'une voix qui cherche encore ce lieu où s'éprouve la présence du maître de la Parole.