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Fable de Polyphème et Galatée. Edition bilingue français-espagnol
Gongora Luis de ; Host Michel
ESCAMPETTE
13,20 €
Épuisé
EAN :9782914387699
Luis de Gongora (1561-1627) a plus de cinquante ans lorsqu'il compose ses grandes ?uvres, le Polyphème (1612), selon l'expression consacrée, et les Solitudes (1613). Grâce à sa poésie familière (les Romances, les Letrillas) et à ses Sonnets, il s'est acquis une réputation de poète difficile, voire incompréhensible, et si l'on cherche un élément de comparaison quant aux réactions négatives que peut susciter une différence tranchée, une absolue nouveauté en poésie, il nous faut franchir trois siècles et les Pyrénées, penser à Stéphane Mallarmé, admiré par beaucoup, certes, mais tout autant détesté, et que Jules Renard prétendait "intraduisible, même en français." Gongora nous transporte dans cette songerie charnelle et vivante, cette "extra-atmosphère" que respira le solaire Lorca, parmi sa lumière stable qui s'adoucit pourtant aux creux ombrés des grottes fraîches, au bord des ruisseaux, sur les lits de feuillage où de jeunes êtres s'enchantent de leur belle nudité, sur les versants des collines ou paissent les troupeaux du berger monstrueux, mais émouvant tant par les musiques sauvages qu'il tire de ses pipeaux que par le naïf orgueil qu'il tire de lui-même.
Résumé : Les siècles ont fait un classique du poète cordouan Luis de Gôngora (1561-1627). Cela ne va pas, cependant, sans une déformation de la vision : en son temps il fut perçu comme un dynamiteur des formes établies de la langue poétique, un novateur, objet d'incompréhensions et de sarcasmes - de la part de Quevedo, son grand rival, entre autres - et d'enthousiasmes aussi absolus - comme de Cervantès - prolongés jusqu'à nous, notamment à travers le relais que constitua l'admiration féconde que lui vouèrent les poètes de " la génération de 1927 ", les Lorca, Alberti, Gerardo Diego... Quoique redevable à la tradition humaniste et poétique italienne des Pétrarque, Le Tasse et Sannazaro, Gongora est le poète " cultiste " par excellence, ami de l'hyperbate, du néologisme, des contrastes de tonalités, des mots rares, colorés ou savants, des constructions héritées du grec et du latin, jouant des dérivations syntaxiques et de toutes les ressources de la mythologie. Sans ridicules préciosités, il a déployé son art puissant et précieux aussi bien dans ses pièces familières - Letrillas, Romances, Canciones -, que dans sa grande poésie : La Fable de Polyphème et de Galatée, Les Solitudes. Les Sonnets se situent au croisement de ces deux inspirations on y devine un trajet existentiel et on y découvre - dans les registres amoureux, burlesque, satirique, funèbre, religieux -, les émerveillements, les peines, les sourires, et les fureurs d'un artiste hypersensible sans sensiblerie, soucieux de rendre l'éclat prismatique des jours et du temps dans une langue taillée comme diamant et un esprit d'une exacte lucidité, sachant au besoin user du concetto, pointe émouvante, plaisante ou assassine, ou d'une confondante beauté.
Il y a aussi dans la palourde et étrangement pour moi plus que dans tout autre bivalve, du petit coffre naturel, extrait de l'ombre, un coffre abritant un secret sur lequel la main, dans une sorte de protection redoublée, se referme entièrement. C'est la raison pour laquelle elle demeure liée si fortement aux anciennes cérémonies du don enfantin quand l'autre, les yeux fermés, devait deviner. L'autre souvent, c'était la petite fille qu'on aimait. Une scène rêveuse et lente, un peu somnambulique, à la Delvaux... Comme si c'était cette part en soi, incommunicable, obscure, mais infiniment précieuse aussi qu'on voulait offrir: un gage secret, le signe d'une reconnaissance ou, à l'instar de la coquille du saint de Compostelle, d'une élection. Brillant exercice de style et savante leçon de choses, cette réhabilitation de la palourde est une introduction digressive et détournée à la meilleure des littératures.
Christian Seguin, grand reporter au journal Sud Ouest, a accompli un voyage en Chine, au moment des Jeux Olympiques. Il y a rencontré, non pas une multitude, mais des individus, des gens de milieux sociaux, culturels ou générationnels très divers ; des gens des villes préoccupés par les cours de la bourse ou les débouchés possibles de leurs études ; des gens des campagnes confrontés aux catastrophes naturelles ou dépositaires des secrets de la culture des meilleurs thés ; bref, il a rencontré les Chinois, tout simplement, loin des clichés et des idées reçues. Le petit miracle tient en ceci : ces pages écrites dans un contexte très professionnel, dans l'urgence et sous la pression de l'obligation, composent, réunies sous cette forme, beaucoup plus qu'un document, un vrai livre de littérature par la grâce d'un rare talent d'écrivain, et par un ton qui est la marque de Christian Seguin. ll faut aussi parler de l'humour et de la tendresse qui innervent tout le livre, de cette faculté d'être en empathie avec son interlocuteur qui donne à un portrait brossé par Christian Seguin une proximité très saisissante, même s'il vient à interviewer des sélénites...
Jean-Jacques Salgon est né en Ardèche où il a fréquenté la petite école de son père, instituteur laïque, républicain et pédagogue adepte des méthodes Freinet. Ce rude pays et ce père au caractère trempé auront sur lui et sur ses livres une influence profonde. Papa firme la pipe est un hommage à ce père mort à 96 ans. Le premier tableau du livre nous le montre, couché dans son cercueil, revêtu d'habits qui le font ressembler à un Communard fusillé par des Versaillais. Puis, de tableau en tableau, on remonte le temps dans un récit empreint de nostalgie et d'humour. On aperçoit Gérard Philipe à Avignon, Geneviève Page au volant de sa BMW décapotable bleue et quelques autres, on part en vacances en Italie en caravane, on roule en 2 CV glorieuse, et à force de remonter le temps on se retrouve en culottes courtes, dans la classe de l'instituteur, où le futur auteur s'exerce à écrire au tableau: "Papa fume la pipe, maman fait du café"
En littérature, les choses ne sont pas racontées parce qu'elles se produisent; elles se produisent parce qu'elles sont racontées. Gaétan Soucy adhère à cette foi en la fiction. Écrivain le plus brillant de sa génération, indiscutablement l'un des flambeaux de la littérature contemporaine en langue française, il n'a cessé d'insister sur la nature thaumaturgique de la narration. La littérature crée un modèle du monde afin que nous ayons la possibilité d'explorer le monde réel, mais il revient au lecteur de créer ses propres cartes et de déterminer son propre itinéraire.