Le juriste est familier du droit mis en mots. Cette littérature prend différentes formes, les plus fréquentes étant la loi, le jugement, l'acte notarié ou administratif, voire l'adage. L'énoncé du droit ne peut cependant se circonscrire à sa lettre. Il se traduit aussi et peut-être même avant tout par des représentations, à savoir : des images, des mises en scènes, des récits littéraires ou filmiques, des formes, des gestes, des supports ou des signes. Historiens du droit, historiens de l'art, philosophes se rencontrent pour étudier ces différentes figures du droit depuis l'antiquité jusqu'à la dématérialisation du monde numérique. Leur regard embrasse les représentations classiques (peinture sculpture, livre) ou plus originales voire inédites (cinéma, site internet, objet artisanal, transparence architecturale). Loin de pouvoir se réduire à une simple illustration de la règle, l'esthétique du droit porte un langage autonome performatif qui peut être, selon les cas, discours ou action. Pourtant ce droit, visuel et visible, passe le plus souvent inaperçu. Renouer avec les représentations du droit, c'est éclairer les rapports entre le droit et ses formes, c'est faire du droit autrement. Stéphane Boiron - Claude Bontems - Luisa Brunori - Franck Carpentier - Antoine Garapon - Nathalie Goedert - Ninon Grangé - Valérie Hayaert - Joël Hubrecht - Yvon Le Gall - Ninon Maillard - Franck Monnier - Jacques Péricard - Jacques de Saint Victor - Philippe Sturmel - Pascal Texier
Ravivée par la crise, la question du travail figure aujourd'hui au coeur du débat public. Comme à l'accoutumée, les politiques en font un thème incontournable de campagne ; les acteurs sociaux se mobilisent et revendiquent. Mais l'indice de la nouvelle centralité du travail, tant dans ses dimensions collectives qu'individuelles, apparaît surtout à travers l'intérêt que lui portent les milieux scientifiques et, plus étonnamment encore, dans ses représentations artistiques. Tandis que les chercheurs expliquent, analysent et proposent des voies nouvelles d'exploration, la littérature et le cinéma, dans les documentaires, témoignages et fictions, donnent à voir un monde du travail en mutation. Sur fond de conflits sociaux récurrents, de réformes contestées, s'élève un questionnement inédit, que les Trente Glorieuses avaient permis d'occulter : celui du sens du travail, de la place qu'il occupe dans la vie d'un individu autant que celle que la société entend lui accorder. Preuve du malaise ! Jamais le Tripalium, instrument médiéval de torture, n'a été si souvent convoqué pour rappeler la racine étymologique du travail. Le point d'équilibre semble aujourd'hui dépassé et, notre société, au bord de la rupture, a " mal au travail ". Comment expliquer cette crise et surtout comment y répondre ? Une réflexion plurielle, dont cet ouvrage rend compte qui, dans une démarche épistémologique, sollicite la sociologie, l'histoire, l'économie, l'art et la psychologie, peut permettre de dessiner les nouveaux sillons que le droit doit creuser. Car le droit a construit le travail. Il doit nécessairement aujourd'hui accompagner sa mutation et orchestrer la " reconquête du travail "
Usbek/Montesquieu dans les " Lettres persanes " observait la Perse pour mieux comprendre les contradictions de l'Occident. 250 plus tard, l'Iran et la France croisent leurs regards pour chercher à se comprendre. Ce volume présente les actes du colloque tenu à la Faculté Jean Monnet, en décembre 2008 sur le thème : " Etat de droit et droits de l'homme, échanges de points de vue France-Iran ". Il constitue le premier volet d'un programme de recherche, cherchant à saisir dans une approche comparée, cette notion ancienne et abondamment utilisée " d'Etat de droit ", qui n'a pas fini d'interroger par sa complexité. Les auteurs n'entendent pas exposer le régime juridique des droits fondamentaux, en Iran ou en France, ni les mécanismes de leur garantie. Plus que le contenu des droits, les contributions font apparaître les conceptions que l'on peut en avoir, dans l'un ou l'autre pays. La confrontation entre juristes iraniens et juristes français ne peut faire l'économie du débat, bien connu, sur le caractère universel ou relatif des droits de l'homme. Les différences de fondements, culturel, idéologique, religieux n'interdisent pas une fréquente concordance sur l'énoncé des principes normatifs. Systèmes juridiques occidentaux et droit iranien, affirment protéger les droits fondamentaux et la dignité humaine. Les auteurs de ce volume s'accordent sur l'importance d'une démocratie reposant sur les élections libres qui donnent sa légitimité au pouvoir, sur la garantie des libertés individuelles ou collectives parmi lesquelles la liberté d'expression et de religion, sur le respect des droits de la défense notamment au cours d'un procès pénal. Mais l'analyse comparée des systèmes juridiques des deux pays met en évidence comment l'effort de réalisation de l'" Etat de droit " est un effort inachevé. Si l'adoption de mêmes principes universels devrait aider à un meilleur équilibre entre les peuples et à une réduction des conflits, la réalité du respect de l'Etat de droit dépend davantage des options politiques des gouvernements, des pratiques administratives et de l'application qu'en font les tribunaux. Telles sont les diverses facettes d'un ensemble complexe analysé par les auteurs de ce volume.
Le droit encadre en permanence nos gestes alimentaires. Il influence nos choix et nos goûts. Il règle notre manière de manger, de produire et de consommer. Des règles édictent des interdits en spécifiant ce qui peut être mangé et ce qui ne doit pas l'être. D'autres organisent la protection sanitaire et enserrent le producteur dans des obligations relatives à la production ou à l'information du consommateur. L'art culinaire, dans son approche patrimoniale, génère un ensemble de droits immatériels et le classement de la gastronomie française au patrimoine mondial de l'Unesco a une portée juridique incontestable. Par ailleurs, les inégalités sociales induisent une différenciation des régimes alimentaires dont témoigne l'émergence du droit à l'alimentation considéré comme fondamental, voire naturel, dans la mesure où il répond à un besoin primaire : celui de se nourrir. Il s'agit de le garantir et de le décliner dans un contexte mondialisé. Tandis que certains meurent encore de faim, d'autres s'inquiètent de la qualité de ce qu'ils ingèrent. Le droit relatif à la sécurité alimentaire dépasse, lui aussi les frontières. Il apparaît donc que le droit accompagne notre quotidien et qu'il se terre au sein même de nos habitudes. On le trouve aussi dans notre assiette !Sujet social, le repas est par ailleurs fréquemment représenté au cinéma. L'image rend alors nécessairement compte, parfois sans le savoir, de ce phénomène juridique.
On a longtemps pensé que l'avènement de la démocratie annonçait la fin de la censure. On s'est plu alors à dénoncer les excès d'un passé révolu et à railler les interdits "caricaturaux" des Etats totalitaires, afin de mieux flatter nos régimes démocratiques. Pourtant, malgré l'allégement de l'arsenal juridique en la matière, la censure reste en Europe une question d'actualité, qui révèle par ailleurs les apories du droit. Le terme aujourd'hui ne s'applique plus rigoureusement à l'organe de contrôle, ni même aux règles juridiques qui condamnent une certaine forme d'expression. Il désigne un ensemble de mécanismes officiels ou confidentiels et une multitude d'acteurs plus ou moins légitimes, qui interdisent, réprouvent ou punissent une expression considérée comme dangereuse pour une communauté entière ou pour un public jugé plus particulièrement vulnérable. Ce qui frappe à travers l'ensemble des communications présentées lors de ce colloque, et rassemblées dans ce recueil, c'est en effet, l'extraordinaire plasticité de la censure. Difficile à saisir, elle meut à volonté, selon la nature des sociétés, les hommes ou les croyances. Variable dans ses motifs, polymorphe, elle surprend aussi, produisant parfois les effets contraires de ceux qui étaient attendus.
Comme d'autres artistes associés au Pop Art qui se penchent sur l'imagerie sexuelle - notamment Allen Jones, Tom Wesselman, Mel Ramos, Robert Graham - l'art d'Antony Donaldson peut être vu comme l'incarnation du balayage et des changements complets d'attitudes dans la société des années 1960, et qui ont imprimé un impact permanent sur les générations successives." Marco Livingstone. "Antony Donaldson fait partie des artistes mythiques du Pop anglais. Son analyse originale et schématique des formes et des couleurs proposées par l'environnement urbain marie efficacité et étrangeté, figuration et géométrie avec une iconographie marquée par la répétition stroboscopique de pin-up girls, de voitures de course, de façades de cinémas, d'hommages à l'histoire de l'art... Sa toile Take Five est le premier tableau pop entré à la Tate dès 1963 ! " Renaud Faroux.
Cet ouvrage présente l'ensemble incomparable que constituent les quelque cinq cents "petits bronzes" italiens de la Renaissance conservés au département des Objets d'art du musée du Louvre : sculptures en ronde bosse, reliefs, plaquettes, objets d'usage et médailles, une production qui s'échelonne de la première moitié du XVe jusqu'au milieu du XVIe siècle. Dans le catalogue, établi de façon chronologique selon l'ordre d'entrée des oeuvres dans la collection, l'auteur a choisi de ne retenir que des critères objectifs : provenance, bibliographie, iconographie, historiographie, critique historique. C'est dans les essais de la première partie du livre que l'auteur fait partager au lecteur, parfois non sans malice mais toujours avec pertinence, ses réflexions sur les notions d'unique et de multiple, d'artiste et d'atelier, de répliques et de faux. C'est là aussi que l'on retrouvera les noms de Filarete, de Pisanello, de Donatello, de Riccio et de moins illustres qu'eux, dûment replacés en contexte. Dans chacun des chapitres, conçus de façon autonome mais en résonance les uns avec les autres, ce sont donc ms questions fondamentales, posées sans fard ni pudeur, qui interrogent l'histoire du bronze italien de la Renaissance. Philippe Malgouyres apporte des éléments de réponse à ces questions qu'il nous invite à notre tour à méditer, mettant parfois à mal quelques idées reçues et ouvrant ainsi des pistes nouvelles à la recherche. C'est donc à une redécouverte de ces oeuvres et à l'exploration d'une méthode d'investigation nouvelle que nous convie Philippe Malgouyres à travers cet ouvrage qui nous incite à porter un regard renouvelé sur ces mystérieux "petits bronzes" italiens de la Renaissance.