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Pour une politique hors-sol
Giovannoni Augustin ; Nouss Alexis
KIME
24,99 €
Épuisé
EAN :9782841748129
Devant l'ampleur de la crise dite migratoire en Europe et les difficultés qu'elle pose en regard de la citoyenneté et du droit d'asile, la pensée politique moderne se doit de réexaminer ses fondations et ses configurations. Le problème auquel nous sommes aujourd'hui confrontés est de savoir comment les sociétés occidentales peuvent accueillir l'expérience de la dispersion et de l'exil. Peut-on rendre compte des communautés d'exil à l'âge du capitalisme absolu à partir de catégories appartenant à la tradition métaphysique ? Doit-on appréhender cette expérience comme une menace à surmonter ou doit-on la penser comme une modalité éthique, propre à fonder un système politique inédit reposant sur l'inter-altérité, l'hospitalité et des formes transnationales de citoyenneté? Intégrer l'exil dans une pensée politique aujourd'hui, c'est suggérer une politique hors-sol, non définie territorialement, ce qui est le cas du droit international actuel, de nature à contrer une politique du chaos productrice de misère, de violence et d'inégalité. Avec quels instruments conceptuels est-il aujourd'hui possible d'appréhender les questions de l'exil et de l'hors-sol ? Du commun à la politique et au vivre-ensemble, les chemins sont divers mais ils rencontrent tous la problématique de l'Un et le lexique de l'identité substantielle à quoi l'on doit les contradictions qui traversent nos sociétés désormais pluriel-es et la violence conséquente faite à l'autre. Pour dépasser ces obstacles, cet ouvrage tente d'opposer l'extériorité radicale de l'exil à la déclinaison de la communauté en termes de propriété et de fusion. Il passe aussi par un élan critique traversant les domaines disciplinaires, de la philosophie à la littérature en passant par l'économie et l'histoire des idées. C'est sur cette voie que doit s'orienter l'enquête, pour faire apparaître les multiples procès à travers lesquels les individus peuvent s'associer et créer des groupements de toutes sortes. Hors-sol.
Depuis son premier texte, Mourir m'enrhume, paru en 1987, Eric Chevillard a publié une trentaine de livres. Et très tôt, la critique s'est intéressée à cette voix nouvelle. Audacieuse et jubilatoire, l 'oeuvre de cet écrivain témoigne d 'une volonté de voir le monde autrement. Eric Chevillard aime à filer ses romans depuis des motifs improbables, empruntant à la ménagerie de service : un crabe, un hérisson, un orang-outan, une loutre, différents spécimens humains, auteur, capitaine, démarcheur, tailleur fantômes hantant les fonds et les traverses de la langue, les réserves et les bas-fonds de la fiction. On voit se dessiner à travers ses livres le profil d'un écrivain joueur, usant volontiers des figures du non-sens et du loufoque, dans le but avoué de faire dérailler la logique ordinaire. Les ressources de son invention semblent infinies, tout comme celles de son humour subtil et féroce. Cette littérature de la surprise et de l'incongru n 'est jamais complaisante à 1 'égard de 1 'ordre des choses. On y discerne au contraire une pensée du rire critique et de l'interrogation sournoise qui passe résolument au large de la moralisation pérorée et du discours assené sur un ton docte et péremptoire. Avec Eric Chevillard, la littérature n ' rien perdu de son appétit de narration, même si elle n 'est plus un miroir promené sur le monde mais un exercice illimité de mise en question de l'univers.
Résumé : Pourquoi s'exile-t-on ? Pour échapper à l'injustice, reconquérir une liberté menacée, fuir les violences, les persécutions, la mort, la misère ou s'arracher à la résignation. On part quand rien ne fait plus écran au risque d'anéantissement, que l'espérance devient lettre morte, alors même que la vie n'a pas été accomplie. Les épreuves qui conduisent aujourd'hui à l'exil ont leurs origines dans les déchirures du nouvel ordre mondial : la guerre économique sans merci des états de la planète ; l'incapacité à maîtriser la réalité du marché financier ; le chômage de masse ; l'exclusion des citoyens sans abri de toute participation à la vie démocratique des états ; l'aggravation de la dette qui affame et réduit au désespoir une grande part de l'humanité ; les guerres interethniques qui se multiplient, guidées par le fanatisme et les fantasmes de la communauté absolue ; les effets destructeurs des dictatures ; les pathologies de l'identité collective fondées sur l'idéalisation de la haine ; la violence naturalisée réduite à une simple gestion ; la cruauté ; le nettoyage ethnique, etc. Pour ces raisons, il est temps de faire de l'exil une catégorie politique de portée universelle et signifiante pour la modernité. Prendre en compte cette exigence permet de repenser les termes de la politique afin de sortir de la passion identitaire et de poser la seule question qui vaille : est-ce qu'on peut faire quelque chose et sous quelle forme ou est-ce qu'on ne peut rien ? L'objectif est d'esquisser une éthicosmopolitique qui se présente comme une politique de la condition humaine, un pari sur la capacité de chacun de répondre sans exception à la vulnérabilité d'autrui, un tout-autre-être-au-monde, une forme de vie qui nous lie les uns aux autres. L'enjeu est considérable. Penser politiquement l'exil, c'est chercher à comprendre ce que veut dire être-ensemble, être au monde, être sujet ; c'est ouvrir le monde à la totalité des possibilités qu'il contient.
Résumé : Spinoza use du terme de constitution pour délimiter l'existence par soi antérieure à toute expression intelligible particulière, l'ordre de toutes les intelligibilités possibles. Il indique le sens de ce que l'?uvre maîtresse de Spinoza ne cesse de déployer à la manière d'un programme : la substance est causa sui, cause de soi. Ce qui rend radicale la contribution spinoziste au concept de constitution, c'est que la question des rapports entre immanence et finitude, loin d'être une partie marginale de l'Ethique, en occupe systématiquement le centre. Cette implication mutuelle donne sens à sa position et contribue à la définir : elle thématise simultanément le plan de la constitution immanente qui désigne l'auto-constitution de l'infini dans la théorie de la substance ; la dimension de la constitution affective ou l'étude des effets émergents produits par le fonctionnement de processus sans sujet que met en évidence la théorie du conatus ; le registre de la constitution de l'action éthique qui engage l'implication réciproque de l'immanence et de la libération dans la théorie de l'éternité. Ces modèles sont considérés en eux-mêmes, tels qu'ils peuvent alimenter une ontologie, une philosophie de l'esprit et une éthique, le ressort interne de chacun d'eux se présentant comme une variation à l'intérieur d'un seul et même domaine, celui de la constitution. Cette problématique permet d'esquisser comment le spinozisme envisage un concept renouvelé de la raison et des modes de subjectivation qu'implique une éthique de la joie.
Jean Ferrero (né à Antibes en 1931) aura fait tous les métiers. Tour à tour haltérophile, photographe professionnel, collectionneur, marchand d'art, ami des grands artistes de son temps et en particulier de ceux de l'Ecole de Nice et des Nouveaux Réalistes, il a rassemblé tout au long de sa vie une collection qui constitue aujourd'hui un très vaste cabinet de curiosités. Cet autodidacte particulièrement érudit cultive un humour corrosif qui lui a permis de s'affranchir de tous préjugés quant à la culture classique, et de nouer des relations avec quelques-uns des plus grands artistes de son temps : Picasso, Chagall, Mirò, Fontana, Calder, mais aussi Charles Trenet, César, Martial Raysse, Robert Malaval, Bernar Venet, Martine Doytier, Patrick Moya et de bien d'autres.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.
La figure du voyageur-philosophe est volontiers associée aux récits de l'âge classique, qu'elle emprunte la forme de la fiction ou celle du témoignage autobiographique. Descartes fonde sa philosophie de la méthode sur l'expérience de l'errance et de l'exil ; jusqu'au XVIIIe siècle, le Voyage philosophique accompagne les grandes découvertes et l'ambition encyclopédique de recenser tous les territoires, les modes de gouvernement et les aires linguistiques. Les liens entre voyage et philosophie semblent ensuite se distendre, au fur et à mesure que s'autonomise la littérature et que se développent la promenade romantique et le voyage d'agrément. Mais peut-on réellement parler d'une fin, ou du moins d'une éclipse du voyage philosophique, et ce phénomène coïncide-t-il avec la fracture historique qui fait éclater le système des Belles-lettres où littérature, histoire et philosophie étaient encore unies ? Le présent ouvrage se propose d'interroger le devenir du voyage philosophique à partir du XIXe siècle et les formes de sa résurgence, à la fois du côté de la littérature et de la philosophie, dans un esprit de dialogue entre les disciplines. De Friedrich Nietzsche, qui élabore sa philosophie de l'esprit libre à partir de ses voyages, à Bruce Bégout, qui revisite la figure du philosophe-voyageur sous la forme du nomade motorisé, la pensée philosophique ne cesse d'être stimulée par l'errance ou d'orienter celle-ci. Y a-t-il lieu de distinguer une écriture philosophique et une écriture littéraire du voyage, et quelle est la place de l'expérience et du vécu, de la description ou de la conceptualisation, selon l'identité ou le champ de compétences que revendique le voyageur ? Voyager en philosophe renvoie aux multiples façons de décentrer l'écriture et la pensée, y compris pour proposer ce que Pierre Macherey appelle une "philosophie littéraire" : que fait la littérature de voyage à la philosophie, et inversement, que fait la philosophie à la littérature de voyage ?
Et si la commémoration du bicentenaire de la naissance de Flaubert exigeait un effort de prospective ? En effet, de quel texte majeur l'oeuvre de Flaubert, fondamentalement matricielle, sera-t-elle finalement l'oeuvre source ? La critique s'est beaucoup intéressée aux lectures du romancier et aux textes qui ont pu l'inspirer ; elle a longuement analysé les principes de sa poétique et la manière patiente dont elle s'est élaborée. Mais quid des influences multiples sur ses contemporains ? Elle a beaucoup moins observé comment les héritiers autoproclamés se sont emparés de l'esthétique flaubertienne pour construire leurs propres oeuvres et comment ces dernières font honneur ou pas à l'héritage reçu. C'est cet oubli que prétend réparer Flaubert ou l'oeuvre muse. L'étude offre en effet une exploration panoramique des oeuvres de littérature française qui, dans le mystérieux processus labyrinthique de la création artistique, en plus d'être prismatique, devenue multidimensionnelle, ont contribué jusqu'à ce jour à faire vivre une réelle flaubertolâtrie.