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Histoire et subjectivation
Giovannoni Augustin ; Guilhaumou Jacques
KIME
25,40 €
Épuisé
EAN :9782841744510
La notion de subjectivation semble être, à première vue, particulièrement vulnérable à la critique en raison de son manque apparent de clarté et de distinction, voire de sa surdétermination. Mais du fait des acquis des sciences sociales, des théories de l'action ainsi que de la philosophie du langage et de l'esprit, c'est désormais l'une des plus bouleversées et il n'est plus possible, aujourd'hui, de penser la question dans les termes des vieux dualismes : l'explication causale ou l'intelligibilité rationnelle, le sujet ou l'individu, l'histoire individuelle ou l'histoire collective. Il n'est donc pas étonnant que cette notion épouse les enjeux épistémologiques et méthodologiques abordés par les historiens, les philosophes, les économistes et les sociologues contemporains. On notera d'abord la promotion progressive de ces nouveaux " objets " dont les sciences sociales font grand cas et qui renouvellent profondément les rapports entre macro- ou microhistoire : la question philosophique, sociologique et historique de l'autorité de la première personne, les concepts de témoignage interne, d'individuation, de récit de soi, de reconnaissance, de visibilité définissent de nouveaux lieux d'intelligibilité. Les tentatives récentes qui tentent de cerner dans sa complexité le va-et-vient allant de la condition historique aux représentations et aux conduites des agents permettent d'apporter un éclairage nouveau sur les relations qu'entretiennent les individus avec les figures de la domination, de l'exclusion et de la persécution, tout en évitant les représentations simplistes, univoques ou figées. Ce travail interdisciplinaire sur la généalogie du moi dans les formes de l'individuation souhaite retracer les différentes facettes du concept de subjectivation, à mi-chemin entre individu et société civile, temporalité du sujet et formes du pouvoir politique. Nous étudierons comment certains auteurs modernes, la considérant comme un accès propre au monde par l'agir politique, en font le centre de la réflexion philosophique, sociologique et anthropologique.
Jean Ferrero (né à Antibes en 1931) aura fait tous les métiers. Tour à tour haltérophile, photographe professionnel, collectionneur, marchand d'art, ami des grands artistes de son temps et en particulier de ceux de l'Ecole de Nice et des Nouveaux Réalistes, il a rassemblé tout au long de sa vie une collection qui constitue aujourd'hui un très vaste cabinet de curiosités. Cet autodidacte particulièrement érudit cultive un humour corrosif qui lui a permis de s'affranchir de tous préjugés quant à la culture classique, et de nouer des relations avec quelques-uns des plus grands artistes de son temps : Picasso, Chagall, Mirò, Fontana, Calder, mais aussi Charles Trenet, César, Martial Raysse, Robert Malaval, Bernar Venet, Martine Doytier, Patrick Moya et de bien d'autres.
La réflexion sur l'exil est devenue l'un des thèmes majeurs de la pensée contemporaine tant elle subvertit la Raison historique en redécouvrant et en donnant une nouvelle chance à tout ce qui, dans le passé, a été écrasé, oublié. Peut-on écrire l'expérience de l'exil ? Comment l'exclusion d'un domicile, la migration, l'errance, la persécution ou la disparition peuvent-elles être rendues intelligibles ? Ces questions impliquent dans leur formulation même, que l'exil ne se constitue qu'à travers l'acte même de se raconter, qu' à travers son écriture.
Depuis son premier texte, Mourir m'enrhume, paru en 1987, Eric Chevillard a publié une trentaine de livres. Et très tôt, la critique s'est intéressée à cette voix nouvelle. Audacieuse et jubilatoire, l 'oeuvre de cet écrivain témoigne d 'une volonté de voir le monde autrement. Eric Chevillard aime à filer ses romans depuis des motifs improbables, empruntant à la ménagerie de service : un crabe, un hérisson, un orang-outan, une loutre, différents spécimens humains, auteur, capitaine, démarcheur, tailleur fantômes hantant les fonds et les traverses de la langue, les réserves et les bas-fonds de la fiction. On voit se dessiner à travers ses livres le profil d'un écrivain joueur, usant volontiers des figures du non-sens et du loufoque, dans le but avoué de faire dérailler la logique ordinaire. Les ressources de son invention semblent infinies, tout comme celles de son humour subtil et féroce. Cette littérature de la surprise et de l'incongru n 'est jamais complaisante à 1 'égard de 1 'ordre des choses. On y discerne au contraire une pensée du rire critique et de l'interrogation sournoise qui passe résolument au large de la moralisation pérorée et du discours assené sur un ton docte et péremptoire. Avec Eric Chevillard, la littérature n ' rien perdu de son appétit de narration, même si elle n 'est plus un miroir promené sur le monde mais un exercice illimité de mise en question de l'univers.
Cet ouvrage aborde la question du sujet en situation éducative et analyse les malaises dominants de l'institution scolaire. Il distingue dans une double perspective philosophique et psychologique, violence, incivilités et conflit. Cette approche plurielle apporte un éclairage nouveau sur le développement des pratiques de classe et des gestes professionnels et tente de redéfinir le champ de l'anthropologie pédagogique à partir des thématiques du sujet et de l'éthique.
Le libéralisme n'est pas seulement une orientation de la pensée économique qui domine actuellement le paysage politique et intellectuel des pays anglo-saxons et d'Europe occidentale. C'est aussi, à l'origine, une revendication de liberté pour la personne, d'émancipation par rapport à un cadre moral hérité de temps anciens. Ces deux dimensions se croisent notamment dans l'oeuvre de John Stuart Mill dont LI Hongtu, professeur d'histoire à l'université Fudan (Shanghai) étudie l'oeuvre majeure, le traité De la liberté (1859). Correspondant d'Auguste Comte et disciple de Jeremy Bentham, John Stuart Mill est entré en dialogue avec les grands courants philosophiques de son temps, de l'utilitarisme au positivisme. Fervent défenseur de la liberté de l'individu confronté à la multiplicité des contraintes sociales, il a défié les préjugés de son temps en partageant la vie d'Harriet Taylor, militante du droit des femmes. La même logique l'a poussé à s'engager pour la liberté des lois du marché. Mais il était aussi employé de la Compagnie des Indes orientales, et même si on ne relève pas chez lui de traces de racisme, il s'accommodait très bien du colonialisme et du fait que des continents entiers, de l'Inde à la Chine, soient exclus des bienfaits du libéralisme dont il se faisait l'apôtre. Il était urgent que l'émergence du libéralisme soit aussi abordée dans la perspective d'une historiographie extra-européenne.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.