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L'ETRE ET L'ESSENCE
GILSON
VRIN
29,00 €
Épuisé
EAN :9782711602841
C'est avec la publication de L'être et de l'essence (1948) que Gilson fit véritablement irruption dans le débat philosophique contemporain, contraignant beaucoup de ceux qui n'avaient jamais entendu parler de l'être autrement qu'à travers L'Etre et le Néant ou le premier chapitre de la Wissenschaft der Logik, à admettre que ce petit mot " être ", qu'une certaine tradition idéaliste avait vainement tenté de bannir du vocabulaire philosophique, abritait, sinon peut-être " le destin de l'Occident ", du moins le lieu d'une de ses plus anciennes et plus constantes querelles. Beaucoup se convainquirent alors, en lisant Gilson, que saint Thomas occupait dans ce débat, une place à tout le moins originale et importante, qu'il n'était plus permis d'ignorer, même et surtout si l'on voulait prendre parti dans la polémique que menait alors l'existentialisme contre l'essentialisme supposé de toute la tradition. Bref, indépendamment de ses vertus propres, ce livre, cette fois immédiatement reconnu comme un livre de philosophie alors qu'il était aussi un livre d'historien, eut à la fois le mérite et la chance de venir à son heure, de répondre à l'attente diffuse d'un public philosophique qui venait de " découvrir ", à travers Sartre et surtout Heidegger, l'importance et, pourrait-on dire, l'actualité persistante de la question : Qu'est ce que l'être ?
Etienne Gilson se propose de définir les attitudes successives de Dante à l'égard de la philosophie : quelle nature lui assignait-il, quelle fonction lui attribuait-il, quelle place lui octroyait-il. Il ne s'agit en l'occurrence pas d'examiner la philosophie que Dante a formulé, mais bien au contraire, partant de l'analyse de ses textes, de tenter d'en dégager les manières dont il envisageait et usait de la philosophie. D'une certaine manière, l'on ne s'interroge pas sur les pensées philosophiques mais sur la pratique philosophique. D'une rencontre d'enfance avec Béatrice, Dante en fit l'un des plus grands portraits de la femme au Moyen Age, et trouva dans la philosophie, allégoriquement nommée "la noble dame", la consolation à la perte de Béatrice. Entre la Vila Nuova et la Divine Comédie, Gilson nous offre ici une image particulièrement originale du lettré italien en nous montrant comment Dante, autant poète que théologien, élabora une pratique philosophique qui relève d'abord de son oeuvre poétique. Comprendre le personnage de Béatrice est donc pour Gilson la clé de la compréhension de la philosophie même de Dante, celle qui fait jouer et se répondre poésie et théologie, celle qui permet d'appréhender sous chacun de ces deux aspects l'originalité du penseur italien : la philosophie se doit d'être morale et pratique si tant est qu'elle veuille mener les hommes à l'état de bonheur.
Le présent livre repose sur la conviction profonde et invétérée chez son auteur, que l'art n'est pas une façon de connaissance, mais qu'il relève au contraire d'un ordre distinct de celui du connaître, qui est l'ordre du faire ou, s'il est permis de s'exprimer ainsi, de la factivité. Il s'agit donc ici uniquement de philosophie, en commençant par le commencement, qui consiste à chercher, au moins brièvement, quel genre de question de philosophie doit se poser au sujet de l'art. A partir de là, réfléchissant en métaphysicien à la lumière des premiers principes, on s'est efforcé d'éclaircir successivement les notions principales à mesure qu'elles s'offraient à l'esprit.
Nombreuse, infiniment ondoyante et diverse, cette pensée n'est qu'une charité toujours active dont le mouvement incessant tend vers des objets qui nous échappent ou vers les aspects inconnus de ceux que nous percevions déjà. Comment suivre une telle pensée sans être cette pensée même (...)? ". Le présent ouvrage tente une réponse en même temps qu'il pose la question. Considérant que les écrits de Bonaventure dessinent moins une progression linéaire qu'ils ne suivent un " ordre du coeur ", Etienne Gilson propose ici, après un chapitre introductif de nature biographique qui cherche l'homme derrière l'oeuvre, un parcours circulaire autour du centre de la synthèse bonaventurienne, le Verbe, incarné en la personne du Christ. C'est ainsi que se trouvent abordés les thèmes fondamentaux que sont la critique de la philosophie naturelle, l'évidence de l'existence de Dieu et le problème de la science et de la volonté divines, mais aussi la création, les corps inanimés, les animaux, l'âme humaine, les anges, ou encore l'illumination, la grâce et la béatitude. Ces études convergent et culminent tout à la fois dans un dernier chapitre qui s'attache à saisir l'esprit de ce penseur. A l'encontre de l'argument qui consiste à qualifier Bonaventure de mystique pour le reléguer hors de l'histoire de la philosophie, Etienne Gilson se propose de recourir précisément à cet argument pour l'y réintégrer : le sentiment mystique, pénétrant en effet toutes les couches de l'édifice, est ce qui lui confère sa systématicité, et une systématicité telle que cette mystique spéculative bonaventurienne partage seule avec la doctrine thomiste le titre de synthèse de la pensée scolastique tout entière. Tendant toujours vers une métaphysique de la mystique chrétienne comme vers son terme ultime, cette pensée témoigne simultanément de la nécessité de la science et de sa subordination aux " ravissements mystiques ", et se situe à la rencontre des influences de saint François, de saint Augustin et des exigences systématiques des Sommes de Thomas d'Aquin. L'oeuvre de Bonaventure marque ainsi un moment capital dans le long progrès par lequel la théologie scolastique parvint à l'unité d'un système.