Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
DANTE ET LA PHILOSOPHIE
GILSON
VRIN
41,00 €
Épuisé
EAN :9782711602797
Etienne Gilson se propose de définir les attitudes successives de Dante à l'égard de la philosophie : quelle nature lui assignait-il, quelle fonction lui attribuait-il, quelle place lui octroyait-il. Il ne s'agit en l'occurrence pas d'examiner la philosophie que Dante a formulé, mais bien au contraire, partant de l'analyse de ses textes, de tenter d'en dégager les manières dont il envisageait et usait de la philosophie. D'une certaine manière, l'on ne s'interroge pas sur les pensées philosophiques mais sur la pratique philosophique. D'une rencontre d'enfance avec Béatrice, Dante en fit l'un des plus grands portraits de la femme au Moyen Age, et trouva dans la philosophie, allégoriquement nommée "la noble dame", la consolation à la perte de Béatrice. Entre la Vila Nuova et la Divine Comédie, Gilson nous offre ici une image particulièrement originale du lettré italien en nous montrant comment Dante, autant poète que théologien, élabora une pratique philosophique qui relève d'abord de son oeuvre poétique. Comprendre le personnage de Béatrice est donc pour Gilson la clé de la compréhension de la philosophie même de Dante, celle qui fait jouer et se répondre poésie et théologie, celle qui permet d'appréhender sous chacun de ces deux aspects l'originalité du penseur italien : la philosophie se doit d'être morale et pratique si tant est qu'elle veuille mener les hommes à l'état de bonheur.
Les études réunies dans ce volume ont été originellement publiées sous le titre général L 'industrialisation des arts du beau, et parachèvent la réfléxion esthétique d'Etienne Gilson, inaugurée dans l'Introduction aux arts du beau, et poursuivie dans Peinture et réalité ou encore Matières et formes . Reprenant l'ordre de réflexion de ce dernier ouvrage (les arts plastiques, la musique, la littérature), l'auteur - non sans rappeler certaines analyses des penseurs de l'école de Francfort - donne ici à penser en quoi l'infinie reproduction technique et industrielle d'une oeuvre d'art modifie non seulement l'expérience esthétique dont elle est l'objet, mais aussi la culture dans laquelle cette reproduction massive prend place. Mettant ainsi en perspective les notions de culture de masse et d'industrialisation, Etienne Gilson les différencie au sein d'une relation complexe, où l'industrialisation des produits culturels n'est que le moyen de créer une culture de masse, dont elle devient à la fois la cause et l'effet. Il devient alors possible de s'interroger sur le sens des " beaux-arts de masse " au sein de cette culture, ainsi que sur le rapport qu'entretient l'oeuvre originale avec ses reproductions industrielles. C'est enfin au cas de l'Eglise catholique post-conciliaire et à ses efforts de " massification " que s'étend la réflexion, s'ouvrant ainsi par-delà le domaine des beaux-arts à la notion de société de masse dans toute son ampleur.
L'objet de cet essai n'est pas de faire de la finalité une notion scientifique, ce qu'elle n'est pas, mais de faire voir qu'elle est une inévitabilité philosophique et, pour cela même, une constante de la biophilosophie, ou philosophie de la vie. Il ne s'agira donc pas de théologie; s'il y a de la finalité dans la nature, le théologien a droit de s'appuyer sur ce fait pour en tirer les conséquences qui, à ses yeux, en découlent touchant l'existence de Dieu, mais l'existence de la finalité dans l'univers sera l'objet d'une réflexion philosophique propre, qui n'aura aucun autre but que d'en confirmer ou infirmer la réalité. Le présent ouvrage ne parlera pas d'autre chose: la raison interprétant l'expérience sensible conclut-elle ou non qu'il existe de la finalité dans la nature? Il n'est pas certain que toute vérité touchant la nature soit scientifiquement démontrable; il ne l'est pas non plus que la raison n'ait rien à dire de valide sur ce que l'expérience suggère sans pouvoir le démontrer. Ainsi entendue, l'existence de la finalité naturelle semble être une de ce constantes philosophiques dont on ne peut que constater, dans l'histoire, l'inépuisable vitalité."
Ce livre ne veut pas être une introduction philosophique à la peinture mais, au contraire, une introduction picturale à la philosophie. On ne s'y est pas proposé d'enseigner aux peintres l'art de peindre ; ils sont seuls à le connaître. Simplement, on a tenté de philosopher à partir d'un certain ordre de faits, qui sont les tableaux, pour en inférer des conclusions d'ordre philosophique et ainsi nommer sans inexactitude "ontologie de la peinture" l'ordre de recherches où nous nous proposons d'entrer.
Nombreuse, infiniment ondoyante et diverse, cette pensée n'est qu'une charité toujours active dont le mouvement incessant tend vers des objets qui nous échappent ou vers les aspects inconnus de ceux que nous percevions déjà. Comment suivre une telle pensée sans être cette pensée même (...)? ". Le présent ouvrage tente une réponse en même temps qu'il pose la question. Considérant que les écrits de Bonaventure dessinent moins une progression linéaire qu'ils ne suivent un " ordre du coeur ", Etienne Gilson propose ici, après un chapitre introductif de nature biographique qui cherche l'homme derrière l'oeuvre, un parcours circulaire autour du centre de la synthèse bonaventurienne, le Verbe, incarné en la personne du Christ. C'est ainsi que se trouvent abordés les thèmes fondamentaux que sont la critique de la philosophie naturelle, l'évidence de l'existence de Dieu et le problème de la science et de la volonté divines, mais aussi la création, les corps inanimés, les animaux, l'âme humaine, les anges, ou encore l'illumination, la grâce et la béatitude. Ces études convergent et culminent tout à la fois dans un dernier chapitre qui s'attache à saisir l'esprit de ce penseur. A l'encontre de l'argument qui consiste à qualifier Bonaventure de mystique pour le reléguer hors de l'histoire de la philosophie, Etienne Gilson se propose de recourir précisément à cet argument pour l'y réintégrer : le sentiment mystique, pénétrant en effet toutes les couches de l'édifice, est ce qui lui confère sa systématicité, et une systématicité telle que cette mystique spéculative bonaventurienne partage seule avec la doctrine thomiste le titre de synthèse de la pensée scolastique tout entière. Tendant toujours vers une métaphysique de la mystique chrétienne comme vers son terme ultime, cette pensée témoigne simultanément de la nécessité de la science et de sa subordination aux " ravissements mystiques ", et se situe à la rencontre des influences de saint François, de saint Augustin et des exigences systématiques des Sommes de Thomas d'Aquin. L'oeuvre de Bonaventure marque ainsi un moment capital dans le long progrès par lequel la théologie scolastique parvint à l'unité d'un système.