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LA SOCIETE DE MASSE ET SA CULTURE
GILSON
VRIN
26,00 €
Épuisé
EAN :9782711602933
Les études réunies dans ce volume ont été originellement publiées sous le titre général L 'industrialisation des arts du beau, et parachèvent la réfléxion esthétique d'Etienne Gilson, inaugurée dans l'Introduction aux arts du beau, et poursuivie dans Peinture et réalité ou encore Matières et formes . Reprenant l'ordre de réflexion de ce dernier ouvrage (les arts plastiques, la musique, la littérature), l'auteur - non sans rappeler certaines analyses des penseurs de l'école de Francfort - donne ici à penser en quoi l'infinie reproduction technique et industrielle d'une oeuvre d'art modifie non seulement l'expérience esthétique dont elle est l'objet, mais aussi la culture dans laquelle cette reproduction massive prend place. Mettant ainsi en perspective les notions de culture de masse et d'industrialisation, Etienne Gilson les différencie au sein d'une relation complexe, où l'industrialisation des produits culturels n'est que le moyen de créer une culture de masse, dont elle devient à la fois la cause et l'effet. Il devient alors possible de s'interroger sur le sens des " beaux-arts de masse " au sein de cette culture, ainsi que sur le rapport qu'entretient l'oeuvre originale avec ses reproductions industrielles. C'est enfin au cas de l'Eglise catholique post-conciliaire et à ses efforts de " massification " que s'étend la réflexion, s'ouvrant ainsi par-delà le domaine des beaux-arts à la notion de société de masse dans toute son ampleur.
Le présent livre repose sur la conviction profonde et invétérée chez son auteur, que l'art n'est pas une façon de connaissance, mais qu'il relève au contraire d'un ordre distinct de celui du connaître, qui est l'ordre du faire ou, s'il est permis de s'exprimer ainsi, de la factivité. Il s'agit donc ici uniquement de philosophie, en commençant par le commencement, qui consiste à chercher, au moins brièvement, quel genre de question de philosophie doit se poser au sujet de l'art. A partir de là, réfléchissant en métaphysicien à la lumière des premiers principes, on s'est efforcé d'éclaircir successivement les notions principales à mesure qu'elles s'offraient à l'esprit.
Si l'histoire de la pensée médiévale inclut celle de ses influences, comme l'histoire de la pensée moderne celle de ses sources, il est alors doublement légitime de se demander ce que peut nous apprendre sur la pensée cartésienne sa confrontation historique avec la pensée médiévale, au contact de laquelle elle s'est formée, et à l'encontre de laquelle elle s'est développée. Prenant la suite de travaux antérieurs, cet ouvrage d'Etienne Gilson envisage tout d'abord la confrontation dans une perspective génétique (en cherchant dans certaines doctrines médiévales les sources de thèses cartésiennes comme l'innéisme, l'étude des météores ou de la circulation sanguine), avant de considérer plus précisément le rapport de la métaphysique cartésienne et de la métaphysique médiévale à travers l'examen de certains points de doctrine particulièrement délicats. C'est ici notamment que sont rencontrés et éclaircis les problèmes de la critique cartésienne des formes substantielles, du "dialogue" de Descartes avec saint Augustin à l'occasion du cogito, avec saint Thomas dans la preuve de l'existence de Dieu par la causalité de l'idée, et avec saint Anselme dans la preuve dite "ontologique". Le caractère novateur de la pensée cartésienne se trouve ainsi établi avec une acuité inédite.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.