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HELOISE ET ABELARD
GILSON
VRIN
11,00 €
Épuisé
EAN :9782711602865
Quelle est donc la leçon des faits? Qu'Abélard fut le premier homme moderne? Qu'Héloïse fut la première femme moderne? Nous nous contenterions volontiers de bien moins: qu'au moment d'enfermer le Moyen Age ou la Renaissance dans une de ces définitions brillantes qui leur sont chères, les historiens de la littérature se souviennent de cette folle petite Française, hantée par l'idéal de la grandeur romaine comme par celle de la grandeur chrétienne, qui ne sut jamais au juste si elle était l'Eustochium d'un nouveau Saint Jérôme ou la Cornélie d'un nouveau Pompée, et qui, prenant le voile à Argenteuil pour l'amour d'un homme, se consacra pour toujours à Dieu en récitant des vers de la Pharsale. Car enfin, ce drame passionnel peuplé de clercs, de moines et de nonnes est bien une histoire du XIIe siècle. On peut le lire comme une histoire chrétienne et c'en est véritablement une."
C'est avec la publication de L'être et de l'essence (1948) que Gilson fit véritablement irruption dans le débat philosophique contemporain, contraignant beaucoup de ceux qui n'avaient jamais entendu parler de l'être autrement qu'à travers L'Etre et le Néant ou le premier chapitre de la Wissenschaft der Logik, à admettre que ce petit mot " être ", qu'une certaine tradition idéaliste avait vainement tenté de bannir du vocabulaire philosophique, abritait, sinon peut-être " le destin de l'Occident ", du moins le lieu d'une de ses plus anciennes et plus constantes querelles. Beaucoup se convainquirent alors, en lisant Gilson, que saint Thomas occupait dans ce débat, une place à tout le moins originale et importante, qu'il n'était plus permis d'ignorer, même et surtout si l'on voulait prendre parti dans la polémique que menait alors l'existentialisme contre l'essentialisme supposé de toute la tradition. Bref, indépendamment de ses vertus propres, ce livre, cette fois immédiatement reconnu comme un livre de philosophie alors qu'il était aussi un livre d'historien, eut à la fois le mérite et la chance de venir à son heure, de répondre à l'attente diffuse d'un public philosophique qui venait de " découvrir ", à travers Sartre et surtout Heidegger, l'importance et, pourrait-on dire, l'actualité persistante de la question : Qu'est ce que l'être ?
Si l'histoire de la pensée médiévale inclut celle de ses influences, comme l'histoire de la pensée moderne celle de ses sources, il est alors doublement légitime de se demander ce que peut nous apprendre sur la pensée cartésienne sa confrontation historique avec la pensée médiévale, au contact de laquelle elle s'est formée, et à l'encontre de laquelle elle s'est développée. Prenant la suite de travaux antérieurs, cet ouvrage d'Etienne Gilson envisage tout d'abord la confrontation dans une perspective génétique (en cherchant dans certaines doctrines médiévales les sources de thèses cartésiennes comme l'innéisme, l'étude des météores ou de la circulation sanguine), avant de considérer plus précisément le rapport de la métaphysique cartésienne et de la métaphysique médiévale à travers l'examen de certains points de doctrine particulièrement délicats. C'est ici notamment que sont rencontrés et éclaircis les problèmes de la critique cartésienne des formes substantielles, du "dialogue" de Descartes avec saint Augustin à l'occasion du cogito, avec saint Thomas dans la preuve de l'existence de Dieu par la causalité de l'idée, et avec saint Anselme dans la preuve dite "ontologique". Le caractère novateur de la pensée cartésienne se trouve ainsi établi avec une acuité inédite.
Lors de la commémoration du septième centenaire de l'anniversaire de la naissance de Dante Alighieri (1265-1321), Etienne Gilson qui avait publié dans les années quarante un ouvrage rapidement devenu un classique sur la pensée de Dante (Dante et la philosophie), a repris la plume pour rendre hommage au grand poète et penseur italien. Dans ce volume sont publiés les neuf articles qui abordent certains des thèmes fondamentaux de la réfléxion de Dante comme la nature du ciel Empyrée, le rapport entre poésie et théologie ou encore la signification de la "vision merveilleuse" . Le volume s'ouvre avec une belle introduction à la pensée de Dante et se termine par une méditation sur Dante et Eugène Delacroix.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.