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Roland Barthes. Au lieu de la vie
Gil Marie
FLAMMARION
27,00 €
Épuisé
EAN :9782081244436
Roland Barthes", "Au lieu de la vie": la conciliation de ces deux paradigmes donne forme à cette biographie. "Roland Barthes": c'est une figure d'exception parmi les intellectuels français du XXe siècle, tant par son caractère marginal et la qualité inclassable de son oeuvre, que par le succès paradoxal de sa pensée et de son écriture - celles-ci sont parfois mal comprises ou critiquées, ailleurs vénérées, mais toujours au centre, aujourd'hui encore, du "monde des lettres". Barthes n'a cessé d'aller de l'avant, de chercher du nouveau au sein même des avant-gardes. Figure éclectique s'il en est, mais mue à chaque étape de sa vie par la passion du "neutre", de l'indifférenciation, le maintien de deux postulations opposées. Quel est donc le texte qu'écrit cette vie complexe et mouvante, tendue vers l'avenir et immobile dans son oscillation dualiste, souvent assimilée à l'oeuvre qui s'est constituée en son lieu... au lieu de la vie? Car "au lieu de la vie", il y a un texte: le texte que dessine la vie de Barthes. Le texte que dessine toute vie: un commencement, un milieu et une fin fondée sur un retournement. Une structure tragique, chez Barthes, qui fonctionne sur un mécanisme de compensation du manque, matrice aussi bien de la formation des actes que de l'écriture. Il a fallu mettre à distance l'apparent, le saillant, pour trouver le secret de ce texte, mettre au jour son mouvement, en faire un système formel. Il a fallu poser sur le même plan l'écriture et le factuel, cette écriture que l'écrivain place "au lieu de la vie", dont il fait la matière même. Il n'y a pas la vie d'un côté, l'écriture de l'autre, mais il y a la seule biographie.
Goldstein Kurt ; Camus Agathe ; Gaille Marie ; Gil
La Nature humaine à la lumière de la psychopathologie (Human Nature in the Light of Psychopathology) réunit un ensemble de confe ? rences ("The William James Lectures") prononce ? es par Kurt Goldstein a` l'Universite ? Harvard, en 1938-1939 et publie ? es pour la premie`re fois en 1940 par Harvard University Press. Premier ouvrage de Goldstein paru aux Etats-Unis où il commence une nouvelle vie, tant personnelle que professionnelle, après avoir été chassé d'Allemagne par le gouvernement nazi. Formé à la médecine, spécialiste de psychiatrie, mais également féru de philosophie, il est confronté dans ses premières années de pratique aux cérébrolésions des soldats de la Première Guerre mondiale, sources de séquelles irréversibles. C'est le point de départ d'une réflexion qui transcende les découpages disciplinaires entre biologie et philosophie, anthropologie et neurologie, théorie médicale et pratique clinique. Goldstein propose en effet une conception de la clinique qui engage le rapport de l'être humain à lui-même, aux autres et au monde, et fait de la biologie une science qui doit être autant capable d'appréhender de façon "atomistique" les phénomènes qu'elle analyse que de développer une compréhension de l'organisme tout entier, malade ou en bonne santé.
Péguy est un écrivain de la répétition. Par ce procédé, il s'oppose à toute conception de l'écriture qui la rapporterait à une causalité externe, que ce soit celle de l'auteur ou du monde : c'est la lettre même qui produit le texte. ha répétition est synonyme sous sa plume de " jaillissement ", de " surgissement " vital. Le style, dès lors, n'est pas un ornement, mais le moyen d'atteindre à l'être même de ce qui s'écrit. La lettre correspond à ce que Merleau-Ponty aurait appelé " l'intransposable ", c'est-à-dire ce qui résiste à toute traduction et permet la naissance du texte. Cette intuition fondamentale, chez Péguy, anticipe la critique formaliste et textualiste du XXe siècle à venir, mais sur le fond d'une sacralisation de la lettre qui s'enracine dans son rapport à l'Écriture. Aussi faut-il prendre Péguy au pied de la lettre. Ce livre dégage une pensée du texte en appliquant à l'auteur les méthodes textualistes qui sont les siennes. Ni interprétation ni théorie littéraire, l'écriture critique se fait ainsi mimétique. C'est dans le mot à mot de la lecture, par la répétition qui fait voir le texte comme un palimpseste, que s'élabore une approche qui renouvelle profondément notre expérience des " lettres ".
Roland Barthes, à l'exception de Gilles Deleuze, fut, de tous ses contemporains, l'intellectuel le plus investi dans l'interprétation du phénomène cinématographique : en témoignent l'importance des textes consacrés à cet objet culturel, sémiologique, mythologique, au travers de Greta Garbo, Eisenstein, Pasolini, Antonioni, Chaplin, les frères Marx, Téchiné et tant d'autres figures contemporaines du cinéma. Mais Barthes fut aussi celui qui, par son rapport critique au cinéma - rapport paradoxal d'attraction et de résistance -, nous a appris cette distance nécessaire pour regarder, d'un regard qui dure, "? l'image cinématographique ? " que le consumérisme culturel tout comme le flux filmique ont tendance à dérober à nos yeux. "? En sortant du cinéma ? ", titre d'un texte célèbre de Barthes, a ainsi pu servir d'intitulé à ces rencontres et ces réflexions collectives qui nous invitent, avec lui, à y revenir.
Au début du XXe siècle avec la naissance d'un mouvement va bouleverser les représentations de l'espace dans l'art: le cubisme. Cette école d'art, florissante de 1810 à 1930, se propose de représenter les objets décomposés en éléments géométriques simples (rappelant le cube) sans restituer leur perspective. La réalité devient une illusion et les artistes jouent à recomposer cette identité afin de susciter une image nouvelle. Ainsi on redécouvre l'univers des cubistes par les lieux de prédilection des artistes (le Bateau-Lavoir). On explore aussi les Arts comme le cinéma ou la poésie qui suivirent le mouvement sans modération. On confronte les péripéties des peintres et des sculpteurs (Braques, Delaunay, Gleizes, Metzinger, Picasso, etc.) afin de comprendre leurs oeuvres. Enfin, le cubisme se dévoile à travers ses spécificités comme le trompe l'oeil et le collage. Les oeuvres importantes se décomposent et révèlent la maturité de leurs auteurs pris dans un élan de liberté artistique. Un ouvrage pour dire: « Ce qui différencie le cubisme de l'ancienne peinture, c'est qu'il n'est pas un art d'imitation mais un art de conception qui tend à s'élever jusqu'à la création. » (Appollinaire)
« Ne perdez point ces précieux moments : la beauté passe, le temps s'efface, l'âge de glace vient à sa place, qui nous ôte le goût de ces doux passe-temps. Profitez du printemps de vos beaux ans, aimable jeunesse : profitez de vos beaux ans. Donnez-vous à la tendresse. » Sur Molière (1622-1673), on a tout dit et on ne sait presque rien. Ses manuscrits ont disparu, les lieux qu'il a habités ont été détruits, sa tombe même est incertaine. Qui a-t-il épousé, sa fille ou la soeur de sa bien-aimée, Madeleine Béjart ? Quelles furent ses relations avec son père, grand bourgeois de Paris dont il brisa le rêve de dynastie ? Quels étaient ses rapports avec Louis XIV, roi secret qu'il faisait danser sur scène ? Molière, effacé à la ville, truculent sur la scène, était avant tout un homme de théâtre : acteur, directeur de troupe et auteur.
Résumé : "Puissant Alcinoos, très remarquable parmi tous les hommes, Oui, cela est beau, écouter un chanteur Comme celui-ci, pareil aux dieux par la voix". Qui est Homère ? A-t-il seulement existé ? Il y a ses poèmes, l'Iliade et l'Odyssée, composés sous une première forme en Grèce d'Asie Mineure au VIIIe siècle avant J.-C. Mais lui ? Les Anciens, qui croyaient en son existence, ont multiplié les récits sur sa vie, sa naissance (de père inconnu, ou est-ce un fleuve, ou Apollon ?), son apprentissage, sa cécité, ses voyages, sa gloire et aussi ses faiblesses : il meurt de ne pas avoir su résoudre une énigme enfantine qui portait sur des poux. Un mythe s'est créé, très tôt, étonnant, enjoué et magnifique. Le livre en suit les lignes en partant de l'idée que ce mythe qui parle d'un artiste sans patrie, mutilé mais créateur de merveilles, comme le dieu Héphaïstos, nous en apprend beaucoup sur le choc poétique et religieux qu'a provoqué l'apparition des poèmes homériques. Non pas un auteur, mais un événement révolutionnaire.
Résumé : Le nom d'Alain-Fournier, pseudonyme d'Henri-Alban Fournier (1886-1914), reste attaché au Grand Meaulnes, roman publié en 1913. Mort le 2 septembre 1914, à la lisière du bois de Saint-Remy, il est l'auteur d'une oeuvre plus ample - correspondance, nouvelles, poèmes, chroniques et critiques - sur laquelle s'appuie Ariane Charton, nous donnant une image très vivante d'un écrivain marqué par son enfance campagnarde. Ami de Jacques Rivière. Alain-Fournier veut trouver la présence du monde au fond de l'âme et ne jamais la disjoindre de son idéal. Rêvant d'être marin "pour faire des voyages". affirmant "se jouer du monde avec la moindre de ses pensées", il ne voulait pas créer des personnages "moraux ou sympathiques, mais d'abord penser à les faire vivants".
« N'allez pas croire que j'aie foi en une amélioration prochaine de l'humanité, ce visqueux monstre aux mille têtes. Mais ne s'améliorera-t-elle pas, l'humanité, que si l'on cesse de lui répéter qu'elle a emprunté quelque voie mystérieuse, alors qu'elle ne fait vraisemblablement que s'entortiller autour de son propre axe ? Allez, l'"illusion" fait partie intégrante de la mixture magique de l'existence. »Né à Vienne, Stefan Zweig (1881-1942) a peut-être souffert de sa trop grande renommée qui l'a mis à l'écart du monde littéraire. Cet écrivain tourmenté et secret, acharné de travail, a élaboré une oeuvre multiple entre nouvelles, romans, biographies et théâtre. Ce voyageur qui se décrivait avant tout comme un Européen a vu ses deux autres identités d'humaniste et de pacifiste voler en éclats dans l'horreur du monde nazi. Réfugié au Brésil, il se donnera la mort avec sa femme en 1942.