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FAMA DEUM LUCRECE ET LES RAISONS DU MYTHE
GIGANDET
VRIN
37,00 €
Épuisé
EAN :9782711612765
Fama deum, "rumeur des dieux" : émanation de la puissance divine elle-même, accompagnée du fracas de la foudre et du tonnerre, ou bien plutôt effet terrifiant d'un imaginaire mystifié ? La réfutation des récits mythiques, qui les dessaisit de leur autorité traditionnelle prestigieuse, constitue une dimension jusqu'ici peu explorée du combat éthique que mène Lucrèce contre la religion. Cet ouvrage montre qu'elle participe en fait d'une approche rationnelle méthodique, qui ne se borne pas à congédier les représentations aberrantes de la fable mais entend en reconstituer la genèse, en élucider la nature et va jusqu'à en subvertir le sens prétendument caché. L'auteur propose ainsi au lecteur de Lucrèce un parcours original, celui que trace dans le poème sur La Nature des choses l'exposé de ces "raisons du mythe". Bien plus qu'un simple disciple militant traduisant en vers latins la physique de son maître Epicure, Lucrèce apparaît alors comme un penseur qui, tout en cherchant à convaincre, questionne les puissances équivoques de la conviction et en démonte les ressorts. L'analyse rationnelle du récit mythique s'impose précisément comme le moyen privilégié d'une telle interrogation. Elle permet aussi de mettre en oeuvre une poétique philosophique singulière, que réfléchit de manière énigmatique la figure inaugurale de Vénus.
Résumé : Cette étude consiste pour l'essentiel en un commentaire du chant II du De rerum natura, poème philosophique de Lucrèce (96-50 av. J.-C. environ) traitant "de la nature des choses". Au sein de cet exposé complet de la physique épicurienne en vers latins, le chant II se présente comme un traité du mouvement universel. Le mouvement caractérise la nature dans son fond, du fait que les principes matériels invisibles qui la constituent, les atomes, chutent de toute éternité dans le vide infini, changeant seulement de direction au hasard des chocs qui se produisent entre eux. C'est ce mouvement primordial qui, seul, peut rendre compte du jeu des compositions et des décompositions élémentaires constitutif de la texture des choses, des mondes qui les rassemblent, de leur devenir. Le chant II débouche ainsi sur une théorie dynamique des corps sensibles et de l'ensemble de leurs propriétés, point d'aboutissement de la physique fondamentale. Cependant la physique, pour l'épicurien qu'est Lucrèce, ne vaut que comme instrument du bonheur, comme garantie des vérités fondamentales dont l'âme doit s'assurer pour jouir d'un plaisir pur. Quelle leçon éthique pouvons-nous tirer de la connaissance d'une nature en perpétuel mouvement ? N'y-a-t-il pas contradiction entre cette mobilité universelle, la précarité à laquelle elle condamne toute existence, et l'idéal épicurien d'un plaisir "en repos", à l'abri des troubles ordinaires de la vie ?
Les auteurs, spécialistes de l'épicurisme grec et romain, ont voulu dissiper un certain nombre de malentendus qui, à travers de vives polémiques et des lectures parfois sommaires, ont marqué le destin historique de l'épicurisme jusqu'à nos jours. Ce volume projette un éclairage nouveau sur l'histoire de cette tradition et de son corpus, sur les principes de sa physique et de sa théorie de la connaissance, ainsi que sur sa conception de l'âme et du bonheur, de la nature des dieux et des fins des communautés humaines, de la Cité à l'amitié ; il permet, enfin, de prendre la mesure de son héritage moderne. . . Alain Gigandet est maître de conférences en Histoire de la philosophie ancienne à l'Université de Paris 12 - Val-de-Marne. Pierre-Marie Morel est maître de conférences en Histoire de la philosophie ancienne à l'Université de Paris 1 - Panthéon-Sorbonne.
Parallèlement à l'étude de la tradition manuscrite, les mécanismes de transmission des textes peuvent être abordés sous l'angle de la réception. Une telle approche, centrée sur les modalités d'appropriation intellectuelle des ?uvres, permet de restituer leur épaisseur historique aux pratiques de lecture et d'écriture dans l'Antiquité. Les analyses rassemblées dans ce volume révèlent, au-delà des différences d'époque, de genre littéraire ou de langue, des constantes de lecture propres au monde antique, qui trouvent leurs prolongements jusqu'à l'époque moderne. A travers l'examen de concepts clefs (réécriture, modèle, tradition directe et indirecte, corpus) apparaissent différents scénarios de réception qui fondent pour les textes la possibilité d'une vie nouvelle.
Résumé : La fortune à la fois littéraire et philosophique de Lucrèce ne s'est jamais démentie depuis la Renaissance. Mais comment notre temps a-t-il reçu le De rerum natura, ce poème didactique romain consacré à l'exposition de la physique d'Epicure ? Si les contemporains ont exploré en historiens des aspects auparavant négligés ou minorés de la doctrine matérialiste exposée par Lucrèce (la théorie de l'imaginaire, l'analyse critique de l'amour), plusieurs d'entre eux sont entrés en un véritable dialogue spéculatif avec son poème, y cherchant des clés de leur propre compréhension du présent : tels Althusser ou Derrida avec le fascinant concept de la déviation des atomes (clinamen) ou Leo Strauss et l'interrogation sur le rôle de la critique de la religion dans la modernité. Pour d'autres, enfin, l'actualité de Lucrèce tient à l'originalité d'une écriture poétique mise au service d'un projet indissociablement philosophique et didactique (Queneau, Ponge). Les textes réunis dans ce volume ont été présentés au colloque international Lucrèce et la modernité : le 20e siècle, qui s'est tenu à l'Université Paris Est Créteil les 4 et 5 février 2010.
Nombreuse, infiniment ondoyante et diverse, cette pensée n'est qu'une charité toujours active dont le mouvement incessant tend vers des objets qui nous échappent ou vers les aspects inconnus de ceux que nous percevions déjà. Comment suivre une telle pensée sans être cette pensée même (...)? ". Le présent ouvrage tente une réponse en même temps qu'il pose la question. Considérant que les écrits de Bonaventure dessinent moins une progression linéaire qu'ils ne suivent un " ordre du coeur ", Etienne Gilson propose ici, après un chapitre introductif de nature biographique qui cherche l'homme derrière l'oeuvre, un parcours circulaire autour du centre de la synthèse bonaventurienne, le Verbe, incarné en la personne du Christ. C'est ainsi que se trouvent abordés les thèmes fondamentaux que sont la critique de la philosophie naturelle, l'évidence de l'existence de Dieu et le problème de la science et de la volonté divines, mais aussi la création, les corps inanimés, les animaux, l'âme humaine, les anges, ou encore l'illumination, la grâce et la béatitude. Ces études convergent et culminent tout à la fois dans un dernier chapitre qui s'attache à saisir l'esprit de ce penseur. A l'encontre de l'argument qui consiste à qualifier Bonaventure de mystique pour le reléguer hors de l'histoire de la philosophie, Etienne Gilson se propose de recourir précisément à cet argument pour l'y réintégrer : le sentiment mystique, pénétrant en effet toutes les couches de l'édifice, est ce qui lui confère sa systématicité, et une systématicité telle que cette mystique spéculative bonaventurienne partage seule avec la doctrine thomiste le titre de synthèse de la pensée scolastique tout entière. Tendant toujours vers une métaphysique de la mystique chrétienne comme vers son terme ultime, cette pensée témoigne simultanément de la nécessité de la science et de sa subordination aux " ravissements mystiques ", et se situe à la rencontre des influences de saint François, de saint Augustin et des exigences systématiques des Sommes de Thomas d'Aquin. L'oeuvre de Bonaventure marque ainsi un moment capital dans le long progrès par lequel la théologie scolastique parvint à l'unité d'un système.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.