Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Une contre-histoire de la colonisation française
Ghali Driss
GODEFROY
24,00 €
Épuisé
EAN :9782865533343
Introduction : ne pas se tromper d?ennemi« Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir. »Franz FanonVis-à-vis de la France, la génération actuelle a pour mission d?inventer une nouvelle formule de gouvernement. Une formule qui convienne à un vieux pays devenu soudainement multiracial et multiconfessionnel. Une formule qui embrasse les nouvelles réalités démographiques sans casser la société. Une formule gagnante qui assure la puissance, le bonheur collectif et la prospérité.Pour l?instant, cette formule n?existe pas, même si tout le monde fait semblant que tout va bien. Les alarmes sonnent mais l?équipage se saoule sur le pont et chante en coeur que la République Française a réponse à tout.Ni les Français de souche, ni les Français de branche n?ont vocation à participer à un naufrage collectif. Pourtant, les chances sont grandes pour que les jeunes qui ont aujourd?hui entre vingt et trente ans assistent ou participent même à la dislocation de la France. Il leur appartient de conjurer le sort pour ne pas être la génération-fléau, celle qui a vu venir le danger et n?a rien fait, celle qui a préféré cracher dans la soupe au lieu de préserver l?héritage.Je suis sérieux, les ingrédients sont là soit pour une guerre civile, soit pour un lent détricotage de la nation française, écartelée entre les égoïsmes minables des uns et des autres.Pour paraphraser Fanon, cité en exergue de ce propos : le contexte est opaque, mais la mission est claire. Elle est évidente même. Elle fait peur surtout, car il n?existe pas de formule sur étagère pour régler le problème. D?où la tentation de fuir vers le passé à la recherche de coupables parmi les morts et les disparus. On n?y risque rien car un cadavre ne rend pas les coups de pied. Il comparaît silencieusement devant le tribunal de la mémoire qui tient session chaque jour, samedi et dimanche compris.Poussés par leurs aînés, les jeunes d?aujourd?hui mordent à pleines dents dans la chair en décomposition. D?un côté, ceux qui accusent leurs ancêtres d?avoir colonisé. De l?autre, ceux qui se présentent comme les victimes du colonialisme, bien qu?ils n?aient jamais vu de colon de leur vie, ni connu ne serait-ce qu?une seule journée d?occupation étrangère. Dans les deux cas, ce sont des lions en puissance qui se comportent comme des hyènes.Ils sont poussés au crime par des lobbies puissants. Ces officines de la haine chantent en choeur la nécessité du devoir de mémoire. Elles ont intérêt à porter à incandescence la question coloniale. Telle une nuée de criquets, partout où elles passent, elles amènent la dévastation. Elles ne fécondent rien, elles pondent la dissension et le malaise entre les frères et les soeurs.L?establishment ou une partie de celui-ci met en avant des losers professionnels dont le seul métier est d?être Arabes et Noirs. Protégés de toute critique sérieuse, ils se croient talentueux et défilent à la télévision, grisés par leur « victoire » idéologique. Ces nigauds se prennent pour Martin Luther King alors qu?ils sont les paladins du système. Ce sont des talents sur pilotis. Vous leur enlevez leurs parrains, ils s?écroulent.Ce livre est un antidote au poison distillé par ces apôtres de la mauvaise foi. Il prétend offrir une synthèse dépassionnée de la colonisation française. Il propose d?aller au fond des choses sans se perdre dans les querelles d?historiens. Il est conscient que la société cherche des réponses audacieuses à des questions simples. Des réponses exprimées clairement et sans que l?auteur ne se drape derrière une fausse neutralité.Il est habité par l?urgence de tourner la page pour se consacrer corps et âmes à ce qui importe, c?est-à-dire à la mission véritable de cette génération.Tourner la page ne veut pas dire effacer l?oppression et l?injustice. Cela ne signifie pas non plus monter la garde autour des traumatismes. Il s?agit de s?élever à la hauteur des faits pour les regarder les yeux dans les yeux, sans ramper par terre comme un animal blessé ni se placer en surplomb tel un demi-Dieu arrogant. Agir et penser comme un adulte, tout simplement.Que l?on me traite de collabo ou de traître. Peu m?importe. Je préfère livrer le combat de mon époque que de m?approprier les luttes de ceux qui sont morts et enterrés. Mon arrière-grand-père a guerroyé contre la France lors de la conquête du Maroc, il a perdu, la messe a été dite. Ses fils sont passés à autre chose, ils ont travaillé, fait des enfants et attendu la bonne occasion pour se rebeller, elle ne s?est pas présentée, tant pis. Parmi eux, mon père qui a été le seul de sa famille à fréquenter les bancs de l?école communale. Il s?est ensuite faufilé dans le lycée français de Marrakech, interdit aux musulmans à l?époque. Il y a obtenu son baccalauréat en 1956 l?année où la France annonçait son départ du Maroc. Sans tergiverser, il s?est mis au travail pour le compte des nouvelles autorités marocaines. Avec des bouts de ficelle, il a fait des miracles dans son domaine : l?audiovisuel. Mon père n?a jamais songé à demander des réparations à la France ou à lui attribuer ses difficultés.Je n?ai pas le droit de rouvrir les blessures que mes ancêtres ont cicatrisées.Cet ouvrage risque de déplaire à quelques historiens qui diront que je n?ai pas leurs diplômes, donc que je manque de légitimité. Il risque également d?irriter certains militants, de gauche comme de droite, qui n?y trouveront pas le manichéisme qui permet de distinguer les bons des méchants, avec un coup de baguette magique.Je réponds préventivement à ces deux critiques que je suis un simple citoyen qui n?a pas de temps à perdre. Il faut en effet sauver la France. Or, ni les historiens ni encore moins les militants n?ont apporté un récit qui puisse désactiver la question coloniale et en neutraliser les effets toxiques. Pour combler le vide et répondre à l?urgence, il est licite qu?un homme normal tente de se rendre utile à ses semblables en explorant, malgré ses limitations, un champ aussi complexe que celui de la colonisation. Au fond, il ne s?agit rien d?autre que de faire revivre l?idéal de l?honnête homme dont la France s?est malheureusement éloignée, ensorcelée par deux imposteurs : l?intellectuel mondain qui produit de la posture et l?expert spécialisé qui produit du bruit. L?honnête homme, lui, est un généraliste qui travaille et qui n?a pas peur d?aller au fond des choses. Il est souverain, car il revendique et exerce sa capacité à apprendre par lui-même. Comme l?homme d?entreprise, il est tendu vers l?action qui résout les problèmes et crée de la valeur. Pour le dire autrement, l?honnête homme ne prospère pas sur le malaise, il préfère se rendre utile.Quelques précisons à propos de la méthodePour des raisons de lisibilité et de simplicité, ce livre se limite à la colonisation française la plus proche de nous, celle qui a englouti l?Indochine, le Maghreb et une grande partie de l?Afrique noire. Elle démarre à la prise d?Alger en 1830, se termine en 1962 et projette ses ramifications jusqu?à l?époque actuelle.D?autres territoires ont été saisis par la France dans les siècles antérieurs dont la Réunion, la Guyane et les Antilles. Quoi que cette histoire soit fascinante à plus d?un titre, je me garderai de l?effleurer car les colonies acquises par l?Ancien Régime ont participé d?une logique tout à fait différente de celle qui a animé la colonisation après la Révolution. Elles sont le fruit d?une vision mercantiliste du monde, orientée vers la promotion des intérêts des négociants et des planteurs. Avec la prise d?Alger en 1830, démarre une colonisation d?un autre type, qui ne joue pas franc jeu et qui dissimule ses motifs véritables derrière des éléments de langage comme la mission civilisatrice. Les Rois de France avaient au moins le mérite de ne pas travestir les motivations réelles de leur politique coloniale. Nous y reviendrons amplement dans ce livre.Nous négligerons l?expérience syrienne et libanaise, conscients qu?il s?agit d?une histoire à part dans l?histoire générale de la colonisation française. De même, les comptoirs français en Inde, minuscules et excentrés par rapport à la vie globale de l?empire, ne seront pas au menu de cette étude. Que le lecteur veuille bien nous pardonner ce parti pris.Le plan suit une perspective chronologique, facile à accompagner.â?¢ Première partie : le mythe du paradis perduâ?¢ Deuxième partie : aux origines d?une idée folle (1830-1905)â?¢ Troisième partie : une mauvaise affaire (1905-1954)â?¢ Quatrième partie : une formalité nommée décolonisation (1954-1962)â?¢ Cinquième partie : l?empire contre-attaque (des années 1960 à nos jours)â?¢ Sixième partie : Que faire ? Pleurer le passé ou sourire à l?avenir ?L?étude se prolonge donc au-delà des années 1960, la colonisation s?étant diluée dans notre histoire immédiate. Elle a pris le visage de rapports de domination et de solidarité inédits, aux conséquences incalculables (et non calculées).Au cours de l?élaboration de ce livre, je me suis fait violence pour éliminer ou du moins atténuer mon biais pro-Français. Je ne suis pas sûr d?y être parvenu. En tout cas, j?ai changé d?avis à plus d?un titre, notamment en ce qui concerne l?Algérie où je suis bien moins indulgent avec la France que je ne l?étais au commencement de ma démarche. Changer d?opinion est un luxe accessible à celui qui a le temps d?étudier et de se documenter. Exercez-le et n?ayez-pas peur de faire amende honorable. Puisse ce livre vous aider dans ce sens.Enfin, gardons une dose d?humilité au moment de juger des faits accomplis par d?autres que nous et à une autre époque que la nôtre. S?il est souhaitable de cultiver un sens aigu du Bien et du Mal, il serait malvenu de distribuer des bons et des mauvais points à des personnages qui ont fait preuve d?un courage, d?une résilience et d?une culture qui ne sont pas le lot du commun des mortels. Attention à ne pas verbaliser des géants du haut d?un strapontin.Les termes indigènes et autochtones seront utilisés dans leur acception originelle, sans aucune charge péjorative. Quand j?écris noir, arabe et jaune, je me réfère à une race et à une couleur de peau, je ne rabaisse ni n?exalte personne.,
Résumé : Quel peut être le rôle de l'ONU alors qu'il n'y a plus qu'une seule superpuissance ? A-t-elle encore les moyens de promouvoir la paix, selon la mission que lui ont assignée ses fondateurs ? " l'ONU semble dépassée par le désordre planétaire. Elle est pourtant la seule institution capable de gérer l'après-guerre froide et les multiples mutations qu'engendre la globalisation. Mais cette transformation ne réussira que si les Etats-Unis le permettent ", affirme Boutros Boutros-Ghali. Dans son récit des cinq années (1992-1996) qu'il a passées à la tête des Nations Unies, Boutros Boutros-Ghali fait une large part aux conversations qu'il a eues avec les dirigeants de ce monde. Il évoque aussi, sans détours, les obstacles auxquels il s'est heurté dès qu'il a entrepris de réformer l'administration onusienne et voulu trouver les moyens de financer des opérations de plus en plus nombreuses. Cambodge, Balkans, Somalie, Rwanda, Proche-Orient, Amérique centrale : l'ONU a dû alors intervenir sur tous les continents, souvent dans le même temps. Or pendant que les appels au secours se multipliaient, les relations entre les Nations Unies et la Maison-Blanche n'ont cessé de se détériorer, celle-ci ayant finalement opposé son veto à la réélection de Boutros Boutros-Ghali. " En fait, conclut l'ancien secrétaire général, l'ONU n'a pu pleinement accomplir sa mission que lorsque celle-ci recevait l'agrément des Etats-Unis. Durant mon mandat, on m'a reproché d'être tiers-mondiste, mais je continue à croire que les Nations Unies doivent être le porte-parole des peuples les plus déshérités. C'est là une des conditions pour qu'elles jouent un rôle planétaire au XXIe siècle. "
Résumé : Un livre indisponible depuis plus de 30 ans. Des centaines de milliers de Français ont lu le "Napoléon" de Jacques Bainville. Cette biographie est désormais un classique, sans cesse réédité depuis sa parution, en 1931. Au-delà de la légende et de la gloire militaire, l'auteur y déploie son talent de psychologue pour décrire la personnalité et le caractère de l'Empereur et les ressorts de sa carrière inouïe. Il y évoque les hasards qui émaillent cette dernière et la faculté géniale de Napoléon de tirer parti de ceux-ci. "Le livre est aussi bien écrit que bien pensé, il est digne de Napoléon" écrira André Maurois. En 1936, l'année de la mort de Bainville, paraît un ouvrage posthume intitulé "Bonaparte en Egypte" . Le récit de l'expédition de 1798 est remarquablement servi par le style limpide de l'auteur, ce style qui est sa marque. Pour la deuxième fois de sa carrière, Bonaparte administre un pays. L'Egypte, après l'Italie, est son deuxième proconsulat. Il la gouverne non pas en idéologue, mais en réaliste en terre d'Islam. " Quelques mois lui avaient suffi pour y laisser l'empreinte de la France. C'est peut-être l'oeuvre la plus féconde et la plus durable de Napoléon" , ainsi Bainville conclut son livre. Celui-ci n'était plus disponible depuis presque trente ans. Voici une nouvelle édition avec une préface qui éclaire l'oeuvre de Bainville relativement à Napoléon. Historien, journaliste et académicien, Jacques Bainville (1879 - 1936) est l'un des plus grands chroniqueurs de l'histoire de France. Il s'est rendu célèbre en anticipant la montée inexorable des tensions franco-allemandes, dans son livre Les Conséquences politiques de la paix.
Résumé : C?est une battante : Samia Ghali est une vraie Marseillaise. Toute sa vie elle s?est battue. Pour vivre, pour avancer, pour s?imposer en politique. Née dans un bidonville, élevée dans une cité des quartiers Nord de Marseille, elle est aujourd?hui sénatrice-maire PS des 15e et 16e arrondissements de Marseille. Un parcours hors du commun guidé par une volonté farouche de ne jamais oublier d?où elle vient ni pourquoi elle est entrée en politique. Pour sa ville, pour les Marseillais, elle brise les codes du politiquement correct : sécurité, éducation, emploi, logement, transports. Il faut des solutions radicales. La violence à Marseille : " Faire appel à l?armée. " La politique, pour elle, c?est une lutte de tous les jours, terre à terre, pied à pied, sans ne jamais rien lâcher. Elle raconte son parcours, ses combats, son lien charnel avec Marseille. C?est une femme sans faux-semblants. Voici Samia Ghali en portrait nature. Telle quelle.
Résumé : Sur le mode d'une lettre personnelle, Driss Ghali s'adresse à chacun d'entre nous, citoyens du monde moderne perdus devant les nombreuses injonctions contradictoires de l'Occident : réussite sociale et matérielle, bonheur, éthique, compassion, exigence, fermeté, sincérité, etc... Comment faire pour être soi-même et résister aux vents contraires d'un monde devenu mensonge ? Pour Driss Ghali, il faut se décoloniser soi-même, se débarrasser des désirs qui ne sont pas vraiment les nôtres et ainsi acquérir la " puissance " , une qualité aujourd'hui inconnue, un terme dévoyé. Pour entrer dans cette démarche libératoire, il y a un passage indispensable : celui de l'identité. Aux yeux de Driss Ghali ; qui a vécu le déracinement et les projections sociales de ses parents, il n'y a pas de citoyens du monde, il n'y a que des gens de quelque part. Mieux ils assument leur identité, avec ses parts d'ombre et de lumière, mieux ils réussiront à s'ouvrir sur le monde et à s'y épanouir. Né au Maroc, diplômé de l'EDHEC et de CentraleSupélec, Driss Ghali est écrivain politique et conférencier. Il porte une voix originale dans le débat public où il avertit du spectre d'une mondialisation irraisonnée qui menace la diversité des cultures et des paysages.
L'âge d'or des cathédrales se situe aux XIIe et XIIIe siècles. C'est avec l'abbé Suger, le conseiller des rois capétiens Louis VI et Louis VII, que "l'art gothique", va permettre à la cathédrale de s'ouvrir sur le monde extérieur en y déversant la lumière au sein de la nef et du choeur, tandis que dans la poussière des chantiers sacrés, les maîtres d'oeuvre élèveront les voûtes d'ogive toujours de plus en plus haut. Cependant, des travaux scientifiques récents montrent que la plupart de nos "vieilles dames de pierre" ne seraient plus debout aujourd'hui, si les bâtisseurs n'avaient fait appel aux artisans du fer qui, très ingénieusement, insérèrent le métal dans la pierre pour augmenter sa résistance aux pressions s'exerçant de toutes parts et qui menaçaient la stabilité de l'édifice. Fascinés par cette "épopée des cathédrales", les hommes firent appel au merveilleux et au surnaturel pour expliquer ce qu'ils voyaient d'étrange dans ces oeuvres grandioses. Ne disait-on pas qu'anges et démons avaient leur part dans la construction ? Pourquoi les cathédrales sont-elles toutes des "Tours inachevées" ? Les cathédrales seraient-elles des "Demeures philosophales" ? C'est du moins ce que l'on serait en droit de penser à la vue de ces étranges médaillons et figures hiéroglyphiques, qui semblent vouloir expliquer au promeneur qui les contemple, les étapes du "Grand Oeuvre" des alchimistes ?
Pratique millénaire née en Chine, la cérémonie du thé s'est épanouie au japon. Depuis le XVe siècle, elle exerce un impact décisif sur la politique, la culture et la société de ce pays. Cette pratique quotidienne de l'esthétique et de la spiritualité orientale enseigne avant tout l'art de la relation; qu'il s'agisse de la relation à soi, à l'environnement ou aux autres. Elle développe la sérénité en apportant tous les avantages de la méditation. Elle instaure un lien d'harmonie avec l'environnement et la nature. Elle conduit au respect de l'autre et permet d'améliorer les liens entre les partenaires, les collaborateurs, les amis. Par un récit vivant et concret, Franck Armand nous guide à travers les enseignements subtils de cette pratique ancestrale et porteuse d'avenir.
Le compagnonnage a été pendant plus de cinq siècles une des institutions les plus puissantes de notre pays. Contre les corporations, instruments d'une oligarchie jalouse de ses privilèges, il a défendu infatigablement la cause des artisans, les instruisant dans leur art et les protégeant. Il les accompagnait dans leur Tour de France, où ils acquéraient cette habileté de main attestée par tant de chefs d'oeuvre. Dans ce magnifique ouvrage, Martin Saint-Léon nous présente les divers mouvements compagnonniques, souvent rivaux ; il nous décrit leurs coutumes, les rituels de réception, leurs fêtes, leurs pèlerinages, comme celui de la Sainte-Baume. Il nous fait partager leur vie quotidienne sur les chantiers et dans la cayenne, où la Mère, objet d'un respect unanime, les nourrissait et les logeait. Une somme de documents rares : chansons, règlements, rites, récits écrits par des compagnons, fait du livre de Martin Saint-Léon l'ouvrage de référence inégalé sur le compagnonnage.
L'air du temps est à l'écologie et on peut s'en féliciter. Mais si tout le monde parle de communion avec la nature, de changements majeurs dans nos modes de production et de consommation, personne ne donne une définition précise de ces termes et le flou s'empare du débat public. La transition écologique devient le prétexte à une écologie verbeuse, quand elle n'est pas punitive pour les plus faibles qui se retrouvent taxés indûment et qui finissent par se révolter comme nous l'ont montré les gilets jaunes. Philippe Murer nous présente une méthode simple dans un programme détaillé pour faire une transition respectueuse de notre environnement, restauratrice de nos territoires, valorisante pour nos emplois et protectrice de l'avenir de nos enfants. De l'agriculture bio à la crise de l'éolien, l'ouvrage propose des objectifs (comme le 100 % bio) à travers une lecture thématique et accessible des grands problèmes écologiques (obsolescence programmée, artificialisation des sols, fin des énergies fossiles). Loin du capitalisme vert comme du catastrophisme incapacitant, cet ouvrage nous montre le visage d'une écologie réconciliée avec le peuple et ambitieuse pour l'avenir.
Résumé : Voici une histoire par dates du VIIe au XXe siècle, riche en surprises, qui rend compte des profonds renouvellements qui ont transformé notre vision de ce qu'on appelait autrefois les "Grandes Découvertes". Les dates "canoniques", revisitées à l'aune d'une réflexion critique sur les raisons de leur élection par les chronologies officielles, alternent avec les dates "décalées" qui font surgir des paysages et des personnages méconnus. ll est ici question de détricoter le discours qui, associant exploration du monde et "entrée dans la modernité", en réserve le privilège et le bénéfice à l'Europe, et, pour ce faire, de documenter d'autres voyages au long cours extra-européens. Il est également question, prenant le contre-pied d'une histoire héroïque des expéditions lointaines qui en attribue le mérite à quelques singularités, de rappeler qu'il faut beaucoup d'illusions, et plus encore d'intérêts, pour faire un "rêve", et que Christophe Colomb n'aurait jamais appareillé sans les vaisseaux des frères Pinzón. Il s'agit ainsi de substituer des lieux, des instants et des visages aux cultures en carton-pâte et aux croyances en papier mâché ; de donner à voir les échecs autant que les réussites, les naufrages dans les estuaires de la même façon que les entrées triomphales dans les cités soumises ; d'inclure amiraux ottomans, navigateurs chinois, interprètes nahuatls et pilotes arabes dans le musée imaginaire de l'histoire globale ; de mettre en lumière tout un petit peuple d'assistants et d'auxiliaires, de sherpas et de supplétifs (que seraient Magellan sans le Malais Enrique ou Cortés sans la Malinche ? ) ; de passer outre une histoire au masculin en rendant droit de cité aux voyageuses et aux exploratrices ; et enfin de prêter une égale attention aux êtres et aux choses, sachant que, s'il faut une nef pour traverser un océan, une vague ou un bacille suffisent à la vider de ses occupants. Ce sont donc à la fois une autre histoire du monde et une autre histoire de l'Europe qui se dévoilent au fil des 90 récits d'aventures proposés par 80 des meilleurs historiennes et historiens de ces questions.
Georges Duby, (1919-1996), historien internationalement reconnu, professeur au collège de France, membre de l'Académie française, a dirigé chez Larousse une Histoire de la France et le volume "Moyen Âge" de l'Histoire du monde.
Présentation de l'éditeur A la croisée de l'histoire maritime, économique et sociale, le transport de nombreuses marchandises par voie d'eau contribue depuis plus de 2000 ans à la mondialisation des échanges commerciaux. La France, dotée d'une large façade maritime, de ports d'envergure et de nombreuses routes fluviales, a su s'imposer comme un acteur essentiel de ce négoce. De l'Antiquité à aujourd'hui, vin, poivre, cacao, café, porcelaine... ont circulé sur des routes mythiques, des Indes aux Amériques. Si les clippers , immenses voiliers rivalisant de vitesse dans la course au thé du XIXe siècle, ont peu à peu été détrônés par le cargo à vapeur, l'art de composer une cargaison en fonction des produits, des destinations et des escales nouvelles continue de faire de chaque expédition une aventure différente.
Résumé : Les mots nous manquent pour dire le plus banal des paysages. Vite à court de phrases, nous sommes incapables de faire le portrait d'une orée. Un pré, déjà, nous met à la peine, que grêlent l'aigremoine, le cirse et l'ancolie. Il n'en a pourtant pas toujours été ainsi. Au temps de Goethe et de Humboldt, le rêve d'une " histoire naturelle " attentive à tous les êtres, sans restriction ni distinction aucune, s'autorisait des forces combinées de la science et de la littérature pour élever la " peinture de paysage " au rang d'un savoir crucial. La galaxie et le lichen, l'enfant et le papillon voisinaient alors en paix dans un même récit. Ce n'est pas que l'homme comptait peu : c'est que tout comptait infiniment. Des croquis d'Alfred Wallace aux " proêmes " de Francis Ponge, des bestiaires de William Swainson aux sonnets de Rainer Maria Rilke, ce livre donne à entendre le chant, aussi tenace que ténu, d'un très ancien savoir sur le monde - un savoir qui répertorie les êtres par concordances de teintes et de textures, compose avec leurs lueurs des dictionnaires éphémères, s'abîme et s'apaise dans le spectacle de leurs métamorphoses.