Bronislaw Geremek, né en 1932, compte parmi les hommes politiques les plus importants de l'Europe de l'Est. Eminent historien du Moyen Age, il s'est engagé dans l'opposition démocratique au régime communiste dans les années soixante-dix. Il a été conseiller de Lech Walesa pendant les grèves des chantiers navals de Gdansk en 1980 et l'un des experts du syndicat " Solidarité ". Il est ministre des Affaires étrangères de Pologne depuis 1997. Parfaitement francophone et francophile de c?ur, Bronislaw Geremek a publié en français de nombreuses analyses historiques (Les Fils de Caïn, La Potence et la Pitié, Les Marginaux parisiens aux XIVe et XVe siècles). Ces conversations à bâtons rompus avec Juan Carlos Vidal ont été réalisées en 1994-1996. Le portrait passionnant qui s'en dégage permet de retracer un demi-siècle d'événements dramatiques et de suivre l'itinéraire d'un intellectuel aux prises avec les tensions de son époque. Le découpage du livre suit l'évolution de la personnalité de Bronislaw Geremek, historien réputé devenu par son engagement politique, un acteur influent de l'Histoire. Sans complaisance, avec une honnêteté et une sincérité remarquables, il raconte son enfance pendant la guerre, sa formation d'historien à Varsovie, ses études à Paris, l'aventure de " Solidarité ". Bronislaw Geremek donne à lire toute une page de l'histoire du XXe siècle et brosse de nombreux portraits de personnages importants, aussi bien du monde intellectuel que de la galaxie politique : Jacques Le Goff et Georges Duby y côtoient Lech Walesa et Vàclav Havel.
Les artistes ont toujours été fascinés par les vagabonds et le monde de la misère. Admiré, puis méprisé, le misérable est considéré comme le symbole d'une noblesse spirituelle de la vilenie ; il suscite compassion et vénération, sarcasmes et rejet. Evoqué par les écrivains comme un des éléments de la vie sociale, le mendiant sert souvent à mettre en valeur les vertus du protagoniste du récit, ou à montrer les heurs et malheurs du destin. Souvent aussi, il apparaît comme marginal et dissident, porteur de la vente suprême et d'un sens moral aigu. La littérature a sûrement déformé l'image du pauvre mais c'est dans la réalité qu'elle puise la matière du récit. Nous retrouvons dans cette image un amalgame qui rassemblait des individus très différenciés mais reliés entre eux par un système de "valeurs négatives" : manque de biens, manque de foi, manque de discipline. Cette imagerie péjorative reflète les mutations qui s'accomplissaient alors au sein de la société. Bronislaw Geremek étudie dans ce livre les rapports entre les représentations littéraires de ces "fils de Caïn" et la réalité sociale. Il brosse ainsi une fresque de la misère et du vagabondage telle que les présentent les littératures anglaise, française, espagnole et polonaise du XVe au XVIIe siècle.
Les artistes ont toujours été fascinés par les vagabonds et le monde de la misère. Admiré, puis méprisé, le misérable est considéré comme le symbole d'une noblesse spirituelle de la vilenie ; il suscite compassion et vénération, sarcasmes et rejet. Evoqué par les écrivains comme un des éléments de la vie sociale, le mendiant sert souvent à mettre en valeur les vertus du protagoniste du récit, ou à montrer les heurs et malheurs du destin. Souvent aussi, il apparaît comme marginal et dissident, porteur de la vérité suprême et d'un sens moral aigu.La littérature a sûrement déformé l'image du pauvre mais c'est dans la réalité qu'elle puisse la matière du récit. Nous retrouvons dans cette image un amalgame qui rassemblait des individus très différenciés mais reliés entre eux par un système de «valeurs négatives» : manque de biens, manque de foi, manque de discipline. Cette imagerie péjorative reflète les mutations qui s'accomplissaient alors au sein de la société.
L'Europe a-t-elle encore un projet politique ? Doit-on parler de déficit démocratique ou de crise de légitimité ? Quel avenir pour la Constitution européenne ? Quels scénarios pour demain ? Avons-nous vraiment besoin d'une Europe sociale ? Suffit-il d'étendre les frontières pour devenir une puissance globale ? Cet ouvrage dresse un véritable état de la question et fournit des éclairages précieux et uniques sur le débat européen, ses éléments saillants, ses clivages et ses silences. Une ambition : repenser l'Europe, dans ses principes comme dans ses réalités. A la multiplicité des points de vue traduisant la diversité des disciplines et des nationalités répond le débat entre les générations. Ouvrage de référence autant que boîte à idées, c'est un modèle de ce que l'esprit européen devrait être : multiplicité des voix et des vues ; commune inspiration et détermination à oeuvrer ensemble à bâtir l'avenir.Historien, Bronislaw Geremek est député européen, après avoir été député à la Diète polonaise et ministre des Affaires étrangères.. Sociologue, l'Allemand Robert Picht est vice-recteur du Collège d'Europe.
Au printemps 1939, une organisation top secret est fondée à Londres, surnommée " l'armée secrète de Churchill " : elle a pour objectif de détruire la machine de guerre d'Hitler, au moyen d'actes de sabotage spectaculaires. La guérilla s'avéra aussi extraordinaire que les six gentlemen qui dirigèrent les opérations. Churchill les avait choisis pour leur créativité et leur mépris des convenances. L'un d'eux, Cecil Clarke, était un ingénieur fou qui avait passé les années 1930 à inventer des caravanes futuristes. Son talent fut employé dans un but bien plus dangereux : c'est lui qui construisit la bombe destinée à assassiner le favori d'Hitler, Reinard Heydrich. Un autre membre de l'organisation, William Fairbairn, était un retraité corpulent à la passion peu commune : il était le spécialiste mondial des techniques d'assassinat sans bruit. Sa mission consistait à entraîner les hommes parachutés derrière les lignes ennemies. Dirigés par Colin Gubbins, un pimpant Ecossais, les six hommes formaient un cercle secret qui planifia les sabotages les plus audacieux de la Deuxième Guerre mondiale. Winston Churchill les appelait " son ministère de la Guerre sale ". Les six " ministres ", assistés d'un groupe de femmes formidables, furent si efficaces qu'ils changèrent le cours de la guerre. Raconté sur le ton d'un récit d'aventure, avec la verve remarquable de Giles Milton et son subtil sens du détail, Les Saboteurs de l'ombre se base sur de vastes recherches historiques et sur des archives inédites jusqu'ici.
Résumé : De 1952 à sa disparition en 1977, Charlie Chaplin vit avec sa famille au manoir de Ban, à Corsier-sur-Vevey (Suisse). Dès son installation sur les bords du lac Léman, le génie du 7e art choisit comme photographe personnel un jeune homme arrivé de Paris quatre ans plus tôt : Yves Debraine. Leur collaboration perdurera jusque dans les années 1970. Le photographe est chargé de réaliser les cartes de voeux des Chaplin, mises en scène dans des situations à chaque fois différentes par le grand cinéaste. Mais aussi de documenter les fêtes de famille, les réceptions, la vie de famille, les remises de prix, les visites en Suisse, le maître au travail sur ses derniers films et l'écriture de ses mémoires. Pour la première fois réunies dans un livre, ces photographies montrent un Chaplin apaisé, toujours créatif, à l'abri du tumulte du monde derrière les hautes frondaisons du manoir de Ban. Discret observateur de l'intimité de Charlie Chaplin, de sa femme Oona et de leurs enfants, Yves Debraine donne la pleine mesure de son talent, alors reconnu par les plus grands magazines internationaux, dont Life aux Etats-Unis. Chaplin personal propose une sélection des archives Chaplin d'Yves Debraine, dont un bon nombre d'images inédites. Il accueille également un texte inédit du photographe, où il témoigne de son expérience à la fois professionnelle et humaine au manoir de Ban. Le livre comporte une introduction et une biographie du reporter-photographe par son fils Luc Debraine, directeur du Musée suisse de l'appareil photographique à Vevey (Suisse). Un témoignage de l'un des enfants de Charlie Chaplin est aussi attendu.
Né en 1933 à Zurich, René Burri est partout où l'histoire se joue. Membre de l'agence Magnum depuis 1955, il photographie le Moyen-Orient, la Guerre des Six Jours et celle du Viêt Nam ; il parcourt le Japon, la Chine, l'Europe, l'Amérique du Nord et du Sud. De nombreuses personnalités sont passées devant son objectif : Picasso, Le Corbusier, Niemeyer, Giacometti ou Tinguely. En 1963, il réalise son célèbre portrait du "Che au cigare" qui le fera connaître auprès de tous les publics. Les liens entre René Burri et le Musée de l'Elysée sont ancrés dans l'histoire de l'institution. Son exposition "Les Ruines du futur" y est présentée en 1987, suivie d'une rétrospective en 2004. En 2013, René Burri décide de créer une fondation à son nom au Musée. A partir de ce fonds exceptionnel, le Musée de l'Elysée a programmé une nouvelle rétrospective. Celle-ci révélera pour la première fois l'ensemble de l'oeuvre multiple de Burri. Les photographies seront mises en perspective avec ses films, carnets de voyage, collages, dessins, aquarelles... On y découvrira ainsi la part plus intime d'un des plus grands photoreporters de notre temps.
Résumé : En 2012, La Terre est l'oreille de l'ours s'offrait comme une célébration du Vivant où notations en forêt, spéculations et remémorations se conjuguaient avec une mosaïque de lectures brassant sciences naturelles, environnement, éthologie, psychologie, poésie, spiritualité et anthropologie. Cinq ans plus tard, L'île où les hommes implorent s'attache, le temps de quatre saisons, à inventorier les éléments constitutifs d'une rapide dégradation des conditions de vie sur la planète Terre. D'où son sous-titre : " Chronique d'un désastre amorcé ". Mû par une inquiétude que chaque mois s'emploie à confirmer, l'auteur n'en ressent que plus fort l'urgence d'explorer la palette des prodiges recelés par le monde qui s'étiole ? ce à travers quatre entités géographiques : le territoire traditionnel des Innus du Québec-Labrador, l'île du Sud de la Nouvelle-Zélande, l'île cycladique de Sifnos et la campagne vaudoise où l'ancien Parisien a choisi de s'établir. De lieux en peuples aimés, Jil Silberstein dit la splendeur d'un rituel particulier aux Nuu-chah-nulth de l'île de Vancouver, les prouesses d'une araignée (le Pholque phalangide), les enjeux du Pléistocène, l'exploration du Pacifique. Il s'initie à la dérive des continents. Sonde les motifs d'un marbre antique du sanctuaire de Delphes. Retrouve au coeur de la forêt subarctique le peuple innu dépossédé par le colonialisme. Célèbre l'écrivaine américaine Annie Dillard, le Tao te king et son cher Joachim Du Bellay. D'une telle démarche " tous azimuts " résulte l'irrésistible goût d'observer à son tour. Et de chérir ce qui peut l'être encore.