Au bord des lacs de Chalain et de Clairvaux, dans le Jura français, les ruines de petits hameaux datant de 3 000 ans avant J.-C. se sont remarquablement conservées sous le niveau de l'eau ; elles constituent aujourd'hui l'une des sources documentaires les plus extraordinaires sur la vie quotidienne du Néolithique, aussi bien pour les scientifiques que pour le grand public. Après vingt années de découvertes, une équipe du Centre National de la Recherche Scientifique propose la reconstitution de deux maisons. Elle a pu contrôler, en grandeur nature, les données fournies par la fouille sur l'architecture, les outillages de pierre polie, les techniques de gestion de la forêt, les pratiques agricoles et la vie quotidienne de ces premiers cultivateurs qui ont défriché le Jura. Documents archéologiques, ethnoarchéologie et expérimentation nous font découvrir l'étonnante maison de paysans néolithiques qui ont choisi de protéger leurs communautés et leurs greniers dans un milieu où l'eau et la forêt se partagent les paysages.
Avons-nous les moyens de vivre sans interroger l'univers, sans inquiéter les coeurs, sans contrarier la vérité ni l'ajuster, sans recruter notre propre séquestration, sans demander l'aide de la terreur ou stratagèmes de fuite. Après la quotidienneté, le rythme, l'autobiographie, l'écho, le reflet comme thématiques ouvertes, qu'y a-t-il sinon l'animal, l'étranger, le fléau c'est-à-dire la contagion, Jean Daive est né en 1941. Il a publié des romans et plusieurs livres de poésie dont le premier, Décimale blanche, au Mercure de France, puis chez Gallimard, aux Editions POL et Flammarion notamment. Il a traduit des oeuvres de Robert Creeley et de Paul Celan. Il a fondé quatre revues importantes : fragment, fig, Fin et KOSHKONONG. Il a réalisé de grandes émissions radiophoniques pour France Culture telles que "Grands entretiens", "Nuits magnétiques" ou "Peinture fraîche". Il vient de publier son premier essai sur le regard : L'Exclusion, aux Editions de la Galerie Jean Fournier.
Résumé : L'histoire du Fantasio d'Offenbach est digne d'un roman d'aventure : échec retentissant à sa création en 1872 à l'Opéra Comique - largement à cause de préjugés l'égard du compositeur -, la partition disparaît dans l'incendie qui frappe le théâtre en 1887. Grâce à l'énergie de quelques passionnés la version française ressuscite d'entre les flammes en 2017 pour s'imposer comme une partition sensible et poétique, empreinte d'un romantisme subtil mais non dénué d'ironie et de grinçante bouffonerie. A l'occasion du retour de l'oeuvre sur les planches de l'Opéra Comique en décembre 2023, l'ASO consacre un numéro réunissant les plus gands spécialistes de l'oeuvre d'Offenbach. Comme d'usage à L'Avant-Scène Opéra, le volume permet au lecteur de suivre le livret original intégral, en regard d'un commentaire musical et littéraire abondamment illustré de photos de productions, ne discographie et une vidéographie, et une série d'études faisant le point sur le sujet.
Qui n'a pas observé après son premier cri le babil d'un nouveau-né – fait de bruits ensuite de sons puis de voyelles qu'il s'amuse à répéter. C'est le premier babillage où il distingue les graves et les aigus. Il attrape des objets et modifie aussitôt le babil jusqu'au babil canonique par lequel les syllabes apparaissent avec consonnes et voyelles. L'enfant passe de la langue au langage à l'aide des premiers accents de séduction, et peut-être déjà de propagande. Qui n'a pas observé la démarche inverse où poussés par des forces obscures certains hommes passent du langage à la langue en mettant en place un babil au service d'une propagande efficace qui pervertit la structure mentale de l'individu ? Société de masse génère médias de masse, se laisse formater par les valeurs d'un groupe. La propagande utilise vitesse de persuasion et grandes émotions comme dans le cinéma d'animation où Popeye fascine ou encore dans le conte de fées comme ici La Ferme des animaux de George Orwell qui raconte la Révolution russe de 1917 à travers Napoléon (Staline) flanqué d'un ministre de la propagande : il s'appelle Squealer (Couineur ou Traître) que Jean Queval, ami de Raymond Queneau, traduit par Brille-Babil. Le récit célèbre le soulèvement à la manière d'une féerie. La propagande est un travestissement que Blaise Pascal déjà dans les Pensées appelle " piperie " (manches pipées, poches pipées, revers pipés). La propagande aujourd'hui comme Hollywood hier est devenue une industrie des préjugés et du babil de séduction, babil de délinquant, babil de persuasion, babil de spectacle, babil de nouveau-né. Brille-Babil est une nouvelle revue dont la couverture efficacement dessinée par Jean-Charles Blais rappelle l'état de notre société et aussitôt l'état du mur. Brille-Babil se destine à montrer les états de la langue et du langage et de mettre l'accent sur des états de vertige – comme lorsque Georges Bataille dans un des premiers numéros de Critique analyse l'oeuvre de Hemingway en l'identifiant à Hegel : Georges Bataille affirme qu'il y a des vertiges dans l'écriture de Hemingway comme il y a des vertiges dans la pensée de Hegel. Il reste encore à fixer des vertiges. Brille-Babil en offre le lieu.
Les cinq siècles qui s'étendent de la fin de l'Empire romain à celle de l'Empire carolingien sont caractérisés par une économie basée sur la propriété rurale, la guerre, la faiblesse des échanges et le rôle réduit de la monnaie. C'est la période des rois mérovingiens aux petites propriétés et des incessantes guerres civiles, suivie par l'unification politique, monétaire et fiscale des Carolingiens. C'est aussi la période des dernières grandes invasions barbares, puis, plus tard, celle des vastes raids des Vikings. A partir d'une abondante documentation dont le lecteur trouvera de nombreuses citations et références, l'auteur étudie l'ensemble des faits socio-économiques et dresse un bilan des connaissances. Une cinquantaine de thèmes sont regroupés en six chapitres (la société, la guerre, l'occupation du sol, la vie économique, la monnaie, l'église) en distinguant les périodes mérovingiennes et carolingiennes. Un chapitre conclusif met en perspective l'ensemble des évolutions.
La Méditerranée a été le trait d'union de la civilisation antique. Par elle ont transité les produits, les hommes, les idées, les modèles économiques, sociaux et politiques. Mais la mer n'est pas un milieu simple. Elle change avec les saisons, avec les aléas climatiques, et avec les savoirs des hommes, qui la rendent alternativement repoussante ou attirante, en font une auxiliaire ou une ennemie, une porte ouverte ou une barrière. Les routes, qui n'y sont ni tracées, ni balisées, sont le produit d'une alchimie complexe où se mêlent conditions naturelles, technologie, savoirs empiriques et règles commerciales.Déterminer les itinéraires précis qu'empruntaient les navigateurs, leurs variations saisonnières, et les temps nécessaires à leurs parcours, sont le fruit de la géographie historique. Ces rythmes du commerce, qui ont constitué la trame de l'économie méditerranéenne antique, ont fondé la représentation du monde des Anciens. Un voyage à travers l'espace-temps de la navigation antique donne les mesures de la mer transmises aux géographes anciens par l'expérience des marins.