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Brille Babil N° 2, printemps 2022
Daive Jean ; Gentizon Jean-Michel
CREPUSCULES
18,00 €
Épuisé
EAN :9782918394938
Qui n'a pas observé après son premier cri le babil d'un nouveau-né – fait de bruits ensuite de sons puis de voyelles qu'il s'amuse à répéter. C'est le premier babillage où il distingue les graves et les aigus. Il attrape des objets et modifie aussitôt le babil jusqu'au babil canonique par lequel les syllabes apparaissent avec consonnes et voyelles. L'enfant passe de la langue au langage à l'aide des premiers accents de séduction, et peut-être déjà de propagande. Qui n'a pas observé la démarche inverse où poussés par des forces obscures certains hommes passent du langage à la langue en mettant en place un babil au service d'une propagande efficace qui pervertit la structure mentale de l'individu ? Société de masse génère médias de masse, se laisse formater par les valeurs d'un groupe. La propagande utilise vitesse de persuasion et grandes émotions comme dans le cinéma d'animation où Popeye fascine ou encore dans le conte de fées comme ici La Ferme des animaux de George Orwell qui raconte la Révolution russe de 1917 à travers Napoléon (Staline) flanqué d'un ministre de la propagande : il s'appelle Squealer (Couineur ou Traître) que Jean Queval, ami de Raymond Queneau, traduit par Brille-Babil. Le récit célèbre le soulèvement à la manière d'une féerie. La propagande est un travestissement que Blaise Pascal déjà dans les Pensées appelle " piperie " (manches pipées, poches pipées, revers pipés). La propagande aujourd'hui comme Hollywood hier est devenue une industrie des préjugés et du babil de séduction, babil de délinquant, babil de persuasion, babil de spectacle, babil de nouveau-né. Brille-Babil est une nouvelle revue dont la couverture efficacement dessinée par Jean-Charles Blais rappelle l'état de notre société et aussitôt l'état du mur. Brille-Babil se destine à montrer les états de la langue et du langage et de mettre l'accent sur des états de vertige – comme lorsque Georges Bataille dans un des premiers numéros de Critique analyse l'oeuvre de Hemingway en l'identifiant à Hegel : Georges Bataille affirme qu'il y a des vertiges dans l'écriture de Hemingway comme il y a des vertiges dans la pensée de Hegel. Il reste encore à fixer des vertiges. Brille-Babil en offre le lieu.
Résumé : Au lieu de suivre un tracé il prépare un décor le faut-il, le doit-il ? Il n'est pas à l'abri du Minuit car Minuit est à l'ordre du jour un rideau pour l'amour, un objet long pour l'échéance, il écrira - Au féminin entre guillemets.
Les journées en Arlequin est un livre des rencontres. Homme de radio, homme de revues, d'entretiens, Jean Daive a passé sa vie à dialoguer avec des poètes, des artistes, parfois des inconnus. Les journées en Arlequin racontent comment se trament le temps consacré à l'écriture et le temps libre, un temps ouvert à la rencontre, temps de l'écoute, de la chance, de l'accident, de l'imprévisible. Le livre réunit douze textes (sur Paul Celan, Georges Seurat, Jean Paulhan, Pierre Reverdy...) et s'ouvre sur un entretien avec Jean Starobinski à propos du temps et de la journée — la journée productrice de moments intenses, la journée qui doit pouvoir permettre d'écrire un livre.
Résumé : Un rêve inaugure ce livre : les eaux recouvrent toute la terre, un enfant s'avance en serrant dans ses bras un radiateur. Il faut comprendre qu'un fils porte son père et que la terreur l'assaille devant l'homme, les mots, sa propre voix. Il crie, il ne parle pas. Il se dématérialise. En marchant, il découvre son corps étagé. Il compte une, deux naissances. Celle de son père avant la sienne. Il éprouve un ordre et les logiques de cet ordre et ce qui vient - le monde de la Loi. Il trouve la vie.
Nous sommes inspirés par des observations de baie, celle de Dublin, celle de la Somme. La mer s'y étend dans un mouvement de va et vient. Elle s'approche au plus près, puis presque dans le même temps, elle se retire au loin. Mais cette brève rencontre avec le rivage sans l'éroder a une conséquence. Dans le retour vers le large, elle laisse un trésor. Des poissons, des coquillages surpris sont là, guettés par quelques prédateurs humains ou quelques mouettes. Pour nous, ce serait quoi ce trésor laissé et découvert ? La beauté ? Le désir ? La vérité ? Le rien ? L'apaisement ?