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Puissances de l'image
Gens Jean-Claude ; Rodrigo Pierre
EUD
20,00 €
Épuisé
EAN :9782915552607
L'omniprésence des images dans la société mass-médiatique est corrélative de leur évanescence et du constant renouvellement qui conditionne le processus de leur consommation. Leur omnipotence se réduit ainsi à celle de stimuli destinés à induire des comportements. Or, il convient d'autant plus de revenir d'une telle exténuation de l'image que cette dernière constitue l'une des dimensions essentielles du déploiement de la vie humaine. L'image est traditionnellement rapportée à l'activité imaginante d'un sujet. Mais, s'il est vrai que l'étoffe des hommes et des choses qui se donnent à voir dans le paraître sensible d'une image n'existe pas coupée d'un tel paraître, l'esthétique relève aussi de l'ontologie et sa tâche est de nous ré-apprendre à contempler les images. Au regard de la clarté et de la distinction conférées par la théorie à notre appréhension des choses, la détermination positive des images ne tient-elle pas en effet au fait que c'est dans leur dimension qu'il nous est donné de faire l'expérience vive du paraître de ces choses, jusqu'à l'extrême de l'horreur, du merveilleux et du sacré ?
Brentano Franz ; Buhot de Launay Marc ; Gens Jean-
Contemporain de la crise de la philosophie de la seconde moitié du XIXe siècle, Brentano a voulu contribuer à sa renaissance en revenant à ses sources aristotéliciennes. Husserl a reconnu sa dette - celle de toute la phénoménologie -, et Heidegger aussi, envers ce philosophe autrichien en qui ils voyaient celui qui les avait conduits à la philosophie. Dans sa Psychologie du point de vue empirique, il avait défendu la thèse de l'intentionnalité des faits de conscience et esquissé une théorie de l'évidence. Fondamentale pour l'ensemble de sa philosophie, et en particulier pour penser la rectitude ou la correction du jugement et des sentiments d'amour et de haine, cette théorie ne sera pleinement élaborée qu'en 1889 dans L'Origine de la connaissance morale. Cette conférence, et celle, contemporaine, relative à l'évidence, ainsi que l'ensemble des dictées posthumes qui s'échelonnent de 1889 à 1915 permettent d'en saisir la nature et l'évolution. Récusant aussi bien le kantisme que l'utilitarisme, L'Origine de la connaissance morale sera discuté par les membres du Cercle de Vienne et inspirera, outre Husserl, la phénoménologie morale de Max Scheler. Brentano ne s'est pas contenté d'exposer le versant éthique de sa pensée sans lui donner une assise dans la sphère de la logique: c'est le rôle dévolu à La Doctrine du jugement correct qui invite, de son côté, à une réforme d'autant plus radicale de la logique qu'elle met en question la théorie prédicative traditionnelle du jugement
La thèse de Uexküll selon laquelle le sujet vivant et son Umwelt sont indissociables signifie déjà deux choses : la première, c'est que l'être aussi bien d'un être vivant que d'une Umwelt n'a rien de "substantiel", mais est relationnel. Plus encore, il n'y a pas - à l'encontre de ce qu'affirment la métaphysique, la physique et la politique dominantes depuis les Temps modernes en Occident - de réalité qui ne soit relationnelle." Jakob von Uexküll (1864-1944) est un biologiste qui a élaboré une philosophie de la vie en créant des concepts nouveaux dont celui, célèbre, de Umwelt. Il est à cet égard une des références majeures des philosophes depuis la seconde moitié du XXe siècle. Entre les deux guerres mondiales de ce siècle, il ouvre la voie aussi bien à l'écologie qu'à l'éthologie, et il constitue plus tard la source majeure de la biosémiotique qui jette un pont par-dessus l'abîme supposé séparer nature et culture. La philosophie uexküllienne de la vie se présente par ailleurs comme l'héritière non seulement des pensées de Kant et de Goethe, mais encore de Johannes Müller, le fondateur de la physiologie. En atteste Le sens de la vie, également traduit dans ce volume, dans lequel Uexküll réédite et commente le discours de 1824 de Müller.
A quelques exceptions près, la nature n'est plus un concept fondamental de la pensée occidentale depuis l'avènement conjoint, au XVIle siècle, de la science moderne et d'une philosophie pour laquelle le sujet pensant est le point de départ obligé. Mais cette pensée s'avère du même coup marquée par un dualisme dont témoigne aussi le partage entre sciences dites de la nature et de l'homme. Cet ouvrage cherche à ouvrir une voie qui permette de surmonter un tel dualisme en invitant à une relecture d'un certain nombre de textes méconnus des représentants de la pensée herméneutique allemande de la seconde moitié du XIXe siècle à nos jours. Il interroge d'abord la spécificité de la médecine - qui appartient en même temps aux sciences de la nature et de l'homme -, dans la mesure où elle implique une interprétation de ces indices que sont les symptômes pathologiques, c'est-à-dire un art herméneutique. Mais la médecine ne saurait être coupée de la biologie, et certaines de ses figures célèbres comme Uexküll ou Portmann invitent précisément à la penser en termes d'interprétation des expressions vitales. Autrement dit, et comme le suggérait aussi Dilthey, le savoir herméneutique demanderait à être élargi à la connaissance du vivant. Plus problématique, l'élargissement de l'herméneutique à la nature non organique pose la question éthique de notre rapport à la nature qui serait à penser en termes d'adresse. -- Is it still possible today to conceive of a philosophy of nature, which today's society is calling for, but in hermeneutical terms ? The hermeneutics of nature would suppose the calling into question of two things : the dividing line between the natural and human sciences ; the central place given by the hermeneutics of language to text, and firstly to the concept of the 'indicative sign'. The author, professor of philosophy at the University of Bourgogne, reflects on the three required stages of future reflection.
L'histoire est l'objet d'un savoir ou d'une science dont le statut, par rapport aux sciences de la nature, semble ambigu ; mais, comme cherchaient déjà à le montrer les philosophies de l'histoire du XVIIIe siècle, elle est avant tout ce à quoi nous appartenons, ce qui nous constitue comme êtres historiques. De ce fait, le problème posé par l'histoire est double : comment caractériser d'une part la spécificité du savoir historique - et la question est donc d'ordre épistémologique - et d'autre part l'historicité de notre existence ? Mais, dans la mesure où la réflexion philosophique s'inscrit elle-même dans une histoire, il s'avère aussi nécessaire de penser le sens de l'histoire de la philosophie.
Traditionnellement, le monde de la vigne et du vin se caractérise par une apparente permanence, une continuité régulée par une histoire sans heurts, fruit d'un savoir-faire millénaire transmis d'une génération à l'autre. Pourtant, derrière cet immobilisme de façade, se cache une histoire mouvementée. Ainsi, cet ouvrage, qui réunit les contributions d'une vingtaine de spécialistes internationaux, propose de revenir sur trois siècles, décisifs et encore peu explorés, d'identification, de construction et de régulation des territoires de la vigne et du vin. Au prisme d'un regard pluridisciplinaire, ce recueil montre comment, du XVIIIe au XXIe siècle, différents acteurs ont pu décrire, réguler, organiser des territoires vitivinicoles aussi différents que ceux de Bourgogne, de Champagne, de Nouvelle-Zélande, du Chili ou encore de Rioja. Replaçant l'homme au coeur de cette construction historique et sociale qui, au XXe siècle, va consacrer l'idée même de terroir auprès de l'oenophile, cet ouvrage invite plus largement à jeter un regard durent sur les sociétés contemporaines et leur passé.
Quand il présente Fenêtre sur cour en 1954, Alfred Hitchcock jouit d'une popularité croissante, bien que la critique peine encore à le prendre au sérieux. Le film est tourné en un lieu unique, un défi séduisant pour le réalisateur qui confirme son inventivité en matière de mise en scène, de montage et d'utilisation de la musique. L'intrigue, quant à elle, offre une dimension subversive évidente : le spectateur se trouve dans la position du héros-voyeur, et tous deux sont déçus quand ils pensent qu'il n'y a pas eu meurtre ; en finissant par assouvir leurs désirs macabres, Hitchcock joue ainsi avec leurs sentiments. Il contourne également la censure, l'épilogue n'étant qu'une façade, au même titre que les murs en briques des immeubles du décor. Comme la caméra qui dépasse le cadre strict de la fenêtre de l'appartement de Jeff dès la scène d'ouverture, cet essai se propose d'étudier ce classique à la lumière des autres réalisations du cinéaste, afin de montrer combien Fenêtre sur cour peut être envisagé comme une synthèse de son oeuvre, périodes anglaise et américaine confondues.