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Orages N° 21, décembre 2022 : Temps insensés
Genand Stéphanie
ATLANDE
24,00 €
Épuisé
EAN :9782350308746
Les armées 1780-1830 sont marquées par un dérèglement général des esprits : du choc de la Révolution, qui bouleverse la perception du temps et le rapport à l'espace, aux déracinements multipliés par le passage des frontières ou les transferts de biens lors des guerres menées à l'intérieur comme à l'extérieur de la France, pas un domaine de l'existence n'échappe à la grande volte-face des prérogatives, des générations et des autorités qui caractérise l'entre-deux siècles. "Il y a une vie entière de réflexions sur le spectacle qu'ont donné ces deux années ", écrit Germaine de Staël le 16 septembre 1791, explicitant le caractère intense, à la fois stimulant et traumatisant, de cette séquence historique sans précédent. Rien d'étonnant dès lors si les désordres de la psyché s'imposent comme l'une des signatures de ces " temps insensés ", pour reprendre la formule de Louis-Sébastien Mercier dans l'Histoire de France qu'il publie en 1802. La périphrase circonscrit le singulier désordre moral qui expose l'individu et la nation au risque de succomber à la folie. Cette dernière, indépendamment de l'aliénisme qui déferle sur la scène médicale, court désormais les rues au point d'imprimer sa marque sur les imaginaires : de La Mère coupable de Beaumarchais jusqu'à Adieu de Balzac, " l'hôpital des fous " devient, en quelques années, le décor paradoxalement familier d'une littérature tout entière sous le signe de la démence. Le présent numéro entend explorer la spécificité de ces " temps insensés " leur rôle dans la création artistique et musicale du temps, leur lien avec la reconfiguration des places sociales et avec le traumatisme révolutionnaire, dans lequel Pinel diagnostique un substrat pathologique, particulièrement propice à l'éclosion des passions. Ne faut-il pas, au moment 1800, articuler les Lumières à la déraison ? Pourquoi la folie envahit-elle à cette échelle la scène et l'espace public ? Que nous dit-elle des affects du temps, dont la fiction devient désormais la langue naturelle ? Le numéro 21 de la revue Orages lève le voile sur la richesse et la complexité de ces " temps insensés " qui unissent Diderot à Balzac. Le cahier d'Orages accueille un entretien avec Anouchka Vasak autour de son dernier ouvrage, 1797. Pour une histoire météore.
Résumé : "Je croyais connaître Germaine de Staël : la disciple de Rousseau, la théoricienne du progrès et l'adversaire acharnée de l'autoritarisme. Cette image a volé en éclats lorsque j'ai découvert ses premières nouvelles. Une autre Staël y surgit, loin de la femme des Lumières : une Staël folle ou attirée jusqu'au vertige par la folie. Qui ne compose plus des traités, mais le tableau d'une raison impuissante. Ses héroïnes, loin de briller dans les conversations, tiennent des propos aussi incohérents que les vies dont elles ont perdu le fil. Ses Folles ne sont pas des créatures monstrueuses : plutôt des jeunes femmes ordinaires, luttant pour avoir le droit de vivre et d'écrire. Nos soeurs de ténèbres qui nous aident à préférer, aux illusions des Lumières, la sympathie de la nuit". S. G.
Femme de pouvoir et d'esprit, ouverte aux idées révolutionnaires mais attachée à l'Ancien Régime, Germaine de Staël symbolise bien son époque aux tendances politiques contradictoires. Son importance au sein du milieu intellectuel européen, ses relations conflictuelles avec Napoléon, et la proximité qu'entretiennent ses écrits et ceux de Sade sont autant de points qui sont ici abordés pour saisir la complexité de Mme de Staël. "L'exil m'a fait perdre les racines qui me liaient à Paris et je suis devenue européenne." Germaine de Staël à Mme de Berg, 5 mai 1814.
A travers une sélection choisie d'extraits de ses oeuvres et de sa correspondance, Stéphanie Genand révèle la puissance intellectuelle de Germaine de Staël et le courage des combats qu'elle mène pour la liberté. Théoricienne de la politique, la fille de Necker publie d'ambitieux traités analysant avec lucidité les événements révolutionnaires. Il importe pour elle, en 1800, que ses contemporains réapprennent à vivre ensemble et modèrent les passions qui clivent le pays et empêchent l'établissement d'un pouvoir juste et acceptable. Partisane du progrès et de la neutralisation des conservatismes comme des préjugés nationaux, Germaine de Staël est condamnée à douze années d'exil par Napoléon. Romancière, elle inscrit aussi la production littéraire au coeur du processus social et culturel en officialisant la naissance de la "? littérature ? " au détriment des "? belles-lettres ? " . La sympathie, la pitié, mais aussi le mystère de l'âme lui inspirent des fictions (Corinne ou l'Italie, Delphine...) qui renouvellent le paysage esthétique euro-péen et interrogent la place des femmes dans l'espace public. Féministe, esprit libre et engagé, Germaine de Staël est une autrice majeure du xviiie siècle dont la pensée, d'une étonnante modernité, éclaire notre actualité.
Si l'oeuvre de Sade, jadis clandestine, occupe aujourd'hui une place spectaculaire dans la critique, cette consécration, à la fois philosophique, éditoriale et esthétique laisse paradoxalement dans l'ombre la place problématique qu'y occupent les femmes. L'enjeu dépasse pourtant la scène biographique. Omniprésentes comme personnages, mais aussi comme objets de discours et de savoirs, les figures féminines saturent un corpus où leurs histoires, jointes aux réflexions politiques sur leur place au sein de la cité, invitent à dépasser le spectacle de leurs souffrances. Que cache l'aveuglant diptyque qui oppose Justine à Juliette ? La question, qui valorise les modèles "amphibies" et les nuances d'une représentation complexe du féminin, concerne aussi la place singulièrement dévolue à la lectrice de Sade : de l'hypothèse d'une agression à l'élaboration d'une réflexion de genre sur l'identité féminine, la réception sadienne reste un théâtre complexe où résonne, derrière la voix d'un auteur hanté par la mère et la jeune fille, le trouble d'un univers où masculin et féminin inversent épisodiquement leurs prérogatives. A l'occasion du bicentenaire de la mort du Marquis (1814-2014), "Sade et les femmes" explore un territoire méconnu de sa postérité.
Du crépuscule à l'aube, d'ouest en est, c'est à un voyage fantastique et fantasque que ce livre nous invite. De la Défense sous les derniers rayons du soleil aux premières griffes de lumière sur la pierre de la Bibliothèque François Mitterrand, le lecteur déambule dans une ville où sont suspendus des silhouettes nus. Ici les corps sont transformés en statues vivantes, nues mais chastes, laissant l'imagination du lecteur sauter de l'une à l'autre. L'ouvrage donne à voir les monuments sous un jour inédit, hors du temps et des foules. On photographie le silence, l'incongru. L'urbain se mue en tableaux animés, autant de clins d'oeil à des oeuvres iconiques (Les Trois grâces, la Pieta,…) ou de jeu sur les lignes de force et les profondeurs de chaque lieu. Le mariage de Paris la nuit et de corps dénudés en suspension crée une esthétique inédite, toute en suggestion et en subtilité. Le glamour de la ville est le décor d'une traversée poétique et émotionnelle hors normes.
Camp-Pietrain Edwige ; Lemarchand Philippe ; Maill
Le Brexit tient à la fois du cauchemar et de la farce. Parti du referendum organisé pour éviter que le Parti conservateur ne se déchire, il divise profondément les Britanniques, risque de faire voler en éclats le Royaume-Uni, d'infliger à son économie un recul sans précédent, de raviver la guerre en Irlande et d'afaiblir l'Europe. Largement alimenté par des mensonges, le vote a-t-il été manipulé par Moscou, orchestré pour de basses raisons spéculatives au profit de quelques initiés consrvateurs ou organisé par d'inconséquents apprentis-sorciers ? Quelles cicactrices vont laisser le Brexit en matière de cohésion nationale, de montée du populisme et de la xénophobie ? Comment le reste de l'Europe va-t-il dorénavant regarder la perfide Albion qui prétend à nouveau voguer seule de par le vaste monde ? L'Angleterre de demain sera-t-elle un havre de libéralisme et de dumping social aux portes de l'Europe, de fait le 51e Etat américain, une plaque tournante du commerce mondial ou rentrera-t-elle dans le rang de l'européanité, avec son contrat social et ses ambitions environnementales ? Le présent volume propose tout ce que vous auriez préféré ne pas devoir savoir sur le Brexit, une multitude de dystopies basées sur de multiples entretiens, des mises en perspective historique, des analyses géopolitiques, des tranches de vie, le tout avec un humour très British.
Barcelone en v.o. vous invite à arpenter les rues de la ville et les pages des oeuvres qui lui sont consacrées. Bilingue par nature et cosmopolite, Barcelone déroute : Aragon y écrit en espagnol, Dali en français, Miro en catalan. Adoptez tour à tour le regard poétique de Lartigue, l'indignation de George Orwell ou l'admiration sublimée du roi Jacques Ier, le tout dans leur langue d'origine. Organisé autour de 50 mots-clefs qui résument l'esprit de la ville, ce lexique amoureux rassemble pour chaque entrée une courte introduction éclairant les aspects de la ville sous un angle historique, géographique ou anecdotique, un texte littéraire (en version originale) sélectionné avec soin et, le cas échéant, sa traduction. Un joli petit livre bilingue qui invite à suivre les pas tracés par les textes.
Lair Emmanuel ; Iruela Caroline ; Bastard Florence
Une lutte intégrale contre le burn-out S'inspirant des sagesses orientales, l'ouvrage considère tous les aspects de la vie qui peuvent contribuer au burn-out et propose de lutter contre ce dernier avec des moyens à la portée de tous. La connaissance de soi est la première étape qui permet de reprendre le contrôle de son temps, de son humeur et de son destin. L'apprentissage de mécanismes de survie, d'évitement et de résolution des conflits est une autre étape importante. Le lien entre le corps et l'esprit est également fondamental tant pour s'accorder des espaces de liberté et de détente que pour mieux organiser son espace de travail ou prévenir les mille petits tracas qui accablent l'existence et contribuent au sentiment d'épuisement. Sur chacun de ces aspects, l'auteur, s'appuyant aussi bien sur des textes législatifs, des études scientifiques ou son expérience de formateur et de thérapeute, propose conseils concrets et exercices pratiques. Parce que l'existence est faite d'une multitude de mille petits riens, il propose, pierre par pierre, de reprendre le dessus et de trouver soi-même les moyens de s'en sortir.