Quelles représentations de l'Amérique latine ont les Européens ? Celle des coups d'états quotidiens et des dictateurs incultes et cupides comme dans " Tintin et les Picaros " ; celle du mal développement, des inégalités sociales, de la drogue et des violences multiples ; celle de la fête et du football ; celle d'un continent riche de sa biodiversité naturelle (Amazonie) qu'il faut protéger ; celle d'un continent de peu d'intérêt politique puisqu'il est " l'arrière-cour " des Etats-Unis. L'histoire récente met à mal toutes ces représentations dans la mesure où ce continent se rebelle et se révèle. La démocratie fonctionne et la majorité des pays ont choisi des gouvernants de gauche ou de centre-gauche sans entraîner d'intervention de la part des Etats-Unis. Pourquoi de tels basculements politiques ? Le retour à des régimes dictatoriaux est-il devenu impossible ? L'Amérique latine fait partie de la culture occidentale mais avec des influences indigènes indiennes et africaines très fortes. Quels sont les traits de cette culture métissée ? Les violences : une réalité certes mais surtout un continent où s'affrontent deux modèles économistes antagonistes. Comment concilier développement économique avec justice sociale et respect de l'environnement ? L'Amérique latine, en décidant de ses propres modèles politiques et de son développement économique, ouvre une ère de relations nouvelles avec les autres pays. Ceux d'Europe ont-ils saisi cette chance ? Le 17e Carrefour de la Pensée s'est efforcé de répondre à toutes ces questions. D'Europe et d'Amérique latine des spécialistes (journalistes, historiens, sociologues, politologues...) ou encore des témoins et acteurs du changement comme le Père Henri Burin des Roziers, avocat des Sans-terre au Brésil, ont pendant trois jours dressé un tableau contrasté d'un continent si proche de nous par son nom mais si peu connu du grand public en dehors des clichés que ce volume veut combattre.
La migration est apparue avec l'humanité et "nous sommes tous des descendants de migrants', de près ou de Loin. Intégrer cette réalité, c'est accepter de regarder les migrants comme des acteurs aussi vitaux au fonctionnement du monde actuel que les"sédentaires'. Partir, c'est quitter son milieu, s'éloigner des siens pour un pays où le climat, les lois, la langue et les coutumes sont différents. Partir, c'est affronter des obstacles, parfois au péril de sa vie. Comment expliquer que dans un monde où tout circule - argent, marchandises, informations, touristes... - les migrants aient autant de mal à franchir les frontières? On meurt beaucoup sur les routes migratoires et plus particulièrement aux frontières de L'Europe et des États-Unis. Mais partir, c'est espérer un avenir meilleur, c'est aussi réaliser un rêve que rien ne peut arrêter, pas même les murs les plus hauts et les lois les plus restrictives. L'étude des migrations n'est-elle pas le meilleur moyen de comprendre l'état social, géopolitique et géoéconomique de notre planète? Qui sont les migrants d'aujourd'hui? D'où viennent-ils et quelles sont Les causes de leur départ? Où s'établissent-ils et pourquoi? Pourquoi te migrant suscite-t-il autant de débats dans nos sociétés? Les intervenants du 18e Carrefour de la Pensée se sont efforcés de répondre à toutes ces questions en abordant Les migrations internationales sous tous Leurs aspects: historiques, culturels, sociaux, économiques et politiques et à toutes les échelles. Les échanges et les débats qui ont suivi leurs interventions ont prouvé que La question des migrants nous concerne tous.
Résumé : L'épreuve de français au concours des grandes écoles d'ingénieurs consiste en une dissertation ou composition française. Exercice difficile, qui requiert une étude approfondie du programme (un thème, trois ?uvres) mais aussi et surtout une bonne maîtrise de la méthode à suivre. Pour aider les étudiants à préparer cette épreuve, nous leur présentons ici : les rappels méthodologiques indispensables, un choix de sujets, douze dissertations entièrement rédigées, qui synthétisent les ?uvres du programme 2000-2001 (les chapitres VIII et IX de l'Ethique à Nicomaque, les Faux-Monnayeurs, En attendant Godot). Les auteurs de cet ouvrage sont tous professeurs en classes préparatoires scientifiques.
Nul ne saurait ignorer aujourd'hui l'importance des médias. Avec le souci d'apporter leur pierre à l'édifice des réflexions qu'ils suscitent, Le Monde diplomatique et l'association des Carrefours de la pensée ont retenu cinq thèmes qui sont autant d'interrogations majeures sur la qualité, les moyens et les conditions de production de l'information dans le monde. Les nouvelles technologies, les nouveaux moyens de communication performants et à diffusion quasiment instantanée ont-ils permis une meilleure information ? De véritables empires médiatiques se sont progressivement constitués aux motivations principalement financières et politiques : quelle est leur influence réelle ? Faut-il les considérer comme les nouveaux maîtres du monde ? Les femmes et les hommes, dont le métier est de nous informer, peuvent-ils le faire en toute indépendance ? La liberté de la presse existe-t-elle vraiment ou n'est-elle qu'un vain mot ? Analyser le rôle et le positionnement des médias en période de crise, lors des conflits majeurs - notamment des guerres -, révèle un aspect essentiel de la nature des médias ou, pour le moins, de leur instrumentalisation. Sans vouloir en faire une ambitieuse synthèse, la dernière séquence s'interroge sur le rapport des médias avec le pouvoir politique et l'exercice de la démocratie. Chaque auteur, qu'il soit chercheur, penseur, acteur, nous livre sa réflexion ou son expérience de façon claire et documentée. Nul doute que le lecteur observera désormais les médias avec un regard différent.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
Une histoire du peuple de Bretagne, de la Préhistoire à nos jours. Les histoires de Bretagne ne manquent pas... Mais celle-ci adopte un point de vue inédit : celui des paysans, des ouvriers, des marins, celui des hommes et des femmes sans histoire, sans papiers. Elle porte attention aux plus humbles, pas seulement aux puissants ; s'intéresse à la vie concrète et aux rêves qui s'y enracinent, pas seulement aux couronnements et aux batailles ; risque d'autres chronologies ; ruine quelques évidences... La crise économique de l'âge du fer, l'arrivée des Bretons en Armorique, la condition paysanne pendant la féodalité, la révolte des Bonnets rouges, la traite négrière, la Révolution et la Chouannerie, le développement du chemin de fer, l'émigration bretonne, la Grande Guerre, la Résistance, la crise du modèle agricole breton, Notre-Dame-des-Landes... Autant de moments de notre histoire examinés d'un oeil neuf. Emergent ainsi de nouvelles figures, émouvantes ou pittoresques, jusque-là noyées dans l'anonymat des siècles. Et de nouveaux sujets : manger à sa faim, lutter pour sa dignité, découvrir de nouveaux horizons, accéder au savoir, devenir citoyen... Pas de jargon, un rythme de lecture facile : cette histoire a été rédigée avec le souci de s'adresser au plus grand nombre tout en obéissant à la rigueur du métier d'historien. Ce livre a été rédigé par trois historiens et un journaliste : Alain Croix, Thierry Guidet, Gwenaël Guillaume et Didier Guyvarc'h. Ils sont les auteurs de nombreux autres ouvrages dont, chez le même éditeur, l'Histoire populaire de Nantes.
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.